‹ Fanfan la tulipe drame en sept actesChapitre 73 sur 121 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

FANFAN

Eh! est-ce que ça pouA'ait être autrement?

. MADAME DE l’OMPADOUR.

Ail ! il y a de» élans auxquels il faut croire! Non, ma première impression sur vous ne m’avait pas trompée! — Eh bien ! c’est entendu, mon allié, nous combattrons ensemble.

FANFAK.

Victoire! la cousine est sauvée! et le roi n’est pas mon cousin I

MADAME DE POMPADOUR

Mais, attendez ! je ne vous veux pas pour allié seulement. Vous aviez accepté d’être l’ami d’Antoinette, il faut que vous soyez celui de madame de Pompadour.

FANFAN

Oh! ce n'esl pas la même chose!

madame de PO MP AD OCR.

Eli ! si, vraiment! Eh! il se peut que demain madame de Pompadour ne soit plus qu’Antoinette! Je veux que vous soyez mon ami, vous di;-je! je me le suis promis dès hier. Oui, (juand je vous ai vu .si biave, si gai, si bon, portant si légèrement la vie, qui m’est parfois si lourde, je me suis dit tout de suite: Voilà une main ferme et loyale sur laquelle on aimerait à s’appuyer! voilà, dans ce temps corrompu, un cœur sincère on il serait charmant d’avoir sa place 1 — Voyons, vous pouvez bien me donner la main, et mettre un peu de votre cœur dedans!

FANFAN

Ah ! madame, c’est bien tentant ! mais aussi c’est bien glissant ! Je serai votre serviteur, votre épée tant qu’il vous plaira! mais votre ami ? — Vous ne risquez rien, vous! mais moi, si la tète me tourne ? Franchement, je voudrais encore, de temps en temps, chanter le jour et dormir la nuit ! Et vous devriez me laisser battre un pou en retraite. — Vrai ! c’est déjà fard ! c’est déjà tard !

madame de pompadour.

Allez ! n’ayez pas peur ! je vous réponds, moi, d’avoir de la tête pour deux. El, encore une fois, tout ce que je vous demande, c’est votre amitié, rien que votre amitié... mais il n’y a pas à

FANFAN LA TDLIPE

dire, j’y tiens ! je la veux ! et je l’aurai, et promptement, et pour toujours ! On ne me refuse pas, monsieur I

Ah! si vous me parlez avec ces manières-là! S^ns compter que justement vous me prenez par mon l'ail)le : j’aime l'amitié! c’est mon luxe ! Je vous disais que j’avais déjà un ami — qui est aussi très- au-dessus de moi par l’esprit et par le savoir!

MADAME DE POUPADOUR.

Eh bien! ayez une amie ! (paratl Haaorln, sur les marches de gauche.)

FAN FAN

Et dites-moi comment il se fait que pour avoir un ami on met vingt ans, et vingt-quatre heures pour une amie?

MADAME DE POMPADODR, riant.

C'est là le charme !

FANFAN

Ab ! je le sens bien !

HONORIN.

Madame la Marquise est attendue pour le lever de la reine.

(il sort.)

FANFAN

Mon Dieu ! mais nous ne sommes pas du tout convenus de nos faits !

MADAME DE POMPADOUR

Moi, j’agirai sur le roi, tant (ju’on me laissera près de lui. Et meme, si on m'interdit de le suivre à l'armée, je suis bien capable encore de faire un coup de tète, et de partir, un beau matin, sans la permission du conseil !

FANFAN

Et moi, comme mademoiselle Blanche en attendant pourrait bien être mariée, j’irai au plus pressé, et j'agirai de mon côté sur...

MADAME DE POMPADOUR

Sur qui ?

FANFAN

Sur le futur mari, ne vous déplaise.

MADAME DE POMPADOUR

Vous le connaissez ?

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