‹ Fanfan la TulipeChapitre 15 sur 126 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Vous aider?...

FANFAN

Parbleu ! je ne vais pas entrer dans les maisons sur son dos. Défaites les bridons de votre côté. Y étes-vous ?

RAMPONNEAU

Oui, j'y suis. Vous êtes de ce pays-ci, hein ? — Holà, ma belle ! — Jolie bête I Est-ce qu'elle est à vous ?

FANFAN

Comme Versailles est au roi.

RAMPONNEAU

Vous avez donc votre congé définitif?

FANFAN

Gagné, signé, patarafé.

RAMPONNEAU

Mais alors savez-vous, mon cavalier, que Zémire et vous, VOUS valez six-vingts écus, l'un portant l'autre.

FANFAN

Tiens ! vous avez été dans la partie, vous ?

RAMPONNEAU

J'y suis encore. Oh I comme marchand.

FANFAN

C'est ça, et moi comme marchandise. (AUant à u fenêtre. ) Ils jabotent toujours 1

Et, tenez, si vous voulez renouveler un petit bail avec la cavalerie, je vous les offre, les cent cinquante écus.

PANPAN

Friand I

RAMPONNBAU.

Ah I vous ne voulez pas? Vous venez retrouver ici père et mère?

PANPAN

Je n'ai jamais eu de père ni de mère.

RAMPONNBAU.

Bah I enfant de fortune?... Vous êtes garçon, ça va sans dire?

PANPAN

Tout ce qu'il y a de plus garçon.

RAMPONNBAU, à part.

Encore un qui serait dans les conditions du baronnet ! (Haut.) Vous me plaisez, vousl Pourquoi diable quittez-vous le service? Est-ce que vous n'y avez pas eu d'agrément?

PANPAN

Tout l'agrément qu'on peut avoir : deux campagnes, quatre batailles rangées, trois blessures.

RAMPONNBAU.

Bravo pour Mars! Mais Vénus, hein? comment étiez-vous avec Vénus?

PANFAN.

Bah I j'ai eu du guignon, je n'ai pas été enlevé par une seule duchesse.

RAMPONNBAU.

Badin I... Ohl vous êtes né soldat, vouât

FANFAN

C*est vrai, le fifre m'a toujours marqué le pas dans la vie.

(Retournant à la fenêtre*) BougOront-ils donC? bOUgCrOUt-ilS ?

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