ACTE III
lui-même, quelle autorité vous alliez avoir vis-à-vis de moi, et j'ai pensé que je pourrais compter sur votre appui.
FANPAN.
Sur mon appui? Pardon I je n'y suis pas, laaévtaMHSeUe.
GUILLEMETTE
Vous savez cependant, Fanfan, pourquoi et comment vOus êtes ici?
FANFAN
Mais du tout, et je te le demande à toi-même : c'^st toi qui es venue me chercher hier. Qui est-ce qui t'envoyait?
C'est M. de Fitz-Onnall.
FANFAN
Âh! et qu'est-ce qu'il a à faire à moi, M. de Fit2-0nnall?
GUILLEMETTE
Hier j'obéissais sans comprendre. Mais si vous ne comprenez pas, vous!..,
FANFAN
Moi? je ne comprends rien de rien, partons de là.
BLANCHE
Mon Dieu I et on peut venir à toute minute I
GUILLEMETTE
S'il faut tout expliquer, jamais nous n'aurons le temps.
FANFAN
Commence par la fin.
GUILLEMETTE
C'est ça. En deux mots. M"" Blanche est dans un grand danger. Il faut que vous la secouriez, Fanfan.
FANFAN
De toat mon coeur, chère demoiselle, mais...
BLANCHE
Goillemette m'a parlé de vous, monsieur, comme d'une âme si bonne, si courageuse, si dévouée I (ranikB i«ff«rde ouuiMiette.]
GUILLEMBTTB.
Oui, j'ai dit ça!
FANFAN
Ohl mademoiselle, je ne suis qu'une bien petite bonté, et je peux encore moins que je ne vaux, voilà le diable. Mais, écoutez, j'ai un ami, qui est aussi votre bien respectueux serviteur, et c'est celui-là qui est capable et vaillant! Il n'est pas si loin qu'on pourrait croire. Et il serait si heureux de...
BLANCHE
Non! non! qu'il ne sache rien! M. Angélus ne pourrait que se perdre; et vous seul avez le droit de me protéger,
FANFAN
Moi?
GUILLEMETTE
Au nom du ciel, Fanfan, ne refusez pas ! n'hésitez pas I
BLANCHE
Je vous bénirai.
GUILLEMETTE
Je vous aimerai.
FANFAN, entre elles deux, les regardant tour à tour, attendri.
Sont-elles gentilles toutes deux ! — Tu sens bon le pays, toi, petite! — Et puis, d'avoir là, contre soi, deux petits cœurs qui battent, si purs, si doux, ça donne une fière force,