SCÈNE PREMIÈRE
Officiers promenant des dames; SOLDATS buranl, s'astiquant. Jouant aux dés sur des tambours- Sur le devant, à gauche, groupe de trois officiers causant, LE VICOMTE DE HAUTERIYE, LE MARQUIS DE SOUVRÉ, LE CHEVALIER GAR- DILLAC; entre LE COMTE DE BRÉ VANNE, qui va
vivement à eux.
BRÉVANNE.
Messieurs ! messieurs I vous savez la nouvelle ?
SOUVRÉ
Justement, nous en causions. Ce pauvre AgénoisI il vient d'être arrêté. Et il est perdu ! Un lieutenant qui blesse en duel son capitaine, c'est grave en tout temps ; en temps de guerre, c'est mortel. Le roi lui-même a renoncé pour ce fait à son droit de grâce.
110 rANFAN LA TULIPE.
BRlEVANNB.
Oui, notre pauvre camarade ! jugé aujourd'hui, demain passé par les armes... Mais ce que je venais vous annoncer uVst pas une nouvelle seulement pour le régiment.
HAUTERtVE.
Tu veux parler de ce brusque changement de quartier du roi. On est en train de transporter les logements de sa Majesté au moulin de LawTeld. Il y a là-dessous quelque atout du maréchal do Saxe. Et ce n'est pas dommage ! on s'ennuyait, on va donc se battre I
BRÉVANNE.
J'en augure aussi fort bien; mais ce n'est pas encore lama grande nouvelle.
GARDILLAC.
Qu'est-ce donc alors?
BRÉVANNE.
Je ne veux pas vous faire languir. Messieurs, ce soir, ce soir même, au Théâtre du Camp, M"* Favart...
TOUS, se rapprochant arec empressement.
M™» Favart?...
BRÉVANNE.
Mme Favart jouera, pour la première fois, la Chercheuse (PesprU !
TOUS, avec des exclamations .
M*"* Favart !... — Ce soir I... -— Ah I la bonne surprise !..• Mais est-ce bien sûr?
BRÉVANNE.
J'ai vu la première affiche.
GARDILLAC.
En voilà une fête I