ACTE PREMIER
HADAME BRÉDIF.
Percepteur... aux Charmerettes?
FRONDBYILLB.
Quatorze cents francs d'appointements..,
Quatorze cents francs.
FRONDEVILLE
Et mon cœur...
MADAME BRÉDIF.
Vous allez vous dépécher d'écrire au ministre.
FRONDEVILLB.
£t mon cœur!
MADAME BRÉDIF.
Au ministre, tout de suite... je le veux!
F RONDEVILLE.
Eh bien, oui, j'écrirai... mais, là, voyons, songez qu'en consentant à me séparer de vous, je fais un sacrifice énorme et que cet énorme sacrifice mérite bien...
II lai prend les denx mains et les embrasse*
MADAME BRÉDIF.
Très-imprudent, ce que vous faites là!...
FRONDEVILLE, continuant k embrasser.
Pourquoi ça?
MADAME BRÉDIF.
Vous aurez bien plus de regrets... Eh! oui, bien plus de regrets encore... quand je serai là-bas, à Alby, à six cent... et je ne sais combien de kilomètres.
FRONDEVILLE, embrassant toujours.
C'est ce que je me dis....
Eh bien?...
FRONDEVILLE
Mais j'ai beau me le dire... Voilà comme je suis, moi... une fois que j'ai pris mon parti d'avoir des regrets, j'aime autant en avoir beaucoup.
1IAD4ME BRÉDIP, se lerant.
Et puis, faites attention, si monsieur Brëdif...
Ici on entend la Toix de Brédif, criant au fond do parc *• LA VOIX.
Oh! oh! ohl
MADAME BRÉDIF.
Qu'est-ce que c'est cela?...
LA VOIX
Oh! oh! oh!
FRONDEVILLE
Je sais ce que c'est... 11 y a au fond du parc un écho très-^ remarquable... Je l*ai fait entendre à Birnheim hier, et aujourd'hui Birnheim en fait les honneurs à votre mari.
^ MADAME BRÉDIF.
Un écho?
LA VOIX
Ohl oh! ohl
FRONDEVILLE
Et votre mari est en train de faire parler l'écho... là-bas, au fond du parc...
LA VOIX
Oh! oh! oh!...
FRONDEVILLE
Là- bas... tout là-bas... très-loin de nous!...
LA VOIX
Oh! oh! oh!
FRONDEVILLE
Et tant que nous entendrons l'écho...
Il loi prend les mains.
LA VOIX, ton brusque.
Oh! oh!
Frayeur de madame Brédif.
FRONDEVILLE, la rassurant.
Et tant que nous entendrons l'écho...
* FrondeTille, madame Brédif.