SCÈNE VI MARIE, GENEVIÈVE
MARIE
Ma chère enfant...
GENEVlàVE,
Ahl madame... madame...
Elles s'embrassent* MARIE.
Eh bien, là, voyons...
GENEVlàVE.
Ah I madame... comme je suis heureuse !...
Elles s'asseyent sur le canapé.
MARIE
J'ai reçu votre lettre, et, vous voyez, je me suis dëpôchéo de venir...
Que vous êtes bonne l... Cela peut-être vous a fait arriver aux Cbarmerettes un peu plus tôt que vous ne comptiez... MARIE, gonriant.
Oui, un peu plus tôt... mais parlons devons.... Vousm'é-^ crivez que vous êtes effrayée.,.
GENEVIÈVE
Oui... et vous allez bien certainement vous moquer de moi.
MARIE
Par exemple...
GENEVIÈVE
Et VOUS n'aurez pas tout à fait tort... car je vousi ai écrit
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que je mourais de peur ; je vous répète que cela est, et je serais fort embarrassée s'il fallait vous dire au juste pourquoi j'ai peur..,.
UARIB.
Je ne comprends pas bien...
GENEVIÈVi^.
Je conviens que cela est assez difficile à comprendre... mais vous allez voir...
MARIE
Voyons...
GENEVIÈVE
Dans ce couvent où vous êtes venue me chercher, on m'avait habituée à me considérer comme étant absolument sans famille^ et vous vous rappelez ma surprise quand je reçus chez vous, cette lettre de mon grand- père... cette lettre dans laquelle, après m'avoir annoncé so.i retour aux Roches-fiianches, il me faisait savoir qu'il désirait, qu*il voulait m'avoir près de lui...
MARIE
Àh! si j'avais pu ne pas vous rendre!...
GENEVIÈVE
Et moi donc, si j'avais pu rester!... mais il parait que cela était impossible... Je partis avec la gouvernante que Ton avait envoyée au-devant de moi et j'arrivai au châleau, où mon grand-père m'attendait avec la marquise de Noriolis...
MARIE
Votre grand'mère ?
GENEVIÈVE
Oui, ma grand'mère... si l'on peut donner ce nom à uno fomme de vingt-cinq ou trente ans.
MARIE
Eh bien?
GENEVIÈVE
Mon Dieu, madame, c'est ici justement que commence... Mon grand père... je ne l'avais jamais vu... mais enfin, c'était mon grand père, c'était la seule personne qui portât le même