‹ Fanny Lear: comédie en cinq actesChapitre 54 sur 101 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MAmE.

Je vous en prie.

GALLIÈRES.

Non, en vérité... c'est trop fort... la tête me lourno... je ne sais plus où j'ensuis... j'apprends votre départ... j'arrive ici... avec ^'intention de me cacher dans ce pays... j'allais louer deux chambres... Birnheim me découvre... m'amène ici... Au bout de vingt-quatre heures, je parviens en6n à vous parler, seule... vous me demandez si je vous aime... et vous concluez en me proposant de me marier...

Elle vous aime.

Ah!

GALLIERES.

DIARIE.

Elle vous adore...

GALLIÈRES, un peu troublé « Ellem'ad...

MARIE

Oui!...

GALLIÈRES.

Vous savez bien que ce mariage est impossible, d'ailleurs!...

MARIE

m pourquoi... impossible?

GALLIÈRES.

La belle- mère... Ahl ces choses-là sont très-jolies au théâtre... Tous les soirs, au théâtre, un jeune homme épouse une jeune fille que jamais il n'aurait dû épouser. .. et cela se comprend, il n'y a pas de sixième acte, au théâtre... il y en a un dans la vie... et qui dure toute la vie!..,

MARIE

Elle vous aime!

GALLIÈRES.

Ah! je ne vois qu'une chose bien nette, moi« dans tout cela, c'est que vous ne m'aimez pas.

MARIE

Non î je ne vous aime pas, mais je veux croire que, môme si je vous aimais, j'aurais la force de vous parler comme je vous parle en ce moment : j'aurais la force de préférer à mon bonheur à moi, le bonheur de cette jeune fille que j'ai juré de protéger... son bonheur et le vôtre... oui, le vôtre... Et puis, elle vous aime,c'est le mot qu'il faut toujours redire, elle vous aime, et elle est perdue si vous ne la sauvez pas... Je vous en prie, au nom môme de cet amour que vous croyez avoir... (HooTement de Gaiiièras.) que VOUS aviez pour moi, vous voyez que je dis comme vous voulez... consentez... Ah! ne dites rien... ne songez pas aux obstacles... consentez seulement, parce que je vous le demande.

CALLIÈRES

Ah! cela nest pas bien!

MARIE

Parce que je vous en supplie!

CALLIÈRES

Vous savez bien qu^en me parlant ainsi, vous finirez par me faire dire jnéme ce que je ne veux pas dire; par me faire faire, môme ce que je ne veux pas faire!

MARIE y loi pressant les mains.

Eh bien^ maintenant, je vous aime!

Entre madams Brédif.

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