‹ FantasquesChapitre 117 sur 163 · A UNE DANSEUSE DE CORDE · texte numérisé non relu

A UNE DANSEUSE DE CORDE

Madame, laissez-moi vous dire combien j'aime

Votre grâce native et vos gestes adroits

Quand, rougissante un peu, mais sûre de vous-même,

Vous dansez sur la corde, un parasol aux doigts.

Vous semblez un lutin marchant sur des corolles

Et tâchant de ne point leur faire mal ; je crois

Que vous êtes un ange, avec une auréole

De format inconnu, faite en papier chinois.

Vous avancez, légère, élégante, divine...

On ne respire plus... les regards anxieux

Vous suivent sur la route effroyablement fine

Que vous avez choisie, et Ton vous boit des yeux.

Ce que j'adore en vous, c'est la désinvolture

Dans le maintien, c'est le dédain de tout péril.

Que vient-on me parler de coureurs d'aventures!

Dites donc à ces gens de marcher sur un fil!

Dites-leur de fouler, s'ils ont tant de courage,

Ce chemin frémissant, ce sentier casse-cou !

Non !... glisser sur les airs demeure l'apanage

Des anges, d'Arachné, des sylphes... et de vous!

CDLXIII

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