‹ FantasquesChapitre 124 sur 163 · LE CRI DU VIOLON · texte numérisé non relu

LE CRI DU VIOLON

Je voudrais entendre une danse hongroise

Qu'un cymbalum et des violons me joueraient,

Cachés dans un bosquet auprès

D'un bassin vert, je crois que la douleur sournoise

Qui rôde et rampe autour de moi mourrait bientôt.

Percée au cœur d'un javelot

Sonore,

Au début de la danse, et néanmoins j'ignore

Tout au juste pourquoi.

— Mon souvenir a-t-il, peut-être, fait le choix

De cette mélodie aux durs accords.

Un soir que je longeais le quai sombre d'un port.

Au lever de la lune pleine,

Et que je fus m'asseoir dans un café de nuit

Pour y bercer ma peine ?

On y buvait, on y chantait, sous la lumière

Acide d'un grand lustre, mais le bruit

Ne pouvait effacer par sa clameur vulgaire

La voix du violon, et ma douleur s'enfuit

A ce cri déchirant... Oh! le sublime cri!

CDLXXXIII A UNE ROSE

Rose, referme-toi ! Cette abeille, enivrée Par tes parfums secrets ne prend plus son essor. Puisqu'elle te chérit, puisqu'elle s'est livrée, Qu'elle meure en ton sein ! Est-il plus belle mort ?

CDLXXXIV

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