FAUNE SIMPLE
Non, ne lui prêtons pas de pensées
Abstruses, pour lui farcir la tête :
Cette heure est, maintenant bien passée.
Point de discours
Chargés de sens, qui gâteraient la fête
Agreste de ses jours...
Que j'aime mieux le voir, grattant sa toison brune.
Adossé à ce chêne oij filtre un peu de lune!
Regardez-le : sa lippe s'exagère ;
11 a jeté sa flûte à terre.
Il écoute, sans mystère,
Le babil du vent disert
Qui frise l'eau ;
Jl se cambre parfois, les mains aux hanches.
Le souftle court, les yeux mis-clos,
Sous le dôme humide des branches,
Pour aiguiser nerveusement ses cornes torses.
Le long des sillons de l'écorce.
Vers l'aube, il chantera d'une voix adoucie.
Sans faire aucune prophétie.
CDXC