‹ FantasquesChapitre 126 sur 163 · FAUNE SIMPLE · texte numérisé non relu

FAUNE SIMPLE

Non, ne lui prêtons pas de pensées

Abstruses, pour lui farcir la tête :

Cette heure est, maintenant bien passée.

Point de discours

Chargés de sens, qui gâteraient la fête

Agreste de ses jours...

Que j'aime mieux le voir, grattant sa toison brune.

Adossé à ce chêne oij filtre un peu de lune!

Regardez-le : sa lippe s'exagère ;

11 a jeté sa flûte à terre.

Il écoute, sans mystère,

Le babil du vent disert

Qui frise l'eau ;

Jl se cambre parfois, les mains aux hanches.

Le souftle court, les yeux mis-clos,

Sous le dôme humide des branches,

Pour aiguiser nerveusement ses cornes torses.

Le long des sillons de l'écorce.

Vers l'aube, il chantera d'une voix adoucie.

Sans faire aucune prophétie.

CDXC

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