DXLV NOSTALGIE
Je songe à la rive déserte,
Aux cris perdus dans la nuit verte,
Au sol brûlant
Dont la splendeur effarait l'œil,
A ce rustique seuil
Branlant
De ma cabane,
A l'aigle qui tournoie au-dessus de la brousse,
Aux vipères de l'herbe rousse.
Aux arbres bleus pleins d'oiseaux en chicane,
Aux négresses qui se promènent les seins nus.
Portant sur leurs cheveux crépus des vanneries,
A la batellerie
Des pirogues, à certains astres inconnus,
A certains fruits parfumés.
Aux grands feux de branches sèches que j'allumais...
— Indicible magie
D'un souvenir pareil !
O nostalgie
De l'ombre chaude et du soleil !