‹ FantasquesChapitre 153 sur 163 · LA DOUCE HALTE · texte numérisé non relu

LA DOUCE HALTE

Avant de vous connaître, Sylvie,

Les yeux clos, je tâchais de prévoir

De beaux spectacles pour ma vie.

Je rêvais ainsi, chaque soir.

Je galopais au pied de la Grande Muraille,

Et beaucoup plus loin,

Je me mêlais à des batailles

Héroïques, j'avais besoin

Du bruit

Des flots ou du silence atroce de la nuit.

Ou de la voix

V^oluptueuse et littéraire des sirènes,

Ou d un aboi

D'hyène,

Dans des ruines de palais...

Mais j'ai quitté ces lieux exotiques, ces grèves.

Et ces déserts dorés où m'emmenaient mes rêves.

Car, aujourd'hui, je ne me plais

Qu'au seul bonheur où me convie

Votre bouche humide, Sylvie.

DLXX

Page 1