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ÉCONOMIE

Je nourris mes repas quand mes sillons s'allongent; Ayant creusé mon puits, je sais ce que je bois ; Comme je fais mon lit, je peux choisir mes songes; Pourquoi donc les puissants penseraient-ils à moi?

CYII

LA PART DU RUISSEAU k^

Que le ruisseau prenne ce qu'il lui plaît

De prendre... Je m'en moque!

Qu'il prenne le chiffon d'âme, la loque

D'un caractère qui fut noble, le portrait

Parodique

De la beauté, la mélancolie aux attraits

Littéraires, les esclaves de la musique

Ou des grands mots, victimes

Du vent pernicieux qui souffle sur les cimes.

Permettez au ruisseau de prendre ce qu'il veut:

Les serments trop sonores, les vœux

Trop sublimes ;

Qu'il prenne ceux qu'animent

La jalousie ou le mépris;

Qu'il garde, en plus, ce que d'avance il avait pris:

Ce qui naît de l'ennui

Après jouir et boire ;

Qu'il prenne le laurier des faciles victoires

Et, surtout, ce qui semble être d'or,

Mais qu'il ne tente pas de salir un cœur fort.

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