‹ FantasquesChapitre 5 sur 163 · HEURE PASSÉE · texte numérisé non relu

HEURE PASSÉE

Retournons en arrière...

L'enfant court comme un fou dans le grand jardin vert

Encore tout mouiHé de l'averse d'hier ;

L'enfant court, son âme est ravie.

— C'est donc toi que je regarde, ce soir,

Toi seul qui m'apparais avec tes grands yeux noirs

Avides de jouir,

Déjà tout éblouis par les feux de la vie,

Toi dont le souvenir

Me fait envie ?

— Petit garçon, tu connaissais l'ennui De la chambre fermée

Ou des livres ; qu'est-il près de celui

Des trop longues années !

En souriant, je vois

Ces travaux qui te semblaient d'un tel poids.

Tes chagrins, tes rêves, tes joies...

Ainsi je comprendrai peut-être, toi que j'aime,

Comment je suis devenu moi-même

Quand, jadis, j'ai été toi.

VISIONS d'hiver

Faisant craquer la neige dure du chemin.

Deux enfants, la main dans la main,

Tout grelottants, puis une mendiante

Maigre, couverte de sa mante

En lambeaux...

Dans l'air pâle, un corbeau.

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