HEURE PASSÉE
Retournons en arrière...
L'enfant court comme un fou dans le grand jardin vert
Encore tout mouiHé de l'averse d'hier ;
L'enfant court, son âme est ravie.
— C'est donc toi que je regarde, ce soir,
Toi seul qui m'apparais avec tes grands yeux noirs
Avides de jouir,
Déjà tout éblouis par les feux de la vie,
Toi dont le souvenir
Me fait envie ?
— Petit garçon, tu connaissais l'ennui De la chambre fermée
Ou des livres ; qu'est-il près de celui
Des trop longues années !
En souriant, je vois
Ces travaux qui te semblaient d'un tel poids.
Tes chagrins, tes rêves, tes joies...
Ainsi je comprendrai peut-être, toi que j'aime,
Comment je suis devenu moi-même
Quand, jadis, j'ai été toi.
VISIONS d'hiver
Faisant craquer la neige dure du chemin.
Deux enfants, la main dans la main,
Tout grelottants, puis une mendiante
Maigre, couverte de sa mante
En lambeaux...
Dans l'air pâle, un corbeau.