‹ FantasquesChapitre 58 sur 163 · UNE DAME AUX CHEVEUX FAUVES · texte numérisé non relu

UNE DAME AUX CHEVEUX FAUVES

Ses cheveux étaient d'un blond roux,

Chaud, mais très doux.

Dans l'ombre ; son regard

Errait au hasard,

De la plus frêle fleur à la plus folle vague,

Et n'exprimait jamais rien

Qu'un ennui vague.

Sauf quand elle sentait un lien

La retenir;

Alors, en ce regard, passait un tel désir

D'indépendance

Qu'on hésitait, qu'on avait peur.

— Je l'aimais tendrement, de toute l'imprudence

D'un pauvre cœur.

Souvent elle s'en étonnait, disant: « Je t'aime

D'autre façon ; pourquoi ces soins extrêmes

Que tu mets à m'émouvoir ? »

Je répondais : « C'est pour te rendre

Un peu plus proche, un peu plus tendre. »

Elle est partie, à pas de loup, ce soir.

FANTASQUES Ii3

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