UNE DAME AUX CHEVEUX FAUVES
Ses cheveux étaient d'un blond roux,
Chaud, mais très doux.
Dans l'ombre ; son regard
Errait au hasard,
De la plus frêle fleur à la plus folle vague,
Et n'exprimait jamais rien
Qu'un ennui vague.
Sauf quand elle sentait un lien
La retenir;
Alors, en ce regard, passait un tel désir
D'indépendance
Qu'on hésitait, qu'on avait peur.
— Je l'aimais tendrement, de toute l'imprudence
D'un pauvre cœur.
Souvent elle s'en étonnait, disant: « Je t'aime
D'autre façon ; pourquoi ces soins extrêmes
Que tu mets à m'émouvoir ? »
Je répondais : « C'est pour te rendre
Un peu plus proche, un peu plus tendre. »
Elle est partie, à pas de loup, ce soir.
FANTASQUES Ii3