‹ FantasquesChapitre 78 sur 163 · SUR UNE VIE INTERROMPUE · texte numérisé non relu

SUR UNE VIE INTERROMPUE

Tu mourais, tu me disais ta peine

D'avoir vécu, te semblait-il, en vain

Et d'achever ces heures vaines

En ne nous laissant rien

Qu'un homme mort,

Rien qu'un vieux corps

Prêta pourrir; puis tu mourus.

— Maintenant, tu te tiens raide et grave,

Le col nu,

La face hâve.

Et tes mains sont couleur de cire;

Tes yeux bleus où je savais lire

Restent ouverts,

Tes prunelles semblent de verre,

Mais tu gardes ton sourire.

Jamais je n'oublierai tes rêves, leur fraîcheur.

Ni l'exemple de ta douleur ;

Jamais je n'oublierai tes manières de dire,

O mon ami dormant,

La vie en son rayonnement !

l52 FANTASQUES

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