SUR UNE VIE INTERROMPUE
Tu mourais, tu me disais ta peine
D'avoir vécu, te semblait-il, en vain
Et d'achever ces heures vaines
En ne nous laissant rien
Qu'un homme mort,
Rien qu'un vieux corps
Prêta pourrir; puis tu mourus.
— Maintenant, tu te tiens raide et grave,
Le col nu,
La face hâve.
Et tes mains sont couleur de cire;
Tes yeux bleus où je savais lire
Restent ouverts,
Tes prunelles semblent de verre,
Mais tu gardes ton sourire.
Jamais je n'oublierai tes rêves, leur fraîcheur.
Ni l'exemple de ta douleur ;
Jamais je n'oublierai tes manières de dire,
O mon ami dormant,
La vie en son rayonnement !
l52 FANTASQUES
ccxcvm