A UN AMI PLEIN DE FANTAISIE
Tu reviens de la grande guerre,
Blessé, meurtri.
Mais tu n'as rien perdu de cette printanière
Vision de la terre
Qui donne à tes songes leur prix.
Tu parles, et je vois le monde
Par tes yeux :
Les rêves les plus fous y dansent une ronde
Dont le rythme est délicieux.
Tu décris de beaux soirs en Alsace,
Le bourg détruit par la mitraille, où passent
Des soldats joyeux,
Tu me dépeins une aube d'Orient,
Le ciel bleu, le flot riant,
La rive nue
Sous un rais d'or,
Et tes paroles contenues
Emeuvent plus encor :
Enchantements clairs d'une fantaisie
Choisie.
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