‹ FantasquesChapitre 86 sur 163 · A LA LUNE DIVINE · texte numérisé non relu

A LA LUNE DIVINE

Depuis que le plus clair des écus,

Depuis que la lune m'a plu,

Je parle d'elle à tort et à travers,

En prose, en rêve, même en vers.

— Soit qu'elle visite une mare.

Ou fasse figure de phare,

Ou glisse sur le dos

D'encre et d'étain des flots,

Ou sonde la luisante Seine

Et s'y détrempe,

Ou caresse mes peines

Oui ne s'endorment pas quand j'ai soufflé ma lampe,.

Cette planète me séduit.

Je m'empresse de le lui dire, et le lui dis.

Pour mon plaisir et pour le sien peut-être.

Quand vient le soir, quand je la vois s'en aller paître,^

Cornes en avant, ce pré noir,

Serré comme un étroit couloir

Entre deux murs de coton blanc, ou mieux

Quand, ronde et grasse, elle traverse les champs bleus.

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