‹ FantasquesChapitre 88 sur 163 · SURENCHÈRES · texte numérisé non relu

SURENCHÈRES

Quoi de plus léger que les duvets ? la poussière ; De plus léger que la poussière ? je crois bien Qu'on peut nommer le vent ; et chose plus légère ? La femme ; et plus légère encore ? oh ! certes, rien l.

A l'hôpital

On chante, tout en bas dans la rue,

Un air vulgaire et sot...

O savoureuse mélodie,

Reconnue

Aussitôt !

Elle me parle de la vie.

Elle dit qu'il est doux de vivre...

Je distingue mal ses paroles,

Mais cette chanson me console

Mieux qu'un beau livre.

Je l'aime, je la trouve exquise ;

Quelques instants, j'oublie.

Par sa douce entremise,

Mes hoquets sourds, mes lourdes quintes

D'agonie,

Mes grincements de dents et mes plaintes.

— Sotte chanson, tu me rends ivre

D'espoir, tu me donnes envie

De goûter à nouveau la saveur de la vie

Et, bien modestement, tu m'engages à vivre.

f]6 FANTASQUES

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