SURENCHÈRES
Quoi de plus léger que les duvets ? la poussière ; De plus léger que la poussière ? je crois bien Qu'on peut nommer le vent ; et chose plus légère ? La femme ; et plus légère encore ? oh ! certes, rien l.
A l'hôpital
On chante, tout en bas dans la rue,
Un air vulgaire et sot...
O savoureuse mélodie,
Reconnue
Aussitôt !
Elle me parle de la vie.
Elle dit qu'il est doux de vivre...
Je distingue mal ses paroles,
Mais cette chanson me console
Mieux qu'un beau livre.
Je l'aime, je la trouve exquise ;
Quelques instants, j'oublie.
Par sa douce entremise,
Mes hoquets sourds, mes lourdes quintes
D'agonie,
Mes grincements de dents et mes plaintes.
— Sotte chanson, tu me rends ivre
D'espoir, tu me donnes envie
De goûter à nouveau la saveur de la vie
Et, bien modestement, tu m'engages à vivre.
f]6 FANTASQUES