‹ FantasquesChapitre 98 sur 163 · PLAINTES FLUVIATILES · texte numérisé non relu

PLAINTES FLUVIATILES

Fleuve lourd qui coule sans bruit,

Fleuve à Tonde épaisse qui luit

Grassement dans le crépuscule, puis s'enterre,

Dirait-on ; souvenirs des jeux d'une eau légère

Et translucide qui chantait...

Pourquoi donc faut-il que je sente,

Tout soudain, ces rapports obscurs, ces parentés,

Ces reflets de miroir à miroir ?

Heure opaque... le fleuve augmente

Ma tristesse de ce soir

Et ces fleurs augmentent ma peine.

Ces fleurs pourpres dont me plaît le contour

Mais qui ne valent pas les roses anciennes...

Prison parfumée aux murs sourds.

Exil royal sans reine.

On y souff're du poids des chaînes

Et du regret d'une eau qui vibre

Et de l'écho d'un rire libre

Et d'un lointain amour... comme jadis :

Super flumina Babylonis.

CCCXCIII

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