ACTE DEUXIÈME
SCE3iE PEEMIERE.
La scène représente la cour du château de D. Juan de Lopez,
BOy JUAN , ISABELLE.
ISABELLE
Je ne veux rien entendre.
JUAX.
Allons donc, chère sœur, De le faire mourir aurez-vous la noirceur I
ISABELLE
Que dites-vous , don Juan ? mais a-t-il craint lui-même, Le cruel , de pousser ma tendresse à l'extrême I
JUAN
Mais sans doute il croyait taire un péché, ma sœur, Qui vous regardait, vous , moins que son confesseur... Cet accident funeste , Alphonse le déplore. .. Le ciel a pardonné... vous, ma sœur, pas encore I Alphonse vous adore.
ISABELLE
11 m'adore !
JUAN
Oui , vraiment, Cet amour, s'il a pu l'oublier un moment , C'est qu'un faux point d'honneur, une folle gageure, Malgré lui le poussaient à tenter l'aventure. La peur du ridicule est si forte chez lui !
Plus que sa conscience I
JUAN
Ah ! ma sœur, aujourd'hui, Don Alphonse maudit ses amis et leur fêle Et le traître porto qui lui troubla la tête I Il donnerait ses jours aux honneurs destinés Pour racheter l'amour que vous lui reprenez I Au repentir bien vrai quand un cœur sabandonne Il n'est pas de péchés que le ciel ne pardonne...
ISABELLE
.Tuan vous défendez mal un trop coupable amant, Le ciel pardonne-t-il aussi facilement Le meurtre ?
JUAN
Ah ! ma sœur....
ISABELLE
Oui , le meurtre d'une femme.
De deux femmes peut-être...
JUAN
Ah ! vous me navrez l'âme !
Isabelle, traiter Alplioiise en assassin,
C'est forger un poignard pour vous percer Je sein,
C'est punir des erreurs comme on punit des crimes ;
Au lieu dune , en im mot , c'est vouloir trois victimes î
Tant pis pour la vilaine au point d'honneur têtu
Qui si mal à propos se rue à la vertu ,
Et plutôt que de faire un petit sacrifice
Jette son innocence au fond d'un précipice!...
La sotte , comme si l'honneur servait de rien
A qui n'a que misère et qu'appétit pour bien !
ISABELLE
C'e^t assez , finissons, don Juan , s'il est possible Un fàcbeux entretien qui m'est par trop pénible : Ces détails importuns d'un crime médité Yont mal à ma pudeur et blessent ma fierté.
Ainsi donc jusqu'au bout vous êtes insensible. Mais, vous pleurez ma sœur...
ISABELLE
Non pas , non , impossible l