CATALOGUES ÉPISCOPAUX
Avant tout, je vais énumérer les listes épiscopales dont il s'agit, en me bornant à celles qui offrent des garanties sérieuses, et en groupant ensemble tant celles qui nous sont parvenues à l'état isolé que celles qui se déduisent de compositions plus étendues, comme ÏHistoria Francorum de Grégoire de Tours, VHistoria Remensis ecclesiae de Flodoard, les Gesta episcoporum de la province de Trêves, etc. L'ordre que je suis est celui de la Notitia Galliarum.
Lyon, Langres ;
Rouen ;
Tours, Angers, Nantes ;
(1) Histoire liltéraire de la France, t. XXIX, p. 386 (1884}.
('!) Ceci est déjà fait pour la province de Tours dans mon livre Les anciens catalogues épiscopaux de la province de Tours. Paris, Thorin, 1890, et, pour l'église de Poitiers, dans la Rpviie poitevine et saintongeaise, t. IIl.
Sens, Chartres, Auxerre, Troyes, Orléans, Paris (1) ; Trêves, Metz, Toul, Verdun ; Reims, Châlons, Senlis, Beauvais (2); Vienne, Grenoble, Viviers; Bourges, Auvergne (3).
Celte liste est courte. Elle ne comprend pas toutes les églises dont la fondation peut être rapportée à une date approximative assez bien déterminée, mais seulement celles qui ont conservé de bons catalogues épiscopaux.
Ici il devient nécessaire, puisque je me borne aux bons catalogues épiscopaux, de dire un mot des autres et surtout d'indiquer à quels signes je distingue les bons d'avec les mauvais.
Les mauvais sont en assez grand nombre ; ils se rencontrent, comme les bons, dans des manuscrits d'âge différent, depuis le IX" siècle jusqu'au XIIP et au-dessous. Mais ici l'âge des manuscrits importe assez peu.
En réunissant les données fournies par les récits de Grégoire de Tours et quelques autres documents historiques du V^ au VHP siècle, en les complétant par les dates fort nombreuses qui résultent des signatures apposées aux conciles des temps romains et mérovingiens, il est aisé de dresser, pour la plupart des diocèses, des séries épiscopales, incomplètes, il est vrai, discontinues, mais absolument sûres. Cela fait, on compare, pour chaque diocèse, le catalogue avec cette série de dates. Si le catalogue omet des évêques certains, s'il intervertit l'ordre établi d'ailleurs, si ses fautes sont de telle nature qu'elles ne puissent être
(1) J'omets le calalo^uc de Nevers, qui est de bonne note, mais qui ne peut remonter aux origines, ce diocèse n'ayant été démembré de celui d'Auxerre que vers le commencement du VI*' siècle.
(2) La liste de Beauvais n'existe plus; mais les auteurs du Gallia cliristiana l'ont eue sous les yeux.
(3) Il n'y a pas, pour l'église d'Auvergne (Clermont), de catalogue à l'état isole; mais Grégoire de Tours, en divers endroits de son llislorta l'rancorum, nous a conservé, jusqu'à son temps, toute la série des évoques de ce siège.
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imputées à des accidents de transcription, alors il est clair qu'il ne mérite aucune confiance pour les parties où la vérification est impossible. C'est une compilation artificielle, rédigée à une époque où la tradition s'était perdue, par des personnes qui ne disposaient pas des documents ou de l'intelligence nécessaire pour la reconstituer. Do tels catalogues finissent toujours par arriver à l'exactitude, en se rapprochant du temps où le rédacteur écrivait; mais on s'exposerait à de graves mécomptes si l'on se fiait à eux pour la période des origines.
Il y en a de très anciens. Celui d'Arles, par exemple, s'est conservé dans un sacramentaire du IX° siècle. Mais on constate : 1° qu'il ne mentionne qu'un évêque avant celui qui était en fonctions en 314, Marinus, alors que nous en connaissons au moins deux, Trophime et Marcien ; 2° qu'il marque entre Patrocle et saint Honorât un Helladius, entre .î^onius et saint Césaire un Jean, qui n'ont sûrement pas occupé le siège d'Arles ; 3° qu'on y trouve la série suivante : Ambroise, Martin, Ingenuus, Augustin, Jérôme, dans laquelle un seul nom, celui d'Ingenuus, est celui d'un évêque d'Arles, les quatre autres, très vraisemblablement ceux de quatre grands saints de l'Eglise latine; 4° qu'il y manque le nom de Saturninus, évêque des plus certains. Ce catalogue, malgré son antiquité, doit donc être considéré comme inexact et écarté de la liste de ceux dont on peut faire état dans la question qui nous occupe.
Il en est de même, pour citer un second exemple, du catalogue de Besançon. Certaines de ses rédactions omettent l'évêque Sylvestre, dont on a, outre la pierre tombale, deux signatures aux conciles de 573 et 585 ; d'autres rédactions du même catalogue le placent bien avant l'évêque Celidonius, du milieu du V*^ siècle. Il omet aussi l'évêque Urbicus, présent au concile de 549 ; il met les évêques Claude (517) et Tetradius (552, 570) après les évêques Nizier, Protadius, Donatus, Ternatius, qui sont
tous les quatre du VII* siècle. Encore une pièce à exclure.
J'en ai éliminé quelques-unes qui, vérifiées pour la partie afférente au VP siècle et aux siècles suivants, soulèvent d'assez fortes objections pour la partie antérieure. Ainsi le catalogue de Noyon [civ. Veromanduorum) , qui débute par les noms des trois grands confesseurs Hilaire, Martin, Germain; ainsi encore celui de Poitiers, dont le premier nom. Nectaire, n'est sûrement pas celui d'un évéque de ce siège, et où figure, après saint Hilaire, un Pascentius trop évidemment suggéré par un prologue de Fortunat (1).
Ayant ainsi restreint l'examen aux seuls catalogues qui paraissent avoir quelque valeur traditionnelle, il reste à s'en servir comme documents 'chronologiques. Pour cela il faut d'abord déterminer à quel point de chaque série correspond la date la plus ancienne que l'on connaisse par les conciles et autres documents. Cela fait, on remonte plus ou moins haut, suivant la longueur de la liste au-dessus du point d'attache. Voici un exemple.
Au concile d'Arles de 314, seize églises de Gaule étaient représentées, par leurs évêques ou autrement. Sur ces seize églises, cinq seulement ont de bons catalogues, ce sont celles de Lyon, Vienne, Reims, Trêves, Rouen. Or, l'évéque de Lyon, Vocius, est le neuvième de sa série; les évêques de Vienne, Reims, Trêves {Verus, Imbelausiiis, Agrœcius) occupent tous les trois le quatrième rang dans leurs séries respectives; l'évêque de Rouen, Avitianus, est le deuxième delà sienne. Si l'on tient compte de ce fait que le premier nom de la liste lyonnaise, celui de saint Pothin, est le nom d'un évéque qui mourut en 177, on conclura aisément que les églises de Vienne, Reims, Trêves ne peuvent avoir eu d'évéques avant le milieu du IIP siècle environ, et que l'église de Rouen est notablement moins ancienne.
(1) Voir mes deux mémoires sur la liste épiscopale de Poitiers dans la Revue poitevine el sainloiigeaise, t. III et IV.
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Saint Alhanase inséra clans son Apologie contre les Ariens une copie du décret rendu en sa faveur par le concile de Sardique, en 343; il y joignit les noms des évoques qui, sans avoir assisté à cette assemblée, adhérèrent à la réhabilitation du métropolitain d'Alexandrie. Ces noms ne sont suivis d'aucune indication de siège, mais simplement groupés par contrées. Dans ce catalogue figurent trente-quatre évêques de Gaule , dont il n'est pas aisé de retrouver les sièges. L'un d'eux pourtant, Declopetus, porte un nom caractérisé ; c'est évidemment le même qui ouvre la série des évêques d'Orléans dans le catalogue de cette église. Ainsi l'église d'Orléans avait encore son premier évoque à sa tête au moment où cette signature fut apposée. Dans ces conditions, on ne sera pas tenté de faire remonter son origine au delà du règne de Constantin.
Mais il est possible d'aller plus loin. La liste des évêques de Gaule, dans l'Apologie de saint Athanase, parait bien avoir été relevée sur un document de l'année 346, lequel ne se bornait pas aux noms des prélats, mais indiquait le siège épiscopal de chacun d'eux. En partant de là on constate qu'en 356 l'église de Paris en était à son sixième évêque [Victorinus], l'église de Metz au quatrième ou au cinquième [Victor], l'église de Sens au quatrième (Severinus), celles de Langres et d'Auxerre au troisième [Desiderius, Valerianus), celle de Troyes au deuxième [Optatianus], celle de Verdun comme celle d'Orléans au premier {Sanc-
tinus) (1).
Un évêque appelé Defensor est signalé par Sulpice Sévère au nombre des prélats réunis à Tours, en 372, pour donner un successeur à Lidoire, second évêque de cette église. Or, ce Defensor est marqué en tête de la liste épiscopale d'Angers et même désigné avec quelque insistance
(1) Je fais ici usage du concile de Cologne, document apocryphe, sans doute, mais dans lequel se sont conservés des renseignements de valeur appréciable. Il n'en avait pas été tenu un compte suffisant dans la première édition. Voir la note à la fin de ce volume.
comme le premier évêque de ce siège : Primus Defensor episcopus. Cette circonstance conseille de ne pas chercher bien au delà du milieu du lY" siècle la fondation du siège d'Angers.
INFORMATIONS LOCALES SUR l'ûRIGINE DES ÉGLISES.
Après avoir expliqué le procédé par ces quelques exemples, je vais passer en revue les diocèses de l'ancienne Gaule, tant ceux qui ont des catalogues en bon état que ceux qui n'en ont pas, en indiquant pour chacun d'eux l'état des informations sur la chronologie des origines. Les noms des églises qui ont conservé de bonnes listes épiscopales sont marqués d'une astérisque.
*Lyon.
Le premier évêque la liste, saint Pothin, mourut plus que nonagénaire en 177 (1). On peut donc reporter jusqu'au milieu du IV siècle, au moins, les origines de l'église de Lyon.
Autun.
Le plus ancien évêque que l'on connaisse est Reticius, qui siégea aux conciles de Rome en 313 et d'Arles en 314.
*Langres.
Le troisième évoque, saint Didier, est présenté par la tradition du pays comme une victime de l'invasion vandale (407?). Son nom figurait dans le document de 346 (2).
(1) Eusèbe, II. E., V, 1, 29.
(2) Ces deux données sont difficiles à concilier; mais la vie du saint,
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Six noms figurent sur la liste entre le nom do Didier et celui d'Aprunculiis , qui quitta, vers l'année 480, le siège de Langres pour celui de Clermont (I). — Le siège de Langres aura été fondé vers le commencement du IV^ siècle.
Chalon.
Mâcon.
Ces deux localités sont mentionnées dans la Notice des Gaules non comme cités, mais comme castra. Un Donatianus Cabillonorum figurait dans le document de 346. Après lui, le premier évêque de Chalon dont on ait connaissance apparaît vers l'année 470 (2); pour Mâcon, il faut descendre jusqu'au VP siècle.
* Rouen (3).
Le deuxième évêque de Rouen siégeait au concile d'Arles en 314. Le premier, Mellonus, ne peut être de beaucoup antérieur à l'an 300.
Bayeuœ.
Avr anches.
Evreux.
Séez.
Lisieux.
Coutances.
Les listes épiscopales de ces six diocèses sont tout à fait incomplètes et fautives. Dans toute cette région, les plus
écrite au commencement du VII« siècle (Acta SS., 23 mai, t. V, p. 245), a pu confondre l'invasion vandale avec une incursion plus ancienne, comme le IV* siècle en vit plusieurs.
(!) Greg. Tur., Hisl. Fnuic, II, 23, 36; III, 2, cf. Mommsen, M. Uerm. scripl. anliquissimi, t. VIII, p. xi.ix.
(2) Sidoine Apoll., ep. IV, 25.
(3) La liste épiscopale de Rouen a été publiée récemment par M. l'abbé Sauvage, dans les Analecta Dollandiana, t. VIII, p. 40G et suiv.
anciens évoques auxquels il soit possible d'assigner une date sont du VP siècle (1).
* Tours.
Saint Martin, ordonné en 372, n'avait eu que deux prédécesseurs. Lidoire avait siégé avant lui pendant trentetrois ans ; Grégoire de Tours le fait commencer son épiscopat en 337 ou 338. Avant cette date, il place d'abord une vacance de trente-sept ans, ce qui le conduit à l'an 300 environ, puis il attribue, avec quelque hésitation, cinquante ans d'épiscopat au premier évèque, saint Gatien. Grâce à ces chiffres, il rejoint la date 250, qu'il considère, probablement à tort, comme résultant d'une tradition (2).
Le Mans.
Le plus ancien évêque dont la date soit bien assurée est Victurius, qui assista au concile d'Angers en 453 (3).
Rennes.
Le siège de Rennes n'a pas d'attestation antérieure au milieu du V^ siècle (4).
* Angers.
Le premier évêque, Defensor^ siégeait encore en 372 (5).
* Nantes.
Le septième évêque de Nantes, Desiderius, était contem-
(1) La liste de Coutances, plus longue que les autres, ne nomme que deux évoques avant Leonatus (Leontianus), qui assista, en 511, au concile d'Orléans.
(î) Sur ceci, voyez mon mémoire Catalogues épiscopaux de la province de Tours, p. 22 et suiv.; cf. t. II, p. 332.
(3) Ibid., p. 50; cf. t. II, p 3G9 et suiv.
(4) Ibid., p. 86 et 340.
(5) Ci-dessus, p. 7.
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porain du concile d'Angers de 453 (1). La liste en arrière est à peine assez longue pour atteindre le commencement du règne de Constantin (2).
Civitas Coriosopitum (Quimper).
Pas de titulaire connu avant l'immigration bretonne de la fin du V siècle.
Vannes.
Le premier évêque connu, Paterniis, fut ordonné peu après l'année 461 (3).
Civitas Ossismorum (S'-Pol de Léon).
Pas de renseignements précis antérieurement à l'immigration bretonne (4).
*Sens.
En 346, l'église de Sens avait déjà son quatrième évêque. Il résulte d'une lettre de Sidoine Apollinaire (VII, .5) que vers l'année 475 elle en était à son treizième , Agrœcius. Les origines atteignent donc aisément le commencement du IV siècle; on pourrait même remonter un peu au delà.
* Chartres.
Le troisième évêque, Valentinus^ est un contemporain
(1) Coll. conçu. Galliae, t. I, p. 573; Catalogues, p. G9; t. II, p. 358.
(2) Sur l'objection qui résulterait de la passion des saints Kogatien et Donatien, voyez Catalogues, p. 71; t. II, p. 360.
(3) Concile de Vannes (v. 465).
(4) Les trois derniers sièges, Quimper, Vannes, civ. Ossismorum, étaient très probablement occupés en 453. Sur ce point, voy. Catalogues, p. 86, n. 1 ; t. II, p. 246. La Notice des Gaules mentionne ici une civitas Diablintum, qui fut de bonne heure unie à celle du Mans. On n'en connaît aucun évoque {Ibicl., p. 85).
de saint Martin (1). Le diocèse remonte donc au temps de Constantin environ, comme celui de Tours (2).
* Auxerre.
Valerianus Autissiodorensium , le troisième évêque, paraît en 346. Saint Amator, le cinquième, mourut en 418. Il est donc peu probable que la série épiscopale remonte au delà du IV^ siècle. Le premier évêque, Peregj-imis, est, il est vrai, honoré comme martyr. Mais certaines circonstances de sa légende donnent lieu de croire qu'il fut victime d'un tumulte populaire dans une localité rurale. Un tel fait a fort bien pu se produire sous les empereurs chrétiens.
* Troyes.
L5 deuxième évêque, Optatiaims, figure dans le document de 346. Le huitième, saint Lou[), fut installé en 426(3).
"Orléans.
Il a été dit ci-dessus que le premier évêque d'Orléans, Declopetus, apposa sa signature à un document de l'année 346.
* Paris.
Le sixième évêque de Paris, Victorinus, figure dans le document de 346. Heraclius, qui siégea en 511 au concile d'Orléans, est le quinzième évêque.
M eaux.
Aucun évêque sûrement attesté avant le VP siècle (4).
(1) Sulpice Sévère, DiaL, III, 1.
[T) Le Catalogue de Chartres a été publié récemment par M. René Mcrlet. Chartres, Garnier, 1889.
(3) Acta SS. iuL, t. VII, p. C3.
(4) Ici je néglige le diocèse de Nevcrs, pour la raison indiquée ci-dessus, p. 4, n. 1.
de l origine des diocèses épiscopaux. 13
* Trêves.
Le quatrième évoque, Agrœcizis, assista, en 314, au concile d'Arles. L'église de Trêves doit remonter au milieu du IIP siècle environ.
* Metz.
Victor, quatrième ou cinquième évêque de Metz, nous est connu par le document de 346. De plus, la tradition locale, qui fait du treizième évêque, saint Auctor, un contemporain d'Attila, permet de le placer au temps des invasions du V*' siècle. L'église de Metz paraît remonter au déclin du IIP siècle.
* Toul.
Le cinquième évêque, Auspicius, figure, vers l'année 472, dans la correspondance de Sidoine Apollinaire (IV, 17; VII, 10). Le premier, Mansuetus, ne peut donc être que du IV* siècle.
* Verdun.
Le premier évêque, Sanctinus, figure parmi les signataires du document de 346. Au cinquième évoque, la série verdunoise rencontre une autre indication chronologique qui correspond au déclin du V« siècle : Pohjchronius, évêque de Verdun, est mentionné dans la vie de saint Loup de Troyes comme son disciple immédiat (1).
* Reims.
Eglise du IIP siècle : le quatrième évêque figura au concile d'Arles en 314.
(1) Acla SS. iulii, t. VII, p. 70.
Soissons.
Une tradition recueillie par Flodoard (l) présente les deux premiers évêques de Reims comme ayant été aussi évêques de Soissons. S'il en est ainsi, l'organisation autonome de cette dernière église remonterait aux environs de Tan 300.
* Châlons.
Le neuvième évéque, Amandinus, assistait, en 461, au concile de Tours. Cette donnée permettrait de remonter à peu prés à la même antiquité qu'à Soissons.
Civ. Veromanduorum "N'oyon).
J'ai dit plus haut que la liste épiscopale de Xoyon soulève quelques doutes pour le commencement. L'évêque Sophronius, qui assista, en 511, au concile d'Orléans, y figure au neuvième rang, si l'on néglige les noms des trois confesseurs Hilaire, Martin, Germain, par lesquels la liste commence, au douzième, si on les compte. En tout état de cause, cette liste ne permet pas de dépasser, en remontant, le commencement du IV* siècle.
Ârras.
Cambrai.
Tournai.
On ne connaît, pour ces cités, ravagées de bonne heure par les Francs, aucun évéque antérieur au VI* siècle, si ce n'est Superior, qualifié d'episcopus Xerviorum dans le document de .346.
*Senlis.
A Senlis, comme à Noyon, l'évêque qui figure au concile de 511 est le neuvième de sa série.
(1) Hist. Rem., I, 3.
DE L ORIGINE DES DIOCESES KPISCOPAUX. lo
* Beauvais.
Le catalogue de Beauvais, que les auteurs du Gallia christiana ont eu entre les mains, était peut être incomplet. En tout cas, le premier évêque de cette série qui soit daté est Mari7ius, qui se rencontre de 632 à 660 ; c'est le treizième de la liste.
Amiens.
Un Eulogius Ambianonun figure parmi les signataires du document de 346. Vient ensuite Edibius (511).
Têrouannc.
Boulogne.
Aucun renseignement bien net avant le VIP siècle. L'évêque de Rouen, saint Victrice, avait évangélisé, vers la fin du IV^ siècle (1), le pays des Morini (Térouanne). Il est difiicile de dire si cette mission fut la première et quel rapport elle peut avoir avec l'organisation des diocèses de cette région (2).
Mayence.
Martinus, évéque de Mayence, est mentionné dans le document de 346. Après lui, le plus ancien évêque datable est Sidonius, connu par Fortunat (II, 11, 12; IX, 9); il vivait dans la seconde moitié du VP siècle.
Strasbourg .
Amandus episcopus Argentinensium paraît en 346. Après lui, Ansoald, qui figura, en 614, au concile de Paris, est le plus ancien évêque daté.
(1) Paulin, Ep. 19; Migne, P. L., t. LXI, p. Î38.
(2) Je néglige, dans cette province, le diocèse de Laon, qui fut démembre de celui de Reims, par saint Rcmi, dit-on. En tout cas, on n'en connaît aucun évêque antérieur au VI» siècle.
Spire.
Jesses Nonetwn, en 346. Puis Hildéric (614).
Wornis.
Victor Vnnginnum en 346 ; puis l'évêque de 614, Berthulfus.
Cologne.
Les catalogues, tous incomplets, s'accordent à indiquer Mnterniis comme le premier évêque. Il fut invité aux conciles de Rome et d'Arles, en 313 et 314. Un ^laternus se rencontre au troisième rang, sur la liste de Trêves : il est probable que c'est le même personnage.
Tongres.
Maternus figure aussi en tête du catalogue de Tongres, lequel est fort suspect, non de lacunes, mais d'interpolations. Il y a tout lieu de croire que l'église de Trêves, au IIP siècle, étendait son action, non seulement sur la civitas Treviroriim, mais sur la Germanie inférieure, où se trouvaient les cités de Cologne et de Tongres. Au commencement du IV^ siècle, l'évêque Maternus, après s'être donné un successeur pour la cité de Trêves, se sera consacré lui-même aux régions septentrionales. Après lui seulement aura eu lieu la fondation d'une église spéciale pour la cité de Tongres. L'évêque saint Servais était déjà en fonctions en 346.
Besançon.
Pancharius (Ilaxaxo; ?) Vcrsonlionensiiim , en 346. Après lui, le plus ancien titulaire de ce siège qui soit sûrement connu en dehors du catalogue (1^ est Chelidonius, contemporain de saint Hilaire d'Arles (v. 445).
(1) Voy. plus haut, p. 5, ce qu'il faut penser de l'autorité de ce catalogue.
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Civ. Equeslrium (Belley).
Le premier évêque certain, Vincenthis, assistait, en 552, au concile de Paris.
Civ. Helvetiorum (Windisch (l), Avenches, Lausanne).
Pas d'évêque connu avant Bubulcus, qui siégea, en 517, au concile d'Epaone.
Bâle.
Justinia7ius Rawicorum, en 346. Après lui, le plus ancien évêque bien certain est mentionné dans la vie de saint Gall (c. 26), à propos d'un événement de l'année 614.
Tarantaise.
L'évêché apparaît pour la première fois dans la lettre du pape saint Léon, portant délimitation entre les juridictions métropolitaines de Vienne et d'Arles (2). Cette lettre est de l'année 450.
Civitas Vallensium (Octodurum, Sion).
Théodore, évêque d'Octodurum, le premier que l'on connaisse, assista, en 381, au concile d'Aquilée.
*VlENNE.
L'évêque Verus^ quatrième de la série, figura au concile d'Arles en 314. Le siège a donc été fondé dans le courant du IIP siècle.
Genève.
Le premier évêque connu est Isaac., dont parle saint Eu-
(1) Sur les vicissitudes de ce siège épiscopal, voyez ce que j'ai exposé dans le Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1888, p. 193.
(2) Jafifé, 450.
cher de Lyon dans le prologue de la passion des martyrs d'Agaune. D'après ce qu'il en dit, Isaac a dû vivre aux environs de l'an 400.
* Grenoble.
Domninus, premier évêque de Grenoble, assista, en 381, au concile d'Aquilée.
*Civ. Alhensium (Viviers).
Venantius, neuvième évêque de Viviers, d'après le catalogue, assista aux conciles d'Epaone en 517 et d'Auvergne en 535. Autant qu'on en peut juger par cette indication, le siège remonterait au IV® siècle.
Die.
Un évêque de Die, Nicasius, assista au concile de Nicée, en 325.
Vale7ice.
Le plus ancien évêque de Valence dont on ait le nom est Émilien, qui assista au concile tenu en 374 dans sa ville épiscopale et qui, antérieurement à cette date, prit part à l'ordination du premier évêque d'Embrun, saint Marcellin (1).
Civ. Tricastinorum (Saint-Paul-Trois-Châteaux).
L'histoire ancienne de ce siège est très obscure. On ne trouve pas de date certaine et précise avant le concile d'Epaone, en 517, où figure l'évêque Florentins.
Vaison.
Siège existant en 314 : l'évêque Daphnus assista au concile d'Arles.
(1) Vie de saint Marcellin, Acla. SS. april., t. II, p. 751 (20 avril).
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Orange.
Même observation : l'église d'Orange fut représentée au concile d'Arles.
Cavaillon.
Asclepius, évêque de Cavaillon, assista aux conciles de Riez (439) et d'Orange (441). Avant lui on place un saint Genialis, premier évêque; c'est peut-être l'évêque de ce nom qui assista au concile de Nimes en 396.
Avignon.
Nectarius est le plus ancien évoque d'Avignon dont on ait connaissance; il assistait au concile de Riez (439).
Arles.
L'église d'Arles était déjà organisée au milieu du IIP siècle. Un évêque Marcianus est mentionné dans la correspondance (1) de saint Cyprien comme ayant suivi le parti de Novatien (vers 254). Ce n'était pas le premier évêque d'Arles : dès le commencement du V^ siècle , la tradition reconnaissait ce titre à saint Trophime.
Marseille.
Le premier connu des évêques de Marseille, Oresius, assista au concile d'Arles en 314.
Carpentras.
Carpentras n'est pas mentionnée dans la Notice des Gaules ; il est sûr toutefois que cette localité avait eu rang de cité sous le haut empire. Son église n'apparaît pas avant le concile de R,iez (439), auquel Tévêque Constantianus se fît
(1) Cypr., Ep. 68.
représenter; mais il est possible que la fondation du siège remontât au temps où la cité fonctionnait, c'est-à-dire au delà du V siècle.
Toulon.
Toulon n'eut jamais rang de cité. Son évéque Augiistalis, le premier que l'on connaisse, assista aux conciles de Riez (439), d'Orange (441) et de Vaison (442). Dans ces deux derniers conciles le siège de ce prélat est désigné par l'expression loco Telojiensi, tandis que les autres évêques emploient la formule civitate.
Nice.
L'église de Nice fut représentée au concile d'Arles, en 314. Nice, n'étant qu'une dépendance de Marseille, n'est pas mentionnée dans la Notice des Gaules. Au concile, les représentants de l'évêque se disent, non eœ civitate, mais ex portu Nicaensi.
"Bourges.
La plus ancienne date que l'on puisse marquer sur la liste épiscopale de Bourges est celle du concile d'Angers (453), où figura le douzième évêque, Léon. Grégoire de Tours assigne à la fondation de l'église de Bourges une date postérieure à la mission des sept évêques. Cette donnée, quoique un peu vague, s'accorde cependant avec les indications de la liste pour écarter toute idée d'une antiquité plus haute que le déclin du IIP siècle (1).
Civ. Arvernorum (Clermont).
La suite des premiers évêques d'Auvergne nous est
(1) Grégoire n'est pas bien net en ce qui concerne Bourges. Dans VHistoire des Francs (I, 31), il attribue la fondation de cette église à « des disciples » des sept évêques; dans le De gloria confessorum, c. 79, il nomme saint Ursin, le fait ordonner et envoyer en Gaule, a discipulis aposlolorum, expression qui, dans l'espace, ne peut désigner que le pape.
DE l'origine des DIOCÈSES ÉPISCOPAUX. 21
connue par Grégoire de Tours. Le quatrième, saint Illidius (Allyre), mourut en 384 ou 385 (1). Il est difficile de croire que le premier, saint Austremoine , remonte beaucoup au delà de l'an 300, s'il y remonte. Grégoire le nomme parmi les sept évêques envoyés en 250; mais ici, comme pour saint Gatien de Tours, sa chronologie se heurte aux indications de la série épiscopale.
Rodez.
Il n'est pas question de l'église de Rodez avant le V® siècle. Dans une lettre écrite vers l'année 475 (VII, 6), Sidoine la range parmi celles que les Goths laissaient privées d'évêques. On ne saurait dire si saint Amans, le plus ancien évêque de Rodez qui soit connu, est antérieur ou postérieur à ce temps-là. S'il est antérieur, ce n'est sûrement pas de beaucoup, car sa vie le représente comme ayant précédé de peu d'années l'évèque Quintien, lequel est du commencement du VP siècle (2).
Albi.
Le plus ancien évêque dont on ait connaissance est Diogenianus, mentionné dans un texte du commencement du V^ siècle, que Grégoire de Tours cite dans son Histoire des Francs (II, 13).
Cahors.
Un évêque de Cahors, Alithius, est nommé dans le texte dont je viens de parler. La tradition locale présente comme premier évêque un saint Genulphus, lequel aurait reçu sa mission du pape Sixte II (3).
(1) Vilae pp., II, 1 : cf. Hisl. Fr., I, 46.
(2) M. Germ. scr. antiquissimi, t. IV, part. 2, p. 62.
(3) Voir les vies de ce saint publiées par les Bollandistes au 17 janvier , voir aussi l'inscription de Saint- Genou, publiée par "SI. Palustre dans le Bulletin monumental de 1889, p. 67.
Limoges.
Saint Martial, fondateur de l'église de Limoges, est un des sept évêques de Grégoire. On a vu que ce fait ne comporte pas une date bien précise. Il n'est plus question ensuite de l'église de Limoges jusqu'au temps de Sidoine Apollinaire (VII, 6).
Civ. Gabalum (Mende).
Cette église fut représentée au concile d'Arles, en 314. Le martyre de l'évêque saint Privât autoriserait peut-être à remonter plus haut, s'il était mieux daté ; mais on ne sait s'il doit être placé au IIP siècle ou au V* ; encore cette dernière date est-elle beaucoup plus probable que l'autre.
Civ. Vellavorum (Le Puy).
Il s"est conservé au Puy une liste épiscopale , mais en très mauvais état. Le plus ancien évêque pour lequel on ait une date, Aurelius, siégeait en 591 (1) ; c'est le treizième ; mais, encore une fois, la liste n'est pas sûre.
Bordeaux.
L'évêque Orieritalis assista au concile d'Arles, en 314. C'est le premier, ou tout au plus le second évéque de Bordeaux. Ceci résulte, non d'une liste épiscopale, mais d'un passage de Fortunat où il est dit que l'évêque Léonce II était le treizième de sa série. Or, avant Léonce II, on connaît déjà trois évêques du VP siècle, deux ou trois (2) du V% deux du IV% dont Orientalis. Il est difficile de croire qu'il n'y en ait pas eu quatre autres à répartir entre le IV® et le V^ siècle. De cette façon, la série épiscopale de Bordeaux ne peut guère avoir commencé avant l'année 300.
(1) Grégoire, Hist. Fr., X, 25.
(2) Suivant que l'on compte ou non saint Seurin.
DE l'origine des DIOCÈSES ÉPISCOPAUX. 23
Agen.
Phœbadius, évêque d'Agen dès l'année 357, est le plus ancien que l'on connaisse pour ce siège.
Angoulême.
Un évêque Dynamius , du premier tiers environ du V* siècle, est mentionné dans un texte contemporain, cité par Grégoire de Tours {Hist. Fr., II, 13). La tradition conserve le nom d'un saint Ausone , massacré par les Vandales peu avant Dynamius.
Saintes.
Le plus ancien évêque de date certaine est Pierre, qui siégea en 511 au concile d'Orléans. Mais on connaît le nom du premier évêque, saint Eutrope. S'il fallait ajouter foi à ce que dit Grégoire de Tours, il est vrai avec un fertur (1), Eutrope aurait été ordonné et envoyé en Gaule par saint Clément de Rome. Saintes est la seule église pour laquelle Grégoire revendique une antiquité aussi démesurée. Il est vrai qu'il enlève lui-même toute autorité à son dire en ajoutant que nul ne connaissait l'histoire de saint Eutrope avant la translation de ses reliques, laquelle arriva vers 590.
Poitiers.
Saint Hilaire était évêque de Poitiers en 355. La liste épiscopale de cette église lui donne huit prédécesseurs : mais j'ai dit plus haut qu'elle est, pour cette partie, sujette à caution. Il convient d'ajouter que la tradition ne présente nullement saint Hilaire comme le premier évêque de Poitiers.
Périgueux.
Un évêque de ce siège, Paternus, fut déposé, vers l'an-
(1) Glor. mari., c. 55.
née 361, pour cause d'hérésie (1). La tradition locale, constatée dès le IX® siècle, réclame un autre fondateur, saint Front, dont la date est indéterminée.
Eauze.
L'évêque d'Eauze Mamertinus assista au concile d'Arles, en 314.
Daœ.
Aucun évêque certain avant Gratianus, qui siégea au concile d'Agde, en 506.
Lectaure.
Même situation. En 506, l'évêque s'appelait Vigilius (concile d'Agde).
Civ. Convenarum (Saint-Bertrand de Comminges).
Cette église est au nombre de celles dont Sidoine {Ep. VII, 6) déplore l'abandon. Le premier évêque connu, Suavis, est aussi de 506.
Civ. Consoranorum (Saint-Lizier).
Le premier évêque, Valerius, est mentionné par Grégoire de Tours (2), sans indication de date. Après lui vient Glycerius (saint Lizier), l'évêque qui prit part au concile d'Agde (506).
Civ. Benarnensium (Lescar).
Aucun évêque certain avant Galactorius ^ qui siégea au concile d'Agde (506).
(1) Sulpice Sévère, Chron., II, 45.
(î) Gl. conf., 83.
DE l'origine des DIOCÈSES ÉPISCOPAUX. 25
Civ. Aturensium (Aire).
Même cas. L'évèque de 506 s'appelait Marcellus.
Bazas.
Un récit de Grégoire de Tours (1), relatif à l'invasion vandale du commencement du V^ siècle, fait mention de l'évèque de Bazas sans que son nom soit indiqué.
Tarbes.
On ne connaît aucun évèque avant celui de 506, Aper.
Oloron.
Même cas ; l'évèque de 506 s'appelait Gratus.
Civ. Boatium.
On n'en connaît qu'un évèque, dont le nom, ....idius, s'est à moitié conservé dans un débris d'inscription du commencement du V« siècle environ (2).
Auch.
Il est bien difficile de déterminer exactement l'époque du premier évèque connu, saint Orientius ; mais il y a tout lieu de croire qu'il n'est pas antérieur au commencement du V^ siècle (3).
Narbonne.
Le premier évèque, saint Paul, est un des sept de Grégoire de Tours. Encore que la date que Grégoire assigne
(1) Gl. mart., \1.
(2) Comptes rendus de l'Acad. des Inscr., 1905, p. 73. Inscription trouvée à Andernos (Gironde).
(3) Corpus script, eccl. lat., t. XVI, p. 193 et suiv.
à tout le groupe soii très vraisemblable pour ce qui regarde la capitale de l'ancienne Gallia D/arbonensis, il faut reconnaître qu'elle n'est confirmée par aucun autre document.
Toulouse.
La passion de saint Saturnin assigne la date de 250 (1) au début de la mission de cet évéque, le fondateur de l'église de Toulouse. Il est peu probable que l'on ait conservé un souvenir aussi exact de l'année où il commença ses travaux apostoliques. On est porté à croire que la date doit plutôt se rapporter au martyre de Saturnin et que la fondation de l'église de Toulouse est antérieure de quelques années à l'an 250.
Béziers.
Paulmus, évéque de Béziers, est mentionné en 419 dans la Chronique d'Idace. La légende de saint Paul de Narbonne lui attribue à lui-même la fondation de l'église de Béziers, qui aurait été gouvernée après lui par saint Aphrodise.
Nimes.
Il se tint un concile à Nimes {in ecclesia Nemausensi) en 396. On ne sait qui était alors évéque de cette cité. Le premier évéque certain est celui qui siégeait au concile d'Agde en 506, Sedatus.
Lodève.
Le siège de Lodève est mentionné dans une lettre pon-
(1^ C'est aussi la date acceptée par Grégoire de Tours {Hist. Fr., I, 30). Dans son De Gloria martyruiin,c. 47, il s'exprime d'une façon plus vague : ab apostolorum discipulis ordinatus. Ici encore (cf. ci-dessus, p. '20, note 1^ par discipuli aposlolorum il faut entendre les papes. Quand on voudrait admettre que Grégoire se contredit, il est clair qu'il faudrait, entre ses deux façons de parler, sacrifier la plus vague à la plus précise. Je ne crois pas, quant à moi, qu'il y ait contradiction.
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tifîcale de 422, à propos d'une ordination d'évêque célébrée indûment par le métropolitain d'Arles (1).
Uzès.
Cette localité est marquée comme simple castrum dans la Notice des Gaules. L'évèque apparaît dés l'année 442, au concile de Vaison [Cons tan tins).
Agde.
Agde, non plus que les évêchés suivants, ne figure dans la notice. Il y avait un évêque d'Agde en 506, Sophronius .
Elue (Perpignan).
Maguelonne (Montpellier).
Carcassonne.
Ces trois évéchés n'apparaissent que dans la seconde moitié du VI® siècle; le premier est mentionné en 571 dans la chronique de Jean de Biclar ; des deux autres on ne connaît aucun titulaire avant ceux qui siégèrent au concile de Tolède, en 589.
Aix.
On ne connaît aucun évêque d'Aix antérieur au V® siècle ; le plus ancien dont on ait le nom est Lazare, qui fut évincé de son siège en 412.
Apt.
L'église d'Apt était représentée au concile d'Arles en
Riez.
L'évèque Maxime, qui siégeait au concile tenu en 439
(1) Jaffé, 362.
dans sa ville épiscopale, est le plus ancien que l'on connaisse.
Fréjiis.
Le concile de Valence (374) fournit un document de l'existence du siège de Fréjus au IV« siècle. On n'a rien de plus ancien.
Gap.
On ne connaît aucun évêque de Gap qui soit certainement antérieur au concile d'Epaone (517), où siégea Conslantius.
Sis ter 071.
On ne connaît aucun évêque de ce siège avant Jeati, dont il est question dans la vie de saint Marins (1) comme d'un contemporain du roi Gondebaud (f 516).
Antibes.
Le plus ancien évêque connu, Armentarius, apparaît au concile de Vaison, en 442.
Embrun.
Saint Marcellin, premier évêque d'Embrun, fut, nous dit son biographe (2), ordonné par saint Eusébe de Verceil, c'est-à-dire, suivant toute vraisemblance, peu après l'année 362, en tout cas, peu avant l'année 355.
Digyie.
Le même auteur nous renseigne sur les origines de l'église de Digne, qui doit sa fondation à deux disci[)les de saint Marcellin, saint Domnin et saint Vincent, et
(1) Migne, P. L., 1. LXXX. p. 27.
(2) Acla SS. april , t. II, p. 751.
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par suite ne remonte qu'au troisième quart environ du IV® siècle.
Civ. Rigomagensium.
J'ai identifié (1) cette cité avec la civitas Eturamine (Thorame, Basses-Alpes\ dont l'évêque, Severianus, assista au concile de Vaison, en 442. C'est le seul évèque que l'on connaisse pour ce siège, qui fut sans doute supprimé peu après.
Civ. Salinensium (Castellane).
Même situation. Un évêque, le seul connu, Claiidius, assista au concile de Riez en 439 et se fit représenter, en 441 et 442, à ceux d'Orange et de Vaison. Le siège disparaît ensuite.
Senez.
Le premier évêque dont on ait le nom, Marcellus, assista au concile d'Agde en 506. Mais il résulte, je crois, des conciles de Riez, Orange et Vaison que chacune des cités de la province des Alpes-Maritimes avait un évêque en 439 (2).
(1) Mémoires de la Société des antiquaires de France (1882), t. XLIII, p. 37.
(2) En réunissant les signatures des conciles d'Orange et de Vaison, on voit que six diocèses sur huit y ont été représentés. D'autre part, deux évêques de la même province avaient été, au concile de Riez, l'objet d'un blâme des plus énergiques; il leur avait été interdit de prendre part aux ordinations épiscopales et d'assister aux conciles. Il est à présumer que ces deux prélats sont précisément ceux qui manquent, les années suivantes, aux conciles de la province d'Arles. Si les six autres étaient tous connus, on pourrait indiquer avec précision les sièges des deux abstenants; malheureusement, pour l'un des évéques alpins du concile de Vaison, le nom de la cité a disparu de la liste des signatures, de sorte qu'il y a incertitude entre les trois sièges de Senez, Digne et Glandève. Deux de ces évêques, ceux de Senez et de Digne, ou ceux de Digne et de Glandève, ou ceux de Senez et de Glandève, sont probablement les auteurs de l'ordination irrégulière d'Armentarius d'Embrun, cassée par le concile de Riez, et les abstenants des conciles d'Orange et de Vaison.
30 FASTES RPISCOPAUX DE l'aNCIENNE GAULE.
Glandève.
Même situation, sauf que le premier évêque connu est celui qui, en 541, se fit représenter au quatrième concile d'Orléans.
Cimiez.
Aucun renseignement avant le temps du concile de Riez (439), auquel assista saint Valérien, évéque de Cimiez.
Vence.
Le plus ancien évéque certain et daté est Severus, qui siégea aussi au concile de Riez.