‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule (volume 3)Chapitre 82 sur 144 · CARPENTRAS · texte numérisé non relu

CARPENTRAS

La cité de Carpentras n'est pas mentionnée dans la Notitia Galliarum : elle avait donc cessé d'exister avant le commencement du V^ siècle. Il est sûr qu'elle fonctionna sous le Haut-Empire. Soit qu'elle ait été rétablie peu après le temps où fut rédigée la Notice, soit que son évêché remontât notablement au delà, c'est à-dire au temps où il y avait une cité, il est sûr que, dans la première moitié du V« siècle, Carpentras avait un évêque. Le titre d'évêque de Venasque (Vindascensis) apparaît au VI« siècle ; il vient sans doute de ce que le siège épiscopal avait été transporté dans cette localité.

(1) llisL Fr., VIII, 31; IX, 4, 41; Mb: s. Martini, III, 60. — Voir sa vie dans les Acta SS. oct., p. 467.

(2) Le n" 8 du G. C. est un Hildeboldus Cabilonensis qui signe en dernier lieu au privilège de Tournns. Ce privilège est de Tannée 875. et fut signé d'abord par l'évéque du lieu. Gerbaldus Cabilonensis. Les auteurs du G. C. voient une impossibilité à ce que Hildeboldus soit un évêque du même siège, c'est-à-dire de Chalon-sur-Saône. La chose ne me paraît pas aussi claire, car, sauf les quatre premières, toutes les signatures du privilège ont été ajoutées aprèg coup. Rien n'empêche que la dernière soit celle d'un successeur de Gerbaldus. Ce n'est, du reste, pas le seul cas où ce privilège porte la signature de deux évéques du même siège.

1. — Constantianus (1). — Se fit représenter au concile de Riez (439), signa aux conciles d'Orange (441) et de Vaison (442) comme évèque civitatis Carpentoratensis. Son nom se retrouve dans les lettres arlésiennes de 449, 450, 451.

2. — Iulianus. — Signa, comme évêque de Carpentras, au concile d'Epaone, en 517. Il reparait aux conciles provinciaux de 524, 527, 529 (2).

3. — Siffrediis. — S. Siffrein , patron de Carpentras ; fête, le 27 novembre. D'après sa légende (3) , il aurait été ordonné par saint Césaire, à l'âge de 30 ans, et serait mort à un âge très avancé. Ces données sont incompatibles. Si saint Césaire (502-542) a ordonné saint Siffrein, ce n'a pu être que depuis 523; Siffrein serait donc le successeur de Julianus ; et son épiscopat n'aurait pu durer plus de 12 ans (4) ; ainsi il serait mort avant d'avoir atteint la vieillesse. Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est d'accepter de la tradition l'épiscopat de saint Siffrein, mais de renoncer à lui assigner une date. D'après sa légende, il éleva trois églises : à Carpentras, celle de Saint-Antoine; à Venasque, celles de Notre-Dame et de Saint-Jean. Inhumé dans la basilique Sainte-Trinité de Venasque, son corps fut porté plus tard à Carpentras.

(1) Constantianus manque au G. C. A sa place on trouve un Vailenlinus polycarpique, et, d'après une série de portraits que l'on voyait jadis à l'évéché, Oronlius Modestus, Sabinus et Supervenlor, sans autre référence. — Polycarpe a inventé aussi un évéque Firminus de Venasque, contemporain de son Valentinus, ce qui entraînait la distinction des deux sièges aux temps primitifs. Tout cela est à écarter.

(2) Ici le G. C. intercale un Principius qui est impossible. C'est, comme Julianus, un des évèques du concile d'Orange de 529. Après Principius il place Suffredus, saint Siffrein, dont le rang est incertain.

(3) Surius, 27 nov. Je l'ai lue dans un lectionnaire du XIV* siècle, Parisin. 382U. Cf. Propvium Sanctorum ecclesiae Uceliensis ; Lugduni, 1680, pp. 150-151.

(4) Joignez à cela que la légende suppose que le saint entra tout jeune enfant dans le monastère de Lérins, oii il aurait été reçu et élevé par saint Césaire, abbé du lieu. Saint Césaire n'a jamais été abbé de Lénns. Il aurait eu cette qualité jusqu'à son élévation à l'épiscopat qu'une autre difficulté surgirait. Si Siffredus a été ordonné évéque à 30 ans, en 530 au plus tôt, il avait 2 ans seulement en 502, date de l'avènement de saint Cèsaire à l'épiscopat. Voit-on les moines de Lèrins adopter des pupilles de cet âge ?

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4. — Clematius. — Signa, comme évêque de Carpentras et Venasque (episcopus civitatis Carpentoratensium et Vindascensium)^ au concile national d'Orléans, en 541 ; comme évéque de Carpentras seulement, à celui de 549 ; il assista aussi à celui de Paris (552).

5. — Tetradius. — Signa, comme évêque ecclesiae Vendauscensis, au concile de 573.

6. — Boelhius. — Signa, en 584, comme évêque de Carpentras, au concile de Valence, et, en 585, au concile de Mâcon. Son épitapbe (1) existe encore ; elle a été trouvée près de Venasque.

t HIC REQVIESCI[T f BONE MEMORIAE [BOH ETYVS EPES QVI VIXIT [INE PTÔ ANNVS XX MENSIS VI O BUT XX-L IVN INDICCIONE SEPTIMA

La seule indiction VII qui concorde avec les dates de Boethius et de son prédécesseur, c'est celle de l'année 604. Mort le 23 mai (X kal. ixui.) 604, après un épiscopat de 20 ans et 6 mois, Boethius aura été ordonné vers le 23 novembre 583.

7. — Ambrosius (2). — Signa au concile de Paris, en 614, comme évêque de Venasque, ex civitate Vindesca.

8. — Licerius. — Assista au concile de Chalon-sur- Saône en 650 et signa episcopus ecclesiae Vindauscensis (3).

9. — Amatus. — Signature au faux concile de Narbonne (788) (4).

(1) C. L L., t. XII, n° 1^13; Leblant, n" 707.

C?) Ambrosius est omis par le G. C, qui mentionne ici, en s'appuyant sur Lecointc, un Odofridus, lequel aurait siégé vers 590; cette date est impossible. Puis viennent trois noms : Georgius, Petrus, Dominicus, tout aussi dépourvus do références.

(3) Après Licerius, le G. C. donne 16 noms sans références, sauf le septième, Amalus, et le douzième, lohannes, qui provient d'une charte fausse (Bùhmer-Miililb , n° 1300). La série attestée ne reprend qu'au milieu du X' siècle.

(4) Le G. C. marque ici un évêque Aaufridlus, d'après une épitaphe.

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