‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule (volume 4)Chapitre 115 sur 146 · LA PROVINCE DE NARBONNE · texte numérisé non relu

LA PROVINCE DE NARBONNE

La conquête de rAquitaine par les Francs, au temps de Clovis et de Théodebert, rejeta les Wisigoths au delà des Corbiéres et des Cévennes. Toulouse devint ville franque; Uzès aussi (1). La ville de Nimes resta aux Wisigoths ; mais une partie de son territoire ayant été conquise par les Francs, il y fut fondé un évéché spécial, celui d'Arisitum. Lodève, temporairement annexée, repassa avant 589 dans Tobédience gothique. Au VIP siècle, les notices espagnoles (2) décrivent la province de Narbonne comme composée des diocèses de Narbonne, Elne, Carcassonne, Béziers, Lodève, Agde, Maguelonne et Nimes. Elles trouvent une confirmation dans les signatures des conciles de Tolède et de Narbonne, en 589, et, en général, dans les documents, conciliaires ou autres, relatifs à celte partie du royaume wisigothique.

Quand la Septimanie, conquise sur les Wisigoths par les Arabes, fut reprise à ceux-ci par Tempire franc (759), les sièges de Toulouse et d'Uzès rentrèrent naturellçment dans Tobédience de Narbonne.

D'autre part, un certain nombre d'évéchés (3) transpyrénéens de l'ancienne province de Tarragone furent annexés à la France par les conquêtes de Charlemagne et de Louis le Pieux. On les rattacha à la métropole de Narbonne, et cette situation dura jusqu'à la fin du XP siècle. Ces évêchés étaient ceux d'Urgel, de Vich C^usonaJ^ de Girone CGerundaJ et de Barcelone. Outre ces quatre an-

(1) H semble bien qu'alors, comme au V* siècle, Uzès se soit rattachée à la province métropolitaine d'Arles. Cf. Greg. Tur. Hist. Fr,, VI, 7.

(2) Hardouin, Conc, t. III, p. 374 et suiv. L'une de ces notices mentionne dix noms au lieu de huit. Cela vient de ce que Nimes y figure deux fois, sous les noms de Nemis et d'Knemaso, et de ce que CoUioure (C&ucoliberi), sanctuaire célèbre de saint Vincent (voir les martyrologes, depuis le hiéronymien, au 19 mai), est adjoint au siège épiscopal d'Elne.

(3) Girone (avec Ampurias) fut conquise on 785 [Ctiron* Moissiac, cf. Alcuin, ep. 14). Urgel Tétait déjà en 786 ^conc. de Narbonne), ou, au plus tard, en 79^2. Ausona (Vich) dut avoir le môme sort vers le même temps, en tout cas avant 795 (Vi/a Ludoutct, c. 8). Barcelone, après diverses vicissitudes, fut définitivement annexée en 801.

3St FASTES ÉPISCOPAUX DE l'aNGIENNE GAULE.

•ciens sièges, les conciles wisigoths du VP et du VIP siéd^ nous en présentent, pour la même région, deux autres, ceux d'Empuriae (Ampurias) et d^Egara, Le diocèse d'£mjDVfiM fut adjoint à celui de Girone, le diocèse d*Egara à celui de Barcelone. La province de Narbonne atteignit alors sa plus grande extension; elle compta jusqu^à treize :§aBiffiragants : Toulouse, Nimes, Béziers, Lodève, Uzés, A$de« Uaguelonne, Garcassonne, Elne, Girone, Barcelone, Vich^ Urgel.

Au X* siècle, deux tentatives se produisirent pour re- >o(>kiistituer en Catalogne une province ecclésiastique auto- ;rK^«fte. L'abbé de Montserrat, Césaire, se ût sacrer ar- •Cîb^Tèque de Tarragone par les évoques de la Galice ; il <c<saTa même de faire légaliser sa promotion par le pape ,i>^Ti XÏI (l). Alton, évêque de Vich, réussit temporairement là où Césaire avait échoué : le pape Jean XIII rri^x-vas ^n 971 (2), les droits métropolitains en faveur du t<i^ àè Vich« Mais il ne fut pas donné suite à cette eniî^<ri« : Tarchevôque de Narbonne conserva ses suffra- ^!IW4$^ UMispyrénéens jusqu'à la fin du XI* siècle. En 1091, ^îii^itti^ Il (3) reprit un moment le dessein de Jean XIII ; Mii^ ^M nouveau sursis intervint. On attendit que Tarra- .^«^yli^ ^iéUit encore en ruines et au pouvoir des Maures, f{M i^kj^M^^ùse et rebâtie. Cela fait, le pape Gélase II conf^f^, ^ta 1118, le titre de métropolitain de Tarragone à :^^^!Emfiv^ ^)o Barcelone Oldegar ; après la mort de celui-ci v!v?)'7.. i^ deux diocèses furent séparés et la juridiction .^^^.le^iv^til^imd de Tarragone reprit son ancien fonctionnet^f^i. 'sli^n^u pendant quatre siècles.

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