LA PROVINCE DE TARANTAISE
Dans le chapitre précédent, Torigine de la province de Tarantaise a été assez expliquée pour qu'il soit inutile d'y revenir. Cette province fut constituée sous Charlemagne, à la fin du VIII* siècle. Elle comprit, dès lors, les évéchés de Tarantaise et de Sion, c'est-à-dire les anciennes cités des Alpes Graiae et Penninae^ la civitas Ceutronum et la civitas Vallensium. On y adjoignit le diocèse de Maurienne, qui correspondait à l'ancienne province des Alpes Cottiennes, et celui d'Aoste, annexé à l'empire franc depuis le déclin du W siècle. Maurienne fut bientôt réclamée par la métropole de Vienne, qui finit par obtenir gain de cause; Aoste demeura dans Tobédience de Tarantaise, jusqu'au concordat de 1802.
TARANTAISE.
La plus ancienne mention de l'évéché de Tarantaise se trouve dans la lettre du pape saint Léon, datée de 450; le siège de Tarantaise est rattaché par le pape à la métropole de Vienne (1). D'après la tradition du pays il ne remonterait pas beaucoup plus haut que cette date. La vie de saint Jacques, premier évéque de Tarantaise, dit qu'il avait été^ à Lérins, disciple de saint Honorât; puis que ce
(1) Jaffé, 450. Cf. ci-dessus, p. 124.
244 FASTES ÉPISCOPAUX DE L^ANXIENNE 6AULB.
sailli, devenu évéque d'Arles, l'avait ordonné pour être le premier missionnaire du pays des Centrons. Il y serait donc venu en 427 ou 428. Mais cette biographie n*est pas un document bien sûr (1). Elle ne saurait empêcher de croire que le siège de Tarantaise est notablement plus ancien. Après saint Jacques, dont le souvenir est bien mal documenté (2), se présentent les évoques suivants (3) :
1. — Sanctus. — Assista, en 517, au concile d'Epaone. Mentionné dans le titre de Thomélie 2* de saint Avit (éd. Peiper), comme ayant fondé à Tarantaise une basilique sous le vocable de saint Pierre (4).
2. — Marcianus, — Assista aux conciles de Mâcon, en 581, et de Valence, en 583; se fit représenter, en 585, au deuxième concile de Màcon (5).
3. — Baudomeris. — Assista, en 650, au concile de Chalon-sur-Saône (6).