‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule (volume 4)Chapitre 83 sur 146 · CARPENTRAS · texte numérisé non relu

CARPENTRAS

La cité de Carpentras n'est pas mentionnée dans la Notitia Galliarum : elle avait donc cessé d'exister avant le commencement du V* siècle. Il est sûr qu'elle fonctionna sous le Haut-Empire. Soit qu'elle ait été rétablie peu après le temps où fut rédigée la Notice, soit que son évéché remontât notablement au delà, c'est à-dire au temps où il y avait une cité, il est sûr que, dans la première moitié du V* siècle, Carpentras avait un évoque. Le titre d'évéque de Venasque C^i^^^o^^i^^ apparaît au VI* siècle ; il vient sans doute de ce que le siège épiscopal avait été transporté dans cette localité.

(1) HisL Fr., VIII, 31; IX, 4, 41; Mir. «. Martini, Ul, 60. — Voir ta vie dans les Acla SS. oct,, p, 467.

(2) Le n* 8 du 6. C. est un Hildeboldus Cabilonensia qui signe en dernier lieu au privilège de Tournus. Ce privilège est de l'année 875, et fut signé d'abord par Tévéque du lieu. Gerbaldua Cabilonensis, Les auteurs du G. C. voient une impçssibilité à ce que Hildeboldus soit un évéque du même siège, c'est-à-dire de Chalon-sur-Saône. La chose ne me parait pas aussi claire, car. sauf les quatre premières, toutes les signatures du privilège ont été ajoutées après coup. Rien n'empêche que la dernière soit celle d'un successeur de Gerbaldus, Ce n*est, du reste, pas le seul cas oli ce privilège porte la signature de deux évéques du même siège.

1. — Constaniianus (1). — Se fit représenter au concile de Riez (439), signa aux conciles d'Orange (441) et de Vaison (442) comme évêque civitatis Carpentoratensis. Son nom se retrouve dans les lettres arlésiennes de 449, 450, 451.

2. — Iulianus. — Signa, comme évêque de Carpentras, au concile d'Epaone, en 517. Il reparaît aux conciles provinciaux de 524, 527, 529 (2).

3. — Siffredus. — S. Siffrein, patron de Carpentras; fête, le 27 novembre. D'après sa légende (3), il aurait été ordonné par saint Césaire, k V&ge de 30 ans, et serait mort à un âge très avancé. Ces données sont incompatibles. Si saint Césaire (502-542) a ordonné saint SifiFrein, ce n'a pu être que depuis 523 ; Siffrein serait donc le successeur de Julianus ; et son épiscopat n'aurait pu durer plus de 12 ans (4) ; ainsi il serait mort avant d^avoir atteint la vieillesse. Ce qu'il y a de mieux à faire , c'est d'accepter de la tradition Tépiscopat de saint Siffrein, mais de renoncer à lui assigner une date. D'après sa légende, il éleva trois églises : à Carpentras, celle de Saint-Antoine; à Venasque, celles de Notre-Dame et de Saint-Jean. Inhumé dans la basilique Sainte-Trinité de Venasque, son corps fut porté plus tard à Carpentras.

(1) Constaniianus manque au 0. C. A sa place on trouve un V&lenlinus polycarpique, et, d*aprôs une série de portraits que l'on voyait jadis à Tévéché, Oronlius Modeslus, Sabinus et Supervenlor, sans autre référence. — Polycarpe a inventé aussi un évêque Firminus âe Venasque, contemporain do son Valentinusi ce qui entraînait la distinction des deux sièges aux temps primitifs. Tout cela est à écarter.

(2) Ici le 6. C. intercale un Principius qui est impossible. C'est, comme Julianus, un des évéques du concile d'Orange de 529. Après Principius il place SuffreduSf saint Siffrein, dont le rang est incertain.

(3) Surius, 27 nov. Je l'ai lue dans un lectionnaire du XI V* siècle, Pari' 8in. 3820. Cf. Proprium Sanclorum ecclesiae Uceliensis; Lugduni, 1686, pp. 150-151.

(4) Joignez à cela que la légende suppose que le saint entra tout jeune enfant dans le monastère de Lérins, où il aurait été reçu gV élevé par saint Césaire, abbé du lieu. Saint Césaire n'a jamais été abbé de Lérins. Il aurait eu cette qualité jusqu'à son élévation à l'épiscopat qu'une autre difficulté surgirait. Si Siffredus a été ordonné évêque à 30 ans, en 530 au plus tôt, il avait 2 ans seulement en 502, date de l'avènement de saint Césaire à l'épiscopat. Voit-on les moines do Lérins adopter des pupilles de cet âge ?

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