AUVERGNE (CLERMONT
Grégoire de Tours, élevé dans l'église d'Auvergne, en
(1) Carm. 71. C'est là qu'on lit le fameux vers :
Es patriarehali primae praelatus honore sedis...
(2) Bôhmer-M., 827.
(3) Le G. C. insère ici un Etienne fourni par le privilège d'Aldric de Sens pour Saint-Remi (Worms, 833) : Stephanus Bituricensium indignus episcopus (Hardouin, t. IV, p. 1373). Il est clair qu'en 833 c'était Aiulf qui était archevêque de Bourges; aussi a-t-on conjecturé qu'il s'agissait d'un évêque de Béziers, Bituricensis étant considéré comme une déformation de Biterrensis. Mais d'autres conjectures peuvent être également présentées. Du reste, le document d'Aldric soulève beaucoup de difficultés ; il est imprudent de s'y fier. Cf. B. Simson, Jahrb. des Fr. Reiches (Louis le Pieux), t. II, p. 291.
(4) Le premier est cité dans le G. C, t. II, p. 25 ; le second reproduit t. c, p. 3, instr.
(5) M. G. Scr., t. II, p. 324.
(6) Chron. Placentin., M. G. Scr., t. XVIII, p. 410 (899 doit être corrigé en 889).
recueillit avec un soin particulier les anciens souvenirs chrétiens. Par lui nous connaissons les principaux sanctuaires de la ville et du territoire, les traditions relatives aux martyrs (1). aux solitaires, aux abbés, aux évéques surtout. Sur ses vingt Vitae Patrum, neuf sont consacrées a des saints d'Auvergne, dont trois évéques. Mais c'est surtout la grande histoire des Francs qui nous importe ici. Grégoire y a réuni et réparti, suivant l'ordre chronologique des événements, tout ce qu'il a pu savoir sur les évéques d'Auvergne,, depuis l'origine jusqu'à son temps. Il est aussi bien renseigné sur cette série épiscopale que sur celle de Tours.
Ce qu'il en dit représente, ou peu s'en faut, tout ce qu'il nous est possible d'en savoir. Avant lui, nous connaissons Sidoine Apollinaire par ses écrits, mais lui seul, car il ne parle jamais de ses prédécesseurs.
Cent ans environ après Grégoire, un diacre de l'église d'Auvergne, Praeiectus (s. Prix, Priest, Prejet, Projet), qui en devint bientôt évêque, écrivit à son tour, sur les saints de son pays, deux livres distincts (2), le premier consacré aux martyrs Cassius, Victorinus, Antolianus et autres, le second à saint Austremoine. Xi l'un ni l'autre de ces deux écrits n'est venu jusqu'à nous. Il n'y a pas trace du premier; quant à l'autre, c'est à tort que Ton voudrait le reconnaître dans une des diverses vies de saint Austremoine qui sont présentement en circulation (3).
Saint Prix trouva lui-même un biographe, et il en fut ainsi de son deuxième successeur, saint Bonnet. Ces deux biographies, œuvres de contemporains, nous apportent
(1) SS. Liminius, Antolianus, Cassius, Victorinus (H. Fr., I, 33; Gl. mart., 04); Gl. conf., 35) ; saint Julien de Brioude (Lib. de mir. s Iuliani; cf. Gl. mart., 64); saint Genès de Thiers (Gl. mart., 66).
(2) Voir sa vie, Xeues Avchiv, t. XVIII, p. 644.
(3j Sur les Vies de saint Austremoine, voy. Acla SS. nov.. t. I, p. 49 et suiv. (cf. Bull, critique, 1887, p. 205); Xeues Archiv (Krusch), t. XVIII, p. 640; t. XIX, p. 24; Anal. BolL (Poncelet), t. XIII, p. 33; Mélanges Havet (Duchesne), p. 36. Cf. ci-dessous, ch. V.
art $r
.: - : i - ri ..- .: :i: - i - -
: -ri.: rr ~ . ~ l " . ~Lf i . : ~~ t - i n 3
il n : n-~ : : i
.Tffi-
l :- ; .ri l mat:
- ri ei^ 1-1 Z^iJJÊUâ r
o4 FASTES ÉPISCOPAUX DE i/ANCIENNE GAULE.
7. — Venerandus. — Mentionné par Paulin, auteur contemporain, comme un des plus dignes évêques des Gaules. Il mourut le 24 décembre. Une basilique s'éleva sur son tombeau (1); elle était en dehors de la ville, près de celle de saint Allyre ; détruite aussi à la Révolution.
8. — Rusticus. — Grégoire raconte son ordination, accompagnée de circonstances merveilleuses (2). Sa fête est marquée au 24 septembre dans le martyrologe hiéronymien.
9. — Namatius. — Fondateur de la cathédrale, dans laquelle, la douzième année de son épiscopat, il déposa des reliques des saints Vital et Agricola, apportées de Bologne (3). Sa femme construisit, hors les murs de la ville, une basilique en l'honneur de saint Etienne (4).
10. ' — Eparchius. — Fondateur du monastère de Chanturgue (5).
11. — C. Sollius Modesties Apollinaris Sidonius. — Le célèbre écrivain. Préfet de Rome et patrice en 468, il fut, peu après (469 ou 470), élu évêque d'Auvergne. Son épiscopat se terminale 21 ou 23 août 479; le premier jour est marqué au bas de son épitaphe, l'autre dans le martyrologe hiéronymien (6). Son épitaphe nous est parvenue par un manuscrit actuellement conservé à Madrid.
Sanctis contiguus sacroque patri vivit sic meritis Apollinaris illustris titulis, potens honore, recto r militiae forique iudex.
Mundi inter tumidas quietus undas causarum moderans subinde motus leges barbarico dédit furori ;
(1) H. Fr., II, 13; Gl. conf., 34-38.
(2) H.Fr.y II, 13; cf. II. 16.
(3) H. Fr.t II, 16, 21; GL mart., 43. La dédicace de cette église est marquée au 14 mai dans le martyrologe hiéronymien. Il marque aussi, au 10 décembre, une fête en l'honneur des deux saints bolonais.
(4) li. Fr., II, 17.
(5) H. Fr.t II, 21 ; cf. Longnon, Gèogr. de la Gaule, p. 497.
((')) Je me borne à indiquer ici l'introduction de Mommsen, en tête de l'édition des Œuvres de Sidoine, dans le M. G. Scr. antiq.; t. VIII. Cf. Greg, Tur., H. Fr.} 21-25.
AUVERGNE. 3o
discordantibus inter arma reguis
pacem consilio reduxit amplo.
Haec inter tamen et philosophando
scripsit perpetuis habenda saeclis.
Et post talia dona Gratiarum
su m mi poutificis sedens catbedram
mundanos suboli refudit actus.
Quisque bic cum lacrymis Deum rogabis
dextrum funde preces super sepulcrum :
nulli incognitus et legendus orbi
illic Sidonius tibi invocetur.
XII kl. septembres, Zenone imperatore (1).
12. — Abrunculus. — Evoque de Langres; émigré en Auvergne peu après la mort de Sidoine, il fut choisi pour lui succéder (2).
13. — Eufrasius. — Il se fît représenter, en 506, au concile d'Agde; il assista, en 511, à celui d'Orléans; il mourut, dit Grégoire, quatre ans après Clovis (515), dans sa vingtcinquième année d'épiscopat. Il a donc siégé de 490 à 515 environ. Correspondant de saint Avit (ep. 44) et de Rurice de Limoges (2).
14. — Apollinaris. — Evéque éphémère; son épiscopat ne dura que trois ou quatre mois. C'était le fils de Sidoine; il avait commandé à Vouillé un corps arverne dans l'armée d'Alaric II (4). Anniversaire au 26 septembre dans le martyrologe hiéronymien.
15. — Quintianus. — Evêque de Rodez, retiré en Auvergne au temps des guerres entre Clovis et les Goths (5). Le roi Thierry le fit installer sur le siège vacant par la mort d'Apollinaire. Il mourut lui-même en 525 ou 526 (6)
(1) M. Mommsen (l. c. p. XLix) pense que les deux derniers mots ont fait partie d'une date consulaire qui, régulièrement, devait être Zenone aug. it. cons. (479).
(2) Grég., H. Fr., II, 23; III, 2; Vitae PP., III, 1.
(3) M. G. Auct. an/., t. VIII, p. 273, 330, 334.
(4) H. Fr., II, 37; III, 2; Gl. mari , 44; Vitae PP., III, 1.
(5) H. Fr., II, 36; III, 2, 12, 13; IV, 5, 35; Vitae PP., IV; VI, 3. Ct. Fortunat, IV, 4.
(6) Cette date résulte de la chronologie de son successeur.
et fut enterré à Saint-Etienne. Grégoire a écrit sa vie. — Fête, le 13 novembre.
16. — Gallus. — Il mourut en 551. le 14 mai, dimanche avant l'Ascension, dans sa vingt-septième année d'épiscopat, dit Grégoire, après avoir siégé vingt-cinq ans, dit Fortunat; son ordination se place donc en 525 ou 526. 11 se fit représenter aux conciles d'Orléans de 533 et 538 ; il assista de sa personne à celui qui fut célébré en 535 dans sa ville épiscopale et à ceux d'Orléans, en 541 et 549. C'était l'oncle paternel de Grégoire de Tours, qui parle souvent de lui "et qui a écrit sa vie. Son épitaphe fut composée par Fortunat (1).
17. — Cautinus. — Evêque déplorable, dont la conduite est stigmatisée par Grégoire (2). Il mourut de la peste, le vendredi-saint (27 mars) 571.
18. — Avitus. — Grégoire raconte son ordination, qui eut lieu à Metz ; il mentionne souvent Avit (3), sans jamais parler de lui comme d'un mort, ce qui donnerait lieu de croire qu'Avit vivait encore en 592. Trois poèmes de Fortunat lui sont adressés (4) ; ils ne fournissent aucune indication chronologique. L'anniversaire est marqué au 21 janvier dans le martyrologe hiéronymien (5).
(1) H.Fr. IV, 5, 6, 7, 12; Gl. mart., 50; Virt. s. Iuliani, 23; Vitae PP., 11,2; VI. Fortunat, IV, 4.
(2) H. Fr., IV, 7, 11, 12, 13, 15, 1G, 31, 35; X, 8; Virt. s. Iuliani, 46; Gl. conf., 29.
(3) H. Fr., IV, 35; V, 11; X, 6; Gl. mart., 64, 66; Virt. s. Iuliani, 48; Virt. s. Martini, III, 60; Yilae PP., II, prol.. 4; XI, 3; XII, 3; Gl. conf., 40.
(5) Une Vie de saint Avit, alléguée par Savaron (De ecclesiis et altaribus, etc., 1,2. 18, etc.; Labbe, Bibl. mou., t. II, p. 719), lui attribue un successeur appelé Desideratus. Divers livres, liturgiques et autres, que Savaron cite et qui existaient peut-être de son temps, mentionnent aussi un Desideratus, évèque, honoré le 10 février. Il faut y joindre un saint Avolus et un saint Justus (2 sept.), évêques aussi, d'après les mêmes documents (Labbe, l. c, p. 716), bien que le dernier semble être identique à l'archidiacre de saint Illidius dont parle Grégoire de Tours (II. Fr., I, 45). Les auteurs du G. C. insèrent ici ces trois noms, avec Ips plus grandes réserves, guidés plutôt par l'usage que par l'autorité de Savaron et des pièces auxquelles il se référé.