Arbogastus. — Il n'est pas impossible qu'il soit
(1) Sulpice Sévère, Dial., III, 2.
(2] Voy. les textes et explications publiés par M. l'abbé Clerval dans les Anal. BolL, t. VII, p 321; cf. Merlet et Clerval, Un manuscrit chartrain du XV siècle, Chartres, 1893, p. 44.
identique au comte de Trêves du même nom, l'un des correspondants de Sidoine Apollinaire (1).
12. — Flavius. — Mentionné dans la vie interpolée de saint Solenne (2) comme ayant été son prédécesseur; il est probable que ceci dérive du catalogue.
13. — Sollemnis. — Grégoire de Tours (3) parle d'un saint de ce nom dont le tombeau, longtemps ignoré, fut découvert à Maillé (Luynes), à l'ouest de Tours. Il n'en fait nullement un évêque, de Chartres ou d'ailleurs. On l'identifia tardivement avec le Sollemnis du catalogue chartrain. Celui ci nous est connu par une vieille légende (4) déjà résumée dans le martyrologe de Raban (25 sept.). La tradition chartraine consignée dans ce document représente Sollemnis comme contemporain de Clovis, à la conversion duquel il aurait concouru. Elle lui attribue douze ans d'épiscopat (très olympiadas), et compte cette durée à partir d'une guerre entre Francs el Goths, distincte probablement de celle de 507. En décrivant les funérailles du saint, elle ne laisse aucunement soupçonner que son tombeau ait été éloigné de Chartres.
14. — Adventinus. — Il assista au concile d'Orléans, en 511. Sa signature varie suivant les manuscrits; les uns le marquent de Carnotas, les autres de Duno ou Dunensis. Cette circonstance est en rapport avec l'un des épisodes de la légende de saint Solemne. Celui ci, désigné par le roi Clovis pour être évêque de Chartres, se cache et ne reparaît que lorsque, en désespoir de le trouver, on a ordonné Aventin à sa place. On finit cependant par le découvrir, on le consacre, et Aventin se retire à Châteaudun où il attend
(1) Ep., IV, 17; cf. M. G. Ep., III, p. 137.
(2) Acta SS. sept., t. VII, p. 67.
(3) Gl. conf., 21.
(4) Acta SS. sept., t. VII, p. 62. Meilleure édition dans le Jahrb. des Ve reins von Alterthurns fr. im Rheinlande , t. CIII, p. 78, en appendice à une étude de M. Levison sur la chronologie du règne de Clovis. M. Levison y a traité, avec beaucoup de sagacité, des divers témoignages sur le lieu, la date et autres circonstances du baptême de Clovis; il admet comme fondée1 en tradition l'intervention de l'évéque de Chartres.
patiemment que Solemne achève son épiscopat (1). — Fête, le 4 février (2).
15. — Aetherius. — Assista aux conciles d'Orléans, en 533, 538, 541; très mêlé à la vie monacale et ecclésiastique de son successeur, il est mentionné plusieurs fois dans la vie de celui-ci (3).
16. — Leobinus. — Assista au concile d'Orléans, en 549, et à celui de Paris, en 552; antérieurement à la tenue de celui-ci, il avait été du nombre des juges qui prononcèrent la déposition de l'évêque de Paris, Saffaracus (4). — Fêtes, le 14 mars (depositio) et le 15 septembre (translatio) (5).
17. — Chaletricus. — Mentionné dans la vie du précédent. Il assista au concile de Tours, en 567, et à celui qui fut tenu à Paris entre 556 et 573. Son tombeau a été trouvé en 1703, avec l'épitaphe (6) originale :
f HIC REQVIISCIT CHALETRICVS EPS CVIVS DVLCIS MEMORIA PRIDIE NONAS SEPTEMBRIS VITAM TRANSPORT AVIT IN CAELIS
Fortunat (IV, 7) en rédigea une autre, qui n'a peut-être pas été gravée. — Fête primitive (depositio), le 4 septembre ; translation, le 7 octobre.
18. — Po.ppolus. — A peine élu, cet évêque eut à repousser une tentative de morcellement de son diocèse. Le roi Sigebert, à qui appartenait non la ville de Chartres, mais Châteaudun et les environs, essaya de fonder en cette localité un évêché pour la partie austrasienne de l'ancienne civitas Carnotam; son choix tomba sur un clerc
(1) V. aussi le fait de Promotus, ci-dessous, p. 427.
(2) Omise encore dans le martyrologe du onzième siècle (Merlet et Clerval, p. 44).
(3) Sur le saint Prest dont il aurait développé le culte, voy. Merlet et Clerval, p. 39 et suiv.
(4) Sur sa vie, publiée en dernier lieu par Br. Krusch, M. G. Auct. antiq., t. IV, 2, v. Anal. BolL, t. XXIV (1905), p. 25-31.
(5) Merlet et Clerval, p. 32 et suiv.
(b) Leblant, n° 211; cf. pi. 139. A la suite d'une translation, la date pr. non. sept, a été transformée par martelage et surcharge en nonas octobris. Cf. Merlet et Clerval, p. 34.
appelé Promotus. Mais Pappolus déféra cette entreprise à un grand concile tenu à Paris en 573; ce concile, où ne figurait aucun évêque austrasien, lui donna gain de cause. Toutefois, tant que vécut Sigebert, c'est-à-dire jusqu'en 575, Promotus se maintint, en dépit du concile. Evincé après la mort de son protecteur, il essaya, en 584, de reprendre ses fonctions ; mais le roi Gontran y mit ordre (1). Pappolus fut chargé par ce même roi, en 585, de donner la sépulture à Mérovée, fils de Chilpéric (2). Il siégea cette année au grand concile de Mâcon.
19. — Boetharius. — Cet évêque n'est connu, en dehors du catalogue, que par sa vie (3), qui paraît avoir été rédigée au IXe siècle. D'après ce document, Béthaire, d'abord chapelain de Clotaire II, aurait été élevé par lui au siège épiscopal de Chartres; cette promotion n'a pu avoir lieu avant Tannée 595, lorsque, Childebert II étant mort, Clotaire II et Frédegonde se saisirent de Paris et « d'autres cités » qui devaient revenir aux fils du roi défunt (4). Chartres aurait donc été du nombre de ces cités. Moins de six ans après, dans la sixième année de l'épiscopat de Boetharius, Clotaire II fut battu à Dormelles par les fils de Childebert (5) ; Thierry reprit la ville de Chartres, dont l'évêque, partisan du vaincu, eut beaucoup à souffrir. Emmené captif à la cour de Bourgogne, il parvint à apaiser le
(1) Sur cette affaire, voy. le concile de 573 et Grég. de Tours, H. Fr.y VII, 17.
(2) Greg. Tur., H. Fr.} VIII, 10,
(3) Acta SS. aug.} t. I, p. 169. M. G. Scr. mevov., t. III, p. 613. M. Br. Krusch (M. G. I. c.) déclare, avec la décision qui lui est familière, que res Francorum quales in vita Betharii enarrantur ab imperito falsario confictae sunt. Je constate, tout au contraire, que le récit du biographe concorde très bien avec celui de Frédégaire. Si la rédaction actuelle est sûrement dans la dépendance du Liber historiae Fr. (VIIIe s.), si même, soit pour l'ensemble 4du style, soit pour certains détails (l'archichapelain, la formule adnectere huic scedulae [c. 7; cf. Gesta Aldrici, éd. Charles et Froger, p. 130]), elle trahit une main du neuvième siècle, rien n'empêche que le fond ne provienne de quelque notice ou chronique locale.
(4) Frédég., IV, 17.
(5) Frédég., IV, 20.
roi, qui le remit en liberté. Il assista ensuite à un concile tenu à Sens, sans doute un concile provincial. — Fête, le 1er août (1).