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De ces noms, les dix-neuf premiers, sauf Valerius (3) et Droctoald (15), figuraient, vers la fin du VIe siècle, dans les calendriers d'Auxerre, d'où ils ont passé dans le martyrologe hiéronymien. Les nos 8, 9, M, 13, 14, 17, 18, ne sont connus que par le martyrologe et les Gestes; les autres, 1, 2, 4, 5, 6, 7, 10, 12, 15, 16, 19, ont encore d'autres attestations. Au delà d'Aunachaire (19), le martyrologe nous fait défaut. Mais d'autres documents permettent de vérifier la qualité d'évêque d'Auxerre et le rang chronologique pour les nos 20, 21, 22, 24, 35, 36, 37, 38.
La liste est, en somme, assez souvent vérifiée pour qu'il y ait lieu de lui accorder créance. Cependant il y a un point où son témoignage, contredit par une tradition plus ancienne, doit être sacrifié. C'est le cas de Valerius. Cet évêque ne figure pas au martyrologe hiéronymien, au moins en tant que distinct de Valerianus. Il n'y a, au 6 mai, qu'un seul évêque d'Auxerre, dont le nom est écrit, dans
-.~; fastes é?:sco?avx :i l'ancienne gaule.
la plus ancienne recension, Valeriar lans la on
secondaire, Valeri. L'auteur des Gesta, qui disting Vale-
rius et Valerianus. leur assigne à tous deux le même jour d'anniversaire, ce qui donne lieu de croire que le dédoublement du personnage vient précisément de la double leçon du martyrologe. D'autre part. Valerius ne figure : dans la Visio Marner Uni 1). où l'on représente saint Pèlerin célébrant une sorte de messe-fantôme ses quatre pre-
miers successeurs, Marcellianus, Valerianus, Helladius et Amator. Au temps où celte pièce a été écrite, on ne connaissait que Valerianus, Il y a donc lieu de s'en tenir à lui et d'écarter Valerius. Sauf cette correction, la liste est acceptable.
Il n'en de même des chiffre?. Il n'y en a aucun
pour saint Pèlerin. Quant à ses quatre premie es-
rs, dont on ne donne que les années, le fait que l'un d'eux est imaginaire donne lieu de craindre que ces premiers chiffres ne le soient aussi. En tout cas, il n'y a aucun moyen de vérification. Il en est de même pour la durée de l'épiscopat d'Amator.
D'après son biographe (c. 81), Amator serait mort un mercredi Ie* mai, ce qui. eu égard à la chronologie ambiante. conduit à l'année 418. Je ne vois pas qu'il y ait lieu d'écarter cette donnée, qui peut provenir d'une épitaphe ou d'un catalogue et n'a rien de légendaire. Le 1er mai est le jour anniversaire d'Amator; on le connaissait par l'usage liturgique; quant au mercredi, quel intérêt l'hagiographe avait-il à faire mourir son héros ce jour de la semaine plutôt qu'un autr-
Cette donnée chronologique en rejoint une autre, la durée de l'épiscopat de s. Germain, su d Amator,
fixée dans les Gesta à 30 ans et 25 jours. Le biogra Constance ne rapporte aucun chiffre, mais celui de 30 ans,
(1) Récit interpolé (c. 17-37) dans la vie de s. Germain ; on le trouve à l'état isolé, dans certains manuscrits son, l. c, p. 160.
à tout le moins, était traditionnel à Auxerre bien avant les Gesta : il figure, en effet, dans une préface du Missale gallicanum vêtus, manuscrit des environs de Tan 700 (1). La précision des 25 jours, fournie par les Gesta, semble bien provenir d'une épitaphe. Il est possible aussi que, comme cela s'est fait pour tant d'évéques, le jour de l'ordination de s. Germain ait été inscrit dans les calendriers : il n'en fallait pas davantage pour conduire aux 25 jours. Comme on sait que s. Germain mourut un 31 juillet, en obtient, en combinant toutes ces données, les résultats suivants :
1er mai 418, mort d'Amator;
7 juillet 418, ordination de Germain;
31 juillet 448, mort de Germain.
Le fait qu'en 418 le 7 juillet tombe précisément un dimanche (2) est une remarquable confirmation de cette chronologie.
La vacance de trente jours, que les Gesta marquent entre Amator et Germain, est sûrement inexacte.
Après saint Germain, les invraisemblances, les impossibilités même, recommencent à se produire. Alodius, successeur de Germain, est dit avoir siégé plus de trente ans; son épiscopat est précédé d'une vacance de quatre ans et suivi d'une autre vacance de dix ans. Donc quarante-quatre ans entre saint Germain (f 448) et Censurius. Celui-ci ne devrait avoir commencé qu'en 48*2. Or nous le trouvons, vers 475, en correspondance avec Sidoine Appollinaire.
L'évêque Théodose siégeait au concile d'Orléans en 511. Or, en additionnant les deux épiscopats de Censurius et d'Ursus avec les deux vacances qui les suivirent, on obtient une durée de quarante-cinq ans. Que l'on parte de 492 ou de 475 pour le début de Censurius, il est clair que le chiffre est trop fort.
(1) Mabillon, De lilurgia gallicana, p 330; cf. L. Delisle, Mém. de iacad. des iriser., t. XXXII», p. 73; et mes Origines du culte chrétien, 4e éd., p. 153.
(2) M. Levison, qui demeure hésitant sur ce point, n'a pas pris garde à cette dernière coïncidence.
Ainsi, jusqu'au VIe siècle, les chiffres, sauf ceux de saint Germain, sont faux ou tout au moins suspects. Il n'y a pas à s'y arrêter.
Les dates extrêmes d'Aunachaire peuvent être déterminées en partant des considérations suivantes. Le martyrologe hiéronymien fournit le jour de son ordination, 31 juillet. L'évêque Eleuthère, qui figure au catalogue deux rangs avant lui, mourut le 26 août, en 550, au plus tôt. Lui-même figure dans un concile, en 573. Or, après 550, le 31 juillet ne tombe un dimanche que dans les années 561, 567, 572. C'est donc une de ces années qu'Aunachaire a été ordonné. Sa vie lui attribue quarante-quatre ans d'épiscopat, plus un mois et vingt-trois jours. Les chiffres des mois et des jours cadrent avec l'intervalle entre la date d'ordination, fournie par le martyrologe et la date obituaire, 25 septembre, fournie par les Gesta. Il y a donc lieu d'accepter aussi le chiffre des années. On a ainsi, pour la mort d'Aunachaire, le choix entre 605, 611 et 616. Cette dernière solution est éliminée par la présence de Didier, successeur d'Aunachaire, au concile de 614. Restent les deux autres. En acceptant 611, les dix-huit ans que les Gestes attribuent à Didier supposent que son épiscopat se prolongea jusqu'en 629 : or, en 627, son successeur Palladius siégeait au concile de Clichy. Il faut donc revenir à la première solution et fixer entre les années 561 et 605 la durée de l'épiscopat d'Aunachaire. Cette solution contredit, il est vrai, une des données de sa biographie, à savoir qu'il aurait d'abord servi dans le palais du roi Gontran; mais le biographe a pu se tromper de roi.
Une chose est sûre, c'est que les rédacteurs des Gestes, qui ont pourtant eu la vie d'Aunachaire entre les mains, ont mal copié les chiffres de ses mois et de ses jours (m. X d. XX) ; en revanche, ils ont à peu près conservé le chiffre des années.
La vacance avant Aunachaire est bien assignée, quatre jours; c'est juste ce qu'il y a entre le 27 juillet, date de la
mort dTEtherius, et le 31 , jour de l'ordination d'Aunachaire. Mais au-dessus, la vérification donne des résultats moins satisfaisants. En additionnant les durées des épiscopats dTEtherius et de Romain avec les vacances qui les précèdent, on arrive à un total de quatorze ans et trois mois, ce qui conduit au mois d'avril 547. Or, Eleuthère, prédécesseur de Romain, siégeait encore dans un concile de 549; il est mort le 26 août 550 au plus tôt. Il n'y a donc pas plus de onze ans entre Eleuthère et Aunachaire. En ne retenant de la chronologie des Gestes que les chiffres d'années, trois pour Romain, neuf pour ^Etherius, on arrive à peu près. Encore l'un de ces chiffres doit-il être diminué d'une unité ; il faut faire aussi, ici comme ailleurs, le sacrifice des longues vacances qui reviennent si souvent dans les Gestes.
Aucune vérification n'est possible pour les chiffres assignés à Théodose, Grégoire, Optât, Eleuthère. Celui-ci, cependant se rencontre aux conciles pendant dix-sept ans; il n'est donc pas étonnant qu'on lui attribue un long épiscopat (28 ans).
Après Aunachaire, les chiffres des Gestes ne heurtent plus la chronologie réelle. 11 y a même des coïncidences notables. Ainsi, l'espace compris entre les deux dates obituaires d'Aunachaire et de Didier coïncide exactement avec la somme des deux chiffres assignés à la vacance après le premier et à l'épiscopat du second ; ces deux chiffres se rencontrent au 2 octobre. Or, en 605, le 3 octobre était un dimanche, jour convenable pour une ordination épiscopale.
En comptant d'après les Gestes, l'épiscopat de Didier va du 3 octobre 605 au 27 octobre 623. Palladius, qui vient ensuite, siège trente-six ans et trois mois, ce qui nous conduit à l'année 659. Or, Didier est mentionné en 614, Palladius de 627 à 654.
Après Palladius, Vigile dure vingt-cinq ans et cinq mois, ce qui conduit au 21 septembre 684, si l'on tient compte
de l'intervalle indiqué entre Pallade et lui; au 11 mars 685, si Ton se règle sur la date obi ta aire de Vigile. L'année tombe bien sous le majordomat de Waraton, à qui la tradition attribuait le meurtre de Vigile. Il n'y a de difficulté que pour le chiffre de vacance après Pallade. Je crois qu'il faut le sacrifier, comme aussi celui d'après Vigile, car cinq jours c'est trop peu, étant données les circonstances dans lesquelles la succession s'était ouverte.
En mettant bout à bout les durées assignées aux cinq évèques suivants et la vacance de trois ans, assez vraisemblable, après l'assassinat de Tetricus, on obtient un total de cinquante-sept ans, ce qui conduit à l'année 742 environ. Ni cette somme, ni ses détails ne soulèvent d'objections. On peut en dire autant de la période suivante, des 120 ans qui vont jusqu'à la mort d'Abbon. 3 décembre 859.
En résumé, la liste épiscopale, sauf le dédoublement de Valérien, peut être considérée comme sûre. Quant aux chiffres, ils n'ont de valeur que depuis le commencement du VIIe siècle.
En tête des Gesta episcoporum il y avait, et il y a encore, une table qui fut copiée et continuée par les collecteurs de catalogues. J'en vais donner le texte, en me bornant aux deux plus anciennes copies, celle de Robert de Torigny (A) (1) et celle de Robert de Saint-Marien (B) (2).
Xomina episcoporum Autisiodorensium numéro quinquaginta
quinque.
S. Peregrinus episcopus et S. Alodius.
martir. S. Fraternus.
S. Marcellianus. 10 S. Censurius.
S. Valerius. S. Ursus.
S. Valerianus. S. Theodosius.
5 S. Eladius. S. Gregorius.
S. Amator. S. Optatus.
S. Germanus. 15 S. Droctoaldus.
(1) Paris, 6042, f° 122 v°.
(?) Auxerre, n° 132, p. 90.
S. Eleutherius.
Christianus.
S. Romanus martyr.
Wala.
S. Etherius.
40 S. Wibaldus.
S. Aunarius.
S. Herifridus.
S. Desiderius.
Gerrannus.
S. Palladius.
Betto.
S. Vigilius.
Galdricus.
Scopilio.
45 S. Guido.
S. Tetricus mar
tyr.
Ricardus.
Focoaldus.
Heribertus.
Sabaricus.
Iohannes.
S. Aimarus martyr.
Hugo.
Theodrannus.
50 Heribertus.
S. Quintilianus.
S. Gofridus.
Cbillianus.
Robertus episcopus
et cornes.
Clemens.
S. Humbaldus.
S. Aidulfus.
Hugo.