Libanus
20. — Germanus. — Saint Germain fut élu civitatis eius (Parisiacae) episcopo decedente; il n'a donc pu succéder directement à Saffaracus. Fortunat, de qui nous tenons ce détail, a écrit la vie du vénérable évêque, son contemporain et son ami. Grégoire de Tours en parle souvent (3).
(1) Ci-dessus, p. 415.
(2) Conduite par les évoques de Meaux et de Chartres, Voy. le concile de 552; cf. Greg. Tur., //. Fr., IV, 36.
(3) H. Fr., IV, 2G, 51; V, 8, 14; VIII, 33; IX; 39, 42; Virt. s. Marlini, II, 12; Gl.conf., 79, 90.
De leurs récits il résulte qu'il mourut le 28 mai 576. Vingt ans après, son anniversaire figurait au martyrologe liiéronymien. La date de son avènement est moins certaine ; toutefois, comme Fortunat (c. 12) nous le montre reçu à Paris par le roi Childebert, elle doit être antérieure à la mort de ce prince (558). On le trouve au concile de Tours, en 567, et à deux conciles tenus à Paris, l'un en 573, l'autre à une date antérieure, peu déterminée (556-573).
21. — Ragnemodus (Rucco). — Fortunat et Grégoire de Tours ont été en rapport avec lui, tant avant qu'après son élévation à l'épiscopat. Ils en parlent souvent (1) ; Grégoire atteste qu'il succéda à saint Germain et qu'il mourut en 591. Il assista, en 585, au concile de Mâcon.
22. — Eusebius. — Grégoire de Tours (2) raconte la curieuse histoire de son élévation à l'épiscopat, à la mort de Ragnemodus. C'était un marchand syrien, qui acheta l'évêché, renvoya tous les clercs de la maison épiscopale et les remplaça par des gens de son pays (3).
23. — Faramodus. — Il concourut (4), avec le précédent, pour la succession de Ragnemodus, lequel était son frère. Le catalogue donne lieu de croire qu'il fut évêque après Eusèbe.
24. — Simplicius. — L'un des destinataires d'une lettre du pape saint Grégoire, datée de 601 (5).
25. — Ceraunus. — Assista, en 614, au concile de Paris. Warnachaire, clerc de Langres, lui envoya les actes des trois saints Jumeaux et de saint Didier, avec une dédicace où il relève le zèle de l'évêque de Paris à recueillir les histoires des martyrs (6). — Fête, le 27 septembre.
(1) Fortunat, III, 26; iX, 10; Greg. Tur., H. Fr., V, 14, 18, 32; VI, 27; VII, 4, 16; IX, 6; X, 14, 26; Virt. s. Martini, II, 12; Gl. conf., 87.
(2) H. Fr., X, 26.
(3) La vie de saint Cloud le met en rapport avec cet évêque, de qui il aurait reçu la prêtrise. Mais cela est impossible : saint Cloud était mort au temps ou Grégoire marque l'avènement d'Eusèbe (M. G. Scr. merov., t. II, p. 356).
(4) Greg. Tur., I. c.
(6) Acta SS. ian., t. II (17 janvier), p. 440.
-26. — Leodoberhtus. — Signature au concile de Clichy, en 627.
'27. — Audobertus. — Se fît représenter au concile de Chalon-sur-Saône, en 650.
•28. — Landericus. — Délivra une charte' de privilège au monastère de Saint-Denis. Ce document est perdu (1), mais il est visé dans le privilège de Clovis II, du 5*2 juin 654 (2), auquel l'évêque apposa sa signature. Il n'est pas sur qu'il doive être identifié avec l'évêque Landri, à qui Marculfe d^dia son recueil de formules (3). — Fête, le 10 juin.
'29. — Chrodoberhtus. — Mentionné clans la vie de sainte Bathilde (c. 5;, comme siégeant au moment de l'avènement de Clotaire III automne 657). Un évêque de ce nom signa, en 660, les privilèges d'Emmon de Sens; en 664 (6 septembre ), celui de Bertefrid pour Corbie.
30. — Sigobrandus. — La vie de sainte Bathilde (c. 10) le présente comme un homme orgueilleux, et dit qu'il périt dans une sédition. Sa mort détermina la retraite de la reine.
31. — lmportunus. — Signature au privilège de Drauscius (667\ Il s'est conservé une correspondance (4) extraordinaire, peut-être fictive, entre lui et l'évêque de Tours Frodobert ou Chrodobert.
32. — Âgilbertus. — Bède (5) nous a conservé l'histoire de cet évêque avant son installation sur le siège de Paris. Ordonné en France, probablement sans évêché spécial, il passa en Irlande vers le milieu du VIIe siècle, pour étudier les Ecritures. A son retour il s'arrêta dans le Wessex, où le roi Coinualch, qui venait de perdre son évêque, le garda pour le remplacer. A la longue, ils se brouillèrent, le roi ayant donné un collègue à Agilbert sans l'agrément de celui-ci. L'évêque se retira en Northumbrie, où il se
(1) Il a été refait au neuvième siècle, et c'est d'après ce texte apocryphe qu'on le cite souvent.
(2) Pardessus, n° 322; J. Havet, p. 53.
(3) M. G. Form., p. 33.
(4) M. G. Formulae, p. 220.
(5) H. E.t III, 7.
paris. 473
trouvait lors du synode de Whilby, en 664, auquel il prit part; puis il rentra en France. Il fut pourvu du siège de Paris, qu'il occupait déjà quand Théodore, consacré à Rome archevêque de Cantorbéry, y arriva à l'automne de 668. Il signa, le 10 mars 673, un diplôme dont on a l'original (1). C'est lui sans doute qui, sur Tordre d'Ebroïn, accompagna à Laon le métropolitain de Reims Reolus et partagea avec lui une mission assez singulière (2). La date de cet événement, qui eut lieu peu après la bataille de Leucofao, est incertaine; mais elle se place vers 680. — Mort le 11 octobre et enterré à l'abbaye de Jouarre.
33. — Sigofridus. — Mentionné dans une charte de 691 (Theodorici a XVII) (3), et dans deux diplômes de 692 ou de 693 (4).
34. — Tumoaldus. — Assista au plaid de Valenciennes, le 30 avril, l'an III de Clovis III ; signa, le 6 mars de l'an II de Childeberl III, le privilège d'Agerad de Chartres; assista, le 14 mars de l'an III de Childebert III, au plaid de Compiègne; l'an II de Chilpéric II il reçut une charte de ce roi, en qualité d'évêque et de custos de la basilique de Saint-Denis (5). De toutes ces données, il résulte que Turnoald fut installé en 693 ou 694 et qu'il siégeait encore en 718 ou 719(6).