VELAY (LE PUY
La cité des Vellaves avait son chef-lieu dans une localité appelée Ruessium (4). Là aussi, d'après la tradition locale, fut d'abord le siège de l'évêché. Il fut plus tard transporté au Puy. Au temps de Grégoire de Tours, et, plus précisément, en 590, on rencontre au Puy un évêque qui semble y avoir sa résidence ; et il n'est pas douteux que l'église du Puy, actuellement cathédrale, n'existât dès le Ve siècle. Cependant, on n'a pas la preuve que la translation officielle et complète fût déjà opérée au temps où Grégoire écrivait. L'évêque des Vellaves pouvait résider
(1) Greg. Tur., Hist. Fr., IV, 39.
(2) Le saint Ilerus que le G. C. marque ici et qui est mentionné dans certaines rédactions de la vie de sainte Enimie, ne peut être considéré comme distinct de saint Hilaire (n° 3). Sur cette question, voy. Acta SS. oct., t. XI, p, 628; cf. t. III, p. 409.
(4) Saint-Paulien, à une vingtaine de kilomètres au N.-O. du Puy. Telle était, du moins, la situation au deuxième siècle (Ptolémée). Mais il parait établi que, dans les premiers temps de l'empire, le chef-lieu était au Puy (C. /. L., t. XIII, p. 213).
au Puy dans les mêmes conditions que celui de Langres résidait à Dijon.
La tradition présente saint Vosy (Evodius) comme l'auteur de la translation uéfinitive ; mais elle ne fournit aucune donnée certaine sur l'époque de ce personnage. Les uns l'identifient avec un évêque Evodius, qui signa, en 374, au concile de Valence; les autres avex un moine du même nom, qui vivait au déclin du VIIe siècle. Il n'y a, je crois, aucun fond à faire sur la seconde hypothèse, et la première n'est pas beaucoup plus sûre. La chronologie des anciens évêques du Puy est malheureusement très peu et très mal documentée.
Dans la plus ancienne légende de saint Front de Périgueux, celle qu'Adon a connue, il est question d'un prêtre. Georges, compagnon de ce saint, envoya avec lui par saint Pierre, mort en route et ressuscité par la vertu du bâton apostolique. Il est difficile de dire à quelle époque on a commencé à faire de ce Georges le premier évêque du Puy. La légende périgourdine du IXe siècle n'a pas été retrouvée; celle qui fut rédigée, vers la fin du Xe siècle, par Gauzbert, chorévêque de Limoges, ne parle de Georges que comme d'un prêtre et ne mentionne pas son séjour chez les Vellaves (1).
Après saint Georges, l'usage local range divers personnages, honorés presque tous comme saints, mais dont l'attestation, même simplement hagiographique, est d'époque assez basse (2). Cependant, il y a lieu ici de tenir compte d'une note insérée dans le sacramentaire n° 2294 de la Bibliothèque nationale (3), sur un feuillet qui paraît provenir de quelque livre liturgique du Puy :
(1) Bosquet, Eccl. gallic. hist., part. II, p. 5. Cf. ci-dessous, ch. V.
(2) Saint Marcellin de Monistrol, dont les reliques paraissent avoir été transférées de l'ancienne ville (civilas VeLula), sous l'é'véque Norbert(n. 880); saint Paulien, d'où lui vient son nom actuel, et dont elle garda le tombeau ; saint Bénigne, saint Agrève (Agrippanus), Dulcidius.
(3) Delisle, Mémoire sur d'anciens sacramentaires , p. 184 (t. XXXII» lrj partie, des Mémoires de VAcad. des Inscr,).
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