‹ Fastes épiscopaux de l'ancienne GauleChapitre 71 sur 220 · SAINT VINCENT DE DAX · texte numérisé non relu

SAINT VINCENT DE DAX

tembre également : SS. Vincenti et Leti et comitum corum marlyrum. Ici, la qualification d'évéque n'est pas jointe au nom de saint Vincent ; il a des compagnons, dont un est nommé Laetus.

Vincent, Laetus et leurs compagnons (1) sont célébrés dans les bréviaires (2) de Dax, dont le plus ancien est de la seconde moitié du XIIIe siècle (3). L'auteur de la légende avoue qu'on ignore le temps, le jour, les circonstances de leur martyre et jusqu'au nom et à la qualité du persécuteur. Tout ce qu'on sait d'eux, c'est qu'après un long oubli ils se révélèrent à une sainte vierge appelée Maxima, et lui apprirent que le lieu de leur sépulture, qui avait été aussi celui de leur supplice, était à chercher près d'un ancien « temple » consacré à leur souvenir par l'évéque Gratien. Maxima communiqua cette révélation à Illidius, qui était alors évoque. Celui-ci détermina le 1er septembre comme jour anniversaire des saints, et son successeur, Revelatus, organisa le nouveau culte.

Je ne sais ce qu'il faut penser de cette histoire, du fond et des détails. La légende n'est pas aisée à déchiffrer; il y en a eu diverses rédactions, en prose et en vers, qui ont été ensuite dépecées et un peu dispersées dans les diverses parties de l'office, leçons, antiennes, hymnes, répons. Ce qui est sûr, c'est l'existence du sanctuaire, plusieurs fois rebâti, mais toujours à la même place, à sept cents mètres environ des remparts de Dax, vers le sud-ouest. Des fouilles y ont été exécutées il y a quelques années. Elle ont ramené au jour, outre des traces importantes des anciennes églises, un grand nombre de sarcophages mérovingiens et quelques restes, colonnes, mosaïques, d'un

(1) Ceux-ci, toutefois, sont faiblement indiqués.

(2) Bulletin de la Société du Borda, 1893, p. 146 et sniv. (publication de M. l'abbé Cazauran).

(3) A. Degert, Constitutions sxjnodales de Vancien diocèse de Dax. Dax, 1898, p. 6, note 1. Je suis redevable à M. l'abbé Degert do la communication de divers opuscules relatifs à saint Vincent, et aussi do notes manuscrites dont j'ai fait ici mon profit.

édifice beaucoup plus ancien, peut-être la basilique primitive, peut-être un temple, peut-être un édifice privé. Cet ensemble parait correspondre au cimetière primitif d'Aquae Tarbellicae, auquel cas il n'y aurait rien d'étonnant à ce que l'évêque Gratien y eût construit ou plutôt reconstruit une église, en se servant peut-être d'un édifice affecté primitivement à une autre destination. Quant à la découverte des saints sous l'évêque Illidius et grâce aux visions d'une sainte femme, c'est l'analogue de beaucoup de « révélations » du VIe siècle.

On voudrait cependant avoir, de cet événement, un récit mieux ordonné et plus anciennement transcrit que celui que nous offrent les vieux bréviaires de Dax. Sur la date du martyre, nous ne saurions être plus affirmatifs que le légendaire. Il est possible qu'il ait eu lieu au temps des persécutions romaines ; mais rien ne s'oppose à ce qu'il se place au IVe siècle, ou même au Ve, à ce qu'il soit un épisode de la lutte du christianisme déjà légal contre le paganisme populaire, ou de la civilisation romaine contre les envahisseurs barbares.

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