AKLBS ET LE DROIT CANONIQUE
dernier surtout, dont le ministère pastoral avait duré de longues années, demeura célèbre non seulement à cause de sa sainteté, mais comme un grand promoteur d'organisation et de réforme.
Ses homélies, d'un style clair et familier, d'un esprit pratique autant qu'élevé, se répandirent très rapidement. Lui-même, sans doute, en fit exécuter des recueils à l'usage du clergé des campagnes et môme des villes. Comme saint Augustin, il prêcha longtemps et par bien des bouches; dans les livres d'homélies de la Gaule mérovingienne, leurs discours circulaient ensemble et défrayaient la chaire de ces temps barbares. Mais Césaire fut avant tout l'homme de la discipline ecclésiastique. Comme son prédécesseur Hilaire, il assembla souvent des conciles, cherchantlà défendre cette utile institution contre les progrès de l'individualisme épiscopal. Des décrets de ces assemblées il formait des collections qui venaient s'ajouter dans ses archives aux décrétales des papes, aux canons des conciles grecs ou africains. Il semble bien qu'il ne s'en soit pas tenu là et qu'il ait cherché à codifier les règles formulées en divers temps par toutes les autorités ecclésiastiques compétentes. C'est lui sans doute qui est l'auteur de ce qu'on appelle les Statuta ecclesiae antiqua^ le plus ancien code ecclésiastique de l'Occident (1).
Les libri canonum de la Gaule mérovingienne, dont quelques-uns nous sont parvenus dans les exemplaires originaux du VI* siècle et du VII«, dérivent presque tous des recueils arlésiens. Sans entrer ici dans le détail de la démonstration, qui m'entraînerait Irop loin, je crois pouvoir aflBrmer
(1) Ceci a été établi par M. Tabbé Mainory dans son livre Saint Césairê évéque d*Arles^ Paris, 1894, p. 50 et suiv. — Avant saint Césaire, mais dans la province d*Arles et au déclin du V* siècle» un essai moins heureux de codification ecclésiastique avait été tenté par un inconnu, dont Tœuvre circula de bonne heure sous le titre de « Deuxième concile d'Arles. » Il n'y a pas de trace historique de la réunion d'un tel concile; Tauteur de cette pièce a voulu grouper dans une même compilation des décrets de plusieurs conciles, gallicans ou autres, antérieurs au milieu du V« siècle.
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qu'il existait à Arles jusqu'à quatre collections distinctes, dont les traces se retrouvent dans les vieux libri canonum de Corbie (1). de Cologne (2), de Lorsch (3), d'Albi (4), du manuscrit Pithou (5), de Saint-Maur (6). Ces quatre collections sont :
1** Un recueil d'un caractère général, formé de canons grecs et africains, de décrétales de papes et de pièces dogmatiques afférentes aux querelles du V* siècle sur l'Incarnation et la Grâce. Ce recueil est représenté plus ou moins complètement par ce que l'on appelle la collection Quesnel, très répandue en Gaule avant le IX"* siècle.
2® Un recueil des lettres pontificales adressées aux évoques d'Arles et d'autres documents relatifs aux affaires religieuses de la province ou, plus spécialement, aux prérogatives de la métropole. Le Liber privilegiorum ecclesiae ArelatensiSy dont il nous reste plusieurs exemplaires, du IX"* siècle et au-dessous, reproduit ce recueil, avec quelques exclusions (7).
3* Un recueil des conciles gallicans, qui, continué plus tard, a donné naissance à des collections comme celles des manuscrits de Lyon (8), de Beauvais (9) et de Saint- Amand (10).
(1) PsLTisinus 12079, du VI* siècle; on ne sait pour quelle église il fut exécuté. Dans sa forme primitive, cet exemplaire remonte à Tannée 525 environ,
(2) Colon, 212, du V1I« siècle.
(3) Vsiticanus Palat. 574, du IX« siècle. Ce recueil semble bien avoir été exécuté pour l'église d'Autun.
(4) Albigensis 2, du 1X« siècle. Copie d'un recueil plus ancien, exécuté à Albi méme^.
(5) Parisinus 1564, du IX« siècle. Collection formée pour Téglise d'Auxerre.
(6) Parisinus 1451 et Vatic, reg. 1127, tous deux du IX* siècle. Recueil formé dans le midi de la Gaule, peut-être à Narbonne.
(7) n a été publié par M. W. Gnndiach dans les Mon, Germaniae, Epistolae, t. III (1892).
(8) Philippe 1745, du VIII* siècle. Ce livre se termine, de première main, par le concile d'Arles de 554*. c'est le seul oii se trouve ce concile. Il y a là un clair indice de provenance arlésienne.
(9) Vatic. 3827, du X«-XI« siècle.
(10) Parisinus 3846, du IX* siècle; 1455, du X* siècle. — Les deux dernières collections comprennent une même série de conciles gallicans. Elle