‹ Faucher de St. MauriceChapitre 6 sur 6 · HUBERT LARUE · texte numérisé non relu

HUBERT LARUE

Je le vois encore assis dans ce fauteuil en cuir auquel il tenait tant, peut-être parce qu'il lui venait du juge Panet, C'était là qu'il aimait à causer.

— " La maison, disait-il, c'est une petite patrie renfermée dans la grande patrie, la patrie commune. Vous y retrouvez votre bon vieux canapé, vos livres, votre tabac et votre vieille pipe si bien culottée."

Et ses idées d'aller à tire-d'aile. Agriculture, lettres, beaux-arts, philosophie,

voyages, science, économie politique, tout était familier à ce docteur en médecine qui aurait voulu être notaire.

Il écrivait comme il parlait, et que d'enseignements n'avons-nous pas entendu tomber des lèvres de ce savant chrétien, aussi érudit que modeste, qui lisait Homère, Tacite, Tîte-Live, Horace, dans le texte, et faisait de la Bible sa lecture favorite.

Près du fauteuil du docteur, à gauche, il y avait une bibliothèque en bois d'érable. C'était l'arsenal. Nous y puisions nos armes pour la discussion. A droite s'allongeait une table carrée, où s'étalaient, lampes, pot-à-tabac, journaux, fioles de pharmacie, plumes, encrier, instruments de chirurgie, échantillons minéralogiques. Les manuscrits de l'écrivain avaient trouvé refuge dans un des tiroirs de ce meuble gigantesque.

Taille moyenne, large d'épaules, im peu voûté par le travail, par le poids du jour, voix brève, parole vibrante, figure sévère, cœur d'une sœur de charité, tel était celui que nous regrettons. Né à Saint-Jean de l'île d'Orléans le 25 mars 1833, de maître Nazaire LaRue, notaire, et de dame Adélaïde Roy, il appartenait par sa mère et par son père à cette vieille bourgeoisie canadienne-française qui fait l'orgueil et la force de notre race en Amérique. Elle seule a créé, elle seule continue cette Nouvelle-France sj féconde, si vivace, si fidèle aux souvenirs, aux traditions du passé, si attachée à sa langue, à ses lois, à sa religion, si admirée aujourd'hui par ceux qui savent priser tout ce que peut faire le dévouement et les saines idées. Dieu bénit l'union du notaire LaRue. Treize enfants vinrent se grouper autour du foyer pa-

ternel, et ils furent élevés dans ces sentiments de droiture, de religion, d'esprit de travail qui firent l'honneur de la vie d'Hubert LaRue. Dès l'âge de neuf ans et demi, il était au séminaire de Québec, où il fit un cours rapide, brillant. Cinq ans après on le retrouve étudiant en médecine. L'Université Laval venait d'être fondée par l'énergie du grand-vicaire Casault et de ses collaborateurs : elle était à la recherche de tout ce qui pouvait donner de la force, du fonds, du prestige à ses chaires d'enseignement.

D'avance les talents et le travail d'Hubert LaRue le désignaient au choix de ces hommes qui s'y connaissent en hommes, et il fut envoyé en Europe pour se former et puiser aux meilleures sources de la science. Un an de stage à TUniversité catholique de Louvain, six mois d'études à Paris firent bientôt de l'élève

un maître, et à son retour en 1859, il fut nommé titulaire de chaires de chimie, de lexicologie, d'histologie et de médecine légale.

En passant les épreuves du doctorat, Hubert LaRue avait choisi comme sujet de sa thèse, le suicide. J'ai relu dernièrement ce beau travail où une délicate question est traitée si habilement qu'on oublie le jeime homme pour ne voir en l'auteur qu'un médecin expérimenté qui aiu-ait déjà un quart de siècle de pratique. Après avoir donné la définition du suicide, l'aspirant au doctorat nous décrit le suicide volontaire criminel, sans folie, causé par la débauche, les dégoûts de la vie, les chagrins domestiques, Ig, honte, le remords, la souffrance physique, les humiliations de l'amour-propre, les revers de la fortune. Puis il passe au suicide volontaire excusable et au suicide

involontaire ou accidentel. Il nous démontre l'influence des saisons, des climats, des âges, de la civilisation sur cette mystérieuse maladie, qui quelquefois est épidémique, d'autres fois héréditaire. Il indique les remèdes les plus efficaces pour la combattre et termine par une curieuse étude, d'après les notes des abbés Durocher, Bolduc et Belcour, sur le suicide chez les sauvages de l'Amérique du Nord.

Cette thèse brillamment soutenue, valut à son auteur les félicitations de toute la jeunesse de l'époque et l'anneau d'or de docteur en médecine.

Un réveil littéraire se faisait alors au Canada. Nous ne pouvions guère oublier le succès que venait de remporter Huston avec la publication du Répertoire National. Le 21 février 1861, quelques hommes de lettres se réunis-

— lassaient rue Buade, à l'atelier de MM.

Brousseau, et y fondaient les Soirées Canadiennes. Parmi les noms de ce§ vaillants lutteurs, je retrouve celui d'Hubert LaRue, à côté de ceux de J. Chs Taché, de l'abbé Ferland, de notre grand historien Gameau, de Chauveau, Parent, Trudel, Fiset, Octave Crémazie, Gérin, Légaré, Fréchette. Ce fut aux Soirées Canadiennes que Hubert LaRue donna le manuscrit de son " Voyage autour de l'île d'Orléans," étude bien faite, et qui plaît autant par l'originalité de la forme que par les qualités du style. En 1863 on discuta la création d'un second recueil de littérature canadienne. Le Foyer Canadien fut imprimé ; et \m bureau se constitua sous la présidence de l'abbé Ferland, avec Hubert LaRue comme secrétaire. Il publia dans cette revue ime étude remarquable sur

les chansons populaires du Canada.

Aimant la lutte, le travail, les exercices de la pensée, cet esprit ardent, une fois dans la mêlée, ne devait plus la quitter. Depuis 1859, les études, les conférences, les livres, les travaux de tout genre se succèdent sans interruption sous sa plume. Toujours sur la brèche, Hubert La Rue combat vaillamment ; il défend ses idées ; il cherche, et presque toujours il trouve ce qui peut faire progresser et améliorer le Canada - français. L'instruction publique, les industries, l'agriculture, attirent l'attention de ce penseur. Ce dernier art est surtout pour lui plus qu'une question patriotique, plus qu'une question politique. Il en fait une question religieuse, assurant à qui veut l'entendre que le sort du Canadien-français catholique est entièrement entre les mains du cultivateur.

Chez Hubert LaRue, il y a deux notes prédominantes. La gaieté, la tristesse.

Relisez, dans le premier volume de ses mélanges historiques et littéraires, les pages qu'il consacre à " Nos qualités et nos défauts." Tour à tour il s'y montre philosophe profond, homme de cœur, écrivain spirituel, mordant. Les notaires, les avocats, les médecins, subissent les traits de ce rieur de bon aloi, qui est de l'avis d'Horace : Castigat ridendo mores.

Hubert LaRue excelle dans ces descriptions canadiennes qui font dire à plus d'un de nos compatriotes d'outremer :

— Serait-ce dans la Nouvelle-France qu'il faudrait retrouver l'ancienne ?

Les pages qu'il consacre à son endroit natal, à l'île d'Orléans, sont belles, érudites, écrites sans effort. Il nous parle de nos danses rondes, de nos chemins

d'hiver, du feu de la Saint-Jean, des sorciers de l'île, des loups-garous, de la chasse-galerie, en termes aussi graphiques, aussi fidèles que le ferait notre meil leur coloriste canadien-français, Aubert de Gaspé.

— " Pourquoi, disait-il, ma plume se refuserait-elle à retracer ces légendes naïves qui peignent si bien la bonne foi de nos ancêtres ? Ceux qui nous ont légué ces contes les racontaient au bivouac, au milieu de la forêt, à la belle étoile, entre le combat du jour et celui du lendemain. Et ces héros, soldats aussi fiers sur le champ de bataille que citoyens paisibles à la chaumière, versaient des larmes en les transmettant à leurs enfants : car, pour eux, c'était le souvenir de leur belle Normandie, ou de leur noble Bretagne qui se retraçait à leur esprit. Ainsi donc pourquoi ne pas les rappeler ? "

Et il l'a fait dans des lignes chaudes, émues, qu'on aime à relire au coin du feu, quand le vent de bise passe et que l'on trouve bon de remonter vers le passé.

L'œuvre principale de celui que nous

regrettons, est à mon avis son " Histoire populaire du Canada," racontée à ses petits enfants, par madame Genest.

Nous avons souvent ri de bon cœur avec ce Canadien français qui connaissait à fonds Molière, Rabelais, mais sur cette figure si franche, si sensitive, le sourire n'avait jamais de longue durée. Le voici soudain sombre, pensif. Découvrez-vous, nous allons ensemble au champ des tombes.

— " De gros nuages noirs vont se précipitant dans l'espace et se roulant sur un ciel gris foncé ; on dirait les lambeaux déchirés d'un immense drap mortuaire étendus sur une vaste bière de plomb.

" Marchons à pas lents, car la neige crie sous les pas.

" Une grande croix noire se dessine aux regards, avec ses deux bras étendus ; elle paraît s'élever et se dresser menaçante, comme pour protéger ces milliers de morts qui reposent à ses pieds et donnent leur dernier sommeil.

«' La palissade est franchie. Mille voix s'élèvenl de ces cendres à peine refroidies, et qui se mblent se ranimer au bruit de nos pas ; voix aigres, lugubres, criardes ; voix de fantômes, voix des morts.

" Tout parle, tout pleure, tout gémit dans un cimetière au milieu de la nuit.

' ♦ C'est un glaçon qui se détache et qui en tombant résonne sur le verglas comme le son d'une cloche

" C'est une branche qui, raide et glacée, se brise et se casse, nouveau cadavre qui s'aflFaisse, rongé par la dent impitoyable du temps, et qui vient ajouter son nouvel atome à la poussière des morts

" C'est un clou qui se déplace. C'est un grain de sable qui tombe sur un cercueil déjà vide.

" C'est la planche d'un cercueil qui se disjoint et se rompt.

" Et partout de petites croix noires, autour desquelles s'enroulent de frêles arbustes : c'est la vie qui ne peut se soutenir qu'en s' appuyant sur ces faibles monuments de la mort.

" Et les bouffées de la bise sont encore plus froides, plus humides, plus glaciales.

"Là une terre fraîchement remuée, gouffre avide dont l'ouverture est fermée temporairement par deux planches.

"Et ce gouffre est le palais des cercueils !

" L'eau s'infiltre à travers le tuf et suinte au

plafond ; et... goutte à goutte, elle tombe

tombe.... tombe... et tombe toujours ; et chacune des gouttes marque un de ces instants passagers, qu'on appelle les instants de l'éternité !

"Et ce lieu est tellement le lieu du repos, tellement le lieu du silence, que malgré vous, vous retenez votre haleine, et le plus léger souffle qui s'échappe de votre poitrine retentit à ffotre oreille comme un son rauque d'agonisant, comme un râle de moribond.

" Courage ! ouvrons un de ces cercueils, car il est bon de voir les morts et de converser avec

"Et le fer aigu a grincé, et les clous rouilles ont cédé.

" Voyez.

" Un drap blanc un suaire blanc. Yeux

caves, joues creuses, bouche ouverte, taches bleuâtres, livides, noirâtres, sueur visqueuse, gluante qui retient notre main malgré nous

♦' Le reconnaissez vous ?

" Un jour, je serai comme cela, moi aussi "

Nous sommes loin de la note gaie que je vous indiquais il y a un instant. Hoffmann, Edgar Poe, Baudelaire, ne faisaient pas vibrer une plainte plus triste, plus émue, plus lugubre que celle que vient de pousser Hubert LaRue.

Méry, qu'il aimait à citer, résume ainsi l'existence :

Un jour de fête, Un jour de deuil, La vie est faite En un clin d'œil.

Le psalmiste la compare à un navire, à un nuage, à une ombre. Sicut nubes, quasi naves, velut umbra. Celle d'Hubert LaRue n'a pas même dépassé la

moyenne accordée aux hommes. Il est mort à quarante-huit ans. Mais en retour comme cette vie a été bien remplie. Scrutez-la avec moi. Il est bon de causer avec les morts, nous a-t-il dit : eh bien ! causons. Demandez-lui ce qu'il a fait pour la race canadienne-française. Tout son tact, toute sa droiture, toute son expérience des choses et des hommes ont été mis au service des siens. Personne mieux que lui ne sait traiter les grandes questions qui nous touchent de prés.

Pour les mères il écrit sur la manière d'élever les jeunes enfants. A ceux-ci il fredonne, il rappelle les chants populaires qui jadis ont bercé l'aïeule et mené les ancêtres au combat et au défrichement.

Aux étudiants il lègue la science, l'amour du travail, le respect de la discipline. Aux maîtres, à ses pairs, il laisse le souvenir de son érudition, de son affabilité, de son

habileté dans l'art, plus que difficile, de bien enseigner. Aux lettrés, il démontre le resjDect de la langue, l'exactitude dans les recherches, l'élévation des .idées, la pureté du style. Aux ouvriers il est tou jours de bon conseil et il les convainc par le sens pratique. Aux cultivateurs, il ne cesse de dire qu'ils sont la patrie, et que, chefs du sol, ils doivent se méfier du luxe, de la prodigalité, de la routine, de l'esprit de division et de dénigrement. A tous, il ne cesse de répéter qu'il faut méditer l'histoire de notre passé et que c'est ainsi que nous apprendrons le respect, l'attachement dûs à notre religion, à notre langue, à nos lois. Pour en arriver à ces buts multiples tout lui est bon : conférences, livres,brochures, inventions utiles, articles de journaux, causeries. Et vous croyez qu'après cette tâche, Hubert La- Rue a fini ce qu'il s'est si noblement pro-

posé. Non, tout ceci n'est que le repos accordé après le travail obligatoire, accompli. Ces grandes choses ne se pensent, ne s'écrivent qu'après une journée de labeur, de cours donnés, d'analyses chimiques, de conseils médico légaux, de soins rendus pendant le jour à l'hôpital, au dispensaire, à la maternité, à l'Hôtel- Dieu, pendant le jour et la nuit à sa clientèle.

Quand un homme de cette force s'éteint, le deuil d'une famille s'étend à toute une race.

Patriote et convaincu, rien n'humiliait autant Hubert LaRue que lorsqu'il se trouvait en tête-à-tête avec un de ces livres où la science moderne explique comment elle trouve le néant.

" — Depuis un quarl de siècle, écrivait-il, il a été dans mes attributions de suivre pas à pas

l'évolution de la science contemporaine. Les secrets nouveaux que la nature a révélés au microscope, je les ai scrutés, les phénomènes nouveaux que les réactifs chimiques ont fait naître, je les ai constatés Et après tout cela, je me demande où nous en sommes. La réponse est facile ....

" On peut bien jouer sur les mots, substituer un vocable nouveau à un autre déjà vieilli, mais le fait dominant reste :

" Dieu 1 "

Voilà ce que professait, voilà ce que pensait Hubert LaRue. Et n'a-t-il pas raison ? La vie remonte à la vie, c'est-àdire à l'éternité. Et la vie se compose des infiniment petits comme des êtres les plus perfectionnés, des vibrions, des bactéries, des microbes aussi bien que de l'homme. Qui les a créés ?

— La vie ! la vie ! prétend la science moderne.

— Dieu ! répond Hubert LaRue.

J'ai étudié le lettré, le savant, le patriote, voilà le vrai philosophe et le chrétien !

Marié à mademoiselle Alphonsine Panet, le docteur LaRue trouva le bonheur terrestre dans la vie domestique. De beaux enfants faisaient la joie de la maison, lorsque la mort vint frapper à cette porte si bien close à tous les bruits du dehors. Une maladie rapide enleva Hubert, le fils aîné ; la phtisie emporta, à l'âge de dix-neuf ans, Alphonsine, grande brune, aux yeux doux, rêveurs, vrai type de la beauté, de l'éducation, de la distinction canadienne-française. Dès lors la pensée du savant se tourna vers les mystères de la tombe. Il ne souriait plus.

— La maison natale, l'église, le cimetière, disait-il souvent, le cimetière surtout, voilà la patrie.

Au milieu d'une dissertation, d'une conférence, dans un salon, chez un ami, chez lui, au milieu d'un cours, son œil se voilait. Il balbutiait, terminait brusquement par un trait, par un axiome. Les uns ne constataient que de l'originalité. Ceux qui le connaissaient mieux n'y voyaient que des larmes. Son esprit ailleurs planait sur ces tombes chéries, dans ce petit cimetière, où il m'entraîna par une nuit de clair de lune, et où pendant plus d'une heure il s'agenouilla et sanglota comme un enfant.

Après tous ces départs, il ne faut pas s'étonner si le père s'en est allé vers ses enfants. Huit jours de maladie suffirent. L'avant- veille de sa mort, on vint lui dire qu'un laboratoire qu'il faisait construire chez lui était terminé. Il sourit et regarda son crucifix. N'était-ce pas là qu'était la vraie, l'unique science ?

Maintenant il attend l'heure de la résurrection dans le cimetière de l'île de Saint-Jean d'Orléans, dans l'endroit chéri, arrosé de ses larmes, où pour lui était le cœur de la patrie. Il dort au pied de son père, entre ses enfants, au bruit de ce " mugissement vague, sourd, indéfinissable dans sa grandiose splendeur, qui s'élève du grand fleuve ". Cette description est de lui.

La dernière page de son dernier livre se termine ainsi :

J'y rêve bien souvent à mon bon cimetière. J'y rêve aussi souvent à cette bonne bière

Où blanchiront mes os. J'aurai pour me pleurer les larmes d'une mère, D'un enfant bien-aimé l'efficace prière.

Et l'étemel repos.

Voilà sa dernière pensée.

Dans ses jours de tristesse, Hubert LaRue aimait souvent à me répéter les vers du "Cimetière neuf " de Blanchemain, de ce grand poète français mort il y a peu de temps. Y avait-il assimilation d'idée ? Avaient-ils tous les deux l'entraînement, la fascination de l'éternité ? Je ne le sais, mais il me paraît y avoir une touchante union entre ces deux âmes.

Dans le cimetière aux murs blancs, Où ne repose encor personne, Ont poussé des blés opulents, Et pour le pauvre on y moissonne.

Seigneur, quelque jour dans ces murs On moissonnera pour vos granges :

Nos morts seront les épis mûrs, Les moissonneurs seront vos anges.

Pourvoyeurs de vos cieux d'azur, Ils feront la récolte humaine, Gardant pour vous le froment pur Et jetant la stérile graine.

Dans le cimetière aux murs blancs Faites, quand je serai sous l'herbe, Qu'un de vos anges consolants Me trouve assez mûr pour sa gerbe.

Que me reste-t-il à vous dire ? L'épi mûr a été cueilli. Hubert LaRue n'est plus ici, mais Dieu qui n'oublie pas les siens a laissé à sa famille, à ceux qui le pleurent, le messager de son choix. Depuis la nuit où " au nom du Père " il consola le Christ au moment de la défaillance suprême, cet envoyé ne visite plus que ceux qui prient, qui croient, qui

espèrent. L'Evangile l'appelle l'ange du Jardin des Oliviers, Ceux qui souffrent le nomment l'ange de la Résignation.

Faucher de Sï-Maurice.

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