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Une fouille accomplie, en 1896, dans les mêmes conditions, quoiqu’avec moins de succès que celle du Bois-Gouët, nous a mis en possession, ainsi que quelques-uns de nos amis, de matériaux intéressants provenant des gisements de Fresville et de Hauteville, près de Valognes, dans le département de la Manche.
Depuis les recherches de Defrance, qui remontent au commencement de ce siècle, ces gisements ont seulement été l’objet d’une étude stratigraphique due à M. Dollfus (1), en 1875.
Il nous a donc semblé qu’il serait très utile d’entreprendre la Monographie complète de cette faune un peu négligée, d’autant plus que, malgré ses afhnités avec celle de lEocène de la Loire- Inférieure, elle contient beaucoup de formes bien distinctes, dont quelques-unes sont nouvelles, et qu’il nous paraît d’ailleurs, qu’elle a encore plus d’analogie que celle du Bois-Gouët, avec le calcaire grossier parisien ; c’est-à-dire que l’Eocène du Cotentin serait d’un âge relativement un peu plus ancien que celui de la Loire-Inférieure.
Les fossiles n’ont ni la fraîcheur, ni la beauté, ni même la grande taille des espèces qui peuplent les sables du Bois-Gouët : à Hauteville, la terre qui les contient est un peu marneuse; à Fresville, ils sont agglutinés de Foraminifères, qui les altèrent parfois. Néanmoins, avec de la patience, on peut, comme le lecteur en jugera, ‘arriver à trier de bonnes séries, qui constituent un total assez respectable d’espèces. Enfin, ce sont parfois les faunes les plus ingrates qui ont fourni aux Paléontologistes leurs plus intéressantes trouvailles, et d’ailleurs, il est possible que ce travail provoque, par son apparition, de nouvelles recherches dans des gisements qui n’ont évidemment pas encore livré tout ce qu'ils contiennent.
(x) Etude géologique sur les terr. tert. et crét. du Cotentin par G. Dollfus et Vieillard, Caen, 1875.
Quoiqu'il en soit, nous devons, dès à présent, remercier la Société géologique de Normandie qui, sur l’aimable initiative de son président, notre sympathique confrère, M. Lennier, a bien voulu accueillir notre travail et en entreprendre la laborieuse publication. Ce premier article comprend : les Céphalopodes, les Pulmonés, les Opisthobranches, et parmi les Prosobranches, les Familles Terebridæe et Pleurolomidæ ; pour ne pas en exagérer la longueur, nous avons dû éliminer les Conidæ, qui formeront le début du second article.
Les matériaux de ce travail sont puisés, non seulement dans nos deux collections, mais encore dans les communications qu'ont bien voulu nous faire plusieurs de nos confrères, MM. Bourdot, Dumas, Dollfus, Oppenheim, Brasil, et enfin dans les collections du Musée de Caen et de l’Ecole des Mines, obligeamment mises à notre disposition par MM. Bigot et Douvillé. Nous leur adressons, à cette occasion, tous nos remerciements.
Nous avons, d’autre part, utilisé, dans une certaine mesure, le travail de triage. auquel s’est livré notre savant confrère, M. de Boury, sur les Pleurotomidæ de la collection Bourdot, à, l’occasion de sa « Revision des Pleurotomes éocènes du Bassin de Paris », publiée,-en 1899, dans la « Feuille des jeunes Naturalistes ». Si nous n'avons pas repris tous les noms nouveaux, qu’il a étiquetés dans ce triage, cela tient à ce que plusieurs étaient préemployés en Conchyliologie ; maïs nous avons dû reconnaître avec lui que beaucoup de formes, qu’un premier examen avait fait assimiler à celles du Bassin de Paris, en sont bien distinctes ; cette conclusion s'applique également à un certain nombre de Pleurotomidæ de l’Eocène de la Loire-Inférieure, et nous avons profité de cette occasion pour faire les rectifications relatives à ces dernières qui se trouvent aussi dans le Cotentin.