‹ Faune de France 7. PycnogonidesChapitre 8 sur 19 · CAPTURE, ÉTUDE, CONSERVATION · texte numérisé non relu

CAPTURE, ÉTUDE, CONSERVATION

Les Pycnogonides propres à nos régions sont toujours de taille réduite, parfois très petite, et comme leur coloration les distingue très peu du milieu ambiant, il faut du soin et de l'attention pour les trouver et les capturer. J'ai indiqué plus haut (p. 15) les endroits où ils se tiennent de préférence près des côtes, dans les régions qui découvrent aux marées; c'est là qu'on pourra les chercher directement; mais on pourra aussi rapporter au laboratoire et fouiller tranquillement sur place les paquets d'Algues, de Bryozoaires ou de Polypes Hydraires qui leur servent de refuge. Placés dans l'eau de mer fréquemment renouvelée, ces matériaux ne livrent pas facilement les espèces qu'ils abritent ; mais ces dernières abandonnent ordinairement leur support et tombent sur le fond quand leur milieu se vicie ou quand on le vicie par des additions d'eau douce. Alors, la capture devient facile.

Les espèces contenues dans les matériaux de dragage pourront être trouvées et recueillies par ce procédé; après un examen superficiel qui permet d'apercevoir les formes les plus grandes et les plus visibles, on étudiera par le menu les produits du dragage divisés en petits lots.

Les Pycnogonides doivent être conservés dans l'alcool sans fixation préalable ou après fixation préalable suivant le but que l'on se propose. Pour l'étude histologique ou anatomique il faut d'abord recourir au fixateur. Certaines espèces conservent fort bien leur coloration; j'ai vu des Chitophoxus spinosus d'un vert superbe après dix années de séjour dans l'alcool. A sec, les Pycnogonides se racornissent d'ordinaire et deviennent très cassants; les plus petits alors s'envolent au moindre souffle.

Pour la détermination, il faut étudier simultanément, quand c'est nécessaire, des individus en milieu liquide (alcool, eau) et des individus ressuyés sur des feuilles de buvard; certains détails, tels que les articles des palpes, se voient mieux en milieu liquide; d'autres, tels que les ornements en saillie, sont au contraire bien plus apparents quand l'animal est ressuyé ou sec. Cela est surtout vrai et pratique pour les petites espèces de la famille des Ammothéidés. Inutile d'ajouter que, dans bien des cas, il faudra recourir au microscope, soit pour étudier l'animal tout entier quand il est petit, 3oit pour connaître exactement la structure des ovigères, ou le nombre des articles des palpes. Les orifices sexuels sont petits et souvent très difficiles à voir, plus grands chez la femelle que chez le mâle ; ordinairement, on les aperçoit mieux sur les individus ressuyés. C'est au microscope, presque toujours, qu'il faut chercher et étudier les orifices des glandes cémentaires.

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