‹ Faune de la Sénégambie (volume 2)Chapitre 103 sur 191 · PERIOPAHTHALMUS GABONICUS Dum · texte numérisé non relu

PERIOPAHTHALMUS GABONICUS Dum

Periophthalmus gabonicus Dum. Poiss. Afr, occ., p. 250, pl. XXII, fig. 4, p. 263, n° 106.

Moad Machère. — Mèmes localités que le précédent. 164. PERIOPHTHALMUS ERYTHRONOTUS Guich.

Periophthalmus erythronotus Guich. in Dum. Poiss. Afr, oce., p. 250, pl. XXII, fig. 5.

Moad Machère. — Mèmes localités que les précédents.

Les trois Periophthalmes Sénégambiens, dont les caractères sont assez tranchés pour que leur place au rang d'espèce soit conservée, ce que M. Gunther eût sans doute fait s’il les eût connus à l'époque où il publiait son Catalogue des Poissons du Musée Britannique, vivent ensemble dans les mèmes localités,

et ont les mêmes mœurs.

Adanson dit (Cuvier, loc. cit.) que les Periophthalmes marchent et sautent, à mer basse, sur la vase du fleuve et qu’ils sont appelés Zibilank par les nègres.

Le nom de Zibilank pouvait exister lors du voyage d’Adanson ; aujourd’hui il est oublié et remplacé par le nom de Moad Machère. D'un autre côté nous n'avons jamais observé de Periophthalmes à mer basse. En revanche, les bords des marigots de tout le Sénégal en sont couverts; constamment hors de l’eau, à la chasse des insectes dont ils font leur nourriture exclusive, ils marchent avec rapidité sur la vase, toutes les nageoires couchées, se servant des pectorales comme de pattes qu'ils agitent vivement pour franchir des espaces assez considérables, et se précipitant, au moindre bruit, soit dans l’eau, soit dans les trous profonds creusés par des décapodes appartenant aux genres Cardisoma et Sesarma.

Le naturaliste, en les voyant pour la première fois en arrêt, soulevés sur leurs pectorales, croit apercevoir des Batraciens urodèles, ou des Lacertiens d’un nouveau genre.

La faculté de vivre longtemps hors de l’eau dont jouissent les Periophthalmes, réside dans une disposition particulière de l’appareil branchial; nous en étudierons la structure dans un mémoire spécial. Comme exemple de la vitalité de ces animaux, nous citerons seulement le fait suivant: durant les plus fortes chaleurs de juillet, plusieurs exemplaires que nous avions réunis pour l’étude, dans un vase large et profond, après avoir gravi le long des bords perpendiculaires du vase et s'être échappés, franchirent un escalier de quinze marches et furent retrouvés, trois heures après, à cinq cents mètres de notre habitation, dans le sable brûlant d’une rue de Saint-Louis, où nous pûmes les reprendre; rapportés et plongés dans le vase, ils vécurent longtemps, faisant chaque jour de nouvelles fuites et restant des heures entières sur le sable, sans en éprouver aucun mal. La nuit ils se tenaient appliqués sans mouvement le long de la paroi du vase, position qu'ils affectionnent dans les trous de Cardisoma et de Sesarma, où ils se refugient la nuit, comme nous nous en sommes assuré maintes fois.

Gen. ELEOTRIS Gronov.

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