HETEROBRANCHUS SENEGALENSIS. C. V
Heterobranchus Senequlensis C. V. Hist. nat. Poiss. t. XV, p. 397. — Dum. Poiss. Afr. occ., p. 263, n° 140.
— longifilis C. V. Hist. nat. Poiss., t. XV, p. 394, pl. 447. — isopterus Bleck., Poiss. Guin., p. 108, tab. 11-22, f. 1-1. — macronema Bleck. Poiss. Guin., p. 109, tab. 21, f. 1-2.
BliCK. — Très commun : — Sénégal et tous les marigots ; — pendant toute l'année; — abonde principalement dans le fleuve aux abords de l’abattoir de Saint-Louis ; — depuis 0,180 de long..jusqu'à 1,230 et plus.
D199 5750; rP;71-10:
Corps allongé, antérieurement cylindrique, comprimé en arrière ; abdomen proéminant; tête large, fortement aplatie, à bords déprimés, convexes, sa longueur comprise 4 1/5 dans la longueur totale du corps, sa largeur égale à 1 1/8 de sa lonœueur, prise jusqu’au bord libre de l’opercule; crête interpariétale triangulaire, équilatérale, à sommet arrondi, à bords concaves; casque fortement granuleux, à granulations larges, tuberculiformes, ne s’irradiant pas du centre à la circonférence, mais éparses sans ordre sur toute la surface; scutelles du casque polygonales, plus ou moins irrégulières, séparées par des espaces nus, sans granulations; œil petit, à diamètre compris 7 fois dans la longueur de la tête; narines postérieures oblongues, à ouverture valvulée; les antérieures situées sur le bord du museau. tubuleuses, à tubulures courtes; barbillons nasaux dépas sant un peu le bord de l’opercule, les supramaxillaires. plus longs que l'extrémité des ventrales; les inframaxillaires dépassant l'extrémité des pectorales; mâchoires égales ; bouche large, sa largeur comprise trois fois environ dans la longueur de
la tête; lèvres charnues, très faiblement protactiles ; dents petites, villiformes, nombreuses, pointues, à pointe inclinée en dedans ; les intermaxillaires disposées sur deux bandes oblongues. elliptiques, presque contiguës, plus longues que larges; les vomériennes sur une plaque subsemilunaire indivise; les inframaxil-
laires, sur deux bandes courbes elliptiques, plus longues que larges, un peu espacées au centre, à bords externes arrondis ; ligne latérale formée de tubes contigus; dorsale commençant à une faible distance de la pointe de la crête interpariétale, subcontiguë à l’adipeuse, cette dernière plus basse en avant qu’en arrière, à partie postérieure arrondie, non contiguë à la caudale, sa hauteur contenue 3 1/2 fois dans sa longueur; anale commençant au niveau de la base de la dorsale, séparée de la caudale; caudale elliptique arrondie; épine des pectorales robuste, presque lisse, sans denticulation à son bord libre.
Portion supérieure du corps, jusqu’au niveau de la ligne latérale, brun violet à marbrures plus foncées; ventre blanc rosé; ces deux teintes séparées sans transition par la ligne latérale, à tubulures rouges; casque brun violet, à maculature bleuâtre; toutes les nageoires rose sale, à rayons plus foncés; adipeuse bleu foncé à la base, blanchissant au sommet; barbillons brun violet; iris rose.
Longueur de l’échantillon, 1,230.
Lorsque l’on compare avec les Aeterobranches Africains, l'A. Senegalensis, dont on ne connaissait jusqu'ici que la tête osseuse, décrite dans l'Histoire naturelle des Poissons, les caractères spécifiques invoqués par les auteurs, sont si peu tranchés, qu'ils ne peuvent suffire à distinguer les espèces.
Blecker lui-même, en publiant ses Æeterobranchus isopterus et macronema, les considère comme espèces douteuses, et fait observer que, pour établir une diagnose certaine, il est indispensable de connaître des individus d’âges différents.
Les nombreux spécimens de l'A. Senegalensis, si souvent pris par nous dans les eaux du Sénégal, viennent pleinement confirmer cette opinion.
En effet, si l’on peut estimer approximativement l’âge des sujets par leur taille plus ou moins forte, on reconnait parmi eux des différences notables. La crète interpariétale est aiguë ou obtuse; les granulations du casque sont faibles ou tuberculeuses; les barbillons, variables en longueur, se raccourcissent avec l'âge ; l’épine pectorale est forte ou relativement faible, lisse ou denticulée ; l’adipeuse tantôt haute, tantôt peu développée; les dents faibles, à peine visibles ou résistantes et fortes: souvent la dorsale se montre avec un ou deux rayons en plus; souvent
aussi trois ou quatre disparaissent à l’anale ; la coloration enfin varie sensiblement, les teintes sombres étant ordinairement particulières aux exemplaires de petite taille.
Ces faits viennent répondre au désiratum de Blecker, et permettent de rapporter à de jeunes /1. Senegalensis l'H. Guineensis décrit par cet Ichthyologiste; ses descriptions, vérifiées sur des types de taille à peu près égale aux siens, ne nous ont laissé aucun doute.
C’est.également à un jeune /1. Senegalensis, qu'il faut rattacher l'A. longifilis C. NV. (loc. cit., t. XV, p. 934.)
Valenciennes, en décrivant les caractères propres à distinguer l'A. Senegalensis d'avec cette espèce, signale : « La proéminence » interpariétale plus obtuse, plus large à la base; les échancrures » de la nuque plus profondes, parce que les sustemporaux sont plus reculés ; la scissure entre les frontaux plus large, plus » courte, plus triangulaire; les os du crâne plus fortement gra- > nuleux; les dents en soie plus longues. »
Il faut observer que l’exemplaire d’/. longifilis, auquel Valenciennes compare le Senegalensis, mesure 0,540, et que la tête de ce dernier, la seule partie de l’animal qu’il connût, a 0,361 de long, ce qui dénote un individu d'environ 1,520. Des modifications devaient naturellement se rencontrer entre deux types de taille aussi dissemblable; d'autant plus que le crâne, étudié par Valenciennes (crâne aujourd’hui déposé dans les Galeries d’anatomie comparée du Muséum), présente avec notre exemplaire, dont la tête mesure 0,290 (dimension bien supérieure à celle du longifilis), des variations identiques; de telle sorte que si l’on voulait caractériser les deux crânes, il suffirait de reproduire la diagnose de Valenciennes.
Cet exemple suffirait seul à prouver l'influence exercée par l’âge sur les caractères spécifiques des espèces du genre /eterobranchus. Cependant, dans ce genre difficile en raison même de cette variabilité, les recherches d'anatomie comparée nous semblent être appelées à fournir des caractères tranchés.
La distinction souvent basée sur l'habitat des espèces, ne saurait être ici invoquée, lorsque l’on sait que les Heterobranches du Sénégal se rencontrent également dans le Nil. le Niger, la Gambie, etc,
Gen. SCHILBE Bleck.