PI. XI
Guereza Rüppelll Gray, Cat. Monk. Lem., etc., 1870, p. 19.
— — Rochebrune. Faune Sénégamb., t. I, 1883-1885, Mamm.,
— Guereza Trouessart, Consp. Mamm., 1879, p. 10, n° 17.
ColobltS Guereza Riippell, Neve Wirbelth. von Abyss., 1835, p. 1, pl. i.
— Lesson, Spec. Mamm., 1840, p. 68.
— Lin. Martin, Nat. Hist. Mamm., 1841, p. 494.
— Lefebvre, Voy. en Abyssinie, 1844, t. VI, p. 7.
Colobus Guereza Tarragon, R«ue Zool
(Guérin Meneville), 1847, p. 177.
Meth. Coll. Mus. Primates, 1851,
Temminck, Esquisses Zool. Côtes de Guinée, 1853, p. 23
Gémis, H. N. Mamm., 1854, t. 1, p. 65
Dalhbom, Zool. Stud. Forsta Bandet; Consp. Mamm,
Sclater, P. Z. S. of London, 1860, p. 246.
Reichenbach, die Vollstand Naturges. d. Affen, 1862
la. Geoff.-St-Hil., Dict. univ. H. N. d’Orb., 2° éd.
1867, t. IV, p. 208.
Gray, P. Z. S. of London, 1868, p. 182, n° 9.
Schlegel, Simiae, Monog. 40, in Mus. T ays-Bas, 1876, t. VII, p. 25.
O. Thomas, P. Z. S. of London, 1885, p. 219.
E. Rivière, Notice sur les Collect. de la Mission Brazza. Revue Scientifique, 1886, 3' sér., n° 1, 3 juillet, p. 15 et tir. à part, p. 7.
G. — Corpus crassum, gravidum, vellere longissimo, nigro, plus MINUS VE passim. nitente; capite subrotundato ; ROSTRO LATO, OBTUSO ; VULTURESERICATO, NIGRO-CINERASCENTE ; AURIBUS SUBLATIS, ROTUNDATIS, NIGRIS, NUDIS, SOLUMMODO MARGINE EXTERNO ANTHE- LICIS, PENICILLATIM PILOSIS ; PILIS CALVARIÆ ET FRONTIS, BREVIBUS, HIRTIS; SUPERCILIORUM SUBRECTIS, RARIS ; GÆNARUM MALARUMQUE DENSISSIMIS ; ARUNCI FASTIGATIS ; PALLIO PILIS LONGISSIMIS NITIDE ALBIS, E PARAUCHENIO AD URÆUM DIFFUSO, VESTITUM ; TÆNIA FRON- TALI ANGUSTATA, TEMPORIBUS, GÆNIS, GUTTURE, MENTO, ALBO-NIVEIS; FEMORIBUS FASCIA LATA CINEREO ALBA EXTERNE ORNATIS ; CAUDA LONGA, BREVI PILOSA, N1GRA, CINEREO PERMIXTA, EX TERTIA PARTE ALBA, INTENSE FLOCCOSA; C AI.LOSITATIBUS CLUN1UM, FASCIA ANGUS- TATA, PILIS BREVIBUS, LACTEIS, CIRCUMDATIS.
Corps lourd, épais, couvert de poils excessivement long-s; dessus de la tête, parties supérieures du dos, et membres d’un beau noir lustré par places; tête grosse subarrondie, à museau large o us . ace tout entière couverte de poils excessivement courts, g . n f ^ lanchâtre donnant un aspect velouté; poils du
Iml C0urt8 > dressés en bross e; ceux des joues et des
pes, assez longs, très épais, dirigés en arrière; poils du
-, os és en une pointe courte et obtuse; un large manm enton lS P blancs c p une extrême longueur règne à partir du teaudepoi^^ ^ s’étend sur les flancs, et s’incurve légèresomm et < ® rrière p0 ’ ur se terminer à l’extrémité de la dernière meilt , e ! 1 2 3 u doS; bandeau frontal étroit, côtés des joues, tempes, moi^et^aut de la poitrine d’un beau blanc; une large tache g.° r ge e ^ ^ blancMt re couvre la face externe des cuisses; aU ° nê ' longue Vun noir mélangé de gris à poils très courts, q r^che dans son dernier tiers, et terminée par un volumineux b anC , rl „ î nnscs noils de même couleur; une bande étroite de ^Ttoncs et Courts entoure les caHosités.
Longueur du bout du museau à l'origine de la queue
de la queue
du membre antérieur
du membre postérieur
Gouraza-Gouréza. — Relativement commun. — Les notes de Quartiu, Dillon et Petit, voyageurs du Muséum, consignées dans le sixième'volume du voyage en Abyssinie de Lefebvre (1), indiquent ces deux noms comme servant à désigner, en Tigréen et en Amaréen, le type qui nous occupe ; c’est à eux, du reste, que Ruppell a emprunté la qualification par laquelle il désigne la Forme qu’il a, le premier, fait scientifiquement connaître.— Rare au Siémène et à Gondar, elle est un peu abondante dans le Godiam et dans le Choa; d’après les mêmes voyageurs, elle serait très commune en Taggadé, dans le Oualdeubba et le Ouolkaïte. — Schweinfurth (2) l’indique chez les Bongos et les Niamniam, où elle porte les noms de NdOllO et de MbOllggtld- H. Johnston l’a trouvée à Useri, sur le versant des montagnes de Kilima N’jaro.
Le pouce chez cette forme est relativement développé; il consiste en un fort tubercule arrondi et proéminent, ordinairement armé d’un ongle lenticulaire; nous avons fait représenter ce pouce sur notre planche XYI, fig. 1 où il est figuré de grandeur naturelle; la fig. 4 où il est vu de profil est légèrement grossie.
« Le pelage du jeune de l’année du Guereza, ditTemminck (3),
(1) Loc. cil., p. 8-9-10.
(2) Au cœur de V Afrique. — Trad. Française de il/ 1110 Loreau 1875, t. Il, appendice, p. 415.
(3) Esquisses Zoolojiques sur la Càle de Guinée, p. 23, en note.
tnntPs les parties du corps et des mem-
est d'un Wa “ c “,™ 8 rto avoir revêtu sa seconde livrée, ou à l'âge bres, ce n est qu âpre , prend la couleur propre à
pourvil à cet âge du camail blanc ni
(lu gros flocon au bout de la queue ».
Schlegel (1) affirme de son côte fl uf
Ls e de 0 s n embl S ab]e; conditions existerait au
ie «
le petit a tous les poils
un peu ondulés et partout d'un blanc uni-
mS des proviendrait du voyage en Abyssinie du
Prince Paul de Wurtemberg.
“ayant pas eu de très jeunes Guereza à notre disposition, nous nous bornons à relater l'opinion de Temminck et de Srlile^el.
Jusqu’en 1883, le Guereza Ruppel/i avait été considéré comme éminemment propre à l’Abyssinie. Le premier nous l’avons indiqué à cette époque comme habitant le versant ouest des montagnes du Fouta où il est rare et désigné par les Peuls sous le
nom de Oshûke (2).
Personne, jusqu’ici, n’a voulu tenir compte de notre indication ; il y a plus, la découverte de cette Forme dans 1 Ouest Africain a été tout récemment attribuée à M. de Brazza.
On lit, en effet, dans la notice de M. E. Rivière, sur les Collections de la Mission scientifique de l’Ouest Africain, exposées au Muséum de Paris par M. Savorç/nan de Brazza (3) : Le Colobus Guereza (vitrine n° 4), chose curieuse, n’avait jamais été signalé que sur les hauts plateaux de l’Ethiopie et les Naturalistes étaient loin de se douter qu’il suit la grande contrée Africaine, qui. sous le nom de Lualaba, prend son origine dans la région des Grands Lacs, et sous celui de Congo se jette dans l’Atlantique. Ce fait est des plus intéressants au point de vue de la distribution géographique des animaux dans le continent noir ».
M. E. Rivière a été simplement mal informé par les personnes auprès desquelles il a dû se renseigner, et qui ignoraient, ou plutôt, avaient oublié qu’en 1885, l’existence du Guereza avait été
(1) Loc. cit., p. 25-26.
(2) Faune Sénégamb., loc. cit., p. 26.
(3) Revue Scientifique, 1886, 3' sér., n° 1, 3 juillet, p. 15 et tic. à part, p. 7.
avM. Johnston dans les montagnes de Kalima N’Jaro, est du lac N’Yanza (1), comme elle l’avait été par nous en
D1 n su jet d’étonnement, c’est que ce Monsieur ne l’a pas découvert au Congo qu’ailleurs; il ne l’a pas découvert au P u ' o-o car i e 3 mars 1886, quelques mois par conséquent avant C011 °la’ r umeur publique nous eût appris l’arrivée des caisses de
mission, nous avions indiqué dans la 3 e série de nos diagnoses ge Vertébrés nouveaux de la Côte Occidentale d’Afrique (2) l’existance du Guereza dans les forêts de Noki, haut Congo, d’après des exemplaires de cette région faisant partie des collections de M. A. Bouvier.
En rappelant cette publication, nous ne cherchons nullement à nous faire un mérite d’une découverte à laquelle nous n’avons aucun droit et dont tout l’honneur revient à MM. Protche et Famelard, qui, les premiers, ont dénoncé la présence du Guereza dans les forêts du Congo, comme h M. A. Bouvier qui le premier nous a communiqué ses exemplaires.
On verra plus loin que, très voisin du type Abyssinien, le Guereza du Congo mérite d’être différencié, opinion que nous émettions comme probable dans la publication précitée.
Le type du Fouta ne diffère en rien du type d’Abyssinie; l’une des meilleures descriptions qui aient été données du Guereza Ruppelli est celle de M. de Tarragon (3), faite d’après deux individus adultes et d’assez petite taille; nous reproduisons cette description, comparativement avec la nôtre, donnée d’après un spécimen du Fouta.
« Pelage entier d’un noir brillant; joues, gorge et front blancs; la face couverte de poils gris; une tache blanche au-dessus des callosités; les longs poils blancs qui partent des parties latérales du dos, atteignent vers la queue jusqu’à 55 centimètres de lon-
(1) P. Z. S. of London, 1885, p. 219.
(2) Vertebralorum novorum vel minus cognitorum oris Africæ Occidentalis wcolarum, diagnoses, Séries tertia, Mammalia, p. 1 et 2., 3 inavtis 1886.
(3) Revue Zoologiquc, toc. cit., p. 177.
Mnnt ulus courts en remontant vers les épaulés. La queue
; Tonie de 55 à 56 centimètres et terminée par un bouseule est lo g En fi n la taille de l’animal, depuis l e
sommet de il têt^qu'à r.xWmlté de la queue, atteint 1 mètre
Quand ou compare le Guereza avec les autres types de la famille des Colobidæ, il est facile de s’assurer qu il réunit une somme très grande de caractères différentiels; sans tenir compte, si l’on veut, de la disposition des poils de la tête, disposition cependant des plus remarquable et unique dans le groupe, sans insister sur l’agencement spécial, la longueur exceptionnelle des poils du manteau et du développement excessif du panache caudal, on voit que, contrairement aux auties, ses formes sont lourdes, ses membres trapus, que seul entre tous sa face est velue, que sa tête est particulièrement volumineuse, son museau large, son nez d’une grosseur inaccoutumée, qu enfin ses narines sont tout à fait en côté et séparées par une cloison nasale d’une largeur proportionnellement plus grande.
On a vu que, frappé de cette conformation, Dalhbom avait classé le Guereza dans sa « Division 2 : Simiæ Plathyrrhinæ mundi veteris (1) » : 2 : Divisionen; gamla verldens Apor. Nasborrarne vidt âtskilda genom bred skiljevagg » (2).
On a vu également que le Genre « inadmissible » Guereza dont nous avons fait « un choix malheureux » (3) a été créé par Gray à cause même de la forme du nez : « nostrils ratlier wide apart » (4).
Ces faits rappelés, laissant entièrement de côté les caractères
énumérés plus haut, pour tenir uniquement compte, avec Dalhbom et Gray, des particularités inhérentes à l’appendice nasal du Guereza, nous demanderons au Savant et non moins Modeste D r E. L. Trouessart (dix-huitième question?) : en vertu de quoi ces particularités sont milles et de nulle valeur pour ledit Guereza, quand, au contraire, elles sont capitales pour deux
(1) Zoologiska Studier, loc. cil., Tab. VI.
(2) Zoologisca Sludier, loc. cit., Tab. V.
(3) Loc. cit., p. 1 et passim.
(4) Cal. Monh. Lem., elc., loc. cit., p. 19.
type s
je Semnopithèques, en d’autres termes, pourquoi (dix- ■v* , question?) le nez proéminent du Nasique et le nez
NEin • é du Rhinopithèque constituent-ils d’excellents caracretl ° G énériques, quand le nez.... appelons-ie globuleux du tèl6S „ pet un caractère inadmissible.... absurde?
(rll6T6Z(l cni'
Tout le monde sait que le Genre Nasalis créé par E. Geoffroy- Saint-Hilaire (1), repose sur le développement, la proéminence, Pi longueur du nez chez le Simia nasica de Schreber, la Guenon à long - nez de Buffon ;
Personne n’ignore que le Genre Rhinopithecus de M. le Pr A. Milne Edwards, « a pour caractères distinctifs, les proportions o-énérales du corps, et la singulière disposition de son appendice nasal, dont l’extrémité se relève vers les yeux » (2).
Si le Savant et non moins Modeste D r E. L. Trouessart avait voulu réfléchir un instant, s’il était doué de la plus minime parcelle de logique, il se serait aperçu que, quelle que soit la forme du nez, du moment où cette forme est prise et acceptée comme caractéristique de deux types, elle doit l’être pour un troisième, et que si elle est nulle pour l’un, elle doit forcément être nulle pour les autres.
Le Savant et non moins Modeste D r E. L. Trouessart serait en peine de dire, peut-être (vingtième question?), à la suite de quelles recherches personnelles il a pu affirmer que le Genre Guereza « ne reposait sur rien de sérieux ’o, mais il serait peutêtre moins en peine (vingt et unième question ?) d’expliquer pourquoi il n’a pas discuté la validité des genres Nasalis et Rhinopithecus, du Rhinopithecus surtout! Nous pourrions répondre pour lui à cette dernière question, mais sa Modestie aurait à en souffrir; nous lui laissons le soin de commenter notre pensée, nous savons qu’il la comprendra.
Pour nous, qui acceptons les genres Nasalis et Rhinopithecus, parce que leurs caractères répondent aux conditions propres à légitimer la création de Divisions Génériques telles que nous les comprenons, par ces mêmes raisons, par celles aussi énumérées dans le cours de cette étude, nous acceptons le tnalheu-
(1) Ann. Mus. Loc. cil., p. 91.
(~) Recherches pour servir à l'Histoire des Mammifères. 1868-1872, p. 234
,, ux Genre Guereza, =-- nous l'avions accepté une première
fois ' • . uc même toutes les fois que nous le jugerons
opportun ^ans' nous soucier de l'approbation ou du blâme de Ze illustrissime confrère, en attendant pa Gemment « lès ent,. , ace, -tes Ce l’autre colé du détroit », q« il nous a prédit.