‹ Faune de la SénégambieChapitre 4 sur 48 · VA · texte numérisé non relu

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Nous nous bornerons, pour l’instant, à remercier M. le D r E -L Trouessart, et à lui promettre de nous servir bientôt des ouvrao-es dont il nous conseille charitablement la lecture; nous espérons que sa modestie (car on vient de le voir, il est doué de cette vertu rare), nous espérons, disons-nous, que sa modestie n’eu souffrira pas !

| nI . Contrairement à M. le D r E.-L. Trouessart, M. O. Thomas 11 e se pose pas ouvertement en maîtie, /l ne professe pas , en revanche, il s’essaie à manier l'ironie sans pouvoir s’affranchir de la proverbiale raideur Britannique.

Ayant eu l’honneur de l’entrevoir dans les Galeries Zoologdques du Muséum de Paris, il nous a paru un peu jeune pour trancher du Savant expérimenté dans les avis qu il émet, comme dans les travaux qu’il publie, et nous craignons qu il ne soit pas encore de taille pour s’ériger en réformateur.

Quoi qu’il prétende, son appréciation sur nos Mammifères Sénégambiens, textuellement copiée dans le Zoogical Record de 1883 (1), va nous fournir le moyen d’apprendre à M. O. Thomas, plusieurs choses qu’il semble ignorer.

« This work, dit-il, il is to be feared, will not be of much real use to stu dents of the West Africcin fauna, its author’s chief object seems to hâve been to ciccumulate as large a number of généra and species as possible, and lie may be congratulatecl on his success m this direction, as he mentions no less than 66 families, 125 généra, and 219 species, as resuit attained by the récognition , for the most trivial révisons, of cill the good or bad généra and species clescribed frorn the district, and also b}/ the foundation of others on the different races of domesticated species, and on sligth varieties of wilcl ones. Notes on the native names and comparative rarity of the species are appended; and in the cases where no doubl ccin exist as to their correct identification, these may be of some service. »

Nous n’entendons faire en aucune façon, à M. O. Thomas, le reproche d’avoir émis sur notre Ouvrage, un jugement que, malgré son inexpérience, nous voulons croire sincère; chacun est

(1) Loc. cit. Mammalia, p. 21.

incontestablement libre de discuter notre manière de voir, de nous infliger les blâmes les plus sévères, mais un droit que nous dénions à M. O. Thomas, comme à tout autre plus autorisé, c’est de nous faire dire le contraire de ce que nous écrivons, c’est de chercher à en dénaturer le sens et la portée. j Soit Par inadvertance, soit pour toute autre cause, M. O. Thomas s’est mis dans ce cas regrettable; pour sa gouverne, après lui avoir posé quelques questions, nous nous permettrons de lui fournir divers éclaircissements, propres à lui faciliter ses réponses.

Nous prierons donc M. O. Thomas de nous dire :

1° Ce qu’il entend par bonnes et mauvaises Espèces ?

2° Quelles sont les bonnes et mauvaises Espèces que nous avons proposées ?

3° Quelles sont les Races domestiques que nous avons données comme Espèces ?

4° Quelles sont les Variétés sans valeur, d 'Animaux sauvages, que nous avons érigées au rang d' Espèces ?

5° Enfin ce qu’il entend par bons et mauvais Genres; et quels sont les bons et mauvais Genres que nous avons acceptés ou CRÉÉS?

Le mélange incohérent : des Typical variety, Variety, Spécifie characters, Varietal characters, que l’on rencontre à chaque page des quelques publications de M. O. Thomas (1), est la manifestation la plus nette de ses hésitations dans l’examen des animaux étudiés par lui, et montre qu’il ignore absolument la signi. fication du mot espèce, telle qu’elle est donnée, soit par les partisans de la fixité, soit par ceux de la variabilité.

En qualifiant les Espèces ou ce qu’il considère comme telles, de bonnes et de mauvaises, il se sert d’expressions usitées par beaucoup d’autres qui, comme lui, les ont apprises sans s’inquiéter de les comprendre.

Pour nous, à tort ou à raison (nous ne prétendons nullement convaincre M. U. Thomas), désireux de nous rendre compte des bonnes et mauvaises Espèces, après avoir sérieusement étudié les données acquises et les discussions contradictoires, nous

(1) Voir notamment : On lhe African Mungooses, in P. Z. S. of London , 1882, p. 59 et seq.

avons développé nos théories et posé des conclusions ; nous engageons M. O. Thomas à lire l’introduction de notre Ouvrage incriminé où ces théories et ces conclusions sont consignées (1), il y verra que, partisan convaincu de la variabilité, nous nions I’espèce pour accepter uniquement la forme, et il en déduira forcément que sa critique est mal fondée; niant l’Espèce, nous n’en avons évidemment proposé ni bonne ni mauvaise.

Les allégations de M. 0. Thomas ne sont pas plus sérieuses, lorsqu’il nous attribue la paternité d 'Espèces établies sur des Races domestiques, et si nous nous arrêtons un instant h en réfuter la fausseté, c'est uniquement pour faire ressortir la légèreté avec laquelle il examine les travaux dont il est chargé de rendre compte.

Avec un peu plus d’attention il aurait vu que nous avons eu soin d’inscrire toujours les mots Race domestique à côté des Formes rentrant dans cette catégorie (2); la nomenclature binaire que nous avons adoptée pour les désigner n’est pas, nous le savons, du goût de M. 0. Thomas ; peut-être est-ce là le motif de son peu d'indulgence, nous le regretterions, tout en nous félicitant d’avoir suivi l’exemple de Savants, ses maîtres et les nôtres, tels que : Linné (3), Desmarest (4), Geoffroy Saint-Hilaire (5), Lesson (6), H. Smith (7;, Swainson (8), Hodgson (9). Blyth (10), Bartlett (11), Link (12), Schreber (13), Hasselquists (14), etc., etc.

(1) Faune de la Sénégambie, introduction, p. un à i.xxv.

(2) Loc. cit. Mammifères Gen. Bos, p. 113 à 119; Gen. Hircus, Ovis, p. 134 à 138.

(3) Syst. Nat. Ed. XII.

(4) Traité de Mammalogie.

(5) H. N. des Mammifères. — Tableaux méthodiques des Mammifères.

(6) Nouveau Tableau des Mammifères.

(7) Griffith Animal Kingdom.

(8) Nat. Eist. of Quadrupède..

(9) Ann. and. Mag. Nat. Eist. — Journ. Asiat. Soc. of Bengale.

(10) P. Z. S. of London.

(11) P. Z. S. of London.

(12) In Fischer, Zoognosia tabulis synopticis illuslrala.

(13) Die Sâugthiere in Abbild. Nach. d. Nat. mit Beschreibungen.

(14) Reise Nach Palestine u. d, Scluced.

Ce que nous venons de dire s’applique en tout et pour tout, aux « Variétés sans valeur d’animaux sauvages » que, selon

• O. Thomas, nous aurions érigées au rang d’Espèces, de notre oiité piivée, nouvelle insinuation aussi nulle que la première.

M. O. Thomas ne s’est pas aperçu, en effet, que son chef d’accusation ne nous atteint en aucune façon, mais porte exclusivement sui les auteurs des Espèces établies : « on slig/it varieties ofwildones »; un court instant de réflexion eût suffi pour lui remémorer, peut-être pour lui apprendre qu’en cherchant à remanier à sa guise les travaux de Savants, ses guides trop vite oubliés, il lui fallait soigneusement éviter de commettre des fautes impardonnables.

f 1 I1 ^ ne lui suffisait pas, par exemple, de rejeter les Espèces de G. Saint-Hilaire, de F. Cuvier, de Smith, de Heuglin, de Temminck, de Peters, de bien d’autres, en déclarant magistralement que ces Espèces sont basées sur des caractères « untenablr » : il devait démontrer en quoi ces caractères sont untenable, étaler au grand jour les tergiversations, les incohérences, les contradictions relevées par lui chez les auteurs au-dessus desquels il se place, et leur opposer les caractères fondamentaux et indiscutables qu’il a su découvrir.

M. O. Thomas ( soyons juste ) se livre quelquefois, sans succès du reste, à la recherche de ce résultat; mais, s’il indique dans certaines de ses Monographies les moyens les plus efficaces pour reconnaître ou nommer une bonne Espèce, s’il indique les caractères sans importance et en défend avec soin le pernicieux emploi, par une contradiction des plus flagrantes, loin de mettre ses conseils en pratique, loin d’appliquer ses théories, il choisit précisément de préférence à tous autres, les caractères rejetés tout à l’heure, c’est à eux qu’il s’adresse uniquement pour établir ses différenciations (1) !

(1) Le Mémoire précédemment cité de M. O. Thomas : « on Lhe African Mongooses in P. Z. S. of London, 1882, fournit une preuve irréfutable des

faits auxquels nous venons de faire allusion. Là, en effet, il indique comme devant être invariablement écartés, dans la caractéristique des Espèces de ce groupe : 1° La présence ou l’absence d’annulations sur les poils du corps, présence ou absence dépendant des saisons pendant lesquelles les animaux

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to'et. "toü” nous lui dirons : « U. «W » conpralulatcd

ou qu'il propose ont ie privilège

"f s 1Lft ê l"rrSter ici les opinions contradictoires soulevées au sujet de la notion du Genre; la question semble ,î ù'd hui définitivement résolue, et k ces deux interrogations ; le Genre est-il une réalité ou une fiction? Est-ce un fait primordial et concret ou bien un moyen artificiel (1) . la solution Sdon nous, la plus vraie et aussi du reste la plus universellement admise, a été depuis longtemps formulée en termes explicites par Palissot de Beauvais : « Les Genres sont des abstractions de notre esprit, des êtres fantastiques ou plutôt des soi tes de points d’appui, imaginés pour secourir notre mémoire, pour rendre nos observations plus faciles et moins incertaines (2) ».

(dans va plus loin encore (.3) : « Toutes les conceptions systématiques, dit-il, depuis l'idée d'Espèce jusqu'il celle d’Embran-

sont capturés; 2° la présence ou l'absence d’un très petit doigt, soit aux pieds de devant, soit aux pieds de derrière, absence due à l'inadvertence des préparateurs ; 3° la présence ou l’absence de poils aux faces plantaires, une même espèce pouvant avoir ces parties tantôt nues, tantôt poilues; 4° le nombre des dents comme n’étant pas constant, mais au contraire variable.

Ces données émises, passant à l’étude des Genres et des Espèces, M. O. Thomas prend sans hésitation pour caractères fondamentaux : 1° les poils annelés ou non : Hairs annulated, Eairs unannulaled ; 2° Les doigts plus ou moins nombreux : Toes | ; Toes §; Toes f; 3° les faces plantaires nues ou poilues : Eind soles naked; Eind soles bald; Eind soles hairy ; 4° le nombre invariable de dents : Premolars |; Premolars |, Pi emolars - , P) emolars 2. M. O. Thomas accompagne ces contradictions des indications les plus fausses concernant l’habitat des espèces ; ainsi pour lui VEerpestes ichneumon serait « Palæarchc ». Nous l’engageons a visiter le Sénégal!

(1) Gérard : article Genre, in Dict. E. N. d’Orb. 2 e ed., Vol. IV, p. 321.

(2) Nouv, Dict. E. N. Ed. Deterville, Vol. XIII, p. 10 (Article Genre).

(3) Traité de Zoologie, 2 e éd. Française, par Moquin Tandon, p. 13, 1883).

chement, reposent sur la considération d’objets semblables et sont des abstractions de l’esprit (1) ».

En admettant, comme nous le faisons, sans réserves, la définition de l’auteur du Traité de Zoologie; en considérant le Genre comme purement fictif, il n’existe ni bons ni mauvais Genres, ou pour mieux dire, tel Genre est bon pour les uns, tel Genre est mauvais pour les autres.

Les ouvrages d’Histoire Naturelle démontrent surabondamment cette proposition ; prenant au hasard un exemple entre mille, nous citerons un mémoire de M. D. Cope, Naturaliste dont M. O. Thomas ne contestera pas la valeur, nous l’espérons pour

lui.

Dans ce mémoire ayant pour titre : On the Généra of Feliclæ and Canidæ (2), M. D. Cope, tout en reconnaissant la validité de quelques-unes des divisions de Gray dans le groupe des F élis { 3), n’accepte pas cependant le Genre Léo, entre autres, proposé pour le F élis leo des auteurs; les caractères tirés plus particulièrement de la disposition des poils du corps et de la queue ne lui semblent pas suffisants; dans sa pensée, la forme de la pupille est préférable, aussi range-t-il le F élis leo avec les formes ayant la pupille ronde, pour lesquelles il réserve le Genre Uncia de Gray ( Emend .); le Lion , dès lors, devient Y Uncia leo ! (4)

(1) En opposition à cette manière de voir, nous citerons celle de Paléontologistes dont l’autorité est incontestée, et pour lesquels, la notion du Genre prend une importance toute particulière. Pour eux, « le Genre est une entité réelle et objective », de Saporta : l'Ecole transformiste et ses derniers travaux, in Revue des Deux-Mondes, Livr, du 1 er octobre 1869), « parce que l’Espèce l’est également, parce qu’elle a tout, au moins à certain moment, quelque fixité ». (P r A. Gaudry. Les enchaînements du monde animal [Mammifères tertiaires) , p. 252, 1878.) C’est, on le voit, 1 éternelle lutte entre deux Ecoles antagonistes, entre les défenseurs de l’immutabilité et de la variabilité; nous ne reviendrons pas sur les théories que nous avons consciencieusement discutées (Introd. aux Mammifères Sénégambiens ), mais nous dirons avec M. le Professeur A. Gaudry ( Loc . cit., p. 251), « puissent les tendances des deux Ecoles opposées, être également profitables pour la Science.»

(2) Pr. Acad. Nat. Sc. of Philadelphie, 1879, p. 168 et seq.

(3) Notes of the Shulls of the Cats ( Felidæ ) P. Z. S. of London, 1867.

(4) La classification des F élis, basée sur la forme de la pupille, remonte à

Quel est, dans ce cas, le bon et le mauvais des deux Genres? Évidemment ils seront bons et mauvais il toui de iule suivant l’esprit de ceux qui accepteront ou rejetteront 1 un ou 1 autre, et tous les Genres indistinctement, malgré avis continue, se trouvent dans le même cas.

Nous ignorons comment M. O. Thomas comprend et qualifie le Genre, mais quel que soit son système, non seulement il a tort de nous en attribuer un quelconque en Mammalogie, ce qui jusqu’ici est complètement faux, mais il a également tort de nous accuser d’en avoir emprunté de mauvais aux auteurs, for most trivial reasons, car ne fournissant pas, most goocl reasons , en faveur de ses dires, il décerne comme de parti pris à ces auteurs, ses maîtres, nous ne saurions trop le lui répéter, un blâme qu’il ne justifie pas.

M. 0. Thomas dédaigne donc les Genres de ses devanciers comme il dédaigne leurs Espèces, ses opinions personnelles méritent seules de prévaloir; laissons-le dans cette douce croyance et bornons-nous à marquer sa place parmi les Sommités dont l’occupation la plus chère consiste à s’admirer eux-mêmes, faute de trouver des admirateurs.

§ IV. — Parmi ces Sommités, indépendamment d’un illustre, qui a bien voulu nous consacrer quelques lignes dans le recueil de la raison sociale à laquelle est attaché son nom (1), nous nom-

F. Cuvier . « parmi les chats, dit-il ( Essai sur de nouveaux caractères pour les Genres de Mammifères, in Ann. Mus. H. N. t. X, 1807, p. 118), les uns ont les pupilles en forme de disques et d'autres allongées verticalement; ce qui rendant les premiers des animaux diurnes, et les seconds des animaux nocturnes, sépare les chats en deux Genres bien distincts.

(1) L expression du contentement intime de soi-même, ne peut être démontrée d une façon plus précise que par le passage suivant extrait du recueil cite f Journal de Conchyliologie, publié sous la raison sociale H. Crosse et P. Fischer, t. XXV, 3 e sene, 1885). Au chapitre bibliographique {Compterendu de la XXVI F partie duManual ofConchology by G. 17. Tryon ; Monographie des Cypræidæ, auct. Raymond Roberts), on lit p. 213 : « Nous ne pouvons approuver Vauteur lorsyuü réduit les Cyprœa brevidentata, Sou,. et CiPRÆ.v Crosse., Marie, au ro.ng de simples variétés du Cypræa stolidai Lm ' ; PaV contr °>™™ ™ donnons notre approbation la plus complète,

merons le plus habile entre tous les Herpétologistes, celui devant

lequel les Dumeril et les Gunther pâlissent M. Georges-

Albert Boulanger!

lorsqu'il démolit une dizaine d'espèces établies, bien à tort, par M. le D r de Rochebrune, sur de simples variétés des Cypræa moneta et annulus, de Linné, et lorsqu'il supprime les Cypræa Lienardi et tricornis, Jousseaume, qui ne sont que des Cypræa cicercula. »

Réduire un Cypræa. Crossei à l’état de non-valeur est, on en conviendra

dn crime abominable...., heureusement pour MM. Tryon et Raymond Roberts, la démolition de nos Espèces (qu'on veuille bien lire formes !) plaide les circonstances atténuantes en leur faveur.

Nous devons nous féliciter néanmoins, de la modération dont le Savant M. H. Crosse fait preuve à notre égard, en cette circonstance, car ses expressions sont généralement moins.... parlementaires . . quand il s’adresse à plus haut que lui !

Dans l’analyse d’une note de M. de Monterozato : sur les Coquilles de la Méditerranée ( Journ . Conch., t. XXI, 1873, p. 164), le Savant M. H. Crosse trouve le moyen d’intercaler, à l'adresse d’un Zoologiste qu'il aurait dû respecter, des aménités telles que celles-ci : « La pauvre M me J. Power eut le tort d'avoir raison trop tôt, en affirmant dès 1838, et en démontrant par des expériences, que le Poulpe de l'Argonaute était bien le seul auteur de sa Coquille et non point un Parasite, comme on le prétendait. On la traita de visionnaire, et l'un des princes de la Science, M. de Blainville, qui ne pouvait LAISSER PASSER UNE IDEE FAUSSE EN MALACOLOGIE SANS TOMBER EN ARRET IMMÉDIATEMENT POUR LA HAPPER AVEC DELICES (iL AVAIT UN FLAIR POUR CES

choses-la), prouva par des arguments plus irréfragables les uns que les autres, que les Argonautes n'avaient pas le droit de construire leurs Coquilles eux-mêmes : ce qui n'empêcha, d'ailleurs, nullement ces Mollusques de secréter ladite Coquille a la barbe de tous les corps savants. Les Céphalopodes n’ont point de pudeur! »

En rédigeant cette diatribe où le mauvais goût et l’envie se coudoient, le Savant M. H. Crosse a voulu imiter, sans doute, son savant associé et ami, M. le D r P. Fischer, accusant le même illustre Professeur de Blainville « d'avoir créé un mot funeste pour la Science : le mot Paléontologie. » {Journ. Conch., t. VI , 1857, Introduction, p. xn.) ; ou larmoyant sur un ton pathétique : « Pourquoi troubler le paisible repos de tant de volumes condamnés à la poussière de nos bibliothèques...., les Risso, les Montfort, ne peuvent servir à l'histoire de la Science que pour nous faire déplorer leur apparition! » {Journ. Conch., loc. cit., p. vin). \ ingt-kuit ans après avoir écrit ces lignes, le rééditeur du Manuel de Conchyliologie de Woodward

Peu de mots suffiront pour faire connaître le mobile de la phrase relative à nos Reptiles et Amplabtens : « The wo rst

, . .. . . Qe ÉDITION DUDIT MANUEL, tous les

accepte sans restriction aucune, dans la J ED ,

Genres de Risso (Truncatella, loc. cit., P- 751 ; Euluna loc. cü p 781,

Gibbula, loc. cit., p. 825; etc., etc.), comme aussi tous les Genres de Mont-

fort {Triton, loc. cit., p. 654; Persona, loc. cit., p. 6oü ; Mono, loc. cit.,

p. 659; Faunus, loc. cit., p. 702; Bellerophon, loc. cü., p. 853 ; Gibbus,

loc . cit ., p. 453, etc., etc.).

Si les Céphalopodes n’ont aucune pudeur, MM. H. Crosse et P. Fischer ont

toutes les audaces !

Cette différenciation suffisamment établie à l’aide des caractères précédemment énumérés, que le Savant M. H. Crosse veuille bien permettre à l’un des plus humbles tenants, de ceux qu'il appelle les du minores ( Journ . Conch., t. XXIII, 1883, p. 185), de lui soumettre une simple observation et de lui dire : Lorsque l’on s’érige en Pontife des du majores, s il est méritoire, sans doute, de se montrer Latiniste émérite en corrigeant « les affreux barbarismes et les aneries [Journ. Conch., t. XXV, 1885, p. 210) de ses prédécesseurs et de ses contemporains ; Helléniste habile, en rectifiantde fausses étymologies (Journ. Conch., t. XIV, 1886, p. 85) ; Polyglotte instruit en corrigeant, annotant et traduisant les ouvrages des Naturalistes étrangers (Journ. Concli., t. XIV, 1886, p. 94, 193, 301 ; t. XXII, 1869, p. 161, 167, etc., etc. ;

Ne serait-il pas également utile, surtout plus digne :

De châtier le style pesant du recueil dont il est l'un des commanditaires ?

De se montrer moins mesquinement jaloux, en ne déversant pas l’ironie, souvent l’insulte, sur des hommes dont le savoir a sacré les noms ? (Exemples : Le flair de M. de Blainville tombant en arrêt pour happer les idées fausses, déjà cité; les bévues conckyliologiques du P r Valenciennes, in Journ. Conch., t. XIX, 1871, p. 131 ; les connaissances insuffisantes de l'Entomologiste Audouin, in Journ. Conch., t. XIX, 1871, p. 81 ; les sacrifices de M. de Lacaze Luthiers, sur les autels de l'anatomie pure et son [choix de dénominations malheureuses (ici, une leçon de grec a l’adresse du maître, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 85; les Mistakes habituels à Gray, in Journ. Conch., t- XIV, 1866, p. 109; Victor Hugo, vilipendant un Mollusque avec accompagnement d'antithèses et de pathos, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 179; Michelet, littérateur fourvoyé, in Journ. Conch., t. XIV, 1886, p. 181, etc., etc. ;

Démailler moins souvent sa prose d’expressions... triviales...? (Exemples : Aneries, déjà cité ; latin de cuisine, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 82 ; donner dans le panneau, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 77; champ de foire, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 178; organisation malpropre, in Journ. Conch. t. XIV, 1866, p. 180; mettre sur le dos de lamarck, in

lie) petological work thcil lias appeared for many years (1). »

Nous avions discuté les opinions dudit M. Georges-Albert Boulanger et d un de ses intimes (2), dans des termes que nous supposions être suffisamment courtois ; cette façon d’agir n’est pas. paraît-il, en usage dans le petit cénacle d’Herpétologistes qu’il préside en maître souverain.

M. Georges-Albert Boulanger veut bien nous enseigner que le

manque de convenances est une qualité requise pour

l’étucle des Reptiles ; nous l’en remercions! et nous nous

félicitons d’être l'auteur du plus mauvais de tous (es livres.

Journ. Conch., t. XIY, 1866, p. 372; démarquer le linge scientifique, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 381; commérages, in Journ. Conch., t. XIX, 1871, p. 141 ; corser un volume, in Journ. Conch., t. XIII, 1883, p. 93, etc;

De s’abstenir, enfin, d’allusions prétentieusement spirituelles, mais tout simplement déplacées?

La comparaison des familles de Mollusques avec les antiques bataillons de la Garde nationale de 1830, in Journ. Conch., t. XXIII, 1883, p. 72; cette autre, du produit de la Carpe et du Lapin, in Journ. Conch., t. XXI, 1873, p. 83; le concours de la Gendarmerie pour capturer les Poulpes , in Journ. Conch., t. XIV, G 66, 179; l 'anecdocle de la caricature de M. Thiers et du portrait de la Déesse du bœuf-gras, gravés sur les ossements des cavernes, in Journ. Conch., t. XIV, 1866, p. 319; la façon remarquable de se soustraire aux obus Prussiens, pendant la guerre de 1870-1871, in Journ. Conch., t.XlX, 1871, p. 107 ; le récit des facéties du colleur d'affiches du Muséum, buvant chez un Marchand de vin pendant la commune, in Journ. Conch., t. XIX, 1871, p. 108, bien d’autres bouffonneries non moins lourdes, auraient, nous n'en doutons pas, un succès mérité dans un congrès de cuisinières (que le Lecteur nous pardonne si le naturalisme de M. H. Crosse déteint sur nous) ; quant aux du minores, incapables de comprendre les subtilités du grand CONCHYLIOLOGUE, il ne peuvent même pas lui faire l’aumône d’un sourire de pitié !

(1) Zoological Record for 1884 ; Reptilia and Batrachia, p. 2.

(2) Nous croirions manquer à tous nos devoirs, si nous ne signalions pas le nom de cet ami à l’admiration de tous ; c’est M. F. Lataste, l’une des gloires les plus pures de la Zoologie moderne, le plus intrépide de tous les explorateurs de l’Afrique, son récent voyage au Sénégal en fait foi, c’est M. F. Lataste, enfin, le grotesque auteur d’un libelle Indigeste contre le Muséum de Paris. (Voir Etude de la Faune des vertébrés de Barbarie, tir. à part, 1885, p. 20, 21, 22).

V Il ressort clairement de tout ce qui précède que si, ime nous le disions en commençant, usant du droit de legi-

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de notre indépendance, de déjouer les insinuations de ceux certainement disposés à nous accuser tôt ou tard, de faire appel à la

Pour ces mêmes raisons, nous ne parlerons pas des éloges que de bienveillants Maîtres iront pas craint de nous décerner. Ne serait-ce pas en outre leur faire injure, d inscrire leur noms autorisés à la suite de noms voilés d’ombres?

Plusieurs nous ont vu à l’œuvre, et ils savent que dès le j ouioù nous commencions la Faune de la Sénégambie, toute pensée d’intérêt personnel était soigneusement écartée, que le profond désir d’être utile, devenait désormais notre mobile unique.

Ce que nous avons été au début, nous le sommes aujourd’hui, nous le serons quoi qu’il arrive, et malgré les épines de la voie nous ne cesserons d’y cheminer.

Cinquante-sept ans se sont écoulés depuis le jour où E. Geoffroy Saint-Hilaire, dans ses mémorables Leçons d’Histoire Naturelle au Muséum de Paris, écrivait ces mots, expression fidèle d’un esprit éminemment juste parce qu’il était éminemment grand :

«Accueillons tous les efforts, même infructueux, j’allais dire avec indulgence, je suis tenté d’ajouter avec reconnaissance » !

L’indulgence, nous ne l’avons pas demandée !

La reconnaissance, chaque jour nous apprend comment on la

pratique !

Qu’attendons-nous, d’ailleurs? Rien! Car

seul aujourd hui, comme nous l’étions hier, comme nous le serons demain, nous aurons toujours le courage de dire :

réclame

QUOD SCRIPSI, SCRIPSI !

(SUPPLÉMENT

MAMMIFÈRES

ÉTUDE MONOGRAPHIQUE DU GROUPE DES COUOBUS.

L’indignation que nous aurions soulevée, parmi les Naturalistes Anglais, en nous permettant, dans la partie Mammalogique de la Faune de la Sénégambie, d’accepter inconsidérément plusieurs Genres créés par eux, est légitimée, a dit le Savant et non moins Modeste D r E.-L. Trouessart ( Litter . cit.), par : « le choix malheureux » que nous avons fait du Genre Guereza de Gray, « Genre inadmissible, ne reposant sur rien de sérieux, proposé par un homme dont les travaux sont sévèrement jugés par ses compatriotes eux-mêmes, et dont il ne reste rien dans la science, quelques années à peine après sa mort (1). »

(1) La longue discussion dont nous faisons précéder l’étude Monographique des Colobus, est nécessitée par les premiers paragraphes de la lettre précédente de M. le D r E.-L. Trouessart ( négation du Genre Guereza; allusion aux Simiæde Schlegel). Les réponses aux diverses allégations concernant les autres Mammifères signalés dans la même lettre, viendront en temps opportun ; en attendant, nous tenons essentiellement à affirmer : que nous ne nous posons aucunement en défenseur de Gray et de ses ouvrages ; plus que personne, peutêtre, nous avons en maintes circonstances ( Faun . Sénég. torn I. Passim.), sévèrement qualifié le Naturaliste Anglais; nous maintenons notre opinion première, mais la sévérité n’exclut pas la justice; or, nul ne l’ignore, excepté M. le D r E.-L. Trouessart, peut-être, si Gray a commis des erreurs nombreuses et graves, il a également produit des travaux d’un mérite réel et il faut savoir en tenir compte. Ainsi ferons-nous lorsque nous le croirons nécessaire et juste, comme nous l’avons déjà fait, du reste, pour lui et pour bien d’autres.

Avant de dire pourquoi nous avons choisi « malheureusement, Aa ant dt 1 ü est instructif, au risque de

l'inadmissible Genre Lriieieza, u cou ’ f

oisser la Modestie du Savant, au. remarquables travaux duquel

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est instructif, disons-nous, de rappeler de quelle façon .1 jugeait Gray en 1878; de montrer comment, h la même époque, il envisageait lui-même le Genre Guereza, dans la plus monumentale de ses compilations (2); d’examiner plusieurs des Genres et Sous- Genres acceptés ou créés au cours de ses publications; de rechercher enfin si les caractères fondamentaux, assignés à ces Genres ou Sous-Genres, l’emportent d une façon quelconque sur ceux choisis par les auteurs auxquels, dans sa Modestie, il fait généreusement l’aumône de son dédain (3).

Le second paragraphe de l’avertissement au Conspectus du Savant et non moins Modeste D r E.-L. Trouessart (4), résume l’opinion qu’il professait sur Gray en 1878.

(1) Villevêque, par Pellouailles (Maine-et-Loire),

(2) Conspectus, Systematicus et Geographicus Mammalium tam viventium quant fossilium — Catalogue Systématique, Synonymique et Géographique des Mammifères vivants et fossiles, fasc. I, in Revue et Mag. de Zoologie, 1878-1879; fasc. Il, in Bull. Soc. Sc. Angers, X e année 1880; fasc. III, in Bull. Soc. Sc. Angers, XVe année 1886 et tir. à part.

Le Savant et non moins Modeste D r E.-L. Trouessart a cru devoir nous informer que cet ouvrage est un Catalogue, un Index bibliographique et non «un recueil de Monographies comme nous semblons le penser » (Voir in Lett. cit.). En nous supposant incapable de distinguer un Catalogue, d’une série de Monographies, l’illustre Docteur nous croit : ou en complète démence, ou d’une ignorance inqualifiable, aussi, le prions-nous de nous dire où et quand nous avons fait acte de pareille insanité... .? en attendant, vu notre qualité de confrère, nous le plaignons sincèrement!...

(3) Comme exemple des jugements sévères portés sur Gray, par ses compatriotes, nous citerons la phrase suivante de M. Albert Gunther, relative au Catalogue of Monkeys Lemurs and Fruit-Eating Bats, in the collection ot British Muséum 1870 de Gray (voir Zoologial Record for 1870, Mammalia, p. 6), «and therefore the Work must be consulted by ails students of those Group. »... C est dans ce livre que le Genre Guereza. a été donné pour la première fois.

(4) Loc. cit., fasc. I, p. 1, du tir. à part.

« La disposition typog’raphique (de ce catalogue), dit-il, est la même que celle adoptée pour le H and- List of Birds de J.-E. Gray, ouvrage qui est entre les mains de tous les Naturalistes, comme un manuel indispensable aux Ornithologistes et d’un usage journalier.

Ces lignes, suffisamment explicites, permettent de demander à l’auteur du Conspectus : pourquoi (première question) il a pris pour modèle et qualifié de « manuel indispensable aux Ornithologistes et d’un usage journalier », l’ouvrage d’un homme « dont les travaux sont si sévèrement jugés et dont il ne reste rien dans la science quelques années à peine après sa mort » ?

En attendant une réponse, voyons ce que l’inadmissible Genre Guereza de Gray va devenir sous la plume du Savant Zoologiste de Villevêque.

A la page 10 de son Conspectus, sous le titre : Subfamilia 2, CERCOPITHECINÆ, il établit deux divisions dans le Genre Colobus Illig., la première A. Guereza Gray, la seconde B. Colobus, Gray.

Si le Genre Guereza « ne repose sur rien de sérieux », comment (deuxième question) le Savant et non moins Modeste D r E.-L. Trouessart peut-il nous reprocher de faire, en 1885, ce qu’il a fait lui-même en 1878, c’est-dire « un choix malheureux », en utilisant une division inadmissible de Gray?

Dans le Conspectus, en effet, « ayant pour but de donner une liste complète des Genres, Sous-Genres et Espèces de Mammifères vivants et fossiles, connus jusqu’à ce jour » (1), ces Genres, Sous-Genres et Espèces sont désignés par une « disposition typographique » (2) particulière; or, à la page précitée, le mot Guereza, au lieu d’être inscrit en synonymie du Genre Colobus, comme cela devrait être, puisqu’il est « inadmissible », est au contraire imprimé en petites capitales : A. Guereza, assimilé, pai conséquent, à tous les Sous-Genres admis dans le Conspectus, tels que les Lophopithecus, Trouess. (3); Rhinopithecus, M. Edw.(4);

(1) Loc. cit. (Avertissement), p. 1.

(2) Loc. cit. (Avertissement), p. 1.

(3) Loc. cit., p. 11.

(4) Loc. cit., p. 13.

Miopithecus, I. Geoff. (I); Diana, Less. (2); Eosoiurus, Trouess. (3); Heterosciurus, Trouess. (4); Heuiosciurus, Trouess. (5); Epimys Trouess. (6); Pogonomys, M. Edw. (7); etc., etc., etc.

' T e Genre « inadmissible » Guereza, Gray, devient donc le

Sous-Genre valable Guereza, Trouessait.

A ce propos, il est curieux de reproduire les théories professées par l’auteur du Conspectus Mammahwn, sur le sens à attribuer au mot Sous-Genre; nous empruntons l’exposé de ces théories à sa Révision du Genre Écureuil {S duras) (8), travail qualifié par le D r F.-A. Jentink, de : « More or less critical compilation (9).

« O’est à la classification de Gervais, écrit-il (10), que nous nous rallions aujourd’hui, en essayant à notre tour de subdiviser ce Genre ( S ciurus ) en un certain nombre de groupes naturels, auxquels nous donnons le nom de Sous-Genres; toutes les fois

que cela nous a été possible, nous avons conservé les noms précédemment créés par les auteurs, tels que ceux de Macroxus , Funambulus, etc.; mais nous les circonscrivons et les caractérisons autrement que ne le font la plupart des Zoologistes modernes. Du moment qu'il ne s’agit que de coupes Subgénériques, il y a peu d’inconvénient à faire usage de ces dénominations, considérées généralement, comme de simples synonymes de S duras, ou de Xerus ».

Les groupes naturels^ sont des Sous-Genres, puis les coupes Subgénériques, de simples synonymes!

Il nous est pénible de l’avouer, mais nous sommes incapable de comprendre les finesses de ce raisonnement; quoi qu’il en soit, lorsque le Savant et non moins Modeste D r E.-L. Trouessart,

(1) Loc. cit., p. 14.

(2) Loc. cit., p. 17.

(3) Loc. cit., p. 67.

(4) Loc. cit., p. 69.

(5) Loc. cit., p. 82.

(6) Loc. cit., p. 1 17.

(7) Loc. cit., p. 122.

(8) Journal le Naturaliste, 2 e Année, l e f octobre 1880, n° 37.

(9) A. Monogr . of the African Squirrels, p. 1, in Notes from Leyden Muséum, Vol. IV, 1882.

(10) Journal le Naturaliste, loc. cit., p. 291.

vient, on ne sait pourquoi, nous chercher querelle à propos du Genre Guereza , après lui avoir donné une valeur Sub-Générique identiquement égale à celle de tous les autres Sous-Genres qu’il crée ou qu’il accepte (1), ne fait-il pas preuve d’indécision, (troisième question) d’incohérence dans les idées? (quatrième

(1) Si comme nous l’avons observé précédemment ( Prolégomènes , p. xxiv), le Genre est une pure abstraction de l’esprit, « un simple point d’appui pour secourir la mémoire et faciliter les recherches », on peut se demander quelle est l’utilité des Sous-Genres et à quoi bon recourir, sans cesse, à des divisions infinitésimales, le plus ordinairement vides de sens?

Ceux qui déclament le plus contre la multiplicité de ces divisions, « uniquement destinées à faire de la nomenclature un chaos inextricable », sont, chose digne de remarque, les auteurs mêmes de ces divisions; et sans cesse et toujours à l’époque actuelle, on voit les mots : Familles, Sous-Familles ; — Genres, Sous-Genres ; — Espèces primordiales, Espèces dérivées, Sous- Espèees ; — Variétés, Sous-Variélés ; — Races, Sous-Races, Races locales, Races géographiques ; et tant d’autres, émailler leurs magistrales publications!

En ne suivant pas ces exemples, on encourt, il est vrai, des reproches et des blâmes, et nous avons, notamment, mérité de recevoir une leçon du jeune Mamrnalogiste Anglais, M. O. Thomas, quand il nous « congratule » ironiquement « de n’avoir pas mentionné moins de 126 Genres et 219 Espèces, dans nos Mammifères Sénégambiens. »

Le calcul du spirituel Naturaliste est d’autant plus exact, qu’il n’a eu qu’à copier nos numéros d’ordre; nous avons donc mentionné 126 Genres et 219 Formes (nous prions M. O. Thomas de ne pas confondre), mais nous n avons accepté ni Sous-Genres, ni Races géographiques, pas même de Typical Variety ; nous avons été et nous sommes simplement conséquent avec nousmême : niant V Espèce, nous ne publions que des Formes; niant la Variété, nous n’en mentionnons pas; niant les Races géographiques ou locales, nous les rangeons parmi les Formes ; déclarant les Sous-Genres inutiles, nous n en citons aucun, ou plutôt, nous les qualifions Genres et nous les inscrivons en tant que « points d’appui propres à faciliter le classement des Formes », aide-mémoires si l’on veut et rien de plus !

Nous prions une seconde fois M. O. Thomas de vouloir bien se souvenii de cet le profession de foi lorsqu’il jugera nos ouvrages; heureux si nous lui fournissons, ainsi qu’àM. le Dr E.-L. Trouessart et autres..., une nouvelle occasion défaire briller leur Atticisme!... — (Un Géographe instruit nous apprend que VAttique et la Béotie, formaient à l’époque de Y Ancienne Grèce, deux provinces séparées, tandis qu’elles sont aujourd’hui réunies pour former un seul département de ce Royaume).

• • i o n-îrmrrPh ni C6 Q n il affirmait IiIgi?

ûffstion) ; ne nie-t-il pas aujouici i

TZJ* «««no*) ; ne se pose-t-il pas en innovateur, lorsqu ,1 est tout au plus un imitateur inconscient? (sixième quest, on).

N „„ content de convertir en Sous-Genre, le Genre Gurreza de Grav. le Savant et non moins Modeste auteur du Lonspectus Mammalium, de son autorité privée, sans donner bien entendu l’ombre d'une explication (par modestie sans doute) (SEPTIEME OUEST, on), entasse dans ce Sous-Genre, nu, T especes (dont deux rejetées pour tous les auteurs), que Gray n a jamais comprises dans sa division Générique (1).

Gray, en effet, après avoir classé en 1843 dans le Genre Colobus, les Formes qui lui étaient connues à cette époque (2), compléta ses listes en 1868 (3), puis enfin, dans une publication parue en 1870, rangea sous le vocable Générique Guereza, le Colobus Guereza de Rüppell. Il ne lui en adjoignait aucun autre, c’était uniquement pour cette Forme, qu il créait et caractéiisait sa division (4).

(1) Nous reproduisons la liste des Colobus, telle qu elle est donnée dans le Conspectus précité (p. 10) : — subfamilia 2. — CERCOP1THEC1NÆ - 9. COLOBUS Illiger. — A. Guereza, Gray; sp. n° 17, Guereza, Rupp ; sp. n° 18, vellerosus, 1s. Geoff; sp. n° 19, Ursinus, O’Gilby; sp. n° 20, Angolensis, Sclater ; sp. n° 21, palliatus, Peters; sp. n° 22, Satanas, Waterh ; sp. n° 23, polycomos, Ulig ; sp. n° 24, Kirkii, Gray. — B. colobus, Gray; sp. n° 25, ferrugineus, Illig; sp. n°26, verus, V. Bened.

Notons d'ores et déjà, l’inexactitude de certains noms d’auteurs ; nous y reviendrons dans le cours de notre Etude Monographique.

(2) List of the spécimens of Mammalia in the collection of the Britis’i Muséum, 1843. — Les Formes de Colobus, données à ce moment par Gray (loc. cit., p. 4 et 5) sont les suivantes : Colobus Pennantii, Waterh. ; Colobus rufoniger, O’Gilhy. ; Colobus Temminckii, Desm. ; Colobus Satanas, Waterh. ; Colobus polycomos, Geoff.; Colobus Guereza, Rüpp.

(3) P. Z. S. of London; — Notice of a new species of Colobus, p. 182 et seq. — « The species of the Genus may be thus defined : 1. C. Satanas, Wath.

— 2. C. polycomus, Geoff. — 3. C. Angolensis, Sciât. — 4. C. bicolor, Wesm.

— - 5. C. Kirkii, Gray. — 6. C. ferrugineus, Kulh. et var. 1. rufoniger, Mart var. 2. Pennantii, Wath. — 7. C. cristalus, Gray. — 8. C. verus, V. Bened.

— 9. C. Guereza, Rüpp.

(4) Catalogue of Monkeys, Lemurs and Fruit-Eating Bats, in the Coll, of the Brit. Mus., 1870. — Les Formes définitivement acceptées par Gray son

our quelle cause, dans ce cas (huitième question), le Savant e non moins Modeste D 1 ' E.-L. Trouessart attribue-t-il à Gray un mélange hétérogène, dont aucune de ses publications n’a laissé, que nous sachions, de trace?

A-t-il voulu par là (neuvième question) jeter les bases d’une nom elle classification des Colobes? A-t-il intentionnellement cherché à travestir la pensée de Gray, dans un but que nous ignorons (dixième question)?

Cette dernière supposition serait assez plausible, si l’on s’en réfère à 1a. phrase de sa lettre, battant en brèche le Naturaliste Anglais.

Les opinions, constamment contradictoires, du Savant et non moins Modeste D r E.-L. Trouessart, sur Gray, pris comme Naturaliste, et sur le Genre Guereza, ainsi résumées, — quelques considérations relatives à la caractéristique de la plupart de ses Sous-Genres, feront ressortir en quoi cette caractéristique diffère de celle des Sous-Genres proposés par d’autres auteurs.

Nous choisirions plus particulièrement les exemples dans sa Révision synoptique des Semnopithèques (1); car, non seulement ils vont nous fournir les arguments les plus concluants en faveur de notre discussion, mais ils devront aussi occuper une large place dans les comparaisons qu’il nous faudra établir entre eux et les Colobes, qui, pour un grand nombre de Zoologistes, seraient purement et simplement des Semnopithèques Africains.

« Vous semblez malheureusement ignorer l’existence des . Monographies les plus récentes, celle des Simiæ de Schlegel entre autres », nous a écrit, on s’en souvient, le Savant et non moins Modeste D 1- E.-L. Trouessart.

Les questions que l’on nous pose, « ne passant pas par-dessus

ainsi présentées (p 17 à 19) : — COLOBUS, Uliger; — Sp. n° 1. C. Salanas, Waterh.; Sp. n° 2. C. poly cornus, Geoff. ; var. 1. C. TJr sinus, O’Gilby.; — Sp. n° 3. C. Angolensis, Sciât. ; — Sp. n° 4. C. bicolor, Gray. ; — Sp. n° 5. C. ferruginea, Less. ; var. 2. C. rufoniger, O’Gilby.; var. 3. C. Pennantü, Waterh.; — Sp.n°6. C. crislatus, Gray.; (C.verus? V. Bened.). — GUEREZA, Gray; — Sp. C. Rüppellii, Gray.

(1) Révision synoptique du Genre Semnopithèque (Semnopilhecus), etc. In Revue et Magasin de Zoologie ( Guérin Menneville), 3 e Série, t. VII, 1879, p. 48 et seq.

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reusemenV» cette ‘ ZogmpUe des Simiæ, beaucoup d'autres îeusemem et qu’il a été : « malheureu-

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Modestie) (onzième question), il a mu unie &

Le chapitre des Simiæ de Sehlegel, consacre aux Semno-

pLèques (II. et le Synopsis de ce Genre, du Savant et non

Lins Modeste D r E,L. Trouessart, étant, comme on le ver a

bientôt, à peu de différences près identiques, il est lationel de

commencer d’abord par l'analyse du Synopsis.

Quelques renseignements sur les variations dans la couleur

du’pelage, servent de prémisses, ces renseignements, reposant

. sur des faits bien avérés .. (2), se résument en quatre propo-

sitions, savoir :

« 1° Il existe des Semnopithèques dont le pelage ne parait pas varier sensiblement : ce pelage est roux chez les uns, gris foncé chez les autres, et le jeune dès le premier âge est semblable sous ce rapport aux adultes : tels sont les 5. rubkondus, S . Phayrei, etc.

» 2° Dans quelques espèces, le jeune est d une teinte un peu plus foncée que ses parents, et sa couleur s éclaircit avec 1 âge . ex. le S. ente/lus.

» 3° Mais il est un certain nombre d’espèces dont l’étude présente quelques difficultés spéciales en raison des particularités suivantes : — la couleur de 1 adulte est ordinairement d’un gris plus ou moins foncé ou noire, mais le jeune au premier âge est constamment roux (ou d’un gris blanchâtre, dans une espèce). — Or cette teinte rousse, propre au jeune, paraît persister chez un certain nombre d’individus, surtout chez les femelles, mais aussi quelquefois chez les mâles, jusque dans l’âge adulte : ex. S. femoralis, S. chrysomelas, etc.

» 4° Blyth prétend en outre que, chez certaines espèces, on trouverait des individus où la teinte rousse persisterait seulement sur les parties inférieures, tandis que le dos et les parties supérieures prendraient une couleur plus foncée, grise ou noire. Ce

(1) In Mus. H. Nat. clés Pays-Bas, t. VII. — Monogr. 40, mars 1876, p. 28 et seq.

(2) Synopsis, toc. cil., p. 49-50.

mode de coloration se montre dans deux espèces décrites par ce naturaliste : les S. pi.leat.us Blyth et S. chrysog aster Blyth, qui sont d un roux vif sur les parties inférieures, tandis que le dos ent noir. Le jeune est entièrement de couleur rousse, et Blytli dit qu « d est très probable que les adultes sont aussi quelquefois d un roux ferrugineux »; — mais c’est là une hypothèse par analogie, qui ne repose, jusqu’à présent, sur aucun sujet de cette espèce conservé dans les collections, à notre connaissance ».

De ces quatre propositions découlent les réflexions suivantes, servant à la fois de conclusions et d’avertissement aux règ’les qui ont présidé à la rédaction du Synopsis (1) :

« On voit, par ce qui précède, que la couleur du pelage constitue, dans le Genre Semnopithèque, comme dans beaucoup d’autres groupes de la Classe des Mammifères, un très mauvais caractère pour la distinction des espèces. Au contraire, les formes générales et surtout la disposition du système pileux, présentent chez ces animaux des caractères plus fixes, qui non seulement sont d'une grande importance dans la détermination des espèces, mais encore peuvent servir à subdiviser ce genre nombreux en un certain nombre de groupes naturels, qui en facilitent singulièrement l’étude. Conformément aux principes de la nomenclature moderne, nous considérons ces groupes secondaires comme des Sous-Genres, et nous les désignons par des noms particuliers, qui se gravent mieux dans la mémoire que de simples numéros d’ordre ou tout autre signe de convention.

» Reichenbacli est le seul naturaliste qui ait essayé précédemment de subdiviser le genre Semnopithecus; mais ses coupes subgénériques n’ont pas été heureuses; elles sont, pour la plupart, assez peu naturelles (2)! Plus récemment M. H.

(1) Loc. cit., p. 51-52.

(2) L’assertion du Savant est non moins Modeste D r E.-L. Trouessart est fausse! — Il est d’autant plus blâmable de citer Reichenbach comme le seul Naturaliste ayant le premier essayé de subdiviser le Genre Semnopithecus, que lorsque, comme lui, on s’arroge le droit de donner des leçons bibliographiques, il faut savoir faire de la bibliographie; s’il se fût livré à quelques recherches,

Il eût appris : 1° qu’en 1844, 1s. Geoffroy-Saint-Hilaire ( Remarques sur les caractères et tes limites clu Genre Semnopithèque, ni V. Jaccpiemont, Yoydans l’Inde, t. VII, ch. IV, p. 27) posait les premières bases de la subdi.

Sclilegel, dans son Muséum des Pays-Bas, a proposé des coupes nui nous semblent plus naturelles, et dont nous nous rappro-

. . r a o-, -mine autrefois confondu avec les vrais

vision des Semnopitheques : « Ce gioupc, auu

„ ;i renfermerait-il pas lui-meme les éléments

Cercopithèques ou Guenons, dit-il, ne renfermera t 1'

r ani’ait-il nas lieu de les subdiviser/

de plusieurs groupes distincts et n y auiait n pas

Un grand nombre d’Espèces dont les plus anciennement connues sont teSNemæus, entcllus, Maurus, etc., sont-elles réellement congénères. *

Tl eût appris : II» qu’en 1851, 1s. Geoffroy-Saint-Hilaire (Cat. méthode la Coll, des Mammifères, etc., du Muséum d'H. N., par Is. G. Saint-Hilaire, et les Aides, F. Prévost et Pucheran; partie, Introduction et Cal. des Primates, Paris, in- 8°, p. 11 et seq.), répondant à ses précédentes interrogations, caractérisait de la façon suivante les subdivisions du Genre Semnopithecus en se fondant sur la disposition des poils de la tête :

« Semnopithecus. — Espèces très nombreuses. Nous les diviserons, pour faciliter leur étude, en plusieurs sections, que nous distinguerons d'après les dispositions assez différentes que présentent les poils de la tête. A ces caractères indicateurs correspondent des modifications plus importantes dans les foi mes générales, la conformation des mains et le système dentaiie.

» 1° Espèces ayant les poils du dessus de latete, a paitn du fiont, couches et dirigés en arrière. = >S. Nemseus, F. Cuv. — 5. leucoprymnus, Desm.

S. latibarbalus, Is. Geoff. — S.obscurus, Ried. — Y Cucullatus, Is. Geoff. » 2° Espèces ayant les poils du dessus de la tête divergeants à partir du point central et couchés. =5. Dussumieri, Is. Geoff. — S. entellus, F. Cuv. —

<$. albipes, Is. Geoff.

» 3° Espèces ayant les poils du dessus de la tête relevés, ceux de la partie antérieure arqués en avant. = S. cristatus, Horsf. — S. Maurus, F. Cuv. 5. femoralis, 1s. Geoff. — <S. auratus, Desm.

» 4° Espèces ayant sur la tête de longs poils disposés en crête ou huppe comprimée. = S. frontatus, S. Mull. — S. Siamensis, S. Mull. — »S. mitralus, S. Mull. — S. flavimanus, Is. Geoff. — <S. melalophus, Raffl. — P. rubicondus, S. Mull. »

Il eût appris: 111° qu’en 1852, Is. Geoffroy-Saint-Hilaire ( Description des Mammifères nouveaux ou imparfaitement connus, etc. In Archives du Muséum d'H. Nat., 3 9 num., t. Y, p. 537 et seq.) affirme sa division des Semnopithèques par cette phrase : « On sait que la disposition des poils de la tête fournit chez les Semnopithèques de très bons caractères, et que l’on peut, d’après les différences qu’elle présente, établir, entre les espèces de ce genre, des divisions très propres à en faciliter la distinction. »

Il eût appris : IY° qu’en 1864, P. Gervais ( Hist . Nat. Mainmif., t. I, p. 58) reproduit in-extcnso les divisions de Is. Geoffroy-Saint-Hilaire.

clierons en grande partie dans notre Synopsis, ainsi que nous l’avons déjà fait dans le Catalogue. Du reste, nous avons conservé

Il eût appris : V° qu’en 1855, Wagner ( die Saucjthiere in Abbild. n. der Natur. mit Beschrib. Von D T Schreber, Supplément 5, p. 21.) s’occupe également de diviser le Genre :

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