BERLIN
R. FRIEDLANDER & SOHN
11 CARLSTRASSE 11
^p. H^^^^^t^ùff^^f.
nruck von A. Hopfer in Burg b. M.
Préface.
Pendant plus d'un demi-siècle, le livre de J. H. Blasius intitulé « N^aturgeschichte der SàiKjeildere Deutschlands iind der augi-enzenden Lànder von Mitteleuropa-» (1857), est resté l'Evangile intangible de la Faune des Mammifères d'Europe. Ce traité, excellent pour l'époque où il a été composé, est encore, à bon droit, le livre de chevet des Naturalistes qui s'occupent des Mammifères de cette partie du Monde; cependant, il n'est plus au courant des progrès de la Zoologie moderne. k l'époque où Blasius rédigeait sa Faune, la docti'ine de Cuvier sur l'immutabilité de l'Espèce éti-ait universellement admise par la grande majorité des Naturalistes, si bien que lorsqu'on constatait quelque différence entre des spécimens recueillis sur des points plus ou moins éloignés de la répartition géographique d'une forme animale déjà connue, on se contentait de dire que «l'espèce présentait des Variétés», sans se préoccuper, le plus souvent, de caractériser nettement ces «Variétés» ou d'en fixer la distribution géographique. Quant aux Naturalistes assez audacieux pour s'imaginer que ces différences représentaient des espèces distinctes, et pour leur donner un nom nouveau, on les accusait volontiers du crime de lèse-Nature, et ces espèces nouvelles, flétries, souvent sans examen, du titre d'«espèces nominales», étaient reléguées dédaigueusement dans ce qu'on a appelé «le gouffre sans fond de la synonymie».
Ou peut affirmer aujourd'hui que ce terme vague de «Variétés» appliqué indifféremment aux formes locales, — aux races domestiques, — et aux simples variations individuelles, — a longtemps retardé les progrès de la zoologie systématique.
D'un autre côté, le petit nombre de spécimens réunis dans les Collections zoologiques pom- représenter chaque espèce, ne permettait guère aux Naturalistes de se faire une opinion précise sur l'étendue des variations que pouvait subir cette espèce.
Cependant, peu après la publication du livre de Blasius, des événements d'une importance capitale pour la Zoologie ne tardaient pas à se produire.
Eu 1859, Darwin faisait paraître son ouvrage fondamental: VOr'Hjine des Espèces, et peu après celui qui lui sert d'application pratique: la Variation des Anlniaux et des Fiantes à Vétat domestique. En même temps, les progrès de la Paléontologie venaient apporter une confirmation éclatante à la doctrine transformiste formulée dans ces deux ouvrages. Dès lors, à la notion de l'immutabilité de l'espèce allait s'en substituer une autre, à la fois plus philosophique et basée
sur une {iliis saine uhscrvatiuji de» faits, i-o\\c qui admet (jue l'Espèce so transforrao dans le temps et dans l'espace sous l'influence des conditions chano-eantes du milieu environnant.
D'un antre côté, les voyages scientifiques se multipliant ]»ar suite de la racilité plus grande des communications, les collections zoologiiiues amassées dans les Musées devenaient plus nombreuses et plus riches, permettant aux Naturalistes de se faire une idée plus exacte de la Faune du Globe. Mais, tandis que l'on acquérait chaque jour une connaissance plus complète des faunes exotiques les moins accessibles ou les plus éloignées, telles que celles de l'Afrique tropicale, de l'Asie orientale et de l'Australie, l'étude de la faune des Mammifères d'Europe, considérée à tort comme bien connue, était complètement délaissée.
Il a fallu l'intervention des Naturalistes des Etats-Unis pour nous montrer que tout était encore à faire, sous ce rapport, en Europe, et ces Naturalistes ne se sont pas vantés en affirmant, à l'avance, qui' ils viendraient découvrir des espèces nouvelles sur notre vieux Continent.
Les Naturalistes Américains avaient, d'ailleurs, prêché d'exemple, en appliquant à la faune de leur pays, encore neuf, des procédés d'étude dont les Naturalistes Européens ne s'étaient jamais avisés, réunissant dans leurs Musées des collections aussi nombreuses que possible, où telle espèce, par exemple, d'une vaste dispersion géographique, est représentée par plus de 1200 spécimens, soigneusement étiquetés, avec l'indication précise de leur localité d'origine. Ces spécimens, conservés en peau (non montés), avec leur crâne, dans des tiroirs sont, sous cette forme, toujours facilement accessibles à l'étude. Tous les Zoologistes conviennent aujourd'hui que cette méthode est la seule qui puisse donner des notions précises sur la valeur de l'espèce et de ses variations locales.
Pendant ce temps, en Europe, ou s'en tenait encore aux spécimens montés qui tiennent beaucoup de place et sont d'un maniement et d'une comparaison peu pratiques. On estimait suffisant de posséder, dans les vitrines des Musées, un ou deux exemplaires de chacune des espèces figurant dans les Catalogues systématiques, et presque toujours la localité d'origine n'était indiquée que d'une façon très vague. De plus, il était presqu'impossible, eu dehors des espèces les plus vulgaires, de se procurer chez les Marchands-Naturalistes des spécimens de Mammifères de la faune d'Europe.
Enfin, le nombre des espèces augmentant d'année en année, il fallut reconnaître que les diagnoses des naturalistes du dix-huitième, siècle et du commencement du dix-neuvième, faites souvent en trois ou quatre lignes, étaient insuffisantes pour caractériser une espèce, et que ces diagnoses s'appliquaient souvent indifféremment à deux ou trois espèces voisines. C'est ainsi que le nom de VespertUio vnumus, dont Linné avait été le premier à faire usage, fut appliqué pendant près d'un siècle à nue espèce qui n'est certainement pas le « VespertUio
muràius» de Linné, attendu qu'elle ne se trouve pas en Suède. Des diagnoses plus précises, tenant compte à la fois des caractères extérieurs, des caractères crâniens, et donnant des mensurations comparatives, devinrent nécessaires, de telle sorte qu'une révision complète de cette faune s'imposa aux naturalistes.
La notion de Sous-espèce substituée à celle de Variété, et la nomenclature trinominale qui en a été la conséquence, a fait faire un grand pas à la Zoologie systématique en permettant d'assigner aux Variétés géographiques ou locales leur véritable valeur, en rendant les diagnoses plus claires et plus intelligibles. Pour n'en citer qu'un exemple, il saute aux yeux qu'il était impossible de décrire sous le même nom, et dans le même paragraphe, le Petit-Gris des régions subarctiques (Scmms vnlgaris varius), rï]cureuil roux de l'Europe Centrale (Sciurus vnlgaris russiis) et l'Ecureuil noir de la sousrégion Méditerranéenne (Sciurus vnlgaris italicuf<).
Il n'y a donc pas lieu de s'étonner, qu'en peu d'années, la faune Mammalogique de l'Europe se soit ti'ouvée complètement transformée et accrue d'un grand nombre d'espèces et sous-espèces nouvelles. A celles anciennement décrites par Crespon, Ch. Bonaparte et Gerbe, — espèces méconnues par les Zoologistes systématiques du milieu du siècle dernier, — sont venues s'ajouter celles plus récemment caractérisées par Nehring, Matschie, 0. Thomas, Barret-Hamilton, Andersen, Millais, Fatio, Satunin, Cabrera. Gerrit S. Miller, le distingué Mammalogiste du Musée National de Washington, est venu, comme il l'avait annoncé, faire une exploration méthodique de l'Europe centrale et méridionale. Tendant lui-même ses pièges, préparant de sa propre main les spécimens ainsi capturés, Miller a fait connaître un nombre considérable de formes nouvelles. A sou exemple, Mottaz, de Genève, aussi habile zoologiste que chasseur plein de zèle, a réuni des collections considérables dont il a pu enrichir les principaux Musées d'Europe.
Quel que soit le point de vue où l'on se place, on sera forcé de reconnaître l'importance de cet effort tout moderne pour dresser une statistique de plus en plus exacte de la faune de notre pays. Aujourd'hui que la Mutation expérimentale est une des grandes questions à l'ordre du jour, les Zoologistes ne sauraient se désintéresser de recherches qui mettent en évidence les Mutations qui s'opèrent sous la seule influence des forces de la Nature.
A ceux qui regrettent de voir les Catalogues systématiques s'allonger par l'adjonction d'un grand nombre de noms nouveaux, je rappelerai l'opinion d'un Naturaliste qui fut contemporain de Cuvier et qui écrivait, par conséquent, à une époque où la question de l'Espèce semblait beaucoup plus simple qu'elle ne nous apparaît aujourd'hui. Parlant des espèces d'une valeur incertaine, Desmarest disait: «dans l'alternative, il est plus nuisible de trop réunir que de trop diviser »'J. —
^) Desmarest, Mamnialogle, tome II, 1822, Avertissement, iiage VIII.
Que le lecteur veuille bleu parcoui'ii", saus parti pris, les pages du modeste volume qui je soumets aujourd'hui à rappréciation des naturalistes, et je suis persuadé qu'il reconnaîtra qu'elles donnent une idée plus complète de la faune des Mammifères d'Europe que les traités qui l'ont précédé. Je n'en citerai qu'un seul exemple:
Le genre Putorius renferme de petites espèces de (Jaruivores que l'on appelle Hermines et Belettes et dont on a fait un sous-genre à part sous le nom à'Idis. Pendant longtemps, on n'a admis dans ce groupe que deux espèces européennes: Putorius nivalis (L.) et Putorius eruii)iL'iis (L.). Cependant, dès l'année 1774, Cetti avait reconnu que la Belette de Sardaigne n'était ni une véritable Belette ni une Hermine, mais était intermédiaire entre les deux, et Becbstein, eu 1801, en faisait une espèce distincte sous le nom de Putorius bocmmela. Cette espèce nouvelle ne fut pas acceptée par les natm'alistes : elle ne figure même pas comme synonyme dans la Faune de Blasius. En 18^5, un fait du même genre était signalé dans une autre grande île, l'Irlande, très éloignée de la Sardaigne: le seul représentant du sous-genre Jdis que l'on y trouve est intermédiaire entre l'Hermine et la Belette: c'est aujourd'hui Putorius Mbernicus Thomas et Barret-Hamiltou. Mais ce n'est pas tout: à Malte et en Egypte ou trouve une grande forme de Belette à ventre orangé {Putoriux nivalii^ suhpabnatus Hemprich et Ehrenberg), que l'ou pourrait considérer comme une espèce distincte, tandis qu'une forme encore plus grande, — résultant peut-être d'une importation ancienne, — connue sous le nom de Putorius africatius Desmarest, habite l'île de St. Thomas et les Açores. De plus la forme Putorius boccamela se retrouve en Koumanie et dans le Caucase, tandis que la véritable Hermine est représentée dans le Nord de l'Afrique par une sous-espèce (P. enidneus algiricus Thomas) qui ne devient pas blanche eu hiver. — Tous ces faits, si intéressants au point de vue du Transformisme, de la Paléontologie et de la Distribution Géographique, sont le résultat des recherches les plus récentes sur la faune des Mammifères d'Europe. On trouvera des exemples analogues à chaque page de ce livre.
Ce n'est pas ici le lieu de développer les considérations multiples auxquelles peut donner lieu l'observation de ces faits. H nous suffit d'avoir montré combien ces travaux de zoologie systématique, — trop souvent dédaignés par une certaine Ecole, — peuvent avoir de conséquences fécondes pour la philosophie de la Science, si l'on veut bien se donner la peine de les analyser de plus près. Mais c'est, avant tout, pour les Zoologistes classiticateurs, poui- ceux qui, dans les Musées, ont la charge de déterminer les spécimens qui y affluent de toute part, que cette Faune a été rédigée. Les descriptions d'espèces et de sous-espèces nouvelles, publiées depuis dix ou quinze ans, sont dispersées dans des recueils périodiques qu'il n'est pas toujours facile de se procurer. En réunissant ces descriptions eu un seul volume, j'ai cherché à rendre leur comparaison plus rapide et plus pratique, et je n'hésite
pas à dire que j'ai été surpris moi-même du résultat, car le travail, auquel j'ai dû me livrer en rédigeant cette Fauuo, m'a fait toucher du doigt bien des choses qui m'avaient précédemment échappées.
Le tableau de la Faune d'Europe est loin d'être achevé; il reçoit chaque jour de nouvelles retouches que le présent Conspectns pourra servir à rendre plus précises et plus sûres. Il est à souhaiter que les Mammalogistes placés à la tête des grandes Collections publiques s'efforcent de former des chasseurs-naturalistes qui, suivant l'exemple de Miller et de Mottaz, sachent capturer les petits Mammifères qui vivent dans la région qu'ils habitent, puis les préparent correctement, suivant les méthodes adoptées dans les temps modernes pour uniformiser les collections ^). Par un échange régulier entre tous les Musées d'Europe, on arrivera ensuite à accroître rapidement ces collections, et l'on obtiendra enfin une connaissance vraiment satisfaisante de la faune de notre Continent.
Les limites de cette faune sont faciles à indiquer, car presque partout l'Europe est bornée par des barrières naturelles: au Nord, à l'Ouest et au Sud par des Océans et des Mers; à l'Est par les Monts Oural, le fleuve du même nom et la Caspienne; au Sud-Est par le massif du Caucase. L'Islande appartient à l'Europe, car par sa géologie cette grande île se rattache aux îles Féroë, aux Shetland et à l'Ecosse. Peu de continents sont aussi découpés, et le grand nombre d'îles et do presqu'îles qui l'entourent donne l'explication du chiffre élevé d'espèces et de sous-espèces qui ont pu s'y spécialiser par ségrégation, indépendamment de l'influence du climat qui présente des variations considérables, depuis le froid sec des régions arctiques jusqu'à la chaleur humide des côtes de la Méditerranée et de ses îles. Des chaînes de montagnes presque toutes orientées dans le sens parallèle à l'Equateur, et dont les sommets principaux atteignent de 4 à 5000 mètres d'altitude, contribuent à donner à la faune de ce Continent une variété plus grande encore, car chacune de ces chaînes a ses formes spéciales.
On peut distinguer dans cette faune quatre éléments principaux: 1^ la faune de l'Europe Centrale, la moins caractérisée de toutes, attendu qu'elle ne présente que les espèces vulgaires, géuéralement répandues sur tout le Continent; — 2" la faune Arctique caractérisée par Ursus ■maritimus, Canis lagopus, Gulo borealls, I^epiis timidns (ou variabilù), Bangifer tarandns, Alce alves, etc. A l'Epoque Glaciaire, cette fiiune s'est avancée jusqu'aux Pyrénées; — 3" la faune des Steppes Asiatiques, caractérisée surtout par ses Rongeurs des genres Cilellus, Gerhillus, Cricetiis, Criceiulus, Spalax, IHpodipus~), Alactaga, Ochoiona, etc. ; cette faune qui vit encore dans le Sud-Est de la Russie,
^) E. Trouessart, Méthode 'n.ormale pour préparer les Mammifères et les Oiseaux, in-S", 37 pages avec 17 fig-., Paris, 1908.
^) J'ai dû créer ce nom nouveau pour le Mus. sagitfa Pnllas, qui ne peut rester dans le genre Jaculus d'Erxleben. (Voyez page 207).
s'est avancée jusque dans le centre de l'Europe pendant la période de sécheresse qui a succédé à l'Epoque Glaciaire, et y a laissé des survivants, par exemple Cvicetns cricetus (le Hamster); — é*' enfin, la faune Africaine ou Méditerranéenne, caractérisée par Genetta vulgaris, Herpestes ichneumon, Canis aureiis, Felis oo-eata, Hystrix crisfxda, Lepus mediterraneus, etc., semble un résidu de la faune de l'Epoque Tertiaire.
Eelativement au plan qui a dirigé la rédaction de ce livre, il suffit de dire que l'on s'est efforcé d'en faire un manuel pratique, permettant d'arriver facilement à une détermination exacte. Bien que l'auteur, depuis qu'il est chargé du service de la Mammalogie au Muséum National de Paris, se soit appliqué à former des collections de Mammifères d'Europe dignes de ce grand établissement, il a cru préférable ici de reproduire aussi exactement que possible la description originale de chaque auteur créateur d'une espèce nouvelle. Pour ne pas trop allonger ce Conspectus, il s'est vu forcé quelquefois d'abréger ou de condenser ces descriptions; il a sacrifié de préférence les caractères crâniens, difficiles à comprendre sans figures en dehors des dimensions essentielles, pour s'étendre davantage sur les caractères extérieurs, plus facilement saisissables, estimant que, dans les cas douteux, le lecteur n'hésitera pas à avoir recours à la description originale, dont l'indication bibliographique est toujours donnée avec le plus grand soin, eu tête de chaque diagnose.
Dans les cas assez rares oii les descriptions on été faites sur des spécimens de collection, chacune de ces descriptions est suivie de l'indication «Muséum de Paris».
Toutes les fois qu'il n'y a pas indication contraire, la dimension donnée pour la crâne est la longueur condylo-basale.
Dans le classement des espèces d'un même genre, on a suivi de préférence l'ordre géographique: ainsi Erinaceus alglrvs vaijans se trouve intercalé au milieu des sous-espèces à.' E. eurojmens; Felis granqyia et F. tiirtessia au milieu des sous-espèces de F. dlvestvis, etc. Cette disposition rend la comparaison des diagnoses plus facile et pourra éviter des erreurs de détermination.
En terminant, j'appelle l'attention sur les Addenda et Emendenda résultant de travaux publiés pendant l'impression, et dont l'auteur n'a en connaissance que trop tard pour modifier son travail primitif. On les a placés en tête du volume afin que le lecteur puisse faire immédiatement les corrections qu'ils comportent.
Paris, l^r Juin 1910.
Addenda et Emendenda.
Geure Rhinoloplius (page 4).
Rhinolophus ferrum-equinum insulanus Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1910, V, p. 292. — Taille faible de Rh. f.-eq. obscurus d'Espagne; très semblable égalemeut au type du Continent, mais les ailes plus petites. Crâne de mêmes dimensions que le type. — Long, tête et corps fi3; oreille 21,5; avant-bras 54 mm.; crâne (long, tôt.) 24x12 mm.; envergure (mâle) 334,6; (femelle) 350 mm. — Angleterre.
Sous-Genre Colobotis Brandt (page 125).
D'après Satunin (Mittheil. des Kaukas. Mus., IV, 1908, p. 12), les espèces de ce groupe, notamment Citellns (Colobotis) f'iilvus (Licht.), doivent être rapportées au Uent-e Cynomys Rafinesque (1817), qui a la priorité, et dont le type est Cynomys socialis de l'Amérique du Nord, espèce bien connue sous le nom vulgaire de «Chien des Prairies»; l'espèce russo-asiatique doit prendre le nom de Cynomys fulvus, dont Satunin donne une nouvelle description.
Genre Microtus, S.-G. Chionomys (p. 185), ajoutez: Page 150, ligne 15, au lieu de «fridaricensis», lisez i^fridariensis^.
Microtus gud Satunin.
Microhis gud Satunin, Mittheil. Kaukas. Mus. IV, 1909, p. 21, p. 5, fig. (dents).
Voisin de Microtus niviilis, qu'il parait remplacer au Caucase. Taille assez forte, pelage long et moelleux (12 mm. sur la croupe). Dessus d'un gris-brun clair, dessous blanchâtre. Les poils du dos sont gris de fer dans les trois quarts de leur longueur; puis brun clair avec la pointe noire. Quelques poils plus longs sont entièrement noirs. Base des poils du ventre grise, avec l'extrémité blanche. Tour du museau blanchâtre. Pieds et queue couverts de poils blancs épars. Oreilles dépassant nettement le pelage, poilues en dedans, en-dehors ayant des poils longs au bord, presque nues à la base. Ongles blancs, longs, minces, aigus. Cinq tubercules aux pieds de devant, six à ceux de derrière. Plante des pieds couverte de poils blancs. Queue longue (plus des trois quarts de la longueur du corps avec la tête), couverte de courts poils blancs qui ne cachent pas la couleur grise des écailles. 3e molaire inférieure compliquée.
Long, tête et corps 100 à 121 mm.; queue (avec poils) 82; pied (sans les ongles) 21 à 22 mm.
Habitat. — Caucase central (Mont Abusar-dagh, Chaîne Oltv, à 2300 m. d'altitude).
Genre Arvicola (page 193).
Miller (Proc. Biol Soc. Wnsh., 23 Mars 1910, p. 19 --22), vient de donner la révision suivante des espèces d'Europe:
Arvicola amphibius (L.). — Taille grande: tête et corps 200, queue 110. pied 30 à 34 mm. — Grande Bretagne, Ecosse S. et Angleterre.
Arvicola amphibius reta Jliller {= ater Macgill. nec Billberg). — Plus petit: pied 30 à '62 mm.; plus foncé, mélanisme fréquent. — Ecosse Centrale et Nord.
Arvicola sapidus Miller. — l'éninsule Ibérique et plaines de la France Sud, à l'Est des Pyrénées.
Arvicola sapidus tenebricus Miller. — Pyrénées et côtes Atlantiques de la France jusqu'à la Garonne (peut-être au-delà).
Arvicola terrestris (L.). — Plus petit qu'A, amjihibius: tête et corps 175, queue 100, pied 28 à 31 mm. — Habitudes à la fois aquatiques et talpoïdes. — Scandiuavie et Russie Occidentale.
Arvicola italicus Savi, 1839. — Semblable au précédent, de couleur moins foncée. — Suisse Sud et Italie Nord jusqu'à Pise.
Arvicola illyricus B.-Hamilton. — Semblable au précédent, mais le dessous blanchâtre (et non brun-jaune). — Bosnie.
Arvicola musignanoi Sélys. — Taille d'A. italicus, mais couleur pâle, jaunâtre, comme celle d A. saj/ulus. — Italie Centrale.
Arvicola scherman (Shawji). — Comme A. terrestris, mais encore plus modifié pour la vie talpoïde, ou même tout-à-fait terrestre. Crâne à forme fouisseuse, les incisives fortement proclives. — Europe Centrale-Ouest, des Pyrénées et des Alpes à la Baltique; Belgique et Allemagne Sud (type de Strasbourg).
Arvicola scherman exitus Miller. — Plus petit que le type: pied 22 à 25 (au lieu de 26,5) mm.; couleur d'un brun-jaune (et non brun foncé), queue bicolore. Jlabitudes strictement terrestres, talpoïdes. — Alpes sur le vex'sant Suisse, à une altitude moyenne du côté de la France (pas en Italie), à l'Est jusque dans le Tyrol.
Arvicola scherman monticoia Sélys. — Bulles auditives plus grandes et plus renflées que chez le précédent. Habitudes identiques. — Pyrénées (sur le versant français); une forme voisine ou identique au Puy-de-Dôme.
Page 174:
Microtus arvalis est inscrit par erreur comme habitant Aes Iles Britanniques*. Cette espèce ne se trouve que sur le Continent.
1) Shaw, Gen. Zool., 1800, II, 1, p. 75.
Index.
page A
abraiiius (Pipistr.) 16
accediila (Cricetulus) 163
Acomys 158
acontion (Alactagulus) 211
acutu-rostrata (Balaenopt.) ... §8
acutus (Lageuorli.) 250
aegagrus (Capra) 238
a. cretensis (Capra) 239
a. dorcas (Capra) . '. 239
a. picta (Capra) 238
agrarius (Mus) 155
agrestis (Microtus) 175
a. canipestris (Microtus) .... 176
a. exsul (Microtus) 176
a. neglectus (Microtus) 176
a. rosiauus (Slicrotus) 177
Alactaga 209
Alactagulus 211
albirostris (Lagenorh.) 250
albiventer (Monachus) 109
Alce 230
alces (Alce) 230
algirus vagans (Erinaceus) ... 39
alpinus (Sorex) 50
alpinus hercynicus (Sorex) ... 51
ampliibius (Arvicola) 88
a. reta (Arvicola) 88
Anarnacus 88
angularis (Microtus) 182
anomalus (Sciurus) 123
antipai (Crocidura) 48
Apodemus 155
araneus (Sorex) 51
a. bergensis (Sorex) 52
a. carpathicus (Sorex) 54
a. euronotus (Sorex) 53
a. fretalis (Sorex) 52
a. pyrenaïcus (Sorex) 53
a. tetragonurus (Sorex) 52
Arctomys 129
arctos (Ursus) 67
a. alpinus (Ursus) 68
a. coUaris (Ursus) 67
a. formicarius (Ursus) 67
a. meridionalis (Ursus) 68
a. pyrenaïcus (Ursus) 68
page
arenarius (Cricetulus) 165
arenicola (Microtus) 179
arvalis (Microtus) 173
a. meridianus (Microtus) .... 174
Arvicola IX, 173, 193
asiaticus (Eutamias) 124
asturianus (Microtus) 181
atticus (Cricetulus) 165
aureus (Cauis) 92
a. moreoticus (Canis) 92
auritus (Erinaceus) 42
auritus (Plecotus) 12
avellanarius (Muscardinus) . . . 135
a. anglicus (Muscardinus) .... 135
a. speeiosus (Muscardinus) . . . 136
Balaena 265
Balaenoptera 262
balearica (Crocidura) 49
Barbastella H
barbastellus (Barbast.) 11
barbatus (Phoca) 110
bechsteiui (31yotis) 30
b. favouicus (Myotis) 31
Béluga 256
bidens (Mesoplodon) 261
biscayensis (Balaena) 265
Bison 242
blasiusi (Rhinol.) 9
bobac (Marmota) 129
boccamela (Putorius) 81
b. caucasiens (Putorius) 81
bonasus (Bison) 243
borealis (Balaenopt.) 263
Borioikon 199
Bos 242, 243
boscai (Eptes.) 22
breviceps (Kogia) 259
bubalus (Buffelus) 243
Bufifelus 243
cabrerai (Microtus) 181
caeca (Talpa) 62
xn
page
c. caucasica (Talpa) 63
c. occidentalis (Talpaj 63
caesarius (Evotomys) 169
caneae (Crocidura) 48
Canis 90
cantabra (Crocidura) 46
capaccinii (Myotis) 26
Capella 235
Capra 236
Capreoliis 232
capreolus (Capreolus) 233
Carnivora 65
carpetanus (Rhinol.) 8
Castor 130
Catolynx 102
caucasica (Capra) 240
caucasicus (Bison) 243
caudata (Crocidura) 49
cavirostris (Ziphius) 264
cervaria (Lynx) 104
Cervus 226
cestonii (Nyctinomus) 36
Cetacea 244
chaus (Felis) 102
Chionomys 183
Chiroptera 3
Chtonoergus 200
cincticauda (Eliomys) 137
ciscaucasicus (Gerbillus) .... 140
Citellus 125
citellus (Citellus) 127
c. flavescens (Citellus) 128
c. pygiiaaeus (Citellus) 128
Clymeue 248
Colobotis 125
concolor (Sicista) 206
corsac (Vulpes) 95
corsicanus (Lepus) 224
Craseomys 172
crassidens (Pseudorca) 254
Cricetulus 163
Cricetus 158
cricetus (Cricetus) 159
c. canescens (Cricetus) 160
c. fuscatus (Cricetus) 160
c. nehringi (Cricetus) 160
c. niger (Cricetus) 159
c. stavropolicus (Cricetus) .... 161
c. rufescens (Cricetus) 160
creticus (Lepus) 222
eristata (Cystophora) 108
cristata (Hystrix) 212
Crocidura 43
Crossopus 55
Cuniculus 214, 199
cuniculus (Oryctolagus) 215
page
c. cnossiae (Oryctol.) 215
cyliudricoruis (Capra) 241
Cynomys IX
cyrnensis (Crocidura) 49
Cystophora 107
dacius (Pitymys) 188
Lama 229
dama (Dama) 229
dasycueme (Myotis) 27
daubentoni (Myotis) 27
decumanus (Mus) 142
Delphinaptcrus 256
Delphinorhynchus 245
Delphinus 246
delphis (Delphinus) 247
d. balteatus (Delphinus) 247
d. fusus (Delphinus) 247
d. major (Delphinus) 248
d. mediterraneus (Delph.) .... 248
d. moschatus (Delphinus) .... 247
d. souverbyanus (Lelph.) .... 247
d. variegatus (Delphinus) .... 247
depressus (Pitymys) 193
Dicrostonyx 199
dimidiatus minous (Acomys) . . 158
Dinops 35
Dioplodon 261
Dipodipus 207
Dipus 207
discolor (Vespert.) 25
dolbrogeae (Spalax) 204
Dryomys 133
dubius (Prodelphinus) 249
duodecimcostatus (Pitymys) . . . 102
Lyromys 133
Dysopes 35
elajjhus (Cervus) 227
e. albicus (Cervus) 228
e. atlanticus (Cervus) 228
e. bajovaricus (Cervus) 228
e. corsicanus (Cervus) 229
e. germanicus (Cervus) 228
elater kizljaricus (Alactaga) ... 211
Eliomys . 186
Ellobius 200
emarginatus (Myotis) 28
Epimys 142
Eptesicus 20
Erignathus HO
Erinaceus 87
page
erraineiis (Piitoriiis) 78
e. ricinae (Putorius) 80
e. stabilis (Patorius) 79
escalarai (Myotis) ....... 30
etrusca (Pachyuru) 4^
Eucervaria 104
euplu-osyne (Prodelpli.) 248
europaea (Talpa) 61
e. brauueri (Talpa) 62
europaeus (Erinaceiis) B8
e. consolei (Erinaceus) 40
e. danubiens (Erinaceus) .... 41
e. hispanicus (Erinaceus) .... 39
e. italiens (Erinaceus) îS9
e. uesiotes (Erinaceus) 40
e. oecidentalis (Erinaceus) .... 38
e. roumanieus (Erinaceus) .... 40
europaeus (Lepus) 219
e. meridiei (Lepus) 220
e. oecidentalis (Lepus) 220
e. parnassius (Lepus) 221
e. pyrepaïcus (Lepus) 220
e. transsylvatieus (Lepus) .... 221
euryale (RhinoUiphus) 5
e. atlanticus (lihinol.) 6
e. cabrerai (Rhinol.) 7
e. mehelyi (Rhinol.) 7
e. toscanus (Rhinol.) 7
Eutamias 124
eversmanni (Cricetulus) 164
eversmanni (Putorius) 77
Evotoniys 166
Felis 98
ferrum-equinum (Rhinol.) .... 4
f.-e. obscurus (Rhinol.) 4
f.-e. homocodensis (Rhinol.) . . 5
f.-e. insulanns (Rhin.) IX
fiber (Castor) 130
f. balticus (Castor) 130
f. albieus (Castor) 130
f. vistulanus (Castor) 130
fodiens (Neomys) 56
f. anomalus (Neomys) 57
f. ciliatus (Neomys) 56
f. minor (Neomys) 57
f. naias (Neomys) 57
Foetorius 74
foina (Mustela) 72
f. mediterranea (Must.) 73
f. buuites (Mustela) 73
frontatus (Sténo) 2-46
fulvus (Citellus) 125
fulvus (Cynomys) IX
page G
Genetta 86
genetta afra (Cenetta) 88
g. balearica (Genetta) 88
g. mêlas (Genetta) 87
g. peninsulae (Genetta) .... 88
g. vulgaris (Genetta) 86
gerbei (Pitymys) 186
Gerbillus 139
giganteus (Spalax) 202
glacialis (Èalaeua) 265
glareolus (Evotomys) 170
g. britannicus (Evotomys) ... 170
g. helveticus (Evotomys) .... 171
g. histericus (Evotomys) .... 172
g. suecieus (Evotomys) 171
Glis • . 131
glis (Glis) 131
g. pyrenaïeus (Glis) 131
Globicephalus 253
Glyphidelphis 245
graeeus (Spalax) 204
grampia (Felis) 99
Grampns 252
granatensis (Lepus) 222
g. gallaecius (Lepus) 223
g. iturissius (Lepus) 2r)3
griseus (Grampus) ....... 223
g. rissoanus (Grampus) 253
groeulandica (Phoca) 111
gud (Microtus) IX.
Gulo 71
guttatus (Citellus) 128
grypus (Halichaerus) 109
gymnesicus (Eliomys) 137
Haliehoerus 109
Haïtiens 208
haïtiens (Scirtopoda) 208
hartingi (Microtus) 174
Hemiechinus 41
Hemiotomys 193
Herpestes 89
hibernicus (Putorius) 80
hipposiderus (Rliinol.) 9
h. minimus (Rhinol.) 10
h. minutus (Rhinol.) 11
hispida (Phoca) 112
h. annelata (Phoca) 113
h. easpica (Phoca) 114
h. ladogensis (Phoca) 114
h. saimensis (Phoca) 113
hungaricus (Spalax) 203
page
Hyperoodon 259
Hystrix 212
ibericus (Pitymys)
i. ceutralis (Pitymys) ....
i. fuscus (Pitymys)
i. regulus (Pitymys)
Ibex
ichneumon widdringtoni (Herp.)
Ictis
illyricus (Arvicola)
incertus (Pitymys)
innuus (Macacns)
Insectivora
insularis (Glis)
italiens (Glis)
italiens (Arvicola)
Jaculus
jaculus (JDipus)
karagan (Vulpes)
Kogia
kuhli (Pipistr.)
Lagenorhynclius ....
Lagomys
lagopus (Vulpes) . . .