‹ Faune des mammifs d'EuropeChapitre 12 sur 13 · II. Artiodaclyla Ruminantia · texte numérisé non relu

II. Artiodaclyla Ruminantia

Famille des Cervidae.

Genre Cervus L., 1758.

Caractères. — Tête surmontée, chez le mâle, d'une paire d'appendices frontaux qui se renouvellent chaque année et que l'on désigne sous le

nom de bois; ces bois se développent sur deux prolongements du "crâne, courts et à sommet aplati; ils sont pleins, et par conséquent sans axe osseux; pendant leur développement ils sont recouverts d'une peau poilue (velours) qui se détache quand le bois est complètement poussé; ces bois portent des branches en pointes (dagues et andoulUers) dont le nombre augmente avec l'âge. — Formes légères et élancées; deux sabots seulement en avant, les doigts postérieurs restant rudimentaires; oreilles grandes; queue courte. Des canines supérieures chez le mâle; pas d'incisives supérieures.

^ 0—0 ^1—1 „ 3—3 ,, 3—3 Formule dentaire: \.-. — r, C. - — -, rm. ^ — r, Jil. ^^ — -== 34 dents. 4 — 4 0 — 0 à-^-à 6 — 3

Les molaires présentent des replis d'émail saillants, affectant sur chaque dent la forme d'un double croissant transversal.

Cervus elaphus L.

Cervus elaphus, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 93; Blasius, Fauua Deuts., 1857, 1, p. 439, ûg. 233 à 235; Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 62, 64, fig. ; Millais, Mamm. Great-Hrit., III, 1906, p. 91, pi. 54 et suiv. ; Lonnberg, Arkiv. Zool. Svensk. Vet. Akad. Stock., 1909, N» 4.

Pelage d'un roux brun en été, d'un brun grisâtre en hiver, avec un disque blanchâtre sur les fesses, qui englobe la queue de même couleur, à peine teintée de brun, en dessus, à sa racine; la face, la poitrine, les pattes et les parties inférieures d'un gris ardoisé. D'après Lonnberg, le type de Suède n'a pas le disque caudal bordé de noir, tandis que cette bordure noire existe chez les Cerfs d'Angleterre et de l'Europe Continentale moyenne. Cou du mâle adulte garni de longs poils formant crinière en avant et sur les côtés. — Bois à concavité interne, cylindriques, portant en avant trois pointes (andouillers), et terminés par une empaumure de deux à cinq pointes (dagues ou épois), ou plus, dont la disposition varie suivant l'âge et les individus. — Le jeune, à sa naissance, porte une livrée de taches fauve clair sur un fond roux-brun, livrée qu'il quitte à six mois; à un au, le mâle pousse ses premiers bois qui sont de simples dagues; à deux ans, il a deux andouillers, et le nombre des pointes augmente ensuite chaque année d'une ou deux paires. — Le bois est caractérisé par ses deux andouillers basilaires, qui seuls ne varient pas.

Long, tête et corps 2 m. à 2 m., 50; queue 0 m., 14; pied, 0 m., 50; hauteur au garrot 1 m. 40.

Habitat. — Toute l'Europe, de la Suède et des îles Britanniques à l'Espagne et à la Péninsule des Balkans, et dans la Russie Septentrionale. On n'a pas encore distingué sous un nom particulier les diverses formes locales, à part les suivantes (le type étant le Cerf du Sud de la Suède). — N'existe plus, à l'état libre, en Angleterre et en Suisse.

Remarque. — Les très grands et très vieux Cerfs, tels que ceux cTAUeniague et des grands Parcs d'Angleterre, portent des bois très développés et à pointes nombreuses et compliquées, rappelant les Cerfs fossiles de l'Époque Pleistocène. On peut distinguer trois formes ^principales d'empaumures: Pl'empaumure régulière en coupe, couronne, chandelier ou candélabre qui a la forme d'une main soutenant une grosse boule, avec les dagues plus ou moins rangées en cercle; 2" l'empaumure en bois d'Elan, où les pointes se soudent par leur base et s'aplatissent de manière à ressembler au bois d^Alce alces ; 'ô"^ l'empaumure en bois de Renne où les pointes s'écartent et se subdivisent en branches irrégulières comme chez les espèces du Gr. Rangifer (Voyez les figures de Millais, loc. cit., planches en face les p. 96 à 99). — On peut citer un Cerf du Parc de Warnham, en Angleterre, âgé de 1-1 ans, dont les bois énormes portaient 45 dagues; un autre dont les bois mesuraient 1 mètre 38 d'envergure d'un sommet à l'autre. — Les plus petits Cerfs du Nord sont ceux de l'Ile de B,um (ou Harris) sur la côte occidentale d'Ecosse. Ceux de Grrèce et d'Espagne, même ceux d'Italie, ont été peu étudiés.

On a distingué, comme sous-espèees, les formes suivantes:

Cervus elaphus atlanticus Lônnberg.

Cervus elaphus atlanticus, Lônnberg, Arkiv. Zool. Ak. Stock., 1909, No 9, p. 9, fig. 3, 4.

Plus petit que le Cerf de Suède, moins foncé en pelage d'été, d'un brun jaune teinté de gris et les pattes plus pâles, d'un gris-brun ardoisé. Le disque caudal qui entoure la queue est plus clair (jauneroux) bordé de noir. (Le Cerf de Suède et dépourvu de cette bordure noire.) Il existe en outre des caractères crâniens et les bois s'écartent beaucoup plus à leur sommet.

Habitat. — Région occidentale (atlantique) de la Norvège. Cervus elaphus scoticus Lônnberg.

Cervus elaphus scoticus, Lônnberg, loc. cit., 1909, p. 11.

Plus petit que le Cerf d'Angleterre (a l'apparence d'une race insulaire, d'après Lydekker); a le disque caudal bordé de noir (comme celui de Norvège). — D'après Stejneger (Smiths. Mise. Coll., 48, p. 462) cette forme ne diffère pas de la précédente.

Habitat. — Ecosse (et peut-être Irlande).

Cervus elaphus germanicus Desmarest (ex Brisson).

Cervus elaphus germanicus, Desmarest, Mammal., II, 1822, p. 434.

Plus grand que le Cerf de France et d'Angleterre; pelage plus foncé; des poils plus longs sur le cou et les épaules. Bois à pointes nombreuses et compliquées (Voyez la Remarque ci-dessus).

Habitat. — Allemagne.

Remarque. — Matschie (Waidwerk in Wort und Bild, 1907, p. 186), subdivise cette dernière forme en créant les dénominations spécifiques suivantes: C. balticus, C. albicus, C. rhenamis, C. bajovaricus.

Cervus elaphus corsicanus Erxleben.

Cerviis elaphus Var. corsicanus, Erxleben, Syst. Jlegn. Anim., 1777, jx 304; Bonap., Eaima Ital., 1841; Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 65. — Cervus mediterraneus, Blainville; Gervais.

Semblable au Cerf d'Europe continentale, mais plus petit, et n'ayant d'ordinaire qu'un seul andouiller basilaire. Corps trapu; jambes courtes; pelage brun.

Habitat. — Iles de Corse et de Sardaigne. — Le C. harharus d'Algérie et Tunisie parait en différer en ce qu'il conserve, jusqu'à l'âge adulte, des taches claires sur le dos, comme un reste de la livrée du jeune âge.

Cervus maral Ogilby.

Cerval maral, Ogilby, Report Oounc. Zool. Soc. 1840, p. 22; Sclater, Traiis Zool. Soc, VII, 1871, p. 336, pi. 29; Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 75, fig. p. 323; Cervus elaphus maral, Satunin, Mitth. Eaukas. ]\Ius., I, 1901, p. 129.

Plus grand que les Cerfs de l'Europe moyenne, plus trapu, le cou plus épais, la tête plus allongée dans sa région faciale, le museau plus pointu. Pelage d'été: roux, souvent marqué de taches jaunes, restes de la livrée du premier âge. — Pelage d'Hiver: gris-ardoisé, le disque caudal plus jaune que celui de C. elaplms, l'épaule, la cuisse et le dessous presque noirs. Bois plus simple (de 6 à 8, rarement 12 pointes), l'andouiller basilaire ordinairement plus court que celui qui le surmonte. Une tache noire en avant du disque caudal qui est bordé de noir.

Considéré généralement comme une simple sous-espèce de C. elaphus avec lequel il se croise sur la limite de leur habitat respectif.

Habitat. — Remplace Cervus elaphus dans le Sud de la Russie et même, d'après Lydekker, déjà dans les Carpathes et la Galicie; du ('aucase s'étend en Asie Mineure, en Perse et à l'Est de la Mer Caspienne (On ne connaît pas encore exactement les Cerfs de Turquie et de Grèce).

Genre Dama Frisch, 1775.

Caractères. — Bois cylindriques à leur base et portant en avant deux andouillers, au-dessus desquels ils s'aplatissent pour former une large empaumure, digitée ou dentelées en arrière et en haut. Pelage tacheté à tous les âges.

Formule dentaire du genre Cervus.

Dama dama (L.)

Cervus dama, L., Syst. Nat., 1766, p. 99; Blasius, Eauna Deuts., 1857, I, p. 453, fig. 256; Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 125; Millais, Mam. Great- Brit., m," 1906, p. 137, pi. 56; Cervus platyceros, Ray; Dama vulc/aris, Gray.

Pelage fauve tacheté de blanc; la teinte fauve plus foncée, passant au brun sur la tête et le cou, au roux sur les flancs et les jambes; dessous d'un blanc jaunâtre. Une ligne noire sur l'épine dorsale. Queue assez longue, noire dessus, blanche dessous. — En hiver le pelage s'allonge et passe au brun, de telle sorte que les taches disparaissent presque complètement; les flancs restent plus clairs et le dessous d'un giisblanchâtre.

Long, tête et corps 1 m., 35; queue 0 m., 18; pied 0 m., 355; hauteur au garrot 0 m., 80,

Habitat. — Originaire du pourtour de la Méditen-anée et de ses îles; importé dans toute l'Em-ope tempérée, mais ne vivant que dans les parcs fermés. Se trouve en Asie-Mineure et dans le Nord de l'Afrique à l'état sauvage, en Sardaigne (mais non en Corse).

Genre Alce Frisch, 1775.

Alces Auctorum.

Caractères. — Bois consistant en une très-large empaumurc aplatie, supportée par une base (merrain) cylindrique, avec un grand andouiller, dirigé en avant, et des digitations nombreuses sur le bord externe de l'empaumure. Nez poilu, sans mufle; museau renflé, cartilagineux. Queue très courte. Pas de canines supérieures chez le mâle.

^ 0—0 ^ 0-0 „ 3-3 ,^ 3—3 „^ , , Formule dentaire: 1. -; — r, C. ~ — -, rm. ^ — -, M.- — ^ = 32 dents. 4 — 4 0 — U o — à o — o

Le bois des mâles dans la première année a la forme d'une simple dague; les années suivantes il forme de larges lanières; ce n'est qu'a cinq ans qu'il prend la forme d'une vaste empaumure, concave sur sa face interne et portant de quinze à vingt-huit pointes ou dagues. Les femelles n'ont pas de bois.

Alce alces (L.).

Cervus alces, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 99; Alces palmatus, Blas., Fauna Deuts., I, 1857, p. 434, fig. 231, 232; Alces machlis, Ogilby, P. Z. S., 1836, p. 135; Alces alces, Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 52, pi. II.

Taille grande, pattes hautes, cou court, une touffe de longs poils formant barbe sous la gorge (dans les deux sexes); une saillie marquée au garrot; sabots allongés et posant obliquement sur le sol. Poils gros, prismatiques, cassants, ceux de lu nuque et du garrot plus longs, formant crinière. D'un brun fauve sur le dos, du sommet de la tête à la croupe; mâchoire inférieure et cou d'un brun plus foncé, ainsi que les épaules, le haut du membre antérieur jusqu'au carpe, les flancs et les cuisses; devant du carpe et du tarse encore plus foncé. Oreilles d'un gris-brun et gris-blanchâti-e à l'intérieur; dessous de- la courte

queue blanchâtre. Le jeune, d'un brun-roux, n'a pas de livrée tachetée. La femelle est plus petite que le mâle.

Long, tête et corps 2 m., 80; queue 0 m., 04; pied 0 m., 56; hauteur au garrot 1 m., 73.

Habitat. — Autrefois toute l'Europe Septentrionale et Centrale (du 53^ au 630 jj^t. Nord); se trouve encore dans la Scandinavie, la Finlande, le Nord de la Russie; est devenu rare en Livonie, eu Prusse, en Pologne où on le conserve eu l'enfermant dans de grands parcs appartenant à des particuliers. De là, dans l'Asie occidentale, au Sud jusque dans le Turkestau.

Genre Rangifer Frisch, 1775.

Tarandus Ogilby.

Caractères. — Bois, développés dans les deux sexes, très longs et compliqués, à perche (ou merrain), en partie cylindrique, en partie aplatie, mince, comprimée avec des andouillers palmés et dentelés; ni mufle, ni canines. Queue courte. — Formes assez lourdes, cou court et gros sabots principaux arrondis, larges, les sabots accessoires bien développés sous forme d'onglons, élargissant considérablement le pied, pour faciliter le marche sur la neige.

Formule dentaire du genre Alces.

Les espèces diffèrent surtout par la forme du crâne et des bois.

Rangifer tarandus (L).

Cervus tarandus, L., Syst. Nat., 1766. I, p. 9;3; Taraiulus rangifer, Ogilby, P. Z. S., 1836, p. 134; Rangifer tarandus, Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 33, 37, fig. et pi. I; Loniiberg, Arkiv. Zool. Akad. Stock., 19b9, N» 4, fig. 1 et 2 (crânes).

Bas sur pattes; croupe plus haute que le garrot. — Pelage d'un gris-jaunâtre passant au roux sur les cuisses, plus clair sur le cou qui porte une crinière en-dessous. Tête, pattes de devant et de derrière (à partir du jarret) d'un gris noirâtre. Une ligne étroite d'un blanc jaunâtre, remontant un peu en arrière, au-dessus des sabots. Une bande noire sépare le gris des flancs du blanc du ventre. Queue, endessus grise, blanche dessous, avec un petit disque caudal blanc smles fesses. — Bois à concavité antérieure, portant un andouiller basilaire palmé à 4 ou 5 pointes, symétrique et également développé des deux côtés; l'andouiller supérieur à 3 pointes; vers le milieu de la perche un petit andouiller simple et court dirigé en dedans; l'empaumure terminale à 5 pointes étagées, ne formant pas chandelier.

Long, tête et corps 1 m., 67; queue 0 m., 076; pied 0 m., 43; hauteur au garrot 1 m. 12; à la croupe 1 m. 15.

Habitat. — Norvège Septentrionale; éteint dans la Laponie suédoise (depuis un demi-siécle). Parait être la souche sauvage du Renne domestique des Lapons.

Rangiîer tarandus fennicus Lônnberg.

Rangifer tarandus fennicus, Lônnberg, Arkiv. Zool. Akad, Stock, 1909, N° 4, fig. 3, 4 (crânes).

Taille supérieure à celle de 7?. tarandus. Caractères crâniens différents dans la forme des os nasaux, des maxillaires, etc. Bien que le crâne soit plus grand et plus robuste, la série des molaires supérieures est plus courte (85 mm. au lieu de 96 à 98,5 chez le petit Renne de Suède); la série des molaires inférieures est seulement de 90 mm. (au lieu de 104 et 103,5), différence d'autant plus sensible que la région faciale est relativement plus allongée que sur le type. — Les couleurs du pelage ne sont pas indiquées. — Bois moins concaves en avant que ceux du type.

Hauteur au garrot 1 m., 20; à la croupe 1 m., 28.

Habitat. — Finlande, notamment la péninsule Kola, la Carélie et les parties voisines de la Russie septentrionale, dans les forêts (et non dans les tundras).

Rangifer spitzbergensis Andersen.

Rangifer tarandus sjietsbergensis, Andersen, OtVers. Vet. Akad. Forhandl., 1862 (1863); Murray, Geogr. Distr. of Mamm., 1866, p. 154, fig. 9; Lydekker, Deer of ail Lauds, 1898, p. 41.

Taille faible. Bois recourbés, à concavité antérieure, plus grêles et plus courts que chez B. tarandus; audouiller antérieur digité des deux côtés, audouiller supérieur plus développé à droite qu'à gauche où il est souvent simple. Bois de la femelle plus simples. — Pelage peu différent de celui de R. tarandus., mais non décrit. — Caractères crâniens distinctifs.

Habitat. — Spitzberg. — Cette forme ressemble aux Rennes des Barren-Ground d'Amérique, plus qu'aux Rennes européens.

Genre Capreolus Frisch, 1775.

Caractères. — Bois beaucoup plus simples que ceux des Cerfs, droits, rugueux, n'ayant ordinairement qu'une pointe terminale, bifurquée, dirigée eu arrière, et un audouiller antérieur, vers le milieu de la perche; il se forme quelquefois un second audouiller, plus court, inséré sur la face interne.

Femelles dépourvues de bois.

Formule dentaire du genre Cçrvus^ mais sans canines supérieures chez le mâle.

Capreolus capreolus (L.).

Cervus capreolus. Linné, Svst. Nat., 1766, I, p. 94; Blasius, Faiina Deuts., 1857, I, p. 457, fig. 238, 239; Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 224, pi. 18; Millais, Mamm. Great-Brit., III, 1906, p. 157, pi. 57, 58 et suiv.

Pelage d'été entièrement roux, plus pâle dessous, sans disque caudal blanc; une raie noire oblique allant des narines jusqu'au-dessous de la commissure des lèvres; côtés du nez et mâchoire inférieure blancs; poils de l'intérieur des oreilles blancs; le chanfrein gris. Le disque caudal ne commence à se montrer qu'à l'arrière-saison, le pelage des fesses se fanant peu à peu.

Pelage d'hiver plus épais et plus long, d'un gris-brun (la base des poils grise, la pointe rousse sur une faible étendue); gorge blanche; le disque caudal d'un blanc pur; la tête d'un gris plus ou moins ardoisé; les pattes restent plus ou moins rousses vers le bas.

Long, tête et corps 1 m., 08; queue 0 m., 20; pied 0 m., 325; hauteur au garrot 0 m., 66.

Habitat. — L'Europe Septentrionale, Centrale et Méridionale Orientale, des Iles Britanniques et de la Scandinavie à la Méditerranée, la Sicile et la Grèce (mais non la Sardaigue). Remplacé dans le Sud- Est de la Eiissie par C. pygargus, tandis que la présente espèce se retrouve dans la Trauscaucasie et en Asie Mineure.

Remarque. — Matschie (Waidwerk in Wort und Bild, XVI, 1907, p. 224), a récemment distingué le Chevreuil de Transsylvanie sous le nom de Capreolus transsylvanicus. La description de cette forme ne m'est pas connue.

Capreolus pygargus (Pallas).

Cerous pygargus, Pallas, Itinera Ross., I, 1771, p. 97; App.. p. 453; Satunin, Zool. Jahrb., 1896, p. 310; id., Mitth. Kaukas. Mus., I, 1901, p. 129; Lydekker, Deer of ail Lands, 1898, p. 227; Cervus cajjreolus p., Pallas, Zoogr., 1811, I, p. 219; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 457 (partim).

Plus grand que C. capreolus; oreilles plus courtes, plus larges, moins pointues, plus poilues sur leurs deux faces. Bois plus grands, plus divergents, plus rugueux et portant sur leirr face interne une sériç de nodosités épineuses irrégulières et même un second andouiller plus petit. Queue plus développée que celle du Chevreuil; sabots plus courts et plus larges.

Pelage d'été roux clair et vif, à poils couchés, comme chez le Chevreuil, ne montrant pas trace du disque caudal qui se forme seulement à l'approche de l'hiver (quand le pelage se fane). Marques blanches et noires de la bouche comme chez le Chevreuil. — Pelage d'hiver plus épais et plus grossier presqu'hérissé sur les côtes et le dessous du cou, la poitrine et le ventre. Dessus d'un gris-brun mêlé de jaunâtre et tacheté de noir; le disque caudal blanc s'étend en forme de V court sur les flancs.

Loug. tête et corps 1 m., 21; queue 0 m., 23; pied 0 m., 395; hauteur au garrot 0 m., 71 à 85.

Habitat. — Kussie Sud-Est au Nord du Caucase et de là dans le Turkestan et le Sud de la Sibérie.

Famille des Bovidae.

Genre Saïga Gray, 1843.

Capra, p., L.; Antilope Auct. Vet.

Caractères. — Région nasale fortement renflée jusqu'au niveau

des yeux, convexe en dessus et sur les côtés, avec les narines ouvertes

en dessous, à l'extrémité d'une courte trompe qui dépasse la lèvre

inférieure. Queue moyenne, tronquée. Des sabots accessoires peu

développés. Oreilles courtes, tronquées. Cornes persistantes, munies

d'un axe osseux, de longueur moyenne, presque droites, faiblement

lyrées, cylindriques, fortement aunelées, d'un blanc jaunâtre, translucides

ou couleur d'ambre. Femelle sans cornes. Deux paires de prémolaires

inférieures seulement.

Formule dentaire: I. j — j, Pm. - — ~, M. ^ — o = 30 dents.

Saïga tatarica (L.).

Cajn-a tatarica, Linué, Syst. Nat.. 1766, I, p. 97; Saiga tatarica, Grav, List Main. Brit. Mus., 1843, p. 160; id., Ann. Nat. Hist., 1846, XVIII, p. 231 ; Satuiiin, Zool. Jahrb., 1896, p. 310: Sclater et Thomas, Book Autel., IIl, 1897, p. 31, fig-. 49-51, pi. 50; Grevé, K. B. Ver. Riga, 1898, p. 109; Antilope saïga, Pallas, Mise. Zool., 1766, p. 6; id., Spicil. Zool., XII, p. 21. pi. I, fig. 6.

Formes beaucoup plus lourdes que celles des Gazelles. — Eté. Dessus d'un Isabelle jaune plus pâle sur les flancs, la tête, le ventre et les oreilles. Dessons du cou jusqu'à la poitrine, d'un blanc pur nettement séparé, sur les côtés, de la couleur du dessus; partie interne des jambes de devant blanche. Des taches brunes irrégulières autour des yeux. Le dessous, la queue et la partie voisine des fesses, blancs. — Hiver. Pelage très long, sauf sur la région renflée de la face, et presqu'entièrement blanchâtre. — Taille du Daim.

Long, du corps 1 m., 30; cornes 0 m., 33 à 35; Crâne (long, basale) 240 x 130 mm.

Habitat. — Russie Sud-Est, entre le Volga et l'Oural, plus rare dans le gouvernement de Samara; de là dans les steppes du Turkestan et du Sud de la Sibérie.

Genre Rupicapra Frisch, 1775.

Capra, p. L.; Capella Keys. et Blasius.

Habitat. — Cornes persistantes munies d'un axe osseux, à surface lisse, un peu rugueuse à la base, droites, parallèles, recourbées en hameçon à leur sommet; préseutes dans les deux sexes, insérées sur le front très en avant, immédiatement au-dessus des yeux.

.... , 0—0 r< 0—0 „ 3—3 ,^ 3—3 „^ , Formule dentaire: 1. -, — -, C- — -, Pm. -— -, M.;- — - = 32 dents. 4 — 4 (J — U o — o o — o

Rupicapra rupicapra (L.).

Capra rupicapra, Liuné, Syst. Nat., 1766, I, p. 95; Antilope rupicapra, Fallas, Spicil. Zool., XI, p. 42; Blainv. Bull. Soc. Phil., 1816, p. 75 ; Capella rupicapra, Blas., Fauna Deuts.. 1857, I, p. 488, fig. 267; Rupicapra tragus, Gray, Ann. Nat. Hist., 1851, VIII, p. 219; Satunin, Zool. Jahrb., 1896, p. 311. Var. alpina et pyrenaica, Bonap., Iconogr. Fauna Ital., 1832 — 41.

Eté. — Dessus d'un brun-fauve, plus gris au printemps, avec la tête d'un jaune pâle, sauf une bande noire allant du museau aux oreilles en passant sur l'œil; queue noire; bord postérieur des fesses et intérieur des oreilles blancs. Les poils ont leur base grise et la bourre est brunâtre. — Hiver. Pelage d'un brun plus foncé. — Le jeune est jaunâtre avec la bande noire sur les côtés de la tête; le dessous de la tête et le cou blancs ainsi que les fesses; le devant des pattes, une ligne dorsale et une bande transverse sur les épaules noires (ce pelage du jeune se rapproche de celui de l'espèce suivante).

Long, tête et corps 1 m., 00; queue 0 m., 08; pied 0 m., 22; hauteur au garrot; 0 m., 63.

Habitat. — Chaînes de Montagnes de l'Europe méridionale: Alpes, Pyrénées, M*^ Cantabres, Carpathes, Grèce, Caucase. — Les formes plus ou moins distinctes qui habitent ces chaînes séparées n'ont pas encore été nettement caractérisées, à part la suivante.

Rupicapra ornata Neumann.

Rupicapra ornata, Neumann, Annalic Mus. Genova, XX, 1899, p. 347.

Pelage brun varié d'isabelle. La teinte Isabelle forme une tache ovale bien limitée sur le nez et le chanfrein; le menton, le bas des joues et tout le devant du cou sont de la même couleur qui se termine en pointe sur la poitrine. Une bande brune partant de la lèvre supérieure passe sur l'œil et s'étend sur la face externe des oreilles, puis se réfléchit vers le bas, sur les côtes du cou, encadrant le plastron Isabelle qui couvre la face antérieure de cette partie. Dessus de la tête en arrière des cornes et derrière du cou jusqu'à la face externe

des épaules, Isabelle. Cette couleur se fond ensuite avec le brun clair des flancs, qui passe de nouveau à l'isabelle sur les côtés de la croupe. Une bande noire dorsale s'étend de l'occiput au dessus de la queue. Le bas de la poitrine, le dessous et les pattes sont de la même couleur que sur le Chamois des Alpes, mais moins roux, plutôt entre sépia et gris-brun. Taille inférieure à celle de ce dernier.

Longueur des cornes 296 mm.; de leur noyau osseux 130 mm.

Habitat. — Italie méridionale montagnes des Abbruzzes (type de Barrea près Alfedena, province d'Aquila).

Genre Capra L., 1758.

Caractères. — Cornes recourbées en arrière, comprimées et anguleuses, aplaties sur leur face interne, annelées ou sillonnées transversalement sur leur face antérieure et externe, quelquefois noueuses, présentant une courbe simple, en cimeterre, ou une courbe en spirale par torsion sur leur axe; présentes dans les deux sexes, mais celles de la femelle plus courtes et plus simples. Queue courte, droite ou relevée. Museau poilu, sans mufle; une barbe plus ou moins longue au menton du mâle. Des callosités à l'articulation du carpe et quelquefois à la poitrine^).

Formule dentaire: I. :; — -, C. - — -, Pm. - -, M.- — ^=S2 dents. 4 — 4 0 — 0 à— à o — d

Capra ibex L.

Capra ibex, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 95; Blasius, Fauna Dents., 1857, I, p. 475; Lvdekker, Oxen, Sheep and Goats, 1898, p. 271; Capra alpina, Girtanner, 1786; Ibex alpiiius, Gray, 1847.

Formes modérément trapues. Oreilles petites; barbe du mâle courte et peu fournie. Cornes longues, recourbées en forme de cimeterre, rabattues en arrière sans torsion, à face antérieure large, les anneaux bien développés avec la face interne aplatie, bien séparées à leur base. Cornes de la femelle petites. Pelage dur et épais. — Eté. Pelage plus court et plus fin, plus brillant, plus long sur le cou et le dos où il forme une sorte de crinière chez les vieux mâles. Dessus d'un gris-roux, dessous plus pâle séparé du dessus par une bande d'un brun-marron: une raie dorsale d'un brun clair; chanfrein, joues, nez, poitrine, barbe, dessus de la queue et bas des jambes brun foncé; menton, devant des yeux, dessous des oreilles roussâtres; oreilles d'un brun-fauve avec l'intérieur blanc; venti'e blanchâtre. Cornes jaunâtres ou d'un brun

1) On a essayé de subdiviser ce genre en deux sous-genres {Capra propr. dit et Ibex), mais la limite entre ces deux groupes semble difficile à fixer et nous laisserons ici toutes les espèces d'Europe réunies sous le nom de Capra.

olivâtre. — Hiver. Pelage plus long, plus grossier, avec uue bourre épaisse eu dessous, préseutaut seusiblement les mêmes teiutes, mais moius accusées. Chez les animaux âgés le pelage prend une teiute uniforme.

Hauteur au garrot: 0 m., 102; long, des cornes (en suivant la courbe): 0 m., 74 à 90.

Habitat. — Massif des Alpes (Suisse, Savoie, Tyrol), oii il est aujourd'hui exterminé; protégé sur le versant italien de Monte Rosa (Alpes Peunines); se trouve aussi dans les Alpes orientales de Styrie et de Carinthie (Autriche-Hongrie).

Capra pyrenaica Schinz.

Capra pyrenaica, Schinz, Neue Denkschr. Schweiz. Ges., II, 1838, p. 9, pi. II et III; Blasius, Fauna Deuts., 1857, 1, p. 480; Lydekker, Oxen, Sheep and Goats, 1898, p. 253, pi. XXII.

Formes plus légères et face plus allongée et étroite que chez les autres espèces. Cornes rapprochées à leur base, à coupe triangulaire avec un bord interne aigu, la face antérieure annelée et noueuse jusqu'à son extrémité qui devient postérieure par torsion de la corne; la courbure de l'organe est une demi-spirale ouverte, se dirigeant d'abord en haut et en dehors, puis en arrière et en dedans, l'extrême pointe un peu vers le haut. Barbe lougue et étroite, chez les vieux mâles, en hiver; en été et chez les jeunes elle est très courte.

Eté. — Pelage court et fin, d'un gris-brun foncé avec le dessus du cou, une ligne dorsale, la queue, uue bande sur les flancs et la plus grande partie des membres d'un brun noirâtre; côtés de la face d'un blanc brunâtre.

Hiver. — Pelage long et fourni, dessus d'un gris-brun clair avec le dessus du cou, la ligne dorsale avec la queue, un large collier s'étalant sur la poitrine, les épaules, la bande de flancs, la face externe des cuisses et la plus grande partie des jambes noirâtres; le ventre, la face interne des cuisses et le derrière des jambes blanchâtres. Barbe et cornes noires. Les cornes de la femelle sont petites.

Hauteur au garrot 0 m., 81 ; longueur des cornes (en suivant la courbe) 79 centimètres.

Habitat. — Chaîne des Pyrénées sur le versant Espagnol.

Capra pyrenaica hispanica Schimper.

Capra hispanica, Schimper, C.-R. Acad. Se. Paris, 1848, XXVI, p. 318; Rosenhauer, Thiere Andalusiens, 1856, p. 4; Graells, Mem. Acad. Madrid, 1897, XVII, p. 357; »Cabra-Montez da Serra do Gerez«, Barboza du Bocage, Metu. Acad. Se. Lisboa, 1857, pi. I et [I.

Semblable au type mais plus petit; les cornes du mâle adulte plus minces et plus comprimées mais avec les anneaux de la base bien développés. (La brièveté de la barbe n'est pas un caractère distinctif.)

Longueur des cornes: 0 m., 56 à 0 m., 7 G.

Habitat. — Chaînes de Montagnes de l'Espagne Centrale et Méridionale (Sierra de Gredos, Sierra Morena et Sierra Nevada, Andalousie et Estramadure, Sierra da Estrella, jusqu'en Portugal, et Serra de Garez).

Remarque. — Dans la forme décrite et figurée par Barboza du Bocage (de la Serra de Gérez dans le Nord du Portugal), les cornes sont petites, droites, lyrées quand on les regarde de face. Le pelage est d'un brun uniforme en dessus, sans ligne dorsale plus foncée, d'un blanc jaunâtre sous le cou, le ventre et la partie interne des jambes; le bas des jambes, en avant, jusqu'un peu au dessus du carpe et du talon, est seul noir; les cornes sont noires. La barbe est très courte.

Capra aegagrus picta (Erbard).

Aegoceros plctus, Erhard, fauna Cycladen, 1858, p. 29; Capra picta, Sclater, P. Z. S., 1874, p. 689, pi. 58: Capra hireiis aegagrus (part.), Lydekker, Oxen, Sheep and Goats, 1898, p. 260; Capra aegagruft picta, Lorenz-Liburnau, Wiss. Mitth. Bosnien und Hercegowina. 1899, VI, p. 852, pi. 27 et fig. 4 et 6, p. 876, 878.

Taille moindre que le tj'pe (d'Asie Mineure), et cornes différentes. Tête courte, barbe longue. Cornes à courbe postérieure simple, en cimeterre, simplement sillonnées, sans anneaux et sans noeuds réguliers. Mâle adulte ayant le haut des flancs, le dessus et les côtés du cou, le ventre et la partie interne des pattes d'un gris-flave blanchâtre. La tête, la nuque, les épaules, le bas des flancs, le haut et les côtés des membres d'un roux-brun; le museau gris; les côtés du nez, le tour de la base des cornes, une bande allant des oreilles au dessous de la mâchoire et au devant du cou, un large collier, une raie dorsale, la queue, une bande sur les flancs, se prolongeant sur la cuisse, et le devant des pattes noirs. — La femelle a des cornes courtes et sans noeuds: elle est semblable au jeune, mais avec un peu de gris flave blanchâtre sur le dos. Le jeune est presqu'entièrement d'un rouxbrun. Le pelage se fane à l'arrière-saison, surtout chez les vieux mâles, et passe au gris-flave blanchâtre. Le poil n'est long que sur le cou. Le bas des pattes, en arrière, est blanchâti'e.

Long, tête et corps 1 m., 19; queue 0 m., 15; pattes 0 m., 24; long, des cornes (en suivant la courbure) 0 m., 65; envergure Om., 35.

Habitat. — Iles de l'Archipel Grec (Erimomilos ou Antimilo, au Sud-Ouest de Cyclades).

Capra aegagrus dorcas Reichenow.

Capra dorcas, Reicheoow, Zool. Jahrb. Syst., 1888, p. 591, pi. XV (juv.); C'cqjra aegagrus dorcas. Lorenz-Liburnau, Wiss. Mitth. Bosnien uiid Hercegoviiia, 1899, VJ, p. 852, pi. 2H et ûg. 3 et 5, p. 876, 877 (adult.); Capra aegagrus, part., Erhai'dt, Fauna Cycladen, 1858, p. 35; Capra aegagrus jourensis, Ivrea, F. Z. S., 1899, p. 599.

Mâle adulte à cornes très divergentes, tordues sur elles-mêmes, sillonnées transversalement, noueuses sur le bord interne tranchant, longues de 63 centimètres en suivant la courbure. Dessus d'un brun foncé qui passe à l'arrière-saison (et surtout en hiver), au blanchâtre en se fanant (les teintes successives sont le brun, le chamois clair et le blanc crème). Les oreilles sont couleur crème, sans bout noir. Le chanfrein, la barbe, le collier, la bande dorsale, le dessous du cou et la queue sont noirs, celle-ci avec le bout blanc. Le tour des yeux est roux. Il y a de longs poils noirâtres sur le haut des cuisses, le dessus du carpe, et sous le cou. — Le jeune de deux ans (décrit et figuré par Reichenow) a des couleurs beaucoup plus vives: il est d'un roux bai très vif surtout sur le cou, au-dessus du collier noir ; la teinte noire de ce collier s'étale sur la poitrine et remonte en pointe sur les côtés du devant du cou; les marques de la tête, la barbe, la bande dorsale, la queue, le devant des pattes sont noirs comme chez l'adulte. Les cornes sont à peine plus longues que la tête, très épaisses à leur base.

Long, tête et corps 1 m., 41; queue 0 m., 18; pied 0 m., 26; cornes (en suivant la courbure) 0 m., 63; envergure 0 m., 67 et même 72.

Habitat. — Ile de Joura (Giura), au Nord de la grande île d'Eubée, dans les Sporades du Nord.

Capra aegagrus cretensis Brisson.

Capra cretensis, Brisson, Rrgn. Anim., 1756, p. 73; Capra aegagrus cretensis, Lorenz-Liburnaii, Wiss. Mitth. Bosnien und Hercegowina. 1899, p. 865; Bâte, P. Z. S., 1905, p. 323: Capra aegagrus, part., Sclater, P. Z. S., 1886, p. 315, pi. 31 (spécimen de Crête).

Cornes très grandes chez le mâle adulte, à courbure simple, en cimeterre, striées transversalement et présentant ti'ois gros anneaux noueux, espacés, dans la première moitié de leur courbe. Tête courte, barbe bien fournie, large, longue de 7 centimètres. — Dessus d'un fiavegris s'étendant sur le cou (le poil d'abord d'un brun-roux se fanant rapidement); il ne reste de roux qu'au dessous des oreilles, au coude, au bas des flancs et sur la cuisse et la partie supérieure de la jambe postérieure, cette teinte rousse se fondant insensiblement avec le flavegris du haut des flancs. Tour des yeux flave. La tète (sauf la tache rousse en arrière des joues), le dessous du cou, le collier, la raie dorsale, la queue, une raie verticale en arrière des fesses, le devant des

jambes (sauf la callosité du carpe) noirs. La partie postérieure des fesses (eu arrière de la raie uoire), la partie interne des jambes et le ventre d'un blanc crème, ce dernier passant au flave à la région génitale. En hiver, les poils du dos et du cou sont très longs. — La femelle et les jeunes sont d'un roux-brun clair.

Long, tête et corps 1 m., 14; queue 0 m., 16; pied 0 m., 25; cornes (en suivant la couleure) 0 m., 81; écartement des pointes 0 m., 35 et plus.

Habitat. — Ile de Crête (Monts Ida, Aspro Vouno, Lassetbe). Capra caucasica Guldenstadt.

Capra caucasica, Giild. (nec Pallas, nec Dinnik), Acta Acad. Petrop., 1779, 2, p. 273; Satnnin, Zooi. Jahrb., 1896, p. 311; Lydekker (part.), Oxen, Sheep and Goats, 18P8, p. 246, fig. 47, 48; Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlio, 1901, p. 27 et suiv. ; Aegoceros ammon, Pallas, Zoogr., 1811, I, p. 229.

Formes assez lourdes; cornes grandes et massives chez le mâle adulte, séparées à la base, à coupe presque quadrangulaire, annelées sur la face interne et sur la face externe, mais les anneaux plus marqués sur la première; portant des nodosités saillantes sur le milieu de la face antérieure; la face interne seulement épaissie dans la partie voisine de la face antérieure, presque plane partout ailleurs. Les cornes divergent dès la base en courbe semi-circulaire eu dehors, la pointe revenant fortement en-dedans. Barbe courte et large. — Pelage d'Eté court et serré, d'un brun châtain clair, avec la lèvre inférieure, le menton, la base de la barbe, le bout de la queue et le devant des pattes audessous du carpe et du talon noirs. La face postérieure de cette partie inférieure des pattes est blanche, cette couleur nettement tranchée; une tache blanche, en avant, au-dessus de la couronne des sabots. Pas de ligue noire sur le dos. — Pelage d'Hiver plus long et plus épais avec les mêmes couleurs.

Hauteur au garrot: 0 m., 95; distance entre les deux pointes des cornes 0 m., 50.

Habitat. — Caucase Central, districts de Malka et Backsan, à l'Est du Mont Elbruz, jusqu'au Mt. Dychtau.

Capra severtzowi Menzbier.

Capra Severtzoïvi, Menzbier, P. Z. S., 1887, p. 618: Satuuin, Zool. .luhrb., 1896, p. 312; Mat.schie, S.-B. Ges. Nat. Fr. Berlin, 1901, p. 27 et suiv.: Capra caucasica, Pallas, Act. Acad. Petrop., 111, 1783, 2, p. 273, pi. 17a et 17b; Dinnik, Ann. Nat. Hist., 1887, XIX, p. 450, pi. 14, fig. la, b; Lydekker (part.). Oxen Sheep and Goats, 1898, p. 246, pi. 21, fig. 46.

Diffère de l'espèce précédente par ses cornes beaucoup plus divergentes, la pointe très peu recourbée en dedans (d'une pointe à l'autre

plus de 80 centimètres). Les cornes portent des anneaux seulement sur leur face interne; la face externe est lisse; les anneaux sont peu saillants même sur la face interne. Les nodosités sont surtout marquées près de la face interne, qui dans toute son étendue présente une forte crête. Il y a des différences crâniennes dans la forme des os nasaux et la suture frontale. — La barbe présente, au milieu, une touffe étroite de longs poils. — Le pelage ressemble à celui de C. caucasica sauf que le nez porte une tache brun clair, et les côtés de la tête sont également d'un brun clair conti'astant avec le front brun foncé (chez C. caucasica la tête est entièrement brun foncé sauf un peu de brun jaunâtre en arrière des joues). Les marques blanches de la partie postérieure des jambes sont beaucoup moins nettes, ou tout à fait nulles, mais la tache blanche existe sur la couronne des sabots.

Ecartement de la pointe des cornes: 81 à 92 centimètres.

Habitat. — Caucase Occidental, dans la chaîne centrale, à l'Ouest du Mt. Elbruz et au Sud de la chaîne de Teberda.

Capra cylindricornis (Blyth).

Ovis cylindricornis, Blyth, P. Z. S., 1840, p. 68; Ccq^ra cylindricornis, Biichner, Mém. Acad. St. Pet., 1887, p. 21; Satunin, Zool. Jahrb. Syst., 1896, p. 312; Lydekker, Wild Oxen, Sheep and Goats, 1898, p. 242, pi. XX; Aegoceros pallasi. Rouiller, Bull. Soc. Moscou, 1841, XIV, p. 908, pi. XI; Aegoceros caucasica, Gray (nec Pallas) ; Capra caucasica, Keys. et Blas., Wirbelth. Europ., 1840, p. 28 (nec Pallas); Blasius, Fauua Deuts., 1857, p. 479, fig. 255, 256.

Corps trapu, tète courte à museau tronqué carrément; cornes grandes, massives, séparées à leur base, à coupe presque cylindrique, présentant des sillons transverses qui ne forment pas de noeuds ni de véritables anneaux; elles divergent fortement dès la base, se dirigeant un peu en arrière, puis eu dehors, et forment une large spirale qui ramène la pointe en dedans. Barbe courte, ne couvrant que le menton et se recourbant en avant.

Pelage modérément long, d'un brun-jaune foncé, sauf la barbe, la pointe de la queue, la face antérieure des pattes de devant et de derrière, qui sont noirs; une tache blanche aux fesses à la racine de la queue. Cornes d'un noir olivâtre.

Hauteur au garrot 0 m., 96; long, des cornes (en suivant la courbe), jusqu'à 0 m., 97.

Habitat. — Chaîne du Caucase dans sa moitié Orientale, du Daghestan à Kasbeg.

Remarque. — C'est l'espèce qui par la forme de ses cornes et son apparence générale se rapproche le j^lus du genre Ovis, dans lequel Blyth l'avait j^lacée.

Genre Ovis L., 1758.

Caractères. — Cornes grandes et contournées en spirale, mais non tordues sur leur axe, chez le mâle; petites et à simple courbure chez

les femelles (nulles chez l'espèce d'Europe); ces cornes régulièrement annelées, sans noeuds, dans toute leur longueur. Pas de barbe au menton. Pas de mufle; le museau poilu sauf un petit espace nu au pourtour des narines et entre les narines. Queue courte, tombante. Les auti'es caractères et notamment les caractères crâniens et dentaires comme dans le genre Capm.

Formule dentaire du genre Capra.

Ovis musimon (Pallas).

Aegoceros musimon, Pallas, Zoogr. Ross. -As., I, 1811, p. 230; Ovis musimon, Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 471; Lvdekker, Oxeo. Sheep and Goats, 1898, p. 154, pi. XII.

Cornes du mâle recourbées en arrière et formant un demi-cercle sans spirale marquée, mais divergeant dès leur base, régulièrement annelées. D'ordinaire la femelle est dépourvue de cornes. Pelage ras et serré en été, plus long en hiver, surtout à la poitrine, recouvrant une bourre très fournie. Dessus d'un roux-brun qui passe au brungris sur la tête; une large tache blanchâtre, en forme de tapis de selle, sur les flancs du mâle; dessous du cou, devant des pattes, une ligne étroite sur les flancs et queue noirs. Dessous, parties latérales et postérieures des jambes et fesses blanches. Les femelles et les jeunes n'ont pas la tache blanche des flancs.

Long, tête et corps 1 m., 03; queue 0 m., 09; hauteur au garrot 0 m., 70; long, des cornes (en suivant la courbure) 0 m., 87; écartement à la pointe 0 m., 42.

Habitai — Iles de Corse et de Sardaigne, dans les montagnes.

Remarque. — Lydekker (Field, t. 109, p. 956. et t. 110, p. 147, 197 [1907]), a distingué plusieurs races dans cette espèce, sans leur donner de nom.

Genre Bison H. Smith, 1827.

Bos, p. L. et Auct.

Caractères. — Formes lourdes avec le garrot très élevé, l'encolure courte et très épaisse, portant une crinière dorsale s'étendant à plat sur le front, et une crinière sous le fanon s'étendant jusqu'au menton. Un muffle large. Queue longue, à touffe terminale. Cornes lisses, à courbure simple en demi-cercle, à pointe dirigée vers le haut et un peu en dedans, présentes dans les deux sexes. Q Q 3 3 3 3

Formule dentaire: L-. — -, Fm. - — ~, M.- — ^ = 32 dents. 4: — 4 o — o o — o

Remarque. — Hilzheimer estime, d'après la comi^araison des crânes, que le Bison de Lithuanie et celui du Caucase différent par des caractères de même valeur que ceux sur lesquels on a fondé les espèces fossiles pliocènes et pleistocènes; Bison sivalensis, B. priscus, etc.

Bison bonasus (L.)

Bos bo7iasus et B. bison, Linné, Svst. Nat., 1766, I, p. 99, nos 2 et 3; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 492, fig. 268; Lydekker, Oxen etc., 1898, p. 64, pi. V; Hilzheimer, Jahresh. Ver. Vaterl. Naturk. Wiirtt., 1909, p. 246, pi. VII, fig. 5 (crâne); Noack, Zool. Anz., 1905, p. 749, avec fig. p. 752.

Caractères crâniens indiqués par Hilzheimer (loc. cit.). — Pelage d'un brun châtain uniforme, à peine plus foncé sur la crinière; dessous de la même couleur; touffe de la queue noire. — Pelage d'hiver, surtout la crinière, plus long et plus épais. La femelle a la crinière moins étendue et les cornes plus grêles.

Les cornes du mâle, sur le crâne, ont un noyau osseux plus long mais plus grêle que celui de l'espèce suivante.

Long, tête et corps 3 m.; hauteur au garrot I m., 90.

Habitat. — Dans l'Antiquité et au Moyen-Âge toute l'Europe Centi-ale et Occidentale; aujourd'hui ne se ti-ouve plus qu'en Lithuanie (forêt de Bielowitza dans le gouvernement de Grodno), où il est protégé par le gouvernement Russe, et dans quelques grands parcs appartenant à des particuliers.

Remarque. — La figure d'Herberstain, reproduite par Noack (loc. cit.), représente un Bison de Lithuanie (du XVe Siècle) avec une forte barbe, des touffes de longs poils aux épaules, et des cornes presque verticales (après la courbure), la pointe un peu en dehors (et non en dedans comme chez B. americamis).

Bison caucasiens Hilzheimer.

Bison bonasus, part., Lydekker, Oxen, 1898, p. 64, fig. p. 76 ; Bison caucasicus, Hilzheimer, Jahresh. Ver. Vaterl. Naturk. Wiirtt., 1909, p. 250, pi. VII, la et Ib (crâne).

Caractères crâniens indiqués par Hilzheimer (loc. cit.) : particulièrement la forme de l'os lacrymal, triangulaire comme chez Bison americanus (et non aminci en avant et à bord inférieur concave comme chez B. bonasus); par ces caractères, le Bison du Caucase forme la ti'ansition entre B. bonasus et B. americanus. Les cornes sont plus horizontales, et plus écartées à leur pointe.

Le pelage n'est pas décrit, mais est vraisemblablement le même que celui de B. bonasus, et la taille est sensiblement la même.

Habitat. — Caucase Ouest (dans les districts de Laba et de Bjellaga), oii il est protégé par le gouvernement russe, avec défense de la tuer ou capturer sans une permission spéciale.

Remarque. — Dans ce Conspectus qui ne traite que des animaux sauvages, il n'y a pas lieu de décrire le Boeuf musqué arctique (Ovibos moschatus), qui a vécu autrefois en Europe, mais ne se trouve plus même en Sibérie, ni le Boeuf blanc (Bos scoticus), des parcs de la Grande Bretagne, qui descend très vraisemblablement d'une race domestique redevenue sauvage, non plus que le Buffle (Buffélus bubalus), importé d'Asie dans l'Europe méridionale-orientale, comme animal domestique.

Ordre des Cetacea.

Toutes les familles de cet Ordre sout représentées eu Europe, sauf les Platanistidae.

Famille des Delphinidae.

Genre Tursiops Gervais, 1855.

Delphinus, p., Auct.; Tursio Gray.

Caractères. — Rostre modérément allongé, déclive et moins

nettement séparé du front que dans le genre Delijhinus proprement

dit. Tête osseuse à symphyse de la mandibule courte, à palais non

canaliculé. Dents grosses et fortes, au nombre de 21 à 25 paires à

chaque mâchoire, ayant de 6 à 7 mm. de diamètre antéro-postérieur,

coniques quand elles s'enti'e-croisent, à couronne usée quand elles

s'opposent (ce qui parait indépendant de l'âge). Les autres caractères

comme dans le genre Delphinus.

Formule dentaire (variable), de — — ^ à -; — ~ = 84 à 100 dents.

Tursiops truncatus (Montagu).

DelpMnus truncatus, Montagu, Mem. Wern. Soc, 1821, III, p. 73; True, Proc. Acad. Philad.. 1903, p. 313; Tursiops tursio, Grervais, Mamm., II, 1855, p. 323; Ostéog. Cet., 1880, pi. 24, 25: Flower. Trans. Zool. Soc. Lond., 1880. XI, part. 1. pi. I; id., P. Z. S., 1883, p. 478, 512, fig. 5; True, Bull. U. S. Nat. Mus., NO 36, 1889, p. 32, 158, pi. 8, fig. 1, 2; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 581; Schlegel, Zoogd. Nederl., 1870, p. 86, pi. 12; Elliot, Field Columb. Mus., 1901, II, p. 29, pi. 9. fin. 2; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 345, pi. fig. 2 et pi. en face p. 320, fig. 2.

Taille grande. Corps cylindrique, queue peu déprimée, les nageoires pectorales arquées, la dorsale grande, largement échancrée eu arrière. — D'un noir intense avec une bande ventrale étroite, gris clair chez le mâle, blanc pur chez la femelle, sans démarcation entre les deux couleurs. Une tache grisâtre, arrondie, au-dessus de l'œil. Le rostre est plus large à la base chez la femelle. — Diffère de la sous-espèce suivante (T. t. obtususj par ses dents coniques, son rostre plus comprimé (sur le crâne).

Long, totale 3 m. à 3 m., 10; pectorales 0,40; hauteur de la dorsale 0,21; larg. de la caudale 0 m., 60.

Habitat. — Océan glacial arctique, Atlantique, Mer du Nord, Manche, Méditerranée, Mer Noire (côtes d'Ecosse, Angleterre, Suède, Danemark, Baltique, France etc.). Pris tous les ans dans le bassin d'Arcachon; remonte les fleuves: Elbe, Tamise, Gironde. Semble cosmopolite, mais on en distingue plusieurs sous-espèces.

Tursiops truncatus obtusus (Schlegel).

Delphinus tursio obtusus, Schlegel, Zoogdier. van Nederl., 1870, pi. 13.

Corps plus trapu que celui du type; nageoire dorsale plus haute et à peine échancrée en arrière. Crâne à région rostrale plus large, moins comprimée que chez T. tursio; il en résulte que la symphyse mandibulaire est plus courte, et les dents, au lieu d'alterner, s'opposent l'une à l'auti-e et sont tronquées jusqu'à la base, par suite de l'usure de la couronne.

Taille peu différente de celle du type.

Habitat. — Côtes de la mer du Nord (Hollande) et Atlantique (crâne du Musée de Brest).

Tursiops parvimanus Van Beneden.

Tursiops parvimanus, Van Beneden, Ann. Mus. Belg., 1886, XIII, p. 100; Liitken, Dansk. Vid. Selsk. Skr. 1887, VI, p. 391; id., Ann, Nat. Hist., 1888, II, p. 182.

Taille plus petite que celle de T. truncatus, mais lui ressemblant par la forme du crâne et des dents. Les différences sout, sur le squelette, dans la forme du sternum et le nombre des phalanges des doigts. C'est ici le troisième doigt (et non le second) qui est le plus long: le nombre des phalanges, du 1®^ au 5® doigt, est 2, 6, 8, 3, 1 (au lieu de 1 à 2, 7 à 9, 6 à 7, 2 à 3, 1 à 2 chez T. truncatns).

Habitat. — Mer Adriatique (Trieste); fondé sur un seul spécimen du Musée de Copenhague.

Genre Sténo Gray, 1846.

GlyphidelpMs, Gerv., DdfMnorlxynciius p., Auct. et Trouessart, 1885.

Caractères. — Rostre allongé, comprimé latéralement mais non étranglé ou bridé en avant de la région frontale; symphyse de la mandibule allongée. Dents à couronne rugueuse, au nombre de 80 à 140, plus grosses que celles des Dauphins proprement dits. Palais

présentant de chaque côté un sillon longitudinal. Nageoires falciformes, dorsale plus longue que haute, échancrée en arrière.

Formule dentaire : ^ — ^ à ~ — -^ := 84 à 142 dents.

La première formule est celle du Sténo rostratus, la seconde celle du St. santonicus.

Sténo îrontatus (Cuvier).

Deljihinus frontatus, Cuvier, Oss. foss., Ed. 2, 1823, V, p. 278 et 400 (partim); Flower, P. Z. S., 1883, p. 484; Delphinus rostratus, Desmarest (nec Shaw), [ex Cuvier], in Nouv. Dict., 1817, IX, p. 160; Mamm., 1822, p. 515; Delphinus bredaensis, Lesson, 1828; Stetio rostratus et frontatus, Gray, 1846 et 1868; Grlypliidelpliis rostratus, Gervais, Ostéog. Cet., 1880, p. 594, pi. 37, fig. 8 — ^11; Delphinorhynchus rostratus, Trouessart, Mamm. de France, 1885, p. 306, fig. 126; Sténo rostratus, Van Beneden, Cétacés d'Europe, 1889, p. 615.

Dessus et flancs d'un noir de suie; dessous d'un blanc rosé. — La tête est courte et petite avec le cou assez allongé; l'œil est placé au-dessus et un peu en arrière de la commissure des lèvres (Espèce encore mal connue et dont la synonymie est ti'ès embrouillée).

Dimensions un peu supérieures à celle du Delphimis delpkis, c'està-dire de 2 m. 50 à 2 m. 70.

Habitat. — Océan Atlantique: captures sur les côtes de France (Brest), et dans la mer du Nord (Hollande, embouchure de l'Escaut). C'est probablement une espèce pélagique et cosmopolite.

Sténo santonicus (Lesson).

De^ihinus santonicus, Lesson, Act. Soc. Linn. Bord., 1841, XII, p. 15, pi. 2, fig. 1; Fischer, Act. Soc. Linn. Bord., 1881, p. 119; Sténo santonicus, Gray, Fischer.

Dessus d'un noir intense; dessous d'un blanc satiné. Corps fusiforme; œil touchant presque la commissure labiale. Dorsale placée un peu au delà du milieu du corps, recourbée en arrière.

Long, totale 1 m. 84.

Habitat. — Océan Atlantique (un seul individu pris en rade de l'île d'Aix, à l'embouchure de la Charente).

Remarque. — Le nombre des dents (142 au lieu de 84 ou 88), s'oppose à ce que l'on identifie cette espèce avec la précédente.

Genre Delphinus L., 1758.

Caractères. — Kostre allongé nettement séparé du front par un étranglement en forme de visière; dents minces et nombreuses (plus de 120); palais présentant de profonds sillons latéraux. Nageoires

pectorales moyennes, étroites, falcif ormes ; le second et le troisième doigt bien développés, les autres rudimentaires. Nageou'e dorsale échancrée en arrière; queue oplatie.

Formule dentaire: -rx — 77: à -- — —-=160 à 206 dents. 42 — 42 50 — 50

Le dents sont coniques, minces, pointues, un peu recourbées en arrière, serrées les unes contre les autres, et occupant toute la longueur des mâchoires.

Delphinus delphis L.

DelpMnus delphis, Linné, Syst. Nat., 1758, p. 77; 1766, id. 108; Blasius, Fauna Lents., 1857, I, p. 516, ûg. 277; Fiower, Trans. Zool. Soc, XL pi. I; id., P. Z, S., 1883, p. 501, fig. 9; Gervais, Ostéog. Cet., 1880, p. 600, pi. 60; Fischer, Act. Soc. Linn. Bordeaux, 1881, p. 127, pi. 4 à 6; Van Eeneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 155; Millais, Mamm. Great-Brit., III, 1906, p. 343, pi. en face p. 320 et 344.

Couleurs très variables, chaque troupe paraissant avoii' un mode de coloration particulier: généralement noir dessus, gris sur les côtés, blanc pur sous le ventre, et présentant d'ordinaire, sur les flancs, une bande foncée souvent interrompue ou subdivisée en' plusieurs bandes.

Long, totale: 2 m. à 2 m., 50; pectorales 0 m., 30; hauteur de la dorsale 0 m., 18; largeur de la caudale 0 m., 45.

Fischer, d'après Lafout, distingue les variétés suivantes:

1. Delphinus d. fusus (Lafont) Fischer, 1. c. pi. IV, fig. 1. — Une large tache fauve sur les côtés, s'étendant de l'œil jusqu'au-dessous de la dorsale; une tache grisâtre lui fait suite jusque sur la queue; enfin une bande jaunâtre va de la lèvre inférieure à la pectorale.

2. Delp/mius, d. souverhyanus (Lafont) Fischer, 1. c. pi. IV, fig. 2. — Semblable à la variété précédente, mais la tache jaunâtre plus étroite et traversée par une ligne, en forme de bride, d'un blanc argenté; la bande qui va des lèvres à la pectorale est noire, ainsi que le rosti-e, dessus et dessous; le ventre est grisâtre, de telle sorte qu'il ne reste plus sur les flancs qu'une bande blanche en arrière de la pectorale.

3. Delphinus d. vanegatus (Lafont) Fischer, 1. c. pi. VI, fig. 1. — Une bande noire oblique s'étend du niveau de la dorsale à la racine de la queue; une deuxième bande noire, plus étroite au-dessous de la précédente; eu avant une bande grise, surmontée d'une bande blanche, partant des lèvres et se dirigeant en arrière.

4. Delphinus d. halteatus (Lafont) Fischer. — Semblable au précédent, mais la bande noii*e oblique est moins marquée, et la deuxième bande manque.

5. Delphinus d. moschatus (Lafont) Fischer, 1. c. pi. V, fig. 1, 2. — •■ Pas de tache fauve, mais une large tache grise s'étendant sui* les flancs, avec des bandes plus ou moins marquées. — Les variétés précédentes pourraient se réduire à deux: Dauphin îi flancs fauves (1 à 4) et Dauphin à flancs gris (5), dont se rapproche la variété suivante:

6. Delfhinus d. mediterraneus Loche. — Dos noii', ventre blanc; une longue bande noire allant de l'œil à la racine de la queue; deux autres ligues noii'es plus petites, l'une allant du cercle noir de l'œil à la bouche, l'auti-e allant rejoindre la pectorale.

Habitat. — Espèce cosmopolite: signalée dans toutes les mers d'Europe: Atlantique, Méditerranée et mers secondaires, jusque dans la mer Noire.

Delphinus delphis major Gray.

Delphitms major, Grray, Catal. Cet. Brit. Mus., 1866, p. 396; Flower. List. Cet., 1885, p. 26; True, Bull U. S. Nat. Mus., N» 36, 1889, p. 49.

Voisin de I>. delphis, mais beaucoup plus grand (le crâne ayant un quart en plus de longueur totale). N'est connu que par un ou

deux crânes présentant la formule dentaire y^^-

Habitat. — Océan Atlantique (côtes du cap Finistère).

Remarque. — True (loc. cit.) estime que cette forme n'est basée que sur des spécimens de grande taille de D. delphis.

Genre Prodelphinus Gervais, 1880.

Delphinus., p. Auctorum; Clymene et Clymenia, Gray.

Caractères. — Kostre allongé, séparé du front par un étranglement en forme de visière, généralement large et aplati. Pas de sillons latéraux au palais. Symphyse de la mandibule courte. Dents petites, pointues, au nombre de 120 à 200. — Nageoires pectorales falciformes; la dorsale triangulaire ou falciforme, échancrée en arrière. Le reste comme Delphinus.

Formule dentaire: ^r^ — ^ à — — — = 120 à 200 dents. 30 — 30 50 — oO

Prodelphinus euphrosyne (Gray).

Delphinus eiiphrosyne, Gray. Zool. Ereb. and Terr.. 1846. p. 40. pi. 22; id., Synopsis, 1868, pi. 22; True. Bull. U. S. Nat. Mus., N» 36, 1889. p. 63. 163, pi. 15, fig. 1, 2. — D. styx Gray, 1846; Delphinus tethyos, Gervais, Bull. Soc. Agr. Hérault, 1853. p. 150. pi. I; id.. Ost. Cet.. 1868, p. 601, 604, pi. 38. fig. 2; Van Beneden, Cet. d'Europe. 1889. p. 193; Delphinus niarginatus, Pucheran, Rev. Zool., 1854, p. 547; 1868, 545, pi. 25 ; Eiscber, Act. Soc. Linu. Bord,, 1881, p. 150; Trouessart, Mamm. de France, 1885, p. 299.

Dessus noir, dessous blanc, sauf la mâchoire inférieure et la région des organes génitaux à la queue, qui sont noires. Tour de l'œil noir; de son angle postériem* part une bande noire, bordée en-dessus de blanc, qui s'amincit à ses deux extrémités; la bande noire dépasse un

peu en arrière la région génitale. Une deuxième bande noire va obliquement de l'œil à la nageoire pectorale; enfin, de la bande noire des flancs part une petite bande noire oblique qui traverse la ventre en avant des parties génitales. Pectorales noires bordées de blanc en avant. — Dents au nombre de 180 à 184.

Long, totale 2 m., 09; nageoire pectorale 0 m., 305.

Habitat. — Atlantique, Manche, Mer du Nord (Charente Inférieure, Dieppe, estuaire de la Seine, embouchure de l'Elbe).

Prodelphinus dubius (Cuvier).

Delphinus dubius, G. Cuvier, Ann. Mus., 1812, XIX, p. 249; F. Cuvier, Mamm., pi. 427; Gervais et Van Ben., Ost. Cet, 1868, p. 604; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1869. p. 201 (connu par le crâne seul); Delphinus frenatus, F. Cuvier, Mam., 1825, pi. 426 (jeune); id., Hist. Nat. Cet., 1836, p. 155, pi. X, fig. 1; Gerv. et Van. Ben.. Ost. Cet., 1868. p. 604. pi. 38; True, Bull. U. S. Nat. Mus., NO 36, 1889, p. 68. 166. pi. 19 et 20; Delpliinus cloris, Gray. Zool. Breb. Terr., 1846, p. 39, pi. XX; Liitken, Dansk. Vid. Selsk. Skrift., V, p. 31.

Couleurs variables. Dessus et nageoires foncés, flancs plus clairs, dessous blanc. Les flancs portent des taches foncées ti'ès serrées dont les plus petites sont en forme d'étoiles; les nageoires pectorales et dorsales ont de petites taches. — Variété 1. Dessus gris verdâtre nettement séparé du blanc du dessous; une ligne foncée allant du museau à la pectorale, au-dessous de laquelle sont des lignes et taches foncées. — Variété 2. Dorsale haute, pointue; dessus noir, les flancs marqués de petites taches blanches; le bas des flancs gris noirâtre, formant une bande en croissant oblique de l'anus au dessus de la base de la queue (c'est D. punctata de Gray). — Jeune 3. Plus ti'apu, dorsale triangulaire; pectorales étroites. Dessus noir, plus clair sur les flancs. Dessous blanc jusqu'au milieu de la queue. Tête grise sur les côtés; une bande foncée allant de l'angle de la bouche jusqu'au-dessous

oe oQ

des yeux (type de D. frenatus F. Cuv.). — Dents ^^ = 150.

Long, totale 1 m., 87 (chez l'adulte).

Habitat. — Océan Atlantique (espèce pélagique; côtes de France (Brest); le type de D. frenatus (jeune) est de l'Océan Indien.

Genre Lagenorhynchus Gray, 1846.

Caractères. — Rostre modérément allongé, déclive, sans ligne de démarcation avec le front, aplati. Dents petites, au nombre de 104 à 140.

, . , . 26-26 . 35—35 ,., - ,,^ , , Formule dentaire: —-, — — :. a — — -- = 104 a 140 dents. 2b — 26 00 — do

Lagenorhynchus acutus Gray.

Delphinus acutus, Gray, Spicil. ZooL. 1828. p. 2. — Lagenorhynchus acutus, Gray, Zool. Ereb. and Terr., 1846. pi. 12; Flower. P. Z. S., 1883. p. 490, fig. 8; True, Bull. U. S. Nat. Mus., N» 36. 1889, p. 85. 169. pi. 23; Van Beueden, Cétacés d'Europe, 1889. p. 553; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906. III, p. 337, pi. fig. 3; Turner, Ann. Scot. Nat. Hist. Soc, 1906, p. 59; Hart. Zoologist, 1907, XI, p. 352; Delphinus eschrichti, Schlegel, 1841; IJ. leucopleurus, Rasch, 1843; D. arcticus, Gray, 1868.

Forme assez trapue, fusiforme; rostre très court mais bien séparé du front sur les côtés; pectorales larges à la base avec l'extrémité pointue; dorsale grande et haute, fortement échancrée en arrière; caudale grande.

Dessus et nageoires noirs; côtés de la tête et du corps gris.

Sur le dessus des côtés de la queue, le gris passe au jauuâti-e obscur;

sur les flancs, au-dessous de la dorsale, une bande blanche courte,

entre le noir du dessus et le gris des côtés. Une étroite ligne noire

lui fait suite, s'étendant jusqu'à la queue; une autre ligne noire, peu

marquée, va de la pectorale à l'œil qui est entouré d'un cercle noir,

envoyant quelquefois un prolongement linéaire jusqu'à la bouche. Anus

entom-é de noir. La queue est blanche à sa base médiane et le ventre

est de la même couleur. Dents ^^^ — ^ = l'^-

Long, totale 2 m., 51; pectorales 0,33; dorsale 0,33; largeur de la queue 0,63.

Habitat. — Atlantique Septentrional et Mer du Nord (captures sur les côtes de l'Ecosse et des îles Feroë, Orcades, Norvège, îles Lofoden, baie de Christiaua, côtes de Hollande).

Lagenorhynchus albirostris Gray.

Lagenorhynchus albirostris, Gray. Aun. Nat. Hist., 1846, XVII, p. 84; id., Zool. Ereb. and Terror. I. p. 35; Mûrie. Journ. Linn. Soc. ZooL. XL p. 141, pi. 5; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 597; Liitken, Dansk. Vid. Sels. Skr.. 1887, VI, pi. 2; True, Bull. U. S. Nat. Mus.. N» 36, 1889, p. 94 et 171, pi. 26. fig. 1 et 2; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 539; Millais. Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 343, pi. en face p. 337, fig. 4, pi. en face p. 340, fig. 4; Sim. Zoolog.. 1904, VIII, p. 383; Campbell. Ann. Scott. Nat. Hist., 1907, p. 65; DelpMnus ihsenii, Eschricht, 1858.

Formes plus trapues que celle de l'espèce précédente le rostre plus obtus, les nageoires semblables, mais les pectorales plus larges. — Dessus noir, mais le bec et le tour des lèvres blancs, nageoires noires; côtés d'un gris noirâtre; dessous blanc. Trois taches allongées blanchâti-es sur les côtés, l'une au-dessous de la base de la dorsale, la seconde à l'aiselle de la pectorale, la troisième en arrière de l'insertion postérieure de la dorsale, toutes ti'ois nuancées de noir, de gris et de brun. Une quatrième tache claire sur la ligne médiane en arrière de l'évent, et

une cinquième entre la dorsale et la queue. Dessous de la queue

Qfi ofi

grisâtre. Les taches sont souvent peu distinctes. Dents ^ — ^- Les

dimensions suivantes sont d"uu mâle jeune.

Long. tôt. 1 m., 66: pectorales 0,30; dorsale 0,15; largeur de la queue 0,38. — L'adulte peut atteindre 3 m. de long, totale.

Habitat. — Atlantique Nord, Baltique, Mer du Nord, Mer d'Irlande,

Océan Glacial arctique (Iles Feroë, Ecosse, Hollande, Kiel, etc.).

Genre Phocaena Cuvier, 1817.

Delphis, p., L.

Caractères. — Tête arrondie avec le rostre obtus; dents au nombre de 25 paires à chaque mâchoire, à couronne dilatée, comprimée, en forme de bêche, séparée de la racine par un étranglement marqué. Nageoires pectorales moyennes, ovales, à peine falciformes; le second et le troisième doigts sub-égaux, les deux autres bien développés mais plus courts. Nageoire dorsale triangulaire, beaucoup moins haute que sa longueur basale, un peu échancrée en arrière.

Formule dentaire: ^- — -—=100 dents.

Phocaena phocaena (L.)

Delphinus phocaena, L., Syst. Nat., 1758, p. 77; Phocaena communis, Cuvier, Regn. Anim., 1817, p. 279; Lesson, Manuel Mamm., 1827, p. 413; Flower. P. Z. S., 1883, p. 471, fig. 2, et p. 505; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 570, pi. 56; Fischer, Act. Soc. Linn. Bord., 1881, p. 163, pi. 6, fig. 2 et pi. 7; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 413; True, Bull. U. S. Nat. Mus., No 86, 1889, p. 118 et 179, pi. 35; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, 111, p. 820, pi. en face p. 325.

Tête bombée et arrondie sans rostre distinct; pectorales larges, ellipsoïdales; dorsale triangulaire, faiblement échancrée en arrière. — Dessus noir passant au gris de fer sur les flancs; dessous blanc, sans limite précise entre ces trois teintes. Bord antérieur de la dorsale garni d'une rangée de petit tubercules. Nageoires noires avec une ligne de même couleur allant de la base de celles-ci à la commissure labiale. — Plusieurs dents font souvent défaut, réduisant la formule dentaire à 80; la première dent supérieure est petite, presqu'horizontale en avant, séparée des autres et échappe facilement à l'examen sm* l'animal en chair.

Long. tôt. 1 m., 64; pectorales 0,19; dorsale 0,13; largeur de la caudale 0,42.

Habitat. — Océan Atlantique et Manche; commun sur toutes les côtes; remonte les fleuves jusqu'à 40 kilom. de l'embouchure; a été

pris dans la Seine, à Paris. Se trouve daus la Méditerranée et l'Adriatique, bien qu'on ait prétendu le contraire. Est remplacé dans la Mer Noire par l'espèce suivante.

Phocaena relicta Abel.

Phocaena relicta, Abel, Jahrb. Geol. Ileichanst. AVien, 1905, LV, p. 388, 389, fig. 3 et 4; Delphinus jihocaena, Nordm., (part.) in Demidoff, Voy. Russ. Merid., 1840, III, p. 64; Phocaena conimunis Nordm. (part.). Pal. Sud-Russ., 1858, p. 350; Satunin, Zool. Jahrb. Syst., 1896, p. 314.

Semblable à Ph. j-ihocaena par sa forme extérieure et son mode de coloration; dorsale à pointe un pen tronquée, à bord postérieur droit, non échancré. — Diffère de Ph. phocaena par ses caractères crâniens et dentaires: les 5 ou 6 dernières dents sont seules en forme de bêche; les autres n'ont qu'un resserrement insignifiant au collet de la racine, de sorte que l'on passe par une transition insensible de la racine à la couronne, qui n'est plus élargie, mais simplement taillée eu biseau. Les dents de la mâchoire supérieure présentent une forte courbure de leur racine en avant et en dehors, courbure qui forme un demi-cercle complet sur les dents postérieures; les racines sont fortement renflées et fermées à leur partie inférieure. Les dents de la mâchoire inférieure sont droites, mais leur racine est également très épaisse et fermée. La dorsale porte des tubercules sur son bord antérieur comme dans les autres espèces du genre. La formule

dentaire est ^rz — ^- Il existe une carène longitudinale, dessus et

A*i — Au

dessous, en arrière de la dorsale.

Long, totale: 1 m. 37.

Habitat. — Mer Noire (côtes de Crimée), ou il remplace le Ph. phocaena de la Méditerranée.

Remarque. — Par la forme de ses dents, cette espèce se rapproche du Phocaena spinlpennis de l'Atlantique Sud, mais ce dernier n'a que 16 dents en haut et 17 en bas, de chaque côté.

Genre Grampus Gray, 1828.

Caractères, — Tête arrondie, sans bec distinct; nageoires pectorales longues, minces, f alciformes, pointues, insérées très bas ; dorsale grande et haute; corps mince et allongé. Jamais de dents à la mâchoire supérieure même chez les jeunes; celles de la mâchoire inférieure peu nombreuses et placées à la partie antérieure de la mandibule, coniques et fortes.

Formule dentaire - — - = 14 dents.

Le chiffre des dents est réduit, chez certains individus, à 4 et même 3 paires.

Grampus griseus (Cuvier).

DelpMnus griseus, Cuvier, Ann. Mus., 1812, XIX, p. 14, pi. 1, fig. 1; Grampus griseus, Gray, Spicil. Zool., 1828, I, p. 2; Flower, Trans. Zool. Soc, 1872, VIII, p. 1, pi. 1 et 2; JFischer, Act. Soc. Linn. Bord., 1881, p. 195, pi. 8, fig. 2; Grervais, Ostéog. Cet., 1868, pi. 54, 64; Van Beneden, Cétacés d'Europe, 1889, p. 521; True, Bull. U. S. Nat, Mus., N» 36, 1889, p. 125 et 182, pi. 39; Millais, Mamru. Great. Brit., 1906, III, p. 335, pi. eu face p. 310, fig. 1; en face p. 320, fig. 2.

Dessus d'im gris tirant quelquefois sur le noir bleuâtre, ou d'un gris uniforme passant au noir vers la queue; blanc dessous, cette couleur remontant jusqu'aux joues et à la lèvre supérieure, sans ligne de démarcation tranchée entre les deux couleurs. Les flancs portent d'ordinaire des lignes blanches entre-croisées, en forme d'éraflures (paraissant dues au frottement contre des pointes de rochers).

Long. tôt. 3 m., 25; pectorales 0,60; dorsale 0,37 (sur 0,40 de long, basale), larg. de la caudale 0,54.

Habitat. — Atlantique, Mer du Nord, Manche, Méditerranée, Adriatique.

Grampus griseus rissoanus (Desmarest).

Delphinus Rissoanus, Desmarest, Mammal., 1822, p. 519; Fr. Cuvier, Mamm., pi. 431; Grampus Cuvicri, Gray. 1846; Grampus Soaverbianus, Fischer, Act. Soc. Linn. Bord., 1881, XXXV. p. 206 et 210.

Cette forme n'est pas nettement distinguée jusqu'ici du type de l'Atlantique: elle aurait une ou deux dents de moins (soit de 5 à 6 paires) à la mâchoire inférieure. Sur le crâne, le rostre est plus éti'oit, l'espace interorbitaire moins large. Le corps est plus allongé, avec les pectorales placées plus en avant.

Long, tôt.: 3 mètres.

Habitat. — Mer Méditerranée (Nice, etc.)

Genre Globicephalus Lesson, 1828.

Caractères. — Tête arrondie à front fortement bombé (rappelant celui du Cachalot), sans bec distinct, la bouche placée en-dessous; nageoires pectorales très longues et très minces; la dorsale basse, allongée dans le sens du dos, de sorte que l'échancrure postérieure est anguleuse (et non arrondie) ; caudale large. Corps trapu, œil petit, un léger rebord à la lèvre supérieure.

Formule dentaire - — ~ à -- — — = 28 à 44 dents.

Les dents sont grandes et ne se trouvent que dans la partie antérieure des mâchoires.

Globicephalus mêlas (Traill),

Delphinus mêlas, ïraill, Nicholson's Journal, 1809. y». 81, pi. 3; Globicephalus mêlas, Lesson. Compl. de Buffon. 1828, I, p. 441 ; Gervais, Ost. Cet., 1868. pi. 51 à 53 et 63; Schlegel. Zoogd. Nederl., 1870, p. 92, pi. 16; Flower, P. Z. S.. 1883. p. 509, fig. 1, p. 471; Van Beueden. Cet. d'Europe, 1889, p. 491; True. Bull. U. S. Nat. Mus., N" 36, 1889. p. 133. 183, pi. 40; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906. III, p. 329. fig. p. 330, 331, 332; Anthony, Ann. Se. Nat., Zool., Vil, p. 48, fig. 11, 12 et 13; Delphmus glohiceps, Cuvier, Ann. Mus., 1812, p. 14, pi. 1; D. deductor, Scoresby, 1820.

Entièrement noir dessus et dessous, sauf une tache blanche cordiforme à la gorge, qui se prolonge sous le ventre en une bande étroite jusqu'à l'anus. Taille grande.

Long. tôt. 6 à 7 mètres; pectorales 1 m., 67; long, de la dorsale 0 m., 97 sur 0 m., 25 de haut; larg. de la caudale 1 m., 38.

Habitat. — Océan Atlantique, Manche, Méditerranée; espèce cosmopolite qui voyage par bandes nombreuses: 70 individus pris à Paimpol (France, Côtes du Nord, en 1812).

Genre Pseudorea Reinhardt, 1862. Orca, p. Gray; Phocaena p. Owen.

Caractères. — Corps allongé, tête arrondie, large et aplatie avec la bouche largement fendue jusque sous l'oeil; pectorales petites, étroites, falciformes; dorsale petite, courte, échancrée en arrière; caudale étroite, peu échancrée en arrière. Pas de rebord à la lèvre supérieure. Dents gi'andes, peu nombreuses, à racines coniques, insérées dans la partie antérieure de la mandibule.

Formule dentaire: y^r — —- = 36 dents.

Pseudorea erassidens (Owen).

Phocaena erassidens, Owen, Brit. foss. Mamm., 1846, p. 516; Pseudorea erassidens, Reinhardt, Dansk. Vid. Selsk. Forh., 1862, p. 151; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 548, pi. 50, 53; Van Beneden, Cet. d'Europe. 1889, p. 477; True, Bull. U. S. Nat. Mus., NO 36, 1889, p. 143, 186, pi. 44; Elliot, Field Columb. Mus., 1901, II, p. 23, pi. 6, fig. 2; Pseudorea mediterranea, Giglioli, Zool. Auz., 1882, p. 288.

Entièrement noir dessus et dessous, sauf une tache pâle sur le côté et la ligne médiane du ventre, blanchâtre.

Long, totale: 5 à 6 mètres et plus.

Habitat. — Atlantique, Mer du Nord, Méditerranée. Espèce cosmopolite et pélagique, vivant par grandes bandes (plus de 100 individus dans la baie de Kiel); captures isolées sur les côtes du Danemark et dans la Méditerranée.

Genre Orcinus Fitzinger, 1860; Palmer, 1899. Orca, Gray, 1846 (nec Wagler, 1830).

Caractères. — Tête aiToudie à museau uu peu aplati eu avant, mais saus bec distinct; corps trapu; pectorales très larges, courtes, ovales; dorsale haute et longue, un peu échancrée en arrière; caudale large. Dents peu nombreuses, grandes, fortes, coniques, presque droites, non caduques.

Formule dentaire: — j — -r a —- — — = 40 a 48 dents.

11 — 11 ±Ji — VA

Orcinus orca (Fabricius).

Delphinns orca, Fabricius, Fauna Groeul., 1780; Cuviei-, Oss. Foss., VIII, p. 125, pi. 223; Schlegel, Zoogd. Nederl., 1870, p. 87, pi. 14; Orca gladiator. Bonnaterre. 1789; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 536. pi. 46 à 49; Van Beoeden. Mém. Acad. Belg., 1879, p. 1, pi. I; Cétacés d'Europe, 1899, p. 439; True BulL U. S. Nat. Mus.. NO 36, 1889, p. 187, pi. 45 ; Orca orca, Millais. Mamm. Great- Brit., 1906, III, p. 323, pi. en face p. 325, 316, f. 2.

D'un noir bleuâtre dessus, ainsi que les nageoires et le dessus de la queue; dessous d'un blanc jaune, nettement séparé de la couleur du dessus; le blanc remonte en avant jusqu'au-dessous de l'oeil; sur les flancs il dessine une large tache blanche échancraut en croissant le noir du dos entre la dorsale et la caudale, tandis que le noir s'étend sous le ventre en dessous et eu arrière de cette tache; dessous de la caudale blanc jaune. Une tache blanche allongée au-dessus et en anière de l'oeil. — Taille très grande. Dorsale du mâle plus haute que celle de la femelle.

Long. tôt. 5 à 7 mètres; dorsale 1 m., 26 (sur 0,32 de long), larg. de la caudale 1 m. 80.

Habitat. — Océan Glacial arctique, Atlantique et mers intérieures qui en dépendent (Baltique, Mer du Nord, Manche), Méditerranée. Espèce cosmopolite et pélagique, rencontrée par bandes dans tous les Océans.

Orcinus orca duhameli (Lacépède).

DelpJiinus Duhavielii, Lacep.. Cétacés, 1804, p. 314; Fischer, Act. Soc. Linn. Bord., 1881, p. 176; Trouessart, Mamm. de France, 1885, p. 291, fig. 292; Orca minor, Malm, 1869; ? Orca schlegeli, Lilljeborg, 1866.

Dififérerait du type (des mers du Nord) par sa dorsale moins élevée (d'après Fischer). — En outre son mode de coloration serait plus uniforme: dessus noir, dessous blanc, les deux couleurs nettement séparées par une ligne presque droite sur les flancs. Une tache blanche en arrière de l'oeil. (Ces couleurs sont celles du type de Duhamel, qui était un jeune, et ces caractères peuvent tenir à l'âge ou au sexe.)

Long. tôt. 6 m., 16; pectorale 0,97; dorsale 0,91; caudale, largeur 1 m. 34.

Habitat. — Le spécimen type avait été pris sur les côtes de France (Vannes, Départ, du Morbihan).

Orcinus orca eschrichti (Steenstrup).

Orca Eschrichtii, Steenstrup, Dansk. Yid. Selsk. Forh., 1862; Gervais, Ost. Cet., p. 539, pi. 47, fig. 5; Lutken, Dansk. Vid. Selsk. Skr., 1887, IV, p. 391; id., Ann. Nat. Hist., 1888, II, p. 179.

Caractérisé par une tache blanche triangulaire, mais reliée au blanc de la partie inférieure du corps, derrière la nageoii-e pectorale. (La distinction de cette forme, qui présente aussi des caractères crâniens particuliers, reste douteuse).

Taille inférieure à celle du type.

Habitat. — Atlantique Nord (types des îles Féroë).

Genre Delphinapterns Lacépède, 1804.

Béluga, Gray, 1828.

Caractères. — Tête arrondie, sans rostre distinct, séparée du corps

par un léger resserrement en forme de cou. Pas de dorsale. Nageoires

pectorales courtes, orbiculaires. Caudale à peine échancrée eu arrière.

Dents peu nombreuses, implantées obliquement ou irrégulièrement, de

taille inégale.

Formule dentaire: - — ^ = 36 dents.

Delphinapterus leucas (Pallas).

Delphinus leucas, Pallas. Reise Hussl.. 1776, III, p. 85, pi. 74; Delphinapterus leucas, True, Bull. U. S. Nat. Mus., N» 36, 1889, p. 187. pi. 46; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 625; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 314, pi. en face p. 311, &g. 3. — Delph. béluga, Lacép., 1904; Delphinapterus albicans, Brisson; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 531, pi. 42, 64. — Physeter catodon, L., 1766.

Entièrement blanc dessus et dessous. Le jeune est d'abord gris.

Long. tôt. 6 à 7 mètres; pectorales 0 m., 42 sur 0 m., 26 de large.

Habitat. ■ — Océan Glacial arctique (où on le rencontre par bandes) remonte les fleuves assez loin; côtes du Spitzberg, de la Nouvelle- Zemble, Mer Blanche et Mer de Kara; on capture des individus égarés sur les côtes d'Ecosse et dans le Kattegat.

Genre Monodon, L., 1766.

Narvalus Lacépède.

Caractères. — Tête courte et arrondie; pectorales courtes et larges; dorsale rudimeutaire représentée par une crête longitudinale basse. Dentition réduite à une paire de canines dans la mâchoire supérieure, qui restent rudimentaires chez la femelle, et dont une seule (la gauche d'ordinaire), se développe chez le mâle en forme de longue défense, droite, sillonnée en spirale, sortant de la bouche horizontalement et atteignant le tiers de la longueur du corps. Très rarement les deux défenses se développent également, le sillon ayant sa spirale dans le même sens sur les deux dents.

Formule dentaire: - x = 2 dents.

Monodon monoceros L.

Monodon monoceros, L.. Syst. Nat., 1766, I, p. 105; Scoresby, Arct. Reg., II, pi. 15; True, Bull. U. S. Nat. Mus., N» 36, 1889, p. 188, pi. 47; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 523, pi. 42, 45; Vau Beneden, Cet. d'Europe, 1868, p. 643; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 310, fig. 4 et 5 et pi. en face p. 312.

Dessus d'un gris sombre, dessous blanc, les deux couleurs se fondant insensiblement l'une dans l'autre; dos et flancs parsemés de taches rondes d'un gris foncé assez régulièrement espacées, et quelquefois ocellées, c'est-a-dire cernées d'un cercle blanc.

Long, totale 6 m. 40 à 7 m.; pectorales 0,38 sur 0,16 de large; long, de la défense du mâle: 2 m. 50.

Habitat. — Océan Glacial arctique (où on le rencontre en bandes, d'après Brown «par milliers, dent contre dent, queue conti-e queue, comme dans un régiment de cavalerie»). — Spitzberg, Nouvelle-Zemble, mer de Kara, etc. S'égare en hiver sur les côtes d'Europe: captures, à Hambourg d'un spécimen qui avait remonté l'Elbe; sur les côtes des Shetland, d'Ecosse et d'Angleterre.

Famille des Physeteridae.

Sous-famille des Physeteiinae.

Genre Physeter L., 1766.

Caractères. — Tête très grande, en forme de poutre, le front s' élevant verticalement au-dessus de la mâchoire supérieure; mâchoire inférieure très étroite et beaucoup plus courte que le museau ; pectorales

petites, elliptiques, placées en arrière de l'œil; dorsale surbaissée, en simple bosse allongée, placée très en arrière; caudale grande. Le renflement du front soutenu, sur le crâne, par deux crêtes osseuses, dépendant du maxillaire supérieur, et limitant une vaste chambre (où se trouve le sperma-ceti). Pas de dents à la mâchoire supérieure; dents nombreuses à l'inférieure. — Taille des grandes Baleines.

Formule dentaire: ^r^^ — ^ à — — — = 40 à 54 dents.

Physeter macrocephalus L.

Physeter macrocephalus, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 107; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 303; Sanctis, Atti Accad. Lincei, 1881, IX, p. 160, avec 7 pL; Pouchet, Arch. Mus., 1889, I, p. 1, pi. 1 à 8; Yan Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 299; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 283, pi. en face p. 282 et en face p. 288.

Dessus entièrement noir, dessous gris ou blanc. L'évent est unique et présente un orifice lojigitudinal oblique, placé un peu à gauche, à l'extrémité antérieure de la bosse frontale. La mâchoire est complètement cachée sous le museau, s'ouvrant en forme de couvercle de tabatière, et n'est visible, de profil, que lorsque l'animal l'ouvre largement, lorsqu'il est en chasse à la poursuite d'une proie. — Tête énorme, occupant plus du tiers de la longueur totale.

Long, totale 18 à 20 mètres (le mâle); la femelle est notablement plus petite.

Habitat. — Atlantique et mers secondaires, Méditerranée. Espèce cosmopolite et pélagique, vivant par bandes de 20 à 100, sous la conduite d'un vieux mâle (En 1784, bande de 32 individus, mâles, femelles et jeunes, pris dans la baie d'Audierne, Finistère, côte Nord- Ouest de France); captures sur toutes les côtes d'Europe.

Genre Kogia Gray, 1846.

Physeter, p., Blainville.

Caractères. — Museau conique, sans renflement frontal; tête petite, courte, séparée du corps par un étranglement sensible en forme de cou; mâchoire inférieure courte, triangulaire, largement dépassée par l'extrémité du museau. Corps fusiforme, nageoires pectorales elliptiques, pointues; dorsale bien développée, triangulaire, échancrée en arrière; caudale en croissant, largement échancrée. Taille moyenne. — La tête osseuse est très large, avec le rostre très court, obtus et tronqué.

Formule dentaire: - — ^ à -^ — —^ = 20 à 26 dents y — 9 \. — la

Les dents de la mâchoire supérieure sont rudimentaires, réduites à la paire antérieure, ou absentes chez l'adulte; celles de la mâchoire inférieure sont assez longues, minces, pointues, recoui-bées et présentant un revêtement d'émail, insérées dans la partie antérieure de la mandibule.

Kogia breviceps (Blainville).

Physeter hreviceps, Blainville, Ann. Anat. et Physiol., 1838, II, p. 337; Kogia hreviceps, Gray, Zool. Ereb. Terr., 1846, p. 22; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 347, pi. 20, 22; Blanford, Mamm. Ind., 1891, p. 572, fig. 186; EUiot, Field Columb. Mus., 1901, II, p. 479, pi. 50 à 52; W. L. Sclater, Mamm. S.-Afr., II, 1901, p. 188, fig. 142, 143; Benham, P. Z. S., 1902, I, p. 54, pi. 2 à 4; Yves Delage, C.-K Acad. Se. de Paris, 1906, tome 142, p. 558.

Dessus noir, dessous blanc, ces deux couleurs nettement séparées sur les flancs par une ligne droite; le blanc remonte jusque sur la lèvre supérieure et couvre le bout du museau. Nageoires et queue noires.

Long, totale: 6 à 7 mètres, chez l'adulte.

Habitat. — Espèce Cosmopolite et pélagique, signalée d'abord dans l'Atlantique Sud, l'Océan Indien et le Pacifique. Un individu de 2 mètres de long s'est échoué en Janvier 1906, à Roscofl", sur les côtes du Finistère (France). C'est la seule capture signalée, jusqu'ici, en Europe.

Sous-famille des ffi/peroodontinae^).

Fam. Ziphiidae True, 1908,

Genre Hyperoodon Lacépède, 1804.

Anarnacus Lacépède.

Caractères. — Front fortement renflé surmontant un rosti-e bien distinct mais non bridé à sa base; pectorales petites, elliptiques; dorsale placée très en arrière, peu élevée, allongée, de telle sorte que i'échancrure postérieure est profonde; caudale grande. Ouverture des évents en croissant, les pointes eu arrière (c'est-à-dire dans le sens contraire des JJelphinidae). — Deux dents de chaque côté à la mâchoire inférieure, la postérieure beaucoup plus petite et d'ordinaire avortée ou caduque. — Chez les jeunes et les femelles, le front est arrondi, mais moins saillant que chez le mâle adulte, où il devient, avec l'âge, presqu'aussi bombé que chez le Cachalot, bien que le rostre reste

1) Cette sous-famille est désignée d'ordinaire sous le nom de Zipliiinae, mais la règle exige que ce soit le nom de genre le plus ancien (Hyperoodon) qui serve à désigner les groupes supérieurs aux genres.

toujours distinct; chez les vieux mâles il se forme alors une rainure plus ou moins profonde entre le front et le rostre. — Taille grande.

Formule dentaire: ~ — s^"^ dents (chez l'adulte).

Les dents de la mâchoire inférieure au nombre de 12 de chaque côté chez le jeune, s'atrophient à l'exception d'une seule paire à grosse racine et à com-onne conique qui se développe à la mâchoire inférieure, chez le mâle, les auti-es restant cachées dans la gencive.

Hjrperoodon rostratus (Millier).

Delphinus rostratus, Millier, Zool. Dan. Prodr., 1776, p. 7; Delphinus hyperoodon, Schlegel, Zoogd. Nederl., 1870, p. 94, pi. 18; Eyjjeroodon rostratus, Lacépède, Cétacés, 1804, p. 319; Flower, P. Z. S., 1882, p. 722, 726, fig. dans le texte p. 728 et 729; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 341; Bouvier, Ann. Se. Nat., Zool., 1892, p. 259, pi. 7 et 8; îlillais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 297, pi. en face p. 305, fig. 1 et 2: Lagenocetus latifrons, Gray, Zool, Ereb. and ïerr., 1846, p. 27, pi. 4; Delphinus hutskopf, Bonnaterre; Anarnacus groenlandicus, Lacép., 1804.

D'un noir uniforme plus clair sous le ventre (chez le mâle); la femelle d'un gris foncé. Deux sillons sous la gorge. — Les jeunes sont d'un brun-jaune pâle. Le rostre et le front deviennent blancs avec l'âge, et il apparaît une bande blanche autour du cou. — Sur le crâne, les maxillaires portent (comme chez le Cachalot) des prolongements en forme d'ailes, qui, chez le mâle, s'élèvent eu se rapprochant sur la ligue médiane, et donnent au front sa forme renflée. — Les deux dents de la mandibule restent souvent cachées dans la gencive.

Long, totale 7 m. 50 à 10 mêti'es; pectorales 0,95; dorsale 0,55; largeur de la caudale 2 m., 35.

Habitat. — Atlantique septentrional, Manche, Méditerranée: commun dans les parages des îles Féroë; en automne et en hiver vient échouer sur les côtes des îles Britanniques, Norwège, Hollande, France, etc.; plus rare dans la Méditerranée (une capture à Aigues-Mortes).

Genre Ziphius Cuvier, 1823.

Caractères, — Tête arrondie, moins renflée que dans le genre précédent, avec uu bec court et peu distinct du front; nageoires pectorales petites, ovales; dorsale peu élevée et placée très en arrière; caudale grande. Mâchoire inférieure dépassant la supérieure; une seule paii'e de dents implantées à l'extrémité de la mandibule, de taille moyenne, plus grosses que celles de V Hyperoodon et fusiformes. En outre, il existe des dents rudimentaires aux deux mâchoires, mais sans alvéoles, atrophiées, cachées dans la gencive.

Formule dentaire: — - = 2 dents.

Ziphius cavirostris Cuvier.

Ziphius cavirostris, Cuvier, Oss. foss., 2e Ed., V, 1823, p. 353; 4e Edit., p. 233, pi. 228, fig. 3; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 375, pi. 22, fig. 6, 7; Scott et Parker. ïrans. Zool. Soc, 1889, XII, p. 241, pi. 48 à 50; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 365; Forbes, P. Z. S., 1893, pi. 14; Millais, Mamm. Great- Brit., 1906, III, p. 305, pi. en face p. 305, fig. 3; — Z. gervaisi, Duvernoy, 1851; Delphimis desmarestii, Risso, 1826.

Couleur rappelant celle du Grcunpus; d'uu gris d'acier dessus, blanchâtre dessous, avec des lignes blanches irrégulières, paraissant dues à des éraillures de la peau.

Long, totale 6 à 7 mètres; pectorales 0 m., 48: dorsale 0,10; iarg. de la caudale 1 m. 05.

Habitat. — Espèce cosmopolite et pélagique; captures dans l'Atlantique et la Méditerranée (sur les côtes d'Irlande, d'Ecosse, de Suède, de Danemark, de France (Arcachon), assez commun dans la Méditerranée, (Corse, Nice, Messine, etc).

Genre Mesoplodon Gervais, 1850; Flower, 1878. Dioj>locloii, Gervais; Microjyteron, Wagner.

Caractères. — Tête arrondie, relativement petite, avec un rostre allongé, la mâchoire inférieure plus large que la supérieure qu'elle déborde, de telle sorte que les deux grosses dents, implantées dans la mandibule, sortent de la bouche en forme de défenses, de chaque côté de la mâchoire supérieure. Pectorales petites, orbiculaires ; dorsale petite, placée très en arrière; caudale grande et large. — Mâchoire inférieure portant, chez le mâle, une paire de fortes dents coniques, saillantes, suivies de trois autres plus petites et caduques (visibles sur le jeune seulement).

Formule dentaire (jeune): - — -; (adulte) :j — r = 8 puis 2 dents.

La grosse dent du mâle reste très petite chez la femelle.

Mesoplodon bidens (Sowerby).

Physeter bidens, Sowerby, Brit. Mise, I, 1806; Epiodon urganautus, Rafinesque, 1814; Mesoplodon europaeus, Gervais, Ann. Se. Nat., Zool., 1850, XIV, p. 16; id., Ost. Cet., 1868, p. 403, pi. 24; Micropteron Soiverbyi, Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 383; Dloplodon gervaisi, Deslongchamps, 1866; Dioplodon europaeus, Gervais, 1859; Delphimis microjyterns , Sclilegel, Zoogd. Nederl., 1870, pi. 17 (femelle ou jeune); Mesoplodon bidens, Reinhardt, 1880; Millais,' Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 309. pi. en face p. 305, fig. 4; Anthony, Bull. Mus. Paris, 1909, p. 405, pi. VI; Turner, Proc. Roy. Soc, 1909, fig. 1 à 11.

Entièrement noir, plus pâle sur la ligne médiane du ventre; marqué sur les flancs de raies linéaires qui paraissent dues à des érosions de la peau (frottement conti-e des pointes de rochers). — Bien reconnaissable

à ses deux grosses dents qui sortent de la bouche chez le mâle (la femelle et le jeune n'ont que des dents très petites).

Long, totale: 5 à 6 mètres.

Habitat. — Océan Atlantique, Manche et Méditerranée: captures sur les côtes d'Irlande, des Shetland, d'Ecosse, de Suède, de Danemark, de France (Le Havre, Calvados, Manche, notamment à La Hougue en 1909); côtes de Sicile.

Famille des Balaenidae.

Genre Balaenoptera Lacépède, 1804.

Caractères. — Dents remplacées par des lames cornées appelées fanons, à la mâchoire supérieure seulement. Tête allongée, à rostre presque droit du front au bout du museau; fanons courts. Deux évents très rapprochés l'un de l'autre. Des plis ou sillons parallèles sur la gorge et le ventre. Nageoires pectorales moyennes; dorsale petite placée très en arrière. Corps allongé, rappelant la forme du Brochet (Esox luckis), sauf chez B. mui^cuhis qui est un peu fusiforme. — Taille moyenne, plus grande chez cette dernière espèce.

Balaenoptera acuto-rostrata Lacépède.

Balaenoptera acuto-rostrata, Lacépède. Hist. Nat. Cétacés, 1804, p. 114 Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 279, pi. en face p. 278, fig. 2; Balae noptera rostrata, Millier, 1776 (uec Linné, nec Rudolphi); Honter. Phil. Trans 1809, fig.; Gray, Zool. Ereb. and Terr., 1846, pi. I, fig. 3; Synopsis Cet., 1868 pi. 1, 2 et 32; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 146, pi. 12 et 13; Van Beneden, Cet d'Europe, 1889, p. 159; Trouessart, Mam. de France, 1885, p. 321, fig. 132; Bal minor, Knox, 1834; Gervais, 1854; i?rti. wjonrfiwi, Capellini, Mem. Acad. Bologn. 1877, VII, pi. 1 à 4; Bal. borealis, part.. Fischer, 1881; Trouessart, 1885 (Specim. ex Mediterr.).

Dessus d'un gris-brun; le dessous blanc, avec des plis longitudinaux s'étendaut depuis la gorge jusqu'à la région génitale; pectorales d'un gris-brim, avec une large bande blanche en travers, et le dessous blanc; une dorsale élevée et fortement falciforme; les pectorales assez grandes, elliptiques. Le profil du museau est en ligne droite avec le front et le dos, une dépression à peine sensible marquant le cou. Fanons courts, d'un blanc jaunâtre.

Long, totale: 7 m. 50 à 10 m.; pectorales 0 m., 70; dorsale 0,32; larg. de la caudale 1 m., 68; long, des fanons 0 m., 16 à 20.

Habitat. — Atlantique, Manche, Méditerranée; c'est l'espèce la plus commune sur les côtes d'Europe (Scandinavie, îles Britanniques, Mer du Nord, France, Italie, Adriatique, Baltique. Océan Glacial arctique, Spitzberg, mer de Kara).

Balaenoptera borealis Lesson.

Balaenoptera horealis, Lesson, Cétacés, Suites à Buffon, 1828, j). 342; Brandt, Mél. ZooL, 1834, pi. 15, fig. 3; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 198, pi. 10 et 11; CoUett, P. Z. S., 1886, p. 24B, pi. 15 et 16; Van Beneden, Cet. d'Europe. 1899, p. 189; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 274, pi. en face 278,' fig. 1; Balaena rostrata, Rudolphi (nec Fabricius), Abh. Akad. Berl., 1820—21, pi. 1 à 5; Sïbhaldius laticeps, Gray, 1846.

Dessus d'un gris-bleu foncé ou gris-brun, le dessous plus ou moins blanc jusqu'à l'anus, la gorge et le ventre plissés longitudinalement; pectorales d'un gris-brun, blanches dessous. La dorsale liante, falciforme. La tête est relativement plus petite que dans l'espèce précédente, le front un peu bombé, avec une dépression bien marquée en forme de cou. Les pectorales sont moyennes, elliptiques. Les fanons sont noirs avec la frange blanche.

Long, tôt.: 14 à 17 mètres; long, des fanons 0 m., 50.

Habitat. — Océan glacial arctique et Atlantique, Mer du Nord, Zuyderzée, Baltique (îles Loffoden, Scandinavie, Orcades, Ecosse, Angleterre, Hollande, Kugen, Dantzig, France, etc.), N'a pas été vu dans la Méditerranée,

Balaenoptera physalus (L.).

Bahtena physalus, Linné, Syst. Nat., 1766, 1, p. 106; Schlegel, Zoogd. Nederl., 1870, pi. 20; True, Proc. U. S. Nat. Mus.,' 1898, p. 621; id., Smiths. Miscell. Coll., 1903, N» 45, p. 91, pi. 24 à 26; Balaenoptera musculas, Auctorum (nec Linné); Van Beneden, Bull. Acad. Belg., 1857; id. Cet. d'Europe, 1889, p. 211; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 167, pi. 12, 13; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, 111, p. 261, pi. en face p. 248, fig. 2 et 3; pi. en face p. 270 et 272.

Dessus gris-brun ou sépia, le dessous blanc avec la gorge et le ventre plissés longitudinalemeot; pectorales grises, blanches dessous, leur bord antérieur blanc. Fanons ardoisés, veinés, avec la frange jaune pâle, — La tête est relativement petite, avec un étranglement eu arrière du front; les pectorales petites, elliptiques, la dorsale placée très en arrière, peu élevée, la caudale moyenne.

Long, tôt, 20 à 23 m,; long, des fanons 0 m., 93; larg, des fanons à leur base 0 m„ 30.

Habitat. — Océan glacial arctique, Atlantique et Méditerranée (Islande, îles LoJBFoden, mer de Kara, mer du Nord, Kattegat, Manche, côtes d'Angleterre, de France, d'Espagne, de Portugal, Méditerranée, Adriatique) ; pénètre très rarement dans la Baltique et s'arrête au détroit des Dardanelles.

Balaenoptera musculus (L.),

Balaena musculus, Linné, Sys. Nat., 10e Ed., 1758, p. 76 (nec Auct. plurim.); True, Proc. U. S. Nat. Mus., 1898. p. 629, (Balaenoptera musculus). — Balaenoptera sibbaldi, Gray, P. Z. S., 1847, p. 92; 1864 p. 223; Gervais, Ost. Cet., 1868, p. 209, pi. 12 et 13, fig. 25 à 34; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889.

p. 249; Gervais, Miss, du Cap Horn, Zool., I, 1891, pi. 1 et 2; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 248, pi. en face p. 248, fig. 1, pi. en face p. 2.54 et 2.58; Balaenoptera latirostris, Flower, 1865; physalus, Pallas, 1811; gigas, Eschricht, 1849; Sibbaldins borealis, Gray (nec Lesson).

Dessus d'un gris-bleu clair, dessous gris-bruu avec des taches blanches sur la poitrine qui est plissée; pectorales d'un gris-bleu, avec leur extrémité et le dessous blanc; dorsale très basse, allongée en fornae de carène, d'un gris blanchâtre. Fanons noirs dans toute leur étendue, ainsi que leur frange. — Corps fusiforme, le rostre s'abaissant fortement en avant sans trace de cou en amère de la tête, pectorales allongées, étroites, caudale grand; commissure de la lèvre inférieure portant un rebord lobé.

Long, tôt.: 26 à 28 mètres; long, des fanons 0,92 sur 0,60 de large à leur base. (C'est le plus grand de tous les Cétacés après Balaena mysticetus.)

Habitat. ■ — Océan glacial arctique et Atlantique Nord: Islande, Finmark, Ecosse, Baltique.

Genre Megaptera Gray, 1846.

Caractères. — Corps court, renflé, fusiforme; tête grande, large, aplatie, nageoires pectorales très grandes et très longues, placées vers le milieu du corps; plis de la gorge peu nombreux et ne s'étendant pas au-delà de la région pectorale. Taille grande').

Megaptera longimana (Rudolphi).

Balaena longimana, Rudolphi, Abh. Akad. Berl., 1829, pi. 1 à 5: Megaptera longimana, Struthers, Journ. Anat. et Phys., 1887, p. 109; 1888, p. 124, pi. 1 à 6; True, Proc. U. S. Nat. Mus., 1898, p. 634 et suiv. ; Megaptera boops, Auctorum (nec Linné); Fabricius, Fauna Groenl., 1780, p. 36; Gervais, Ost. Cet., 1868, p 116, 120, pi. 10, 11; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 101; Millais, Mamm. Great-Brit., 1906, III, p. 232, pi. en face p. 234, 238, 240.

Tête grande, aplatie, occupant le tiers de la longueur totale. — Dessus d'un noir de jais, dessous blanc ou varié de noii- et de blanc, avec des plis assez espacés dont l'intérieur est rosé ou rouge foncé. Dorsale peu élevée, en fonne de bosse, blanche en arrière. Pectorales très longues et étroites, en forme d'ailes, noires, largement bordées de blanc ou entièrement blanches et blanches dessous. Fanons noirs, y compris la frange. Le dessus et le dessous du rostre, autour de la bouche, ainsi que le bord antérieur des pectorales, portent des tubercules de la grosseur d'une orange sur lesquels se' fixent souvent des Coronules (Coronula diadema).

1) D'après True (Proc. U. S. Nat. Mus., 1898, p. 634), le Mégaptère de l'Atlantique Occidental (côtes de l'Amérique du Nord) est différent de celui de l'Atlantique Oriental, et doit prendre le nom (plus ancien) de Megaptera nodosa (Bonnaterre).

Long. tôt. 13 à 15 mètres; pectorales 3 m. 50 à 4 m; fanons 0,60 sur 0,13.

Habitat. — Océan glacial arctique et Atlantique Nord: Spitzberg, Islande, Finmark, Norvège, Suède (Baltique), embouchure de l'Elbe (Mer du Nord), Ecosse, Shetland, Angleterre, France (Golfe de Gascogne), Méditerranée (un seul cas). L'espèce opère des migrations vers le Sud au printemps ou à la fin de l'hiver.

Genre Balaena L., 1766.

Caractères. — Tête très grosse, comprimée, occupant quelquefois le tiers ou au moins le quart de la longueur totale; la mâchoire supérieure très étroite, garnie de fanons très grands, la mâchoire inférieure très large, munie de lèvres arquées, ti'ès élevées dans leur partie moyenne, de manière à recouvrir les fanons, à commissure très basse, s'étendant jusque sous les yeux. Pas de dorsale. Pectorales courtes et arrondies; caudale très grande. Pas de plis sous le corps qui est parfaitement lisse.

Balaena glacialis Bonnaterre.

Balaena glacialis, Bonnaterre, Cétologie, 1789, p. 3; True, Proc. U. S: Nat. Mus., 1898. p. tJ;-}3; Balaena islandica, Kerr, Anim. Kingd., 1792, p. 3ô7. Balaena biscayensls, Eschricht, O.-R. Acad. Se. Paris, 1858, t. 47, p. 60; 1860, p. 924; Act. Soc Linn. Bord.. 1859; Gervais, Ost. Cet., 1868. p. 90, pi. 7. Holder, Bull. Amer. Mus. JSTat. Hist.. 1883, p. 99, pi. 1 à 4; Van Beneden, Cet; d'Europe, 1889, p. 1. — Balaena australis, Desmoulins. Dict. Class. Hist. Nat., II. 1822, p. 161; Millais, 31amm. Great-Brit., 1906, III, p. 224, pi. en face p. 226 et 228. — Balaena cisardica, Cope, 1865. — Balaena tarentina, Capellini, 1877. — Macleayus britannicus, (rray, 1870.

Tête relativement petite (comparée à l'autre espèce du genre), n'ayant que le quart de la longuem- totale. — Entièrement noir; les fanons noirâtres, plus courts qu ceux de l'autre espèce; lèvre inférieure tronquée en avant, se relevant sur les côtés en demi-cercle et s'abaissant jusque sous l'oeil; la mâchoire supérieure plus courte que l'inférieure.

Longueur totale 15 à 16 mètres; pectorales 1 m., 85; caudale 3 m., 50; fanons 0 m., 30.

Habitat. — Océan Atlantique Septentrional, allant des côtés d'Europe à celles de l'Amérique du Nord en suivant le Gulf-Stream; se montre en Mvej dans le Golfe de Gascogne (autrefois commune dans ce golfe, actuellement très rare). Ile des Ours (son point le plus septentrional), Ecosse, Angleterre, côtes de France, d'Espagne Nord; une seule capture dans la Méditerranée, à Tarente, en 1877. La dernière que l'on ait vue dans le golfe de Gascogne, à Saint-Sébastien, en 1884, n'a pas été capturée.

Balaena mysticetus L.

Balaena mysticetus, Liuné, Fauna Suecica, 1761. Il, p. 16; id., Syst. Nat., 17«B. 1, p. 105; Cuvier, Oss. Foss., V, 1823, pi. 25, 26; Huuter, Phil. Trans., t. 77, p. 371, pi. 26; Scammon, Marine Mamm., 1874, p. 52, pi. 11 et fig. p. 56; Gervais, Ust. Cet., 1868, p. 54, pi. 4 à 6; Struthers, Journ. Anat. Phys.. 1881, p. 141 et 301, pi. 14 à 17; Van Beneden, Cet. d'Europe, 1889, p. 45; Balaena yroenlanclica, L.; Balaena vulgaris, Brisson.

Tête très grande et très grosse, occupant le tiers de la longueur totale; corps court et ramassé; la lèvre inférieure moins arquée que dans l'espèce précédente, la commissure des lèvres se terminant en avant (et non au dessous) de l'oeil. Dessus noir; dessous ne présentant de blanc que sous la mâchoire inférieure et à la région génito-anale. Fanons très grands, noirs.

Long, totale: 18 à 24 mètres et même 33 mètres (d'après Thiercelin); fanons: '2 m. 70 chez le mâle (ils seraient plus longs chez la femelle); il y en a plus de 300 de chaque côte.

Habitat. — Océan Glacial Arctique; ne dépasse pas au Sud le 64" et ne pénètre pas dans l'Atlantique: l'espèce est circum-polah-e (entre le 75^ et le 78® degré); en hiver elle descend jusqu'au 65® degré.

OONSPEOTUS MAMMALIUM EUROPAE.

Page 1