Sous-Genre Thos Oken
Lnjndus Gervais, 1855.
Les Chacals ne diffèrent des Chiens et des Loups que par une taille moindre. Leur carnassière est plus courte.
Canis (Thos) aureus L.
Cauis aureus, Linné, Svst. Nat., 1766, I, p. 59; Blasius. Fauna Deuts., 1857, I, p. 184, f. 112; Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1901, p. 110.
Pelage dessus d'un roux foncé mêlé de gris et de blanchâtre, plus foncé sur le dessus du dos et de la queue, avec un mélange de poils noirs. Dessous et intérieur des membres d'un blanc sale. La face externe des membres et les pieds d'un roux jaunâtre. Au devant de la poitrine une bande transversale d'un jaune brunâtre; une seconde bande moins marquée au cou en avant de la précédente. Le dessus et le pourtour des oreilles sont d'un roux vif, l'intériem* d'un roux blanchâtre. La base des oreilles et les côtés du cou en arrière de celles-ci, d'un roux plus pâle. Le tour des yeux est d'un gris-jaune pâle, la face mêlée de roux et de noir. La queue, à poils longs, est rousse avec le dessus mélangé de gris blanchâtre, le dessous plus roux; une taché noire sur le dessus, correspondant à la glande (|ui se trouve, en ce point, chez tous les Canidés.
Long, tête et corps: 810 mm.; queue 270; pied 160 mm.
Habitat. — Dalmatie (Slano et île de Curzola); forêts au Nord
et à l'Ouest de Constantinople; Kussie Sud, Crimée, Caucase (Terek
et Kuban). De là s'étend dans l'Asie Occidentale, l'Asie mineure, l'Egypte et l'Algérie.
Canis (Thos) aureus moreoticus Is. Geoffroy.
Canis aureus Var. moreotica, Is. Geoffroy, Expéd. de Morée, Sciences Physiques, I, 1835, p. 455, Atlas, pi. I.
Semblable au type, mais le dessus du corps portant uu manteau gris qui rappelle le Chacal à chabraque {Cauis mesomelas), la tête et les pattes conservant seules la teinte rousse du type.
Dessus du corps d'un gris clair, plus foncé sur les épaules, lavé par places de gris foncé sur les flancs et la croupe. Cette teinte grise forme en avant un collier étroit sur la poitrine (jui est blanchâtre. La queue est grise comme le dos; le ventre et l'intérieur des pattes sont d'un gris plus ou moins foncé, cette teinte s'étendaut sur les membres jusqu'au carpe et au talon. Le dessus de la tête et du cou, ainsi que la face externe des pattes, sont roux; le menton et la gorge d'un gris clair.
Taille du type.
Habitat. — Grèce, péninsule de Morée.
Genre Vulpes Brisson, 1756.
Caractères. — Les Renards diffèrent des Chiens, des Loups et des Chacals, en ce qu'ils sont d'ordinaire plus bas sur pattes, avec une queue en massue plus ronde et plus fournie, le museau plus fin, les oreilles plus longues. — Le crâne a le profil frontal droit (et non convexe comme dans le genre Canls).
Formule dentaire (la même que celle du G. Canis).
Les dents sont en général plus faibles que chez les Chiens, en rapport avec l'allongement des mâchoires.
Vulpes vulpes (L.).
Canis vulpes, Liuué, Syst. Nat., 1766, p. 59; Blasius, Fauna Deuts., 1857, 1, p. 191, fig. 114; Canis alopex, L., 1. c, p. 59.
Dessus et face externe des membres d'un roux tirant sur le jaune; dessous et face interne des pattes blancs ainsi que la lèvre supérieure. Queue de la longueur de la moitié du corps, d'un brun-roux dessus, d'un roux-jaune dessous, avec le bout d'ordinaire blanc (mais (quelquefois brun). Oreilles noires en dehors, roux-jaune en dedans. Tour des yeux et dessus du museau roux clair. La ([ueue porte dans son tiers antérieur, en dessus, la tache noire indice de la glande qui s'y trouve. — Le pelage d'hiver est lavé eu dessus de blanchâtre, et peut devenir tout blanc dans le Nord (Canis albns, Schreber).
Dans la Variété alopex L., le roux du dessus est plus foncé; les pieds et le bout de la queue sont noirs (»Renard charbonnier«). — Dans la Var. crucigem Brisson, il y a une raie dorsale noire, les épaules et les pieds sont noirs, le bout de la queue blanc.
Long, tête et corps 610 mm.; queue 370; pied 150 mm.
Habitat. — Toute l'Europe, des Iles Britauniques et de la Suède à la Méditerranée et au Caucase, et de là dans l'Asie septentrionale. Les variétés indiquées ci-dessus ne sont pas locales mais seulement individuelles.
Vulpes vulpes melanogaster Bonap.
Vuljies melanogaster, Bonap., Icon. Fauna Ital., 1832, fasc. 1, pi. I: Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 193.
Pelage du dessus semblable à celui de Vulpes vulpes, mais le dessous (gorge, poitrine, ventre et face 'interne des membres), noirâtre en hiver, blanc en été.
D'après Blasius {loc. cit.), ce mode de coloration se rencontrerait même chez les Renards qui habitent l'Europe centrale (au nord des Alpes), dans le Sud de l'Allemagne et le Sud-Est de la France.
Taille de Vulpes vulpes.
Habitat. — L'Italie et la Sicile, ainsi que la Dalmatie. Vulpes vulpes ichnusae Miller.
Vulpes ichnusae, Miller, Aiin. Nat. Hist., 1907, XX, p. 391.
Taille inférieure à celle des autres formes continentales de Vulpes vuljyes; longueur du pied postérieur et longueur condylo-basale du crâne ayant toutes deux moins de 130 mm. chez le mâle adulte; oreille 60 à 70 mm. Couleur assez foncée.
Face et sommet de la tête roux foncé, devenant plus clair et moins marqué à la base des oreilles et sur le cou, et passant au roux ocreux sur les épaules et le dos. Côtés du cou, face externe du bras et région au-dessous de l'aisselle couleur de cuir tanné. Le poil du dos est gris-chatain à la base, couleur terre cuite à l'extrémité. Les plus longs poils de la tête, des côtés et du dos (en arrière des épaules), fortement tiquetés par suite de la présence d'un anneau subterminal d'un blanc jaune (de 5 mm.), avec la pointe rougeâtre. Pieds et jambes d'un roux ocreux, légèrement lavé de noirâtre et un peu tiqueté de blanc jaune. Queue comme le dos à sa base, le roux ocreux passant graduellement au gris flave jusqu'à l'extrémité d'un blanc flave, les longs poils ayant un anneau subterminal noir (de 30 à 40 mm.), sauf à la touffe terminale. Face ventrale en avant des bras d'un blanc flave teinté de brun et devenant presque blanc sur le milieu de la poitrine. Le reste du dessous est un mélange de brun et de flave foncé, cette dernière teinte prédominant latéralement. — Crâne plus petit que celui de V. vulpes.
Long, du pied postérieur 123 mm.; long, condylo-basale du crâ,ne 129; larg. zygomatique 78 mm.
Habitat. — Ile de Sardaigue.
Remarque. — Par sa petite taille, ce Renard se rapproche de celui de Crête, mais il conserve la couleur vive et foncée du Renard d'Europe tandis que le pelage de celui de Crête passe au flave ocreux beaucoup plus pâle, et se rapproche sous ce rapport du V. hulufiis de (Jhypre.
Vulpes vulpes silaceus Miller.
Vul])es vulpes silaceus, Miller, Anu. Nat. Hist., 1907, XX, p. 393.
Semblable au Renard de l'Europe centrale, mais le roux du pelage remplacé par du flave, de l'ocre, et du grisâtre.
Tête et face d'un ocre brûlé passant au flave jaunâtre en arrière des oreilles et au roux foncé plus vif autour des yeux ainsi qu'entre les yeux et la base des favoris; dessus du museau d'un flave ocreux; front, depuis les yeux, et joues en arrière des yeux fortement teintés de blanc crème qui disparait et passe au flave ocreux derrière les oreilles; poils du bord externe et de la face intérieure de l'oreille d'un flave crémeux pâle, ceux du bord interne d'un flave clair; face dorsale de l'oreille noirâtre. Dos mélangé de noir, de blanc crème, de rougeâtre, le noir prédominant sur la ligne médiane et entre les épaules, le rougeâtre, de chaque côté de cette ligue ; sur les flaucs, cette dernière teinte passe au flave ocreux clair qui devient blanc crème à la base des pattes de devant et sur les épaules presque jusqu'à la ligne du dos. Pattes d'un flave ocreux brûlé plus foncé que les flancs, avec la pointe des poils noire; pieds un peu plus jaunes que les jambes, fortement lavés de noir en dessus. Queue d'un flave gris clair, teinté d'ocre brûlé comme les pattes, avec ]a touffe terminale blanche, les plus longs poils (sauf à cette toufl"e) ayant une pointe noire (de 20 à 30 mm.), la teinte foncée en résultant plus sensible en dessous; les parties inférieures du corps d'un blanc sale, lavé de noir ardoisé surtout sur le milieu de la gorge et de la poitrine. — Crâne comme celui de Vulpes vulpes.
Long, tête et corps 750 mm.; queue 370; pied 150.
Habitat. — Espagne (provinces de Burgos, Vittoria, Galice, Séville, Alicante).
Vulpes corsac (L.).
Canis corsac, Linné, Syst. Nat.. 1768, III, App.. p. 223; Pallas, Zoogr. Ross.-As., 1831, I, p. 41, pi. IV; Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1907, III, p. 62.
Taille petite, très inférieure à celle du Renard d'Europe, à peine dépassant la taille d'un Chat. Oreilles pointues, couvertes de poils moelleux, d'un gris-fauve à la base, d'un cendré-blanchâtre à la pointe, d'un blanc pur à l'intérieur où le poil est très fourni, surtout à la base.
Dessus du dos d'un fauve pâle (plus pâle en hiver), les poils étant d'un brun-roux dans leur milieu avec l'extrémité d'un gris blanchâtre,
le cou et les flancs flaves, la bouche et la ligue médiane du ventre, du menton à l'anus, blanches. Une raie brune allant des yeux aux narines. Pattes fauves avec les doigts blancs: la plante garnie de poils raides d'un blanc sale. Queue de la longueur du tronc, très touffue, grise dessus avec de longs poils noirs qui dépassent, d"un jaune pâle dessous, sans poils noirs, mais avec la touffe terminale entièrement noire, et la tache noire liabituelle à la base de la queue (Pallas).
Long, tête et corps 500 mm.; queue 260 mm.
Habitat. — Russie Sud à l'Est du Volga, Caucase, et de la dans le ïurkestan où il est très commun.
Vulpes karagan (Erxleben).
Canis karagan, Erxleben, Syst. Regn. Anim., 1777, p. 566; Pallas, Reise, 1771, 1. p. 2B4; Canis melanotus, Pallas (nec Eadde), Zoogr. Ross. -As., 1811, p. 44; Satunin, Mitth. Kaukas. JMus., 1907, III, p. 62.
Souvent confondu avec V. corsac. Sommet de la tête fauve, le tour des yeux roussâti-e, mais les cils noirs. Moustaches noires, avec une tache triangulaire brune de chaque côte du nez, qui est blanchâtre. Une touffe de longs poils blancs en avant des oreilles; oreilles noires à la pointe, lem- bord marqué à la base, en avant, d'une tache blanche et en arrière de roux. Dessus du corps d'un gris-fauve (rappelant la couleur du Loup), les poils étant gris, avec la base cendrée et l'extrémité des plus longs poils noire; sm* les épaules une large tache brunâtre d'où part une bande qui s'étend jusqu'à la queue, et qui est fauve. Une large bande brune, partant du menton, s'étend sous le cou et la poitrine jusqu'à l'ombilic, avec des poils blancs épars; le reste du ventre est blanc. Queue de la couleur du dos avec l'extrémité noire (Pallas).
Taille inférieure à celle du Renard.
D'après Pallas se distinguerait du Corsac par ses oreilles noires à la pointe, rousses à la base (et non gris-blanchâtre).
Habitat. — Russie Sud, au Nord-Ouest de la Mer Caspienne, et de là dans le Tm-kestan et la Sibérie. Beaucoup plus rare que le Corsac, dont la plupart des naturalistes ne le séparent pas spécifiquement. Satunin le considère comme bona species. — Le Cmiis melanotiis de Radde est une autre espèce ti'anscaucasienne (Vulpes alpherakyi Satunin).
Vulpes lagopus (L.).
Canis lagopus, Linné, Syst. Nat., 1766. I. p. 59: Schreber, Sâug., III, p. 262, pi. 93 et 93*; Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist.,'l898, I, p. 287—289.
Pelage d'été d'un bnm-gris bleuâtre (ardoisé) uniforme.
Pelage d'hiver entièrement blanc avec la queue très touft'ue. La plante des pieds garnie de longs poils raides. — La tête a la forme du Chien ou du Loup plutôt que celle du Renard.
D'après Pallas le pelage changerait indépendament de l'influence de la température: il a vu à S'' Petersbourg des Isatis, maintenus dans un local chauffé, devenir en hiver, au moins en partie, blancs, sauf une ligne brune sur le dos.
Les jeunes varient beaucoup: tantôt ils sout d'un gris foncé, tantôt d'un blanc jaunâtre, tantôt marqués d'une ligne dorsale brune et d'une ligne transversale sur les épaules; cette croix disparait à la mue suivante.
Long, tête et corps 600 à 660 mm.; queue 350 mm. — Le type du Continent est d'après Barret-Hamiltou, plus graud ((ue celui du Spitzberg: Crâne, long, totale 13-1 mm. chez les mâles (au moins 126); 124 mm. chez les femelles (au moins 118).
Habitat. — Régions arctiques continentales de l'Europe, Laponie, Russie Nord et de là toute la Sibérie. Dans les îles plus au Nord, remplacé par la forme suivante.
Vulpes lagopus spitzbergensis (Barret-Hamilton).
Canis lagopus spilzhergensis, B.-Hamilton, Aon. Nat. Hist.. 1898, I, p. 287—289.
Taille inférieure à celle des spécimens du Continent. Crâne: long, hasale 109 mm.; plus grande longueur 118,5; plus grande largeur 66; le plus grand mâle atteint au plus 127,5 mm. (longueur totale du crâne), ce qui dépasse à peine la taille des femelles du Continent.
Habitat. — Iles de la Nouvelle-Zemble et du Spitzberg (et régions insulaires voisines, y compris l'Islande, en hiver).
Vulpes lagopus fuliginosus (Mackensie).
Canis lagopiis fuliginosvs, Mackensie. Travels in IslancI, 1812, p. 337; Canis laqoyus (pelage d'été), Robert, in Gaimard. Voy. eu Islande, 1851, Zool. et Méd.,'p. 155, pi. 9 et 10.
»Plus grêle que le type, le nez plus pointu et les jam})es plus longues. Pelage de couleur variable depuis le brun clair ou le gris bleu jusqu'au uoir.« — D'après Mackensie ne devient pas blanc en hiver. — Le planche 9 de Gaimard {loc. cit.) le représente d'un brun gris enfumé, gris foncé sur la ligne dorsale, la tête, la queue, les flancs et le dessous d'un brun assez clair. Le tour des yeux et le bord des oreilles quelquefois blanc.
Habitat. — Islande.
Remarque. — Mackensie et Olafsen (Enarrationes), distinguent nettement deux espèces de Renards en Islande, et même ce dernier rapporte le Renard brun à Canis vulpes, ce qui est une erreur. Il est probable que les Renards blancs que l'on voit en Islande, et qui sont figurés par Gaimard (loc. cit., pi. 8), viennent des régions plus au Nord, et y sont amenés, chaque année, par les glaces, la race du pays restant brune en toute saison.
Famille des Felidae.
Genre Felis Linné 1766.
Caractères. — Corps allongé, pattes fortes et robustes, digitigrades, à 5 doigts en avant, 4 en arrière, avec les ongles rétractiles; queue bien développée; tête arrondie, à face courte, à oreilles triangulaires, moyennes. Yeux ronds, à pupille se resserrant en fente linéaire.
Formule dentaire: l. - — ^, C. - — -, Pm. - — f^. M.- — - = 30 dents.
La prémolaire postérieure (carnassière) à la mâchoire supérieure est très forte, à trois pointes, dont la médiane est de beaucoup la plus développée; à la mâchoire inférieure la carnassière (qui est l'unique molaire) est à deux lobes pointus et est dite bi-ailée; la molaire supérieure (tuberculeuse) est très petite.
Sous-Genre Felis propr. dict.
Caractères du Genre. Toutes les espèces d'Europe sont de taille plutôt petite. Pas de pinceau aux oreilles.
Felis silvestris Brisson.
Felis silvestris, Brisson, Regn. Anim., 1756, p. 265; et Auct. Récent.;
E. Hamilton, The Wild Cat of Europe, 1896, fig. (defect.); Felis catus. Linné,
Syst. Nat., 17H6, I, p. 62; Blasius, Fauna Deuts., 1857, p. 162, fig. 101 — 103; Elliot, Monogr. Felidfe, 1883, pi. 30.
Bien caractérisé par sa queue relativement courte et eu massue, plus touffue à l'extrémité qu'à la base (et non grêle, longue et effilée comme chez le Chat domestique et Felis ocreaia).
Dessus d'un gris-fauve sombre (gris enfumé d'après Miller), avec nue raie dorsale plus foncée et des raies noires obliques descendant sur les flancs, sinueuses, irrégulières, celles de la cuisse très obliques en avant. Le sommet de la tête porte 5 raies noires étroites qui divergent et se pei'deut sur la nuque. Une raie partant de l'angle externe de l'oeil converge eu dehors vers une autre qui traverse la joue; longs poils des joues d'un fauve jaune. Queue de la couleur
du dessus portant 7 à 9 anneaux (les trois premiers souvent confus et confluents), les six dei-niers plus larges, plus nets, noirs ainsi que la grosse touffe terminale. Des raies transversales sur le devant des pattes; le bout des oreilles noir, l'intérieur d'un blanc jaunâtre. Dessous à partir de la poitrine d'un blanc pur; l'intérieur des membres d'un gris jaunâtre; le dessous du pied jusqu'au talon noir. Les moustaches blanches.
Long, tête et corps 600 mm.; queue 300; pied 128 mm.
Habitat. — Le Nord et le Centre de l'PJurope, de la Grande Bretagne (pas en Irlande) et de la Scandinavie à la Méditerranée et au Caucase. On en a distingué les formes suivantes.
Felis grampia Miller.
Felis grampia, Miller, Ann. Nat. Hist., 1907. XX, p. ^96.
Semblable à F. sUvestris mais plus foncé (brun-broccoli au lieu de gris-enfumé). avec les taches noires moins larges et plus nettes.
La bourre du dos et des côtés est d'un flave-ocreux clair, la partie basale des poils étant gris-souris. Les anneaux clairs des plus longs poils sont d'un flave crème (cremn-buf de Ridgway). La pointe noire de ces poils est plus visible que chez AW/s sikestiis, et la teinte générale du pelage est nettement plus brune et sans trace de l'aspect givré souvent bien marqué sur les spécimens du continent. Dessus des pieds et partie interne des pattes postérieures d'un flave ocreux devenant plus sombre et teinté de châtain sous le ventre. Kégions pectorale et intercrurale blanches, cette couleur tranchant nettement sur les parties voisines. Des taches noires bien visibles sur le milieu de la poitrine. Plante des pieds noirâtre. Sur la queue, les pattes et le dessus du corps, les taches et anneaux noirs sont disposés comme chez F. sUvestris, mais plus nets de contour, spécialement les raies transverses sur la face externe des pattes antérieures, et celles de la moitié postérieure du corps, qui forment ici presque des raies continues.
Long, tête et corps 534mm.; quaue 338; pied 127 mm.
Habitat. — Ecosse (luverness).
Felis tartessia Miller.
Felis tartessia, Miller, Ann. Nat. Hist., 1907, XX, p. 397.
Plus grand et plus foncé que F. sUvestris; les dents notablement plus fortes.
Pelage plus foncé, tout à fait semblable à celui de Felis grampia. Bourre plus ardoisées à la base que dans ces deux espèces, grise avec le bout flave-crême sombre. Anneaux pâles des plus longs poils
presqu'aussi clairs que chez F. sihestris. Partie interne des pattes postérieures d'uu flave ocreux clair; le reste des parties inférieures comme chez F. gmmjna. Taches noires bien limitées, disposées comme chez F. sihestris.
('râue très fort chez l'adulte, plus fort que chez aucune autre forme du groupe. Les dents sont très fortes, surtout les prémolaires supérieures et inférieures. La longueur des deux prémolaires supérieures ensemble mesure 19,8 mm. (au lieu de 16,6 à 18,8 chez F. silvesLrls et F. grcimj'ia); la longueur des trois molaires inférieures ensemble est de 23,4 à 23,6 (au lieu de 18,8 et 21,2 mm).
Taille (non mesurée en chair) supérieure à celle de F. sllvestris. Crâne: long, condylo-basale 93 mm.; larg. zygomatique 76,4 mm.
Habitat. — Espagne (Coto Donana, près Jerez de la Frontera). Felis silvestris morea Reichenbach.
Felis morea, Reichenbach, Volls. Naturg., Haubthiere, 1852; Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berliu, 1895, p. 192.
Diffère du type par ses teintes, avec les raies transversales peu marquées sur les flancs, et les anneaux noirs de la queue étroits et très nets.
Teinte générale du pelage Isabelle, formée par un mélange de gris clair et de jaunâtre, dans lequel disparaissent les rayures noires des flancs qui sont remplacées par des ondes ou marbrures plus larges d'un brun-roux disposées irrégulièrement sur trois rangs. Le long de la ligue dorsale une raie noire très nette, et de chaque côté une étroite rangée de points noirs, formant une ligne interrompue. Du front partent quatre raies noires qui divergent sur la nuque, les deux médianes se fondant pour former la ligne dorsale, les deux latérales s'étalant sur les épaules où elles s'arrêtent. Queue Isabelle portant 7 à 8 anneaux noirs bien distincts, étroits, et le bout noir. Tête d'un isabelle clair, sans raies autour de l'oeil. Nez et face externe des oreilles roux; le dedans blanc. Pattes d'un flave-isabelle sans taches ni raies. Ventre de la même couleur avec quelques taches rousses. Museau blanchâtre.
Taille du type avec des formes moins trapues.
Habitat. — Grèce, presqu'île de Morée.
Felis silvestris caucasica Satunin.
Felis catus, Palhis, Zoogr. Eoss.-As.. 1811, p. 25; Felis catus caucasicus Satunin, Mitth. Kauk. Mus., 1901, I, p. 28.
Semblable au type de l'Europe Centrale par la disposition des aches, mais beaucoup plus clair: trois anneaux seulement à la queue.
Dessus d'un cendré blanchâtre ou d'un gris-cendré lavé de jaunâtre, plus obscur sur le milieu du dos; les oreilles de la même couleur, blanches en dedans. Quatre raies noires parallèles partant du front n'en forment plus que trois à la nuque par fusion des deux médianes et une seule sur le reste du dos, les deux latérales s'arrètant aux épaules. Des raies noires transversales flexuenses et obliques sur les flancs. Dessous d'un blanc sale. Queue ronde, bien touffue, de la couleur du dos à la base, portant, après sa partie moyenne, trois anneaux et la grosse touffe terminale noirs. Pieds d'un brun sale; plante d'un gris jaunâtre. Moustaches blanches (Pallas).
Taille du type de l'Europe Centrale.
Habitat. — La chaîne du Caucase et la région au Nord-Est de cette chaîne dans le sud de la Russie.
Felis ocreata sarda Lataste.
Félin libyca Var. sarda, Lataste, Cat. prov. des Mamm. Sauvages de Barbarie (Actes Soc. Litin. Bordeaux, t. 39, 1885, p. 230, Note 2e au bas de la page); Felis mediterranea, Martorelli, Atti Soc. Ital. Se. Nat., t. 35, avec deux planches.
Pelage tiqueté, mélangé de roux intense, de gris et de brun, à teinte assez foncée, un peu bourru, semblable pour les taches aux spécimens de Felis ocreata d'Algérie: dessus de la tête gris roussâtre avec des rayures longitudinales brunes, nombreuses, indistinctes. Poils du dos annelés de bruu avec la base et la pointe rousses, donnant au pelage une apparence plus rousse sur la ligne dorsale, plus grise sur les flancs. Lèvres et menton blancs; une tache rousse sur le nez se prolongeant en ligne étroite entre les yeux et les moustaches; une seconde ligne de même couleur, sinueuse, entre la première et l'oreille; une troisième au-dessous de l'oreille descendant sous la gorge. Oreilles d'un roux foncé en dehors, blanc roussâtre en dedans avec une fine bordure blanche. Sourcils et moustaches blanches avec quelques poils noirs. Dessous du corps d'un roux uniforme. Plante des pieds noire à reflets roussâtres. Sur la face interne des bras et externe des cuisses on voit la trace effacée des rayures transversales (plus visibles sur les formes africaines). Queue terminée de noir, avec trois anneaux bruns, incomplets, vers son extrémité; le dessus, de la couleur du dos, le dessous plus clair. Un maigre petit pinceau brun aux oreilles, de 8 à 10 mm. Les plus longs poils du dos ont 50 mm. (Lataste).
Long, tête et corps 620 mm.; queue 330; pied 125 mm.; Crâne, long, condylo-basale 87 mm.; larg. zygomatique 66 mm.
Habitat. — Ile de Sardaigne et Maremnes de la Toscane (le type et plusieurs sous-espèces en Afrique).
Remarque. — Se distingue de F. silvestris par sa queue grêle et plus longue, un peu amincie à la pointe, la teinte rousse de ses oreilles, par l'absence d'une ligne noire longitudinale sur le dos, et par les proportions de son crâne;
L'espèce a vécu en France et en Espagne à l'époque quaternaire et ses
débris fossiles n'ont pas toujours été distingués de ceux de l'autre espèce. — Notre Chat domestique descend de la sous-espèce Egyptienne, et ses croisements, réels ou supposés, avec F. silvestris n'ont pas altéré ses caractères originels.
Felis ocreata agrius Bâte.
Felis ocreata agrius, Bâte, P. Z. S., 1905, II, p. 317; Felis catiis, Raulin (nec L.), Descript. pbys. de l'île de Crète, 1869, II, p. 1033.
Se distingue du type d'Abyssinie et d'Egypte par ses taches beaucoup plus nettes, et par le plus grand nombre d'anneaux ou demianneaux de la queue qui cependant est courte. Les taches dorsales sont plus marquées dans le pelage d'été qui est plus court; mais les Chats à longs poils (d'hiver) de Tîle de Crète sont plus nettement marqués que ceux à poils courts d'Abyssinie et d'Egypte. La base des poils est plus foncée que chez ces derniers.
Par les teintes foncées et nettes de son pelage, cette forme se rapproche du F. ocreata sarda Lataste. — Des hybrides avec le Chat domestique ne sont pas rares dans l'île.
Dimensions semblable à celles du F. ocreata sarda. — Poil d'été sur le dos: 32 mm.; poil d'hiver: 45 mm.
Habitat. — Ile de Crète (Khania).
Remarque. — D'après Scharff, Felis ocreata aurait existé autrefois en Irlande où Felis silvestris n'existe pas (Proc. Irish Acad. Dublin, 1906,' p. 1, pi. I). Ou a vu ci-dessus que Felis ocreata vivait dans le sud de la France à l'époque quaternaire: ses débris fossiles ont souvent été confondus avec ceux de Felis silvestris, par les paléontologistes qui n'ont pas fait la comparaison avec Felis ocreata.
Sous-Genre Catolynx Severtzow, 1858.
Chaus Gray, 1867.
Queue plus courte que dans le sous-genre précédent, plus longue que celle des Lynx; un pinceau assez court aux oreilles.
Felis (Catolynx) chaus Guldenstadt.
Felis chaus, Guldenstadt, Nov. Comm. Acad. Petrop.. 1770, XX, p. 482; Elliot, îJonogr. Felidfç, 1883, pi. 32; Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1901, I, p. 30; Felis catolynx, Pallas. Zoogr. Ross., 1811, p. 23, pi. II.
Pelage court, moelleux, sur le dessus d'un gris clair uniforme, chaque poil étant annelé de gris pâle et de brun clair avec le bout des poils les plus longs noir. La bourre est d'un gris cendré. La tête est petite, la face d'un gris pâle avec le museau' blanc, les moustaches inférieures blanches, les supérieures noires. Les oreilles sont pointues, grandes, noires à leur pointe avec un pinceau court,
rousses en dehors, blanches en dedans. Les pattes sont d'un fauveroux pâle avec des raies transversales en bracelets et des taches brunes peu accusées. La poitrine et le ventre sont d'un fauve-roux pâle. La queue, de la longueur du pied, amincie au bout (comme chez le Chat domestique), est de la couleur du dos, avec des raies transversales à la base, et deux ou trois anneaux ainsi que l'extrémité noirs. La plante du pied est noire avec des poils serrés, renversés, passant au roux vers le talon.
Long, tête et corps 650 mm.; queue 255 mm.
Habitat. — Russie Sud au Nord-Est du Caucase; de là dans le Turkestan, la Perse et l'Asie Mineure.
Genre Lynx Kerr, 1792.
Lyncus ou I^i/nchus Gray.
Taille ordinairement supérieure à celle des espèces du genre Felis; un pinceau bien développé aux oreilles; la queue très courte, contrastant avec les membres élevés.
Formule dentaire (la même que dans le genre Felis), mais la petite prémolaire supérieure souvent caduque; la carnassière inférieure présente un talon rudimeutaire.
Sous-Genre Li/n.v propr. dict.
La plante des pieds poilue.
Lynx lynx (L.).
Felis lynx, Linné, Syst. Nat.. 1766. J, p. 62; Schreber, Saug. III, p. 408, 1)1. 109; Elliot, Monogr. Felidïe, 1883, pi. 38; Felis boreaUs, Kays. et Blas., Wirb. Enrop.. 1840, p. 63 (nec Temminck); Felis virgata, Nilsson, III Fig., 1829, pi. 3 et 4; Felis lyncula, Nilsson, Skand. Fauna, 1842.
D'un roux vif avec des taches brunes, petites et peu distinctes sur les flancs, plus marquées sur le milieu du dos et les pattes. Favoris blancs mélangés de noir. Oreilles d'un gris pâle, noires à la base et au sommet qui porte un pinceau noir. Queue rousse à sa base, noire dans les deux tiers terminaux, avec le dessous blanc. Tout le dessous est d'un gris cendré pâle avec des barres et des taches rousses à l'intérieur des cuisses. Les doigts sont d'un gris pâle. — L'animal est très haut sur pattes, le tronc court. — Le pelage d'hiver est plus long, sans changement appréciable de couleur.
Long, tête et corps 785 mm.; queue 245 mm.
Habitat. — Scandinavie, Nord de l'Allemagne, Russie, Grèce, Suisse, France, Italie, etc. (dans les régions montagneuses; à peu près exterminé dans le contre de l'Europe). Habite également la Sibérie jusqu'aux îles Sakhaline.
Remarque. — La distinction des différentes espèces ou sous-espèces de Lynx, en Europe, est encore très obscure, d'autant plus que ces carnivores sont en voie d'extinction et rares dans les collections. — Au sujet de leur répartition géograpliique, et des régions ovi ils ont été signalés dans le courant du dix-huitième siècle, voyez: Langkavel, Zoolog. Jahrb., 1. p. 703 et seq., et Zoolog. Gart., 1896, p. 239.
. Lynx cervaria (Temminck).
Felis cervaria, Temminck, Monogr. Mamm., IL 1827, p. 106; Elliot, Monogr. FelidîF, 1883, pi. 36; Satunin, Zool. Jahrb., 1896, p. 290; Felis lynx, Pallas, Zoogr. Ross. -As., 1811, p. 28.
Pelage très abondant, moelleux, très pâle, d'un gris tirant sur le lilas ou le rosé, surtout en hiver. L'animal est moins haut sur pattes que le précédent.
Le dessus est lavé de roux pâle et de blanc, avec de petites taches d'un noir peu foncé, formant trois raies longitudinales sur la partie postérieure du dos. Le dessous est blanc avec des lignes plus sombres éparses. Les pattes portent des taches noires formant des bracelets incomplets en avant. Le queue est rousse avec quatre anneaux peu marqués et le bout d'un uoir brillant, mêlée de poils blancs en dessous. Les favoris sont blancs, avec une bande noire au milieu, et l'extrémité blanche; les moustaches et la barbiche du menton blanches; les paupières blanches avec les cils noirs. Du coin externe de l'oeil part une ligne noire qui forme un angle avec une autre ligne passant sous l'orbite; une seconde ligne, arquée, sur les joues. Le front est tacheté de noir. Les oreilles grises en dehors avec une tache blanche à la base, sont bordées de roux et ont la pointe et le pinceau noirs. Le bouche est blanche avec une bande noire sous la mâchoire.
En hiver, le pelage est d'un gris-jaunâtre mêlé de poils blancs à pointe noire, qui devient plus ou moins blanche. La nuque et la ligne dorsale restent plus ou moins d'un roux ferrugineux (Pallas).
Long, tête et corps 910 mm.; queue 180 mm.
Habitat. — Russie orientale et méridionale, des Monts Oural au Caucase.
Remarque. — Cette forme, considérée d'ordinaire comme une simple sousespèce du Lynx lynx, semble bien réellement distincte.
Sous-Genre Eucervaria Palmer, 1903.
Cei^aria Gray, 1867 (nec Walker, 1866).
Lynx de petite taille à plante des pieds nue.
Lynx (Eucervaria) pardina (Oken).
Felis pardina, Oken (nec Temminck), AUg. Naturg., 1838, Sâug., 2, p. 1586 »Loup-Cervier« Perrault, Mém. Acad. Se, 1733, III, 1, p. 125, pi. 17.
Se distingue du Lynx loup-cervier {Lynx lynx), par sa petite taille et sa queue tachetée, mais non aunelée, et souvent même n'ayant que l'estrême pointe noire.
D'un roux vif avec des taches noires petites, rondes, et disposées en rangées irrégulières sur les flancs, les pattes et la queue. Un pinceau noir aux oreilles. Les poils des favoris sont blancs à la base, noirs dans leur partie moyenne et ont l'extrémité blanche. Des lignes noires plus ou moins distinctes sur le front et la nuque, ainsi qu'au bord postérieur de l'oeil. La queue et tachetée comme les membres et n'a souvent que les poils de l'extrémité noirs. Le ventre et le dedans des jambes sont d'un gris cendré avec des taches plus grandes, plus espacées et moins foncées que celles du dessus. Les poils du dos sont gris-brun à la base, roux dans la plus grande partie de leur longueur avec l'extrême pointe blanche, ce qui donne à l'ensemble un reflet argenté.
Long, tête et corps 800 mm.; queue 135 mm.
Habitat. — Europe méridionale, Italie (CaLibre), Corse, Sardaigne, Sicile, Grèce, Caucase (ou n'a pas encore fait de distinction entre les difterentes races qui habitent les îles de la Méditerranée et le Continent).
Lynx (Eucervaria) pardella Miller.
Felis pardina, Temrainck (née Oken), Monogr. Mam., I, 1824, p. 116, Elliot, Monogr. Felidù', 1883. pl.H8; Lynx pardella, Miller, Aiin. Nat. Hist., 1907, XX, p. 398.
Pelage d'un roux vif tacheté de noir; un pinceau aux oreilles; queue courte, tachetée de noir, mais non anuelée ni terminée de noir (Temminck).
D'après Miller {Loc. cit.) les Lynx d'Espagne, bien qu'identiques par la forme du crâne, présenteraient deux phases de pelage. Dans la plus commune, les taches sur le dos et les flancs sont petites (10 mm. au plus de diamètre), en rangées indistinctes, mais au nombre de plus de 25 par rangée des épaules à la queue. Dans la seconde les taches sont plus larges et plus distinctes (la plupart nyaut 20 mm. de diamètre), et la rangée n'a qu'une douzaine de taches des épaules à la queue.
Le type choisi ici par Miller est la forme à petites taches, sans qu'on puisse savoir s'il correspond à celui de Temminck, bien que le fait semble probable.
Taille de l'espèce précédente.
Habitat. — Portugal (Lisbonne), d'après Temminck; — Espagne (Coto Doîïana près Jerez de la Frontera), pour le type de Miller.
Ordre des Pinnipedia.
Caractères. — Membres courts, onguiculés, modifiés pour nager, à 5 doigts devant et derrière. Corps plus ou moins fusiforme, à queue très courte, à tête arrondie, les oreilles à conque externe rudimentaire ou nulle. Pelage serré et couché, cachant complètement la bourre (qui est peu développée ou nulle chez les espèces d'Europe). A part les incisives et les canines, toutes les dents sont semblables, en forme de carnassière comprimée, tous les tubercules dans le même plan. — Régime ichthyophage, carcinophage ou malacophage.
Des trois familles que renferme l'ordre, deux seulement sont représentées en Europe.
I. Odobaenidae. — Pattes postérieures susceptibles d'être dirigées en avant pour la station sur le sol; canines supérieures développées en forme de défenses dirigées vers le bas. — Genre Odobaenus.
II. Pliocidae. — Pattes postérieures toujours dirigées en arrière de chaque côté de la queue et ne servant pas à la marche; pas de défenses. — Genres Ct/stojjJiora, Monachus, Halichoerus, Phoca (avec les sous-genres Erignathus, Pagophoca, et Pusa).
La plupart des espèces sont des Mers Arctiques, mais s'égarent quelquefois, en hiver, lors de leurs migrations annuelles, jusque sur les côtes de l'Europe occidentale. Deux ou trois espèces sont sédentaires sur les côtes de l'Atlantique; d'autres habitent les lacs de la Scandinavie et la Caspienne. Une seule est propre à la Méditerranée et aux mers qui en dépendent.
Famille des Odobaenidae.
Genre Odobaenus Brisson, 1862.
Odohenus et Trichecns L.; Posmarus Lillj., 1772.
Caractères. — Pattes postérieures dirigées en avant quand l'animal est sur le sol, et pouvant servir à la marche. Pas d'oreille externe. Canines supérieures en forme de longues défenses dépassant vers le
bas la mâchoire inférieure. Les autres dents uniformes, petites, uniradiculées, à couronne simple, les postérieures à couronne plate.
Formule dentaire: I-^t,, C. ^ — -, Pm. - — -, M.- — x = 18 dents. U— U 1 — 1 o — o 0 — 0
Chez le jeune, il y a deux paires d'incisives en haut et en bas et 2 paires d'arrière-raolaires, en haut, une paire en bas, ce qui fait 30 dents, mais la plupart de ces dents tombent ou s'atrophient chez l'adulte.
Odobaenus rosmarus (L.).
Trichecus rosmnrus, L., Syst. Nat., I, 176H, p. 49 ; Blasius, Fauna Deuts., I, 1857, p. 112, fig. 148 à 150; Odabaenus rosmarus, Millais. Mamm. Great-Brit. and Irland, I, 1904, p. 240, pi. .=^6 et fig. seq.
Pelage d'un brun-fauve assez clair, uniforme; moustaches recourbées et très dures. Queue rudimeutaire. Pattes postérieures ayant les ongles bordés par des lobes cutanés, le l©'" et le 5e ongle petits, aplatis, les autres très grands, comprimés et pointus. Défenses très longues, surtout chez le mâle adulte. Taille très forte (pesant jusqu'à 2,500 kilos).
Long, totale: 3 mètres à 3 m. 50; défenses 0,60 à 62 centimètres, chez le mâle; celles de la femelle sont plus minces.
Habitat. — Mer Glaciale arctique; côtes du Spitzberg, de la NUe Zemble, l'île des Ours, le Finmark. En hiver des individus égarés se sont monti-és sur les côtes d'Ecosse, aux Orcades (1902), et même sur les côtes d'Irlande (embouchure du Shannon, 1897).
Famille des Phocidae.
Genre Cystophora Nillson, 1820.
Stemmatopus, F. Cuvier, 1824.
Caractères. — Forme ordiDuire des Phoques, mais le mâle porte, à la région nasale, un sac dilatable, communiquant avec les narines, et qui se gonfle au dessus de la lèvre supérieure lorsque l'animal est excité. Ongles forts et bien développés.
2—2 1—1 5—5 Formule dentaire: I. :, — -, C- — -, 31.- — - = 30 dents. 1 — 1 1 — 1 5 — 5
Les molaires sont unilobées, sans trace de tubercules accessoires, à couronne lisse, avec une racine simple, dilatée en forme de massue.
Remarque. — Les figures que l'on donne d'ordinaire de la forme du sac nasal sont inexactes. Ce sac ne se dilate pas »sur le front» comme on le dit, et comme on l'a figuré à tort, mais bien en avant du museau, cachant la lèvre supérieure, exactement comme la prétendue trompe du Macrorhirms
leoninus ou »Eléphant marin «. J'ai figuré, d'après Merriam, cette disposition (avec une coupe anatomique). dans »la Grande Encyclopédie», article Phoque (tome 2H, p. 748). C'est lorsqu'il est affaissé, que le sac remonte en se plissant sur le devant du front; en se gonflant, le sac cache louverture des narines, qui se trouve rejetée à sa face inférieure. Ce sac est soutenu par des cartilages nasaux très développés, et la surface interne est en continuité directe avec la muqueuse des fosses nasales.
Cystophora cristata (Erxleben).
Phoca cristata, Erxleben, Syst. Regn. Anim . 1777, p. 590; Cystophora cristata. Blas., Fauna Deuts., 1857, 1. p. 258, fig. 146, 147; Millais, Mamm. Great-Brit.. 1904, I, p. 361, pi. 36 et fig. seq.
Le pelage de l'adulte est d'ordinaire d'un gris clair avec de grandes taches noires sur le dos; plus rarement (au moins chez les spécimens d'Europe), d'un noir bleuâtre plus clair sur les flancs et le ventre, varié de petites taches serrées et irrégulières blanchâtres, la tête et les membres d'un noir uniforme.
On n'a vu sur les côtes d'Europe que le jeune, non encore pourvu de poche nasale, et en livrée de la première ou seconde année, non tachetée.
D'après Millais, la toison blanche (frisée) que la plupart des Phoques portent à leur naissance, tomberait chez cette espèce avant la naissance. A ce moment, le jeune a déjà un pelage couché d'un gris-brun uniforme, un peu argenté, qui lui permet d'aller immédiatement à la mer. C'est sous ce costume que l'espèce se montre sur les côtes de l'Europe occidentale.
Long, totale (mâle): 2 m., 25 à 2 m., 40; (femelle): 2 m., 10.
Habitat. — Mers arctiques, Spitzberg, Mer Blanche, etc. Les jeunes s'égarent, en hiver, jusque sur les côtes de la Grande-Bretagne (Elgin, en février 1903). Précédemment, en 1843, un jeune de 1 m. 115 de long, fut pris sur les côtes de France (île d'Oléron, Charente-Inférieure).
Genre Monachus Fleming, 1822.
Pelagim F. Cuv.
Caractères. — Museau assez long, un peu déprimé; moustaches petites, lisses à poils effilés vers le bout. Pieds antérieurs courts; doigts diminuant de longueur du plus externe au plus interne; ongles plats, tronqués. Pieds postérieurs poilus entre les doigts, à ongles très petits. Pelage ras, dépourvu de bourre sous les jarres.
Formule dentaire: J. - — ^, C. :j — -, M.- — ^ = 32 dents.
Molaires unilobées à couronne simplement conique, les tubercules antérieurs et postérieurs étant obsolètes; ces dents sont fortes, épaisses, obliquement plantées dans la gencive.
Monachus albiventer (Boddaeit).
Phoca albiventer, Boddaert, Elenc-h. Anim., 1785, p. 170; Phoca monachus, Hermano, Bescbâf. Berl. Ges. Nat. Fr., 1779, IV, p. 456; Pelayins monachus, ¥r. Cuv.; Blas., Faiina Deuts., 1857, I, p. 244, fig. 133, 134.
Pelage ras, court et serré, d'un noii* uniforme dessus, blanc ou gris jaunâtre dessous. Les ongles courts et les doigts plus complètement engagés dans la peau que chez les autres Phoques.
Long, totale: 2 m., 30 à 3 m., 30.
Habitat. — Côtes de la Méditerranée et des mers qui en dépendent, y compris la mer Noire; en dehors du détroit de Gibraltar s'avance jusqu'à Madère et les Canaries. Dans l'Adriatique, une assez nombreuse colonie vit sur les îles lUyriennes. Sur les cotes de France, on le prend dans le golfe de Lyon, aux îles d'Hyères et dans la rade de Banyuls près Port-Vendres (Pyrénées-Orientales).
Genre Halichoerus Nillson, 1820.
Caractères. — Formes du genre Phoca, mais les molaires à couronne grande, simplement conique (sans lobes accessoires), recourbée en arrière, un peu comprimée, à une seule racine sauf la dernière en haut et en bas. — Crâne très allongé, et par suite tête longue.
Formule dentaire: 1. - — -, C. - — -, Pm. - — -, M.- — - = 34 dents, a — a 1 — 1 4 — 4 1 — 1
Une seule espèce.
Halichoerus grypus (Fabricius).
Phoca grypus, Fabricius, Skriv. Natur.-Selsk., I, 2, 1791, p. 167; Halichoerus grypus, Nillson, III. Fig. 8kand. Fauua, II, 1837. pi. 84; Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. BerL, 1883, p. 107, fig. 1 et 2; Mitth. Kiist. und Hochseefisch., 1887, p. 5, fig. 1 à 3; Millais, Mamm. Great-Brit., I, 1904, p. 252, pi. 26 à 30 et fig. seq.
Le pelage chez le mâle est gris avec des taches noires, devenant même entièrement noir chez les vieux mâles; le ventre plus pâle avec des taches foncées. La femelle est d'un gris clair uniforme. Les jeunes sont très variables: les teintes passent du blanc au gris tacheté, au gris roux, au roux sur le dos avec le dessous blanc, etc.
Long, totale (mâle): 2 mètres 70.
Habitat. — Parait sédentaire (comme le Phoca vituUna) aux îles Feroë, sur les côtes de la Scandinavie, de la Russie, les îles Lofoden, le Cattegat, dans la Baltique, le Golfe de Bothnie, les côtes du Nord de l'Allemagne, celles de l'Ecosse, des archipels des Hébrides, des Orcades et des Shetland; dans la mer du Nord, sm* les côtes d'Essex, de Norfolk, dans la Manche, principalement aux îles Scilly, et en
Cornouailles. D'aprèe Baring (Irish. Natur., 1907, p. 19), quelques-uus de ces animaux se seraient reproduits récemment sur l'île Lambay au N.-E. de Dublin, dans la mer d'Irlande. Un mâle adulte de 2 m. 25 de long-, a été tué, le 30 Juillet 1895, sur les côtes de France (Banc des Oiseaux), à l'embouchure de l'Orne (Dépt du Calvados).
Genre Plioca L.
Caractères. — Forme ordinaire des Phoques avec les pattes poilues
en dessous. Les orteils sont subégaux, le 1er et le 5e ne dépassent
pas les autres eu longueur; les ongles comprimés et faiblement recourbés.
Les doigts des pieds antérieurs décroissent de longueur du premier au
cinquième, mais les deux premiers sont subégaux. Le pelage est ras,
dépourvu de bourre.
^ 3—3 ^ 1—1 ,, 5—5 ^, , ^ Formule dentaire: 1. ^r — ^, C. - — r, M. ^ — ^ = ^^ dents.
Les molaires sont plus petites que dans le genre précédent et ont les tubercules accessoires bien développés; elles ont deux racines à l'exception de la première, en haut et eu bas, qui est petite. Les quatre dernières molaires ont quatre tubercules, savoir: un eu avant du tubercule principal et deux en arrière.
Les sous-genres qui servent à subdiviser ce genre sont fondés sur des caractères peu importants.
Sous-Genre Erignat/ms Gill, 1866.
Dentition faible; molaires en partie caduques ou avortées chez l'adulte. Doigt médian des pattes antérieures le plus long.
Phoca (Erignathus) barbatus Fabricius.
Phoca harhatus, Fabricius, MuUer's Zool. Dan. Prodronms, 1776; Fauna Groenl., 1780, p. 15; Skiv. Nat. Selsk., 1790, I, p. 130, pi. XIII. fig. 3; Phoca leporinus, Lepechin, 1777; Ph. lepechini et parsonsi, Lesson, 1828; Erignathus barbatus, Gill, Proc. Essex Inst., V, 186G, p. 12.
Museau large à chanfrein convexe. Dessus gris, plus foncé le long de la ligne dorsale, généralement sans taches; dessous blanchâtre. Moustaches fortes.
Le jeune, à sa naissance, est couvert d'une toison laineuse blanche ou grise (Phoca leporimis), qui ressemble, d'après Lepechin, à celle du Lepufi variahiUs OU de la Souris. Le jeune, pris sur les côtes de France, qui à vécu quelque temps à la Ménagerie du Muséum de Paris, était d'un gris jaunâtre avec une ligne de petites taches noirâtres sur le dos, visibles seulement quand l'animal était mouillé.
Long, totale: 2 m. 20 à 3 m. 10; la femelle plus petite.
Habitat. — Mers Arctiques, Scandinavie, Islande, Russie (n'est pas signalé par Millais parmi les espèces qui visitent les îles Britanniques); se montre accidentellement dans la Manclie, sur les côtes de France: le jeune dont il est question plus haut, avait été pris sur les côtes du Dépt. de la Somme.
Sous-Genre Phoca propr. dict.
Phoca vitulina L.
Phoca vitulina, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 56; Blasius. Fauna Deuts., 1857, I, p. 248, fig. 136, 137; Millais, Mamm. Great-Brit , 1904, I, p. 299, pi. 31 à 33 et fig. seq.
Tête arrondie, nez large. Pelage assez variable: d'ordinaire d'un gris-fauve avec des marbrures ou stries noires ou brunes assez serrées, qui sont quelquefois assez conflueutes pour disparaître dans la teinte brune du dessus; dessous blanc jaunâtre avec quelques petites taches brunes.
Long, totale: 1 m. 50 à 2 m. (chez le mâle adulte); la femelle est un peu plus petite.
Habitat. — Mers Arctiques et Atlantique; est sédentaire en Islande, sur les côtes des îles Britanniques et de la France, s'avançant jusque sur celles du Portugal. Une colonie assez nombreuse est établie sur les bancs de sable de la baie de la Somme. Pendant le rude hiver de 1879, un couple de cette espèce remonta la Loire, en se reposant sur la glace, jusqu'aux environs d'Orléans. — L'espèce vit également sur les côtes de l'Amérique du Nord, sur le versant Pacifique aussi bien que sur le versant Atlantique.
Sous-Genre Pagophoca Trouessart, 1904.
PagophUus, Gray, 1844 (nec Pagophila Kaup, 1829).
La distinction de ce sous-genre est basée sur des différences ostéologiques. Les dents sont petites. Les formes extérieures semblables à celles du G. Phoca. La coloration du pelage diffère beaucoup d'un sexe à l'autre.
Phoca (Pagophoca) groenlandica Fabricius.
Phoca groenlandica, Fabricius, Muller's Zool. Dan. Prodr., 1776; Fauna Groenl., 1780, p. 11; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 255, fig. 140, 141; Nehriug, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin, 1896, p. 63; Millais, Mamm. Great-Brit., 1904, I, p. 342, pi. 35 et fig. seq.
Mâle ayant de chaque côté du dos, sur un fond gris claii', une grande tache noire en croissant qui se relie, un peu en arrière des
épaules, à celle de l'autre côté, circouscvivaut uu graud ovale qui reste ouvert eu arrière où les croissants ne se rejoignent pas et se terminent en avant des pattes postérieures. Le museau est noir jusqu'aux yeux; le ventre blanchâtre.
La femelle est grise avec quelques taches noires, irrégulièrement découpées, sur le dos, et sans masque noir.
Long, totale: 1 m. 50 à 2 m.; la femelle plus petite.
Habitat. — Mers Arctiques (îles Jean Mayen, Islande, Spitzberg et les bancs de glace); Finmark. Accidentel sur les côtes des îles Britanniques (assez nombreux, en 1903, sur les côtes d'Ecosse et de ses îles) a été pris dans la Manche, à Teignmouth (Comté de Devon) eu 1904; pénétre aussi dans la mer du Nord jusque sur les côtes septentrionales de l'Allemagne: eu mars 1896, une femelle pleine remonta l'Elbe et la Mulde jusqu'à Dessau, fut prise et placée dans le bassin d'un jardin, où elle mit bas dans la nuit du 13 au 14 Mars; sa dépouille fut étudiée par Nehriug (loc. cit.). Elle avait 1 m. 90 de long et pesait 320 livres, ce qui est une taille et un poids exceptionnels pour une femelle de cette espèce.
Sous-Genre Pnsa Scopoli, 1777.
Crâne plus léger et moins massif que dans le S.-G. Phoca propr. museau allongé. Dents petites, bien séparées. Orteils subégaux.
dit.
Phoca (Pusa) hispida Schreber.
Phoca hispida, Schreber, Sâug., III. 1775, p. 312, pi. 86; Millais, Mamm. Great-Brit., 1904, I, p. 138, pi. 34 et fig. seq.; Phoca foetida, Fabricius, in MuUer's Zool. Dan. Prodr., 1776; Fauna Groeal, 1780, p. 13; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 251, fig. 138, 139; Phoca annelata, Nillson. 111. Fig., 18-10, pi. 38; Nehring, Mitth. Sect. Kûst. und HochseefiscL., 1887, p. 12, fig. 7.
Forme générale allongée, tête plus petite et museau plus pointu que chez Fhoca viudina; le premier doigt de la main un peu phis long que les autres.
Pelage d'un brun noirâtre avec des taches ovales, ocellées, c'està-dire blanchâtres laissant voir le foud noir au centre; plus clair sur les lianes, le ventre d'un blanc jaunâtre. Nez. et tour des yeux noirs; moustaches et ongles noirâtres. Pelage raide et hérissé.
Les jeunes de l'année sont d'un blanc jaunâtre plus foncé sur le dos avec quelques petites taches brunes éparses.
Long, totale: 1 m. 30 à 1 m. 80 (uu peu plus petit que Plioca vituUna); la femelle plus petite que le mâle.
Habitat. — Mers Arctiques, Spitzberg. Nouvelle-Zemble, Finlande, Russie Nord, Norvège, Grande-Bretagne (Ecosse, NorfoUc), où il est
plus rare de nos jours qu'autrefois. Il est accidentel dans la Manche, où il a été pris plusieurs fois sur les côtes du Département de la Somme. Ses mœurs sont sédentaires comme celles de Phoca vitulina. Il en résulte que l'on a pu distinguer les sous-espèces suivantes.
Phoca (Pusa) hispida annelata Nilsson.
Phoca annelata, Nilsson, in Sundevall, Ofr. Vet.-Ak. Forh., 1845, II, p. 187; Nilsson, Skand. Fauna, 1847. I, p. 284; Phoca fetida Yar. annelata, Nordquist, Acta Soc. Faun. Flor. Fennica, XV, 1899, p. 22.
Nilsson distingue trois phases de couleurs: noir, blanc et gris-brun. La première est d'un brun noirâtre plus foncé dessus, plus gris-brun dessous, marqué partout de raies pilles qui sont quelquefois confluentes de manière à figurer des anneaux ovales; la tête et le cou portent de simples taches blanches; le nez et le tour de yeux sont noirs; les membres d'un brun-noir uniforme. — La variété blanche est d'un blanc sale uniforme à peine plus foncé sur le milieu du dos. — La variété brune est d'un gris-brun uniforme, plus pâle dessous. Par conséquent la forme annelée des taches n'est pas constante.
Le crâne présente des caractères différentiels (Voyez Nordquist, loc. cit.).
Taille peu différente de celle du type.
Habitat. — Les côtes de la Baltique et du golfe de Bothnie, plus commun dans le Nord, très rare au Sud-Ouest, notamment sur les côtes du Danemark.
Phoca (Pusa) hispida saimensis Nordquist.
Phoca fetida Yar. saimensis, Nordquist, Acta Soc. Faun. Fennica, XV, 1899, p. 28, pi. 1, 2, 3 ûg. 1 (crânes).
La capsule cérébrale du crâne est relativement massive et la largeur zygomatique considérable.
Le dessus est d'un gris noirâtre, les côtés et le dessous présentant des taches blanches, en anneaux ovales de 60 à 75 mm. de diamètre antéro-postérieur; elles sont plus petite, et bien marquées sur le cou et la poitrine; sur la tête elles forment des taches plus arrondies Sur le milieu du dos beaucoup d'anneaux forment des taches pleines de 45 mm. Pieds de devant gris-brun, ceux de derrière gris-foncé sans tache. — D'autres sont très semblables au type de la Baltique, les vieux étant très foncés sur le dos, tachetés sur les flancs, avec le ventre plus clair, sans taches.
Long, totale : 1 m. 50.
Habitat. — Le lac Saima, au S.-O. de la Finlande et les lacs les plus voisins.
Phoca (Pusa) hispida ladogensis Nordquist.
Phoca fetida Var. ladogensis, Nordquist, Acta Soc. Fauna Fenn., XV, 1899, p. 33, pi. 1, 2, 3, fig. 2 (crânes).
Crâne moins large que dans la sous-espèce précédente.
Dessus d'un noir franc avec des taches claires indistinctes sur les côtés; côtés du dessous noirâtres avec de taches claires formant des anneaux indistincts et irréguliers. Moustaches d'un brun-noir. — Varie du noir au gris avec les anneaux plus ou moins marqués sur les flancs. Ongles noirs.
Long, totale: 1 m. 50 (environ).
Habitat. — Le lac Ladoga (N.-O. de la Russie), qui se déverse par la Neva dans le golfe de Finlande, de telle sorte que ce Phoque se prend souvent dans la Neva. On ne sait pas encore si les Phoques du lac Onega appartiennent à la même espèce.
Phoca (Pusa) hispida caspica (Gmelin).
Phoca vitulina caspica, Gmelin, Syst. Nat., 1788, I, p. 64; Phoca canina Var. caspica, Pallas, Zoogr. Eoss.-As., 1811, i>. li6; Plioca fetida caspica, Nordquist, Acta Soc. Fauna Fennica, XV, 1899, p. 39, pi. 1, 2, 3, fig. 3 (crânes).
Crâne allongé, à capsule cérébrale petite, à largeur zygomatique moindre que dans les autres sous-espèces (la forme opposée, où le crâne est massif et très large, est représentée par Phoca hisjiida sihirica du lac Baïkal).
Dessus et côtés du corps d'un gris-brun assez pâle, avec des taches irrégulières et larges, plus ou moins ovales, jaunâtres. Côtés du ventre jaunâtres, plus pâles que le dos. Moustaches épaisses, d'un jaunâtre pâle.
Long, totale: 1 m. 50 à 1 m. 80.
Habitat. — La mer Caspienne: plus abondant au N.-Est, particulièrement sur l'île Soolsma.
Ordre des Rodentia.
Caractères. — Mammifères ouguiciilés à pattes bien développées, généralement plantigrades, les pattes antérieures et quelquefois les postérieures n'ayant que quatre doigts par l'atrophie du pouce réduit à un tubercule. Deux sortes de dents seulement: une seule paire d'incisives ^) fortes, arquées, à pointe en biseau, à pulpe persistante,. plus ou moins jaunes ou orangées sur leur face antérieure, séparées. par un large espace vide (barre) des molaires à couronne plane laissant voir les plis de l'émail ou présentant des tubercules qui s'usent par le frottement. — Kégime ordinairement végétal.
Les familles représentées dans la faune d'Europe sont les suivantes: I. Sciuridae. — Queue bien poilue et sans écailles; prémolaires -f, la première supérieure souvent caduque ; les molaires, radiculées, tuberculeuses. — Genres Sciuropterns, Sciurns,, Eutamias, CUelliis, 3Iarinota.
II. Castoridae. — Queue aplatie, large, écailleuse; prémolaires {, molaires sans racines, à couronne présentant des replis d'émail. — Genre Castor.
III. Gliridae. — Queue poilue et sans écailles; prémolaires |; molaires radiculées, avec des replis d'émail. — Genres Glis^ Df/i'onv/.'^, Micscardinus, Ellomys.
IV. Muridae. — Queue cylindrique, écailleuse ou faiblement poilue: pas de prémolaires; molaires tuberculeuses ou à replis d'émail. — Genres Gerhillus, Meriones, Rhombomys, Mus, Acomys, Cricetiis, Mesocrlcetus, Cricetulus, Evotomys, Craseomys, Microtus, Pltymys, Arvicola, Prometheornys, Leininus, Dicrostonyx, Ellohius.
V. Spalacidae. — Forme talpoïde; yeux atrophiés, sous-cutanés; queue et oreilles courtes; molaires radiculées à replis d'émail. — Genre Spalax,
VI. Jaculidae. — Pattes postérieures très développées (sauf chez Sîcista); 4 molaires supérieures à replis d'émail; incisives comprimées. — Genres Sicista, Jaculus, Aladaga, Alactagulus.
VIL Hystrieidae. — Pelage constitué en grande partie par de
fortes épines; molaires à replis d'émail. — Genre Hystrix. VIII. Leporidae. — Deux paires d'incisives supérieures, la seconde, petite, placée derrière la première; queue courte; molaires à replis d'émail. — Genres Ochotona, Oryctolagus, Lepus.
^) Sauf chez les Leporidae.
Famille des Sciuridae.
Sous-Famille des Pteromylnae.
Une membrane poilue en forme de parachute sur les flancs, reliant le membre antérieur au membre postérieur.
Genre Sciuropterus Fr. Cuvier, 1825.
Pteromys; p. Geoffro}^
Caractères. — Membrane des flancs dépourvue de la pointe saillante (qui forme une petite aile supplémentaii'e dans le genre Pteromys), se terminant au poignet par un lobe arrondi. Queue distique, s'ést-à-dire aplatie, les poils insérés de chaque côté du membre (et non cylindrique).
Formule dentaire: I. :, — r, Pm. - — -, M.- — ^ = 22 dents, i — 1 1 — 1 o — o
C'est la même formule que dans le genre Sciums; les molaires sont plus compliquées que chez les Ecureuils-volants américains et sud-asiatiques, à sillons et tubercules plus marqués; trois replis sur la face interne. Première prémolaii'e rudimentaire.
Sciuropterus russicus Tiedemann.
Pteromys russicus. Tiedemann, ZooL, 1, 1808, p. 151; Sciurus volans (partim). L., Sj'st. Xat., 1776, I, p. 88 (nec Mus volans, p. 85); Pteromys volans, Blasius. Fauna Deuts.. 1857, I, p. 269, fig. 152; Pteromys (ei Sciuropterus) sibiricus, Desmarest, 1822.
Pelage épais et moelleux; dessus d'un brun-fauve avec la membrane des flancs et les pattes d'un gris-brun foncé; dessous blanc; queue large, bien distique, gris-fauve eu dessus, roux clair dessous. Les poils du dos ont leur base d'un gris-noirâtre avec l'extrémité d'un brun-jaune clair; ceux du dessous sont entièrement blancs. — En hiver, quand le poil s'allonge, le dessus est plus clair.
Long, tête et corps 180 à 190 mm.; queue 160 mm.
Habitat. — Régions septentrionales de l'Europe: Laponie, Finlande, Russie Nord; s'avance jusqu'en Courlande, en Livonie et en Lithuanie, mais y est devenu rare (autrefois se montrait jusqu'en Pologne et près de Moscou, où il est exterminé); de là jusqu'en Sibérie.
Remarque. — Sa prétendue présence eu France (dans les Basses-Alpes, près de Digne, et même dans les Landes), n"est probablement fondée que sur une confusion avec les sous-espèces de Sciurus vulgaris de couleur foncée qui habitent ces deux régions.
Sous-famille des Scmrinae.
Pas d'expansion des flancs en forme de parachute.
Genre Sciurus L., 1758.
Caractères. — Tête arrondie à mnseau court, oreilles grandes, ovales, poilues, surmontées (au moins en pelage d'hiver) d'un pinceau de poils. Pieds étroits, à ongles comprimés, crochus, propres à grimper. Queue aussi longue que le corps, distique, touffue. Le pouce des pattes antérieures est rudimentaire.
Formule dentaire: I. :; — r, Pm. - — -, M. ~ — ^ = 22 dents. 1 — i i — 1 o —à
La première molaire supérieure est rudimentaire. Les vraies molaii'es sont tuberculeuses, au moins chez le jeune, les tubercules s'usant avec l'âge.
Sciurus vulgaris L.
Sciurus vulgaris, Linné, Sj'st. Nat., 1776, I, p. 86; Barret-Hamilton, P. Z. S., 1899, p. 6 (Ecureuil ordinaire de Suède, type de l'espèce); Sciurus vulgaris rufus, Kerr, Anim. Kingd., 1792, p. 255 (nec Barret-Hamilton).
Pelage d'été d'un roux brun (ou marron) avec la queue de la même couleur; dessous blanc; pas de pinceaux aux oreilles.
Pelage d'hiver d'un gris-brun, un peu bleuâtre sur les flancs, laissant voir en partie un reste du pelage d'été sur une étendue plus ou moins grande de la ligne dorsale et des membres (ne devenant pas d'un gris clair comme chez Sciurus vulgaris varius), le dessous restant blanc. En outre la queue reste d'un roux foncé et ne devient jamais d'un jaune blanchâtre comme celle de Sciurus vulgaris leucurus. Pinceaux des oreilles bien développés.
Long, tête et corps 220 mm.; queue 200 mm.
Habitat. — Le Sud de la Suède et de la Norvège.
Remarque. — Les Ecureuils du Continent Européen (Europe Centrale), présentent d'ordinaire deux phases de pelage, l'une rousse, l'autre foncée (brune ou noire), particulièrement dans les régions montagneuses du sud (Alpes, Pyrénées, • — Italie, Espagne, Grèce), et cette variation est indépendante de celle qui se rattache au changement de saisons (Eté et Hiver). On trouve, en outre, des phases intermédiaires.
Il est à noter que l'Ecureuil fait défaut dans toutes les grandes îles de la Méditerranée (Corse, Sardaigne, Sicile, Crête), ainsi que dans le sud de la Russie, la Crimée et le Caucase où il est remplacé par une espèce bien distincte.
Sciurus vulgaris varius Kerr.
Sciurris vulgaris varius, Kerr., Anim. Kingd., 1792, p. 256 (nec Pallas); Barret-Hamilton, P. Z. S., 1899, p. 6.
Pelage d'été d'un roux plus clair que celui des Ecureuils de l'Europe Continentale; queue de la même couleur, et dessous blanc.
Pelage d'hiver d'un gris très clair, argenté (Petit-gris) sur le corps, la queue et les oreilles (les pinceaux restant roux). Quelques
spécimens gardeut également la teinte rousse sur la ligne dorsale, la tête et les pattes. Les poils gris sont auuelés de gris et de blanc. Taille (la même que celle du type).
Habitat, — Le Nord de la Scandinavie, la Laponie, la Russie, la Pologne, la Prusse Orientale, une partie de la Hongrie et la Sibérie occidentale.
Remarque. — Dans le Nord de la Sibérie, et peut-être de la Russie, ou trouve une' autre sous-espèce (Sciurus vulgaris arcticus Trt.) qui, après avoir passé, à l'automme, par la livrée gris clair du Petit-gris, devient, en plein hiver, complètement blanche, la queue seule restant un peu jaunâtre. Son pelage d'été est d'un roux pâle.
Sciurus vulgaris leucurus Kerr.
Sciurus leucurus, Kerr. Anim. Kingd., 1792, p. 256; Earret-Hamilton, P. Z. S., 1899, p. 3—4.
Semblable au type de la Suède méridionale, c'est-à-dire d'un roux foncé, sauf la queue qui est brune, et se fane régulièrement chaque année, à l'automne, pour passer à la teinte crème ou jaune paille.
Le pelage d'hiver est plus foncé, teinté de gris sur les flancs, mais la queue conserve sa teinte d'un jaune pfile.
La queue n'est rousse que chez le jeune, mais jamais d'un roux si vif que sur les spécimens du Continent.
Taille (semblable à celle du type).
Habitat. — Les îles Britanniques; est plus rare en Irlande où il a été introduit récemment, d'après Thompson. — • Les Ecureuils de le Bothnie Occidentale (Suède Nord), auraient également, à l'automne, la queue d'un jaune blanchâtre.
Sciurus vulgaris îuscoater Altum.
Sciurus vulg. Var. fuscoatra, Altum, Forstzoologie, 1876, 2 e Ed., I, jj. 76; Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 128; Sciurus vulg. Var. cinerea, Hermaun, Obs. Zoo]., 1804, p. 65 (nec Se. cinereus, L.); Se. vulgaris Var. nigrescens, hrunnea, graeca, alpina, Altum, 1. c, 1876, p. 75; Sciurus vulgaris rufus, B.- Hamilton (nec Kerr), P. Z. S.. 1899, p. 5; Sciurus vulgaris rutilans, Miller, Ann. Xat. Hist., 1907, XX, p. 426; Sciurus vulgaris Var. GotharcU, Fatio, 1905.
Le dessus du corps est d'un roux plus vif (entre roux-cannelle et roux-orange de Ridgeway), que chez Sciurus vulgaris type, en été; roux teint de gris de fumée sur les flancs en hiver. Queue dans toutes les saisons d'un roux vif, mais un peu plus foncé que le corps. — La phase brune, moins commune, est d'un brun grisâtre lavé de brun-momie sur le dos; la queue d'un noir ardoisé.
Long, tête et corps 223 mm.; queue 175; pied 62 mm.
Habitat. — Allemagne (type de Rudolstadt, Schwartzbourg), Autriche- Hongrie et Roumanie. Les types d' Altum étaient du Harz, en Silésie.
Remarque. — Cette forme est le type de TEurope Centrale, du Hanovre à la Roumanie. En Suisse, cette forme passe au Se. vulg. italicus chez qui la phase brune prédomine. — Le nom de Se. v. rufus, appliqué par Barret- Hamilton et ïrouessart à cette forme ne peut être conservé, le Se. vulg. rufus Kerr (Anim. Kingd., 1792, p. 255) étant synonyme de Se. vulg. wdgaris, type de Scandinavie (Miller).
D'après Matschie, l'Ecureuil du Bas-Danube (Roumanie) constituerait encore une forme distincte, mais cet auteur n'en a pas indiqué les caractères.
Sciurus vulgaris russus ]\Iiller.
Seiurus v. rufus, B.-Hamilton, P. Z. S., 1800, p. 5 (nec Kerr, 1792); Seiurus V. rufus, Trouessart, Bull. Mus. Paris, 1906, p. 360 (nec Kerr); Seiurus V. russus, Miller, Ann. Xat. Hist., 1907, XX, p. 427.
Semblable au «Se. vulg. fuscoaier (= riitilans), mais, dans la phase rousse, la teinte est plus foncée et moins vive, le rouxcannelle étant fortement nuancé de marron en été, noisette en hiver, lavé de gris de fumée clair sur les flancs; queue en toute saison d'un marron claii" très vif. — La phase brune est rare; elle est semblable à celle de S. v. fuscoaier.
Long, tête et corps 202 mm.; queue 166; pied 54 mm.
Habitat. — France Nord et Centrale (type de Dinan, Côtes-du- Nord); s'étend de la Hollande, à travers la Belgique et l'Est de la Frauce jusqu'à la Bretagne. Au Nord jusqu'au Danemark. Remplacé dans le Sud-Ouest de la France par d'autres formes («Se. v. numantkis, etc.). Mais se retrouve, d'après Cabrera, dans le Nord de l'Espagne (provinces du Nord-Est, vallée de l'Èbre).
Remarque. — Par la couleur comme par la distribution géographique, on peut établir un parallèle entre Se. v. russus et Se. v. fuseoater d'une part, et Evotomys liereynieus rubidus et Evotomys h. hereynieus d'autre part.
Seiurus vulgaris alpinus Fr. Cuvier.
Seiurus alpinus, Fr. Cuvier, Hist. Nat. Mamm., 1821, pi. 237; Trouessart, Bull. 3Ius. Paris, 1906, p. 363; Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1905, p. 230.
Dessus d'un brun obscur finement tiqueté ou pointillé de blanc; ce résultat est produit par la teinte des poils qui sont noirs avec un large anneau blanc dans leur partie médiane et un autre anneau beaucoup plus éti'oit, blanc ou roux, près de la pointe. La bourre sousjacente est d'un cendré obscur avec la pointe rougeâti-e. Dessous d'un blanc plus ou moins pur qui, sur la face interne du bras, s'arrête au coude. Les pieds postérieurs sont d'un roux ferrugineux passant au noir sur leur face externe: les pieds antérieurs sont noirs et cette couleur s'étend sur toute la face interne de l'avant-bras et en avant du bras sur les côtés de la poitrine, la partie inférieure des mâchoires, les lèvres, les côtés du museau où elle pfilit et passe à une délicate
couleur de chair. Les oreilles sont de la couleur du dos avec les pinceaux noirs. Queue d'un noir de jais, avec une légère nuance brunâti-e à la racine des poils et sur la ligue médiane de la face inférieure. Tous les poils de la queue sont noirs avec deux ou trois anneaux blanchâtres dans leur moitié basale, quelques-uns présentant un large anneau roux suivi d'une pointe blanche (Cabrera).
Long, tête et corps 240 mm.: queue 205; pied 58 mm.; Crâne: long. 53 mm.; large 32 mm. (plus court que celui de Se. wfuscatus, tout en étant aussi large).
Habitat. — Les Pyrénées Orientales, sur le versant espagnol et sur le versant français, s'étendant en France jusque dans les Alpes du Dauphiné (départ, des Basses- Alpes). — A été importé en Portugal, près de Bellas (Estramaidure), où il s'est acclimaté et a formé une petite colonie.
Sciurus vulgaris numantius Miller.
Sciuriis rufas, Cabrera (et Se. sp., Cabrera), Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1905, IV. p. 224, 225 et 231 ; Sciurus vulg. numantius, Miller. Ann. Nat. Hist., 1907, XX, p. 428.
Taille supérieure à celle des spécimens de l'Europe Centi-ale, mais inférieure à celle de -Se infuscatus, Cabrera. Couleur du dessus, dans la phase claire, moins foncée que celle de ce dernier, et la queue n'ayant jamais une ligue médiane blanche en dessous.
Tête, dos et flancs, face externe des membres d'un brun grisâtre uniforme (entre brun-broccoli et brun de bois); une faible teinte rousse le long du dos. Museau et devant de la face d'un flave ocreux (ou couleur d'argile); joues châtain; princeaux des oreilles noirâtres. Côtés du cou d'un brun de bois pâle. Face interne des pattes et une raie mal définie sur les côtés du ventre d'un noisette clair. Pieds noisette clair. Queue d'un roux très foncé (presque marron) surtout près de la base qui est plus rousse; la partie médiane de la queue, en dessous, plus claire, les poils étant d'un gris-flave à leur moitié basale et portant deux anneaux châtains. Dessous du corps d'un blanc flave, le menton et la poitrine d'un châtain très clair (écru).
Dans la phase foncée la queue est d'un noii'-bleu clair ti'ès légèrement grisâti'e le long de la ligne médiane, en dessous, et le dos est plus fortement teinté de noirâtre. — Les variations de cette livrée montrent plus ou moins de tendance à prendre la phase foncée. Les pinceaux des oreilles sont ou noirâtres ou roussâtres.
Long, tête et corps 237 mm.: queue 230: pied 66 mm.
Habitat. — Espagne: le type (décrit ci-dessus) est de Pinares de la SieiTa, prov. de Burgos. — Cette forme se monti-e déjà dans le Sud de la France (Landes, St. Jean de Luz, Basses-Pyrénées). En Espagne, Sierra de Dubros (Asturies), Arrechavaleta (\^itoria), Panticosa (Huesca).
Sciurus vulgaris inîuscatus Cabrera.
Sciuriis infuscatus, Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1905, p. 227.
Seiïil)lable à Se. rulg. russus, mais nu peu plus grand, de coloration plus obscure et avec une seule raie blanche longitudinale sur le dessous de la queue').
Dessus d'un châtain foncé, plus obscur sur le dos et le dessus de la tête, ces parties passant presque au noir sur certains individus. Côtés de la face d'un gris-roux clair: lèvres, gorge, poitrine et ventre blancs ainsi que la partie interne des membres jusqu'aux pieds, qui sont d'un blanc moins pur. Pinceaux des oreilles d'un châtain qui passe au noir à la pointe. Queue d'un châtain vif avec quelques poils blancs sur certains individus; en dessous les poils blancs occupent toute la ligne médiane de la (jueue et y forment une bande longitudinale de largeur variable, mais toujours bien marquée. Tous les poils châtains de la queue ont leur moitié basale, qui est cachée, d'un gris d'acier obscur, et présentent, à leur racine, une petite portion blanche. Sur le dos, la bourre est grise à la base, rousse à la pointe, tandis que les jarres, plus abondantes, sont d'un noir ou châtain foncé brillant. — Il y a peu de différence entre le pelage d'hiver et celui d'été. — La queue est moins nettement distique que chez Se. V. rifssus.
Tête et corps 280 mm.: queue 320: pied 65 mm.: Crâne: long. 59 mm.: larg. 36 mm.
Habitat. — Espagne Centrale, dans les régions montagneuses, particulièrement dans les bois de Pins (provinces de Madrid, Soria et Avila): type de las Navas del Marques, province d'Avila. — S'étend probablement jusqu'à l'extrême Nord-Ouest de la Péninsule.
Sciurus vulgaris segurae ^Miller.
Sciurus vulgaris segurae, 31iller, Aan. Xat. Hist., 1909, III, p. 418.
Semblable à Se. vulg. infuscatus mais le dos moins noirâtre, la bourre d'un gris clair, la queue moins rousse et la bande blanche du dessous moins développée (quelquefois nulle), les joues d'un gi-is clair, ne différant pas notablement du blanc de la poitrine.
Pelage d'été: dessus finement mélangé de brun de bois et de noirâtre (brun de Mars dans l'ensemble), plus noir sur les flancs dans la partie postérieure du dos et sur les cuisses en arrière (quelquefois passant au roussâtre). Oreilles et sommet de la tête comme le dos; face lavée de roux: museau et joues jusqu'en arrière de la base des
1) Chez les Ecureuils du centre de l'Europe (Se. vulg. russus), le dessous de la queue présente d'ordinaire cinq raies longitudinales plus claires, ce qiù tient à ce que les poils sont annelés de clair et de foncé sur cette face de la queue.
oreilles d'un chataiu-écrii clair, assez pâle pour ue pas former contraste avec le blanc de la gorge; bourre de la tête, du dos, des flancs et des membres d'un chatain-écru comme les joues, le pelage étant souvent assez ras pour que cette couleur se montre à la surface. Pieds d'un ferrugineux sombre, cette couleur s' étendant sm- la face externe des cuisses et sur tout le membre antérieur dans les régions éclaircies par le chatain-écru de la bourre. Tout le dessous et la face interne des jambes d'un blanc flave jusqu'à la base des poils. Queue noirâtre, légèrement teinte de roux sombre, les poils chatain-écru à la base; toute la queue striée de poils d'un blanc pur plus nombreux le long de la ligne médiane en dessous, cette ligne formant d'ordinaire une bande longitudinale blanche comme chez Se. v. iufuscatus.
Long, tête et corps 245 mm.: queue 195: pied 61 mm.: crâne 51.8x Sk-l mm.
Habitat. — Espagne (Sierra da Segura, Jaen, Molinicos).
Sciurus vulgaris baeticus Cabrera.
Scmrus baeticus, Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Xat., 1905. p. 228.
C'est la plus petite forme de l'Ecureuil d'Europe, caractérisée par sa queue unicolore et de la même couleur que le dos.
Dessus d'un roux châtain foncé, dessous blanc. Le blanc ne s'étend pas autant que chez Se iufuscatus et Se. russus, étant limité à la ligue médiane du ventre. Côtés de la face, tour des yeux plus clairs que le reste de la tête, d'un jaune sale. Queue de la teinte du dos, uniformément d'un roux châtain foncé, sans baude blanche longitudinale sur sa face inférieure (Pelage d'Eté sans pinceaux aux oreilles).
Long, tête et corps 200 mm.; queue 160; pied 50 mm.
Habitat. — Espagne Sud, Andalousie (Sierra Morena, au moins dans sa partie occidentale; parait assez rare).
Sciurus vulgaris italicus Bonaparte.
Sciurus italicus, Bp., Fauna italica, 1838, fasc. 23. pi. col.: Trouessart, Bull. Mus. Paris, 1906, p. 364.
La phase rousse existe, mais est plus rare que la phase foncée, même dans le nord de la péninsule; daus le sud. la phase foncée est seule connue.
Pelage d'été: d'un noir plus ou moins fuligineux sur le corps et la queue; le dessous blanc.
Pelage d'hiver: d'un gris-brun fuligineux tiqueté de blanc. Le blanc du ventre est souvent séparé du noir des flancs par une bande gris clair ou rousse qui s'étend plus ou moius sur la face externe des
membres et les côtés de la tête. — La queue, d'uu noii- de jais en dessus, est annelée eu dessous, chaque poil étant giis à sa base, fauve dans son milieu et noir à la pointe. Sur les spécimens de Suisse, eu été, la queue est souvent entièrement noh-e dessus et dessous. Taille du type.
Habitat. — Les montagnes du Centi'e et du Sud-Est de l'Europe (Alpes, Apennins, Karpathes, Balkans). En Suisse, confine avec ^c. V. nissus qui se tient dans les vallées, tandis que Se. v. italicus se ti'ouve exclusivement sur les plus hautes montagnes. En Italie, ce dernier descend devantage dans les vallées: il est seul connu dans le Sud. notamment dans les Abmzzes et sur la Somma du Vésuve.
Remarque. — LEcureuil noir de Grèce a été distingué sous le nom de Se. vulg. lilaeus. — • Il n"y a pas d"£cureuil en Corse, en Sardaigue, en Sicile, en Crète, en Crimée, et l'animal que 1 on a pris pour lui, et auquel on applique à tort son nom, est le Loir (Glis glis).
Sciurus vulgaris lilaeus ]\Iiller.
Sc'mrus vulgaris italicus, Trouessart, Bull. Hus. Paris, 1906, p. 364 (partim), spécimens de Grèce; Sciums vulg. lilaeus, ILiller, Ann. Xat. Hist., 1907. XX, p. 420.
Dans la phase brune, la coloration se fait remarquer par le couti'aste entre le brun presque noirâtre de la partie postérieiu'e du dos et le brim plus claii* (hair-brown) des épaules et du cou. La phase rousse n'est pas connue en Grèce.
Couleur générale d'un brun giisâti-e (hair-brown), plus pâle et plus grise sm' les joues et le museau, plus foncée et mélangée de noirâti-e sur la moitié postérieure du dos et sur la face externe des pattes postéiieui-es. Face interne de ces pattes et une ligne sur les côtés du venti'e, bordant le blanc du dessous, d'un ocre tanné devenant plus pâle et plus net en avant, se prolongeant sm* les côtés du cou et se répandant sm* la face externe des pattes antérieures. Pieds d'un ocre tanné lavé de noirâtre. Queue noh'âtre, lavée d'ocre tanné en dessous. Ventre d'uu blanc de crème: menton et poitrine d'un gris châtain clair.
Taille du type: pied 60 mm.
Habitat. — Grèce (Agoriani. sur le flanc Nord du Mont Lyakm-a, dans le massif du Parnasse), — Heldreich (Taune de Grèce, 1878) le signale également au M* Olympe en Thessalie et au Mt Ménalos, au-dessus d'Alouistena. en Arcadie.
SciuiTis anomalus Gmelin.
Sciums anomalus, Gmelin, Syst. Xat. I, 1789, p. 148; Sclireb., Sâug. I, 1792. p. 781, pi. 215 C; Satunin. Zool. Jahrb., 1896, p. 296; Sciunis caucasiens, Pallas, Zoog. Ross.-As.. 1811, p. 186: Wagner, Schreb.. Suppl.. III. pi. 2151».
Dépouvvii de pinceaux aux oreilles; sa couleur ne chauge pas en hiver. Les oreilles sont obtuses, couvertes de poils courts. Moustaches labiales et surciliaires très développées. Pattes antérieures à 4 doigts, les ongles aigus, sauf celui du pouce qui est placé en arrière des autres, aplati et obtus; pattes postérieures à 5 doigts. Queue large, distique, mais cylindrique à sa base: repliée sur le dos elle atteint le milieu du sommet de la tête.
Dessus jusqu'au sommet de la tête eu avant, face externe des cuisses, partie cylindrique et dessous de la queue d'un noir cendré, la pointe des poils blanche, surtout sur la partie antérieure du corps. Face et oreilles d'un brun foncé. Dessous, de la bouche à l'anus, les pieds antérieurs, le dedans des autres, la partie distique de la queue dessus et sur les côtés d'un brun-roux, plus clair sur le ventre, plus foncé sur la queue (Guldenstaedt).
Long, tête et corps 215 mm.; queue 180 mm.
Habitat. — Kussie Sud-Est, Caucase, dans les montagnes et les régions subalpines, où il remplace complètement l'Ecureuil d'Europe.
Genre Eatamias ^) Trouessart, 1880.
Tamlas (partim) Auct. Yet.
Caractères. — Ecureuils terrestres de petite taille vivant dans
des terriers comme les Spermophiles. Des abajoues à l'intérieur des
joues. Crâne plus grêle et plus allongé que celui des Ecureuils. Une
seule prémolaire fonctionnelle, la première supériem'e étant très petite
et sans usage. Tronc allongé, cylindrique; pelage du dos rayé longi-
tudinalement. Oreilles courtes, ovales, en partie fermées par le tragus
très développé. Queue de la longueur du tronc, faiblement distique
avec la peau annelée sous les poils. Pelage serré et assez dur, sans
changement appréciable en hiver.
Formule dentaire: I. - — r. Pm. - — ^, ^l--^ — ^ = 22 dents.
Une seule espèce, dans le Nord-Est de l'Europe. Eutamias asiaticus (Gmelin).
Sciurus striatus asiaticus, Gm., Syst. Xat.. I, 1788, p. 150; Sciurus striahis, Pallas, ZoogT. Eoss.-As., 1811, p. 187; Glires, 1778, p. 378 (nec Linné); Schreber. Sâug., IV., p. 790 (partim).
Dessus depuis la tête, les épaules, les côtés et les cuisses d'un gris jaunâtre avec quelques poils noirs plus longs, blancs à l'extrême
1) Le type du Genre Tamias lUiger, 1811, est une espèce américaine
longtemps confondue avec celle du Nord de lEurasie qui existe seule en
Europe. — Dans le genre Tamias, il n'y a qu'une seule paire de prémolaires aux deux mâchoires.
pointe. Museau, dessous et face interne des pattes d'un blanc-gris, le poil si fin qu'il laisse voir la peau brune. Sur les côtés de la tête une ligne blanche partant du nez et passant sur les sourcils, une autre allant des paupières à l'oreille, de la même couleur; au-dessous une bande ferrugineuse et une ligne de couleurs mélangées allant de l'angle de l'oeil à l'oreille. Sur le dos cinq bandes noires parallèles, dont la médiane va de la nuque à la racine de la queue, les deux intermédiaires du cou aux fesses, les deux plus externes des épaules aux cuisses; les intervalles sont d'un blanc jaunâtre. Queue jaunâtre dessus et dessous; quand elle est étalée et relevée, elle laisse voir, eu dessous, trois lignes noires obsolètes, les poils étant jaunâtres à la base, puis noirs avec la pointe grise, la ligne noire médiane étant formée par la partie vertébrale de la queue.
Long, tête et corps 145 mm.; queue 100; pied 36 mm.
Habitat. — Russie Nord, de la Mer Blanche aux Monts Oural, et de là dans toute la Sibérie (dans les régions forestières).
Genre Citellus Oken, 1816.
Sjiei'mophilus, F. Cuvier, 1822.
Caractères. — Le corps grêle et allongé comme celui des Ecureuils et des Tamias: des abajoues. Oreilles courtes, tronquées ou même submarginales. Molaires supérieures très comprimées sur leur face interne; 1ère prémolaire supérieure variable, mais toujours plus petite que la 2e; crâne à profil bombé, les arcades ZN'gomatiques peu renflées. Queue plus ou moins distique, plus courte que chez les P]cm"euils.
Formule dentaire: I. - — -, Pm. ^^ — -, M.- — ,7 = 22 dents. 1 — 1 1 — 1 o — o
Ou a subdivisé ce genre en plusieurs sous-genres: Colohotis et Citellus propr. dit., sont seuls d'Europe.
Sous-genre Colohotis Brandt, 1844.
La le prémolaire supérieure est environ deux fois plus petite que la 2e, à sommet sub-ti-ilobé ou sub-quadrilobé, aciculée, comprimée, transversale ou suboblique. La couronne des arrière-molaires est ti'iangulaire, la face interne comprimée, la face triturante étroite, présentant des plis d'émail ti-ansverses qui sont confluents en U ou en V sur le bord interne. Oreilles tronquées, très courtes, presque marginales. Plante du pied nue, ou poilue de la base des doigts au talon, ou seulement au talon.
Citellus (Colobotis) fulvus (Lichtenstein).
Spermophilus fulvus, Licht, Eversm. Reise, 1823, p. 119; Brandt, Bull. Acad. St. Petersb., 1844, p. 366; Radde et Walter, Zool. Jahrb., Syst., 1889, p. 1031.
Tour des yeux de la même couleur que le reste de la face. — Dessus, à partir du crâne jusqu'à la queue d'un flave ferrugineux, avec des poils noirs, ou à pointe noire, clairsemés. Bout du museau, côtés de la tête, bouche, abdomen et pieds d'un flave ferrugineux plus pâle, avec des poils noirs épars seulement sur les côtés de la tête. Moustaches étendues, de longueur médiocre, noires. Queue à poils très longs, roussâtres à la base, noirs au milieu, blancs à la pointe, de telle sorte que le bord de l'organe porte une bande arquée, noire, bordée de blanc, caractéristique de l'espèce.
Long, tête et corps 300 à 350 mm.; queue (avec les poils) 100 mm.
Habitat. — Russie orientale, du fleuve Oural, par 49 à 50 ^ lat. boréale, jusqu'aux Monts Mongosask.
Citellus (Colobotis) rufescens (Keys. et Blasius).
Spermophilus rufescens, Keys. et Blas., Wirbelth. Europ., 1840, p. 42; Brandt,^ Bull. Acad. St. Petersb., 1844, j^. 367; Spermophilus undulatus, Eversm., Bull. Nat. Moscou, 1840, p. 35.
Tour des yeux de même couleur que la face. — Dessus d'un flave ferrugineux rayé et tacheté en travers de brun et de blanc, le sommet de la tête, notamment, portant des poils annelés de noir, de blanc et de ferrugineux, ce qui fait paraître cette partie comme rayée de bruncendré. Côtés de la tête d'un ferrugineux assez pâle; au-dessus et au-dessous des yeux une tache ferrugineuse plus ou moins distincte. Moustaches étendues, médiocres, noires. Queue à poils médiocrement allongés, le dessus de la couleur du dos, le dessous et les côtés ferrugineux avec une bordure et une extrémité blanches, formées par la pointe des poils. Plante des pieds et ongles noirs.
Long, tête et corps 250 à 280 mm.; queue (avec les poils) 78 mm.
Habitat. — Russie orientale, depuis les déserts de la région du fleuve Oural, par 49 à 50" lat. boréale, jusqu'au 60**. C'est l'espèce la plus septentrionale du genre en Europe.
Citellus (Colobotis) musicus (Ménétriès).
Spermophilus musicus, Ménétriès, Catal. Rais, de ZooL, 1832, p. 21 ; Brandt, Bull. Acad. St. Petersb., 1844, p. 371; Satunin. Zool. Jahrb., Syst., 1896, p. 297.
Tour des yeux blanc. Queue aplatie, distique, ayant, au plus le quart de la longueur du corps. Dessus tiqueté de noir, de ferrugineux et de blanc, les poils ayant la pointe blanche; queue de la couleur du dos, le dessous d'un roux ferrugineux avec la pointe des poils blanche. La tête et le museau sont d'un brun noirâtre; le dos parait souvent ondulé en travers de roux et de blanc effacé, en lignes très fines. Au-dessus des yeux une tache arquée d'un ferrugineux pâle; une autre,.
étroite, allant du uez à l'oreille, quelquefois mêlée de noir ou effacée chez l'adulte; entre les yeux et l'oreille souvent une tache oblougue tiquetée de brun pâle et de noir. Côtés de la tête, du museau, lèvres et gorge d'un blanc flave; face postérieure du membre antérieur de la même couleur. Flancs tiquetés de blanc, de gris et de noirâtre, souvent lavés de flave ferrugineux. Pieds blancs ou lavés de flave ferrugineux. Cuisses de la couleur du dos avec le bord antérieur d'un blanc ferrugineux avec quelques poils noirs; le bord postérieur de ce membre et l'aire sous-caudale d'un ferrugineux mêlé de noir. Poitrine et abdomen d'un flave ferrugineux pâle avec quelques poils noirs. Région anale blanchâtre.
Long, tête et corps 220 à 235 mm.; queue (avec poils) 35 à 50 mm.
Habitat. — Russie Sud, de la Mer d'Azov au Caucase et sur les sommets de cette chaîne de montagnes.
Sous-genre Citellus propr. dit.
La le prémolaire supérieure est rudimentaire, unilobée, aciculaire, logée dans l'angle antérieur interne de la seconde qui est plus allongée que les deux arrière-molaires suivantes. — La plante des pieds est poilue derrière la base des doigts et au talon. Les oreilles sont courtes, marginales; la queue moyenne ('/^ ou Vs tle la longueur du corps). — Pour le reste, comme dans le sous-genre précédent.
Citellus (Citellus) citellus (L.).
Mus citellus, Linné, Svst. Nat., 1766, I. p. 80; Spermophilus citellus,
Brandt, Bull. Acad. St. Petersb., 1844, p. 376; Blasius, Fauua Deuts., 1857, I,
p. 275, fig. 155; Spermophilus undulatus, Temm. (nec Pall.), Monog. Mamm., 1822, I, p. 27.
Dessus ondulé de noir et de flave ferrugineux, mais sans former de taches, le museau plus roux, mais sans tache arquée au-dessus des yeux. Tour des yeux et sourcils blancs. Lèvres, menton et gorge blancs. Flancs de la couleur du dessus, mais plus flaves et non ondulés. Dessous et face externe des pattes antérieures d'un flave ferrugineux, l'abdomen plus pâle; les pattes postérieures blanches dans la région voisine de l'anus. Queue aplatie, subdistique ou touffue, mêlée de noir et de flave ferrugineux, les poils étant noirs à la base, puis ferrugineux, quelquefois terminés de blanchâtre; à la face inférieure la queue est flave ferrugineux pâle sur la ligne médiane, flave ferrugineux sur les côtes, les poils à pointe blanchâtre, avec la ligne vertébrale noirâtre.
Long, tête et corps 215 à 250 mm.; queue 52 à 65 mm.
Habitat. — Pologne, Bohème, Silésie, Autriche. Hongrie; c'est l'espèce la plus occidentale du genre; elle ne semble pas s'étendre jusqu'en Russie.
Citellus (Citellus) citellus flavescens (Pallas).
Mus citillus Var. flavesce7is, Pallas, Xov. Spec. Glir., 1778, p. 122 et 127; Arctomys concolor (part.), Fischer, Synops. Mam.. 1827, p. 545.
Taille grande, comparable à celle d'ime Marmotte {Var. gigantea, Pallas). D'im gris-flave uniforme, plus cendré sur le dos. pelage rude et bourru. Queue distique et touffue (Constitue probablement une espèce distincte).
Habitat. — Les déserts du delta de l'Oural, au Nord Ouest de la mer Caspienne (région la plus chaude de l'habitat des Spermophiles).
Citellus (Citellus) citellus pygmaeus (Pallas).
Mus citillus Var. j^yg'iiiaea, Pallas, Nov. Sp. Glir., 1778, p. 122 et 127; Spermophilus mugosaricus (part.?), Eraudt, Bull. Ac. St. Pet., 1844, p. 370.
Taille très petite, comparable à celle îi'AnHcola ainjtkibins. Pelage moelleux de teinte uniforme, plus flave encore que celui de la grande variété précédente. Queue courte, cylindrique (non distique). — (Constitue probablement une espèce distincte).
Habitat. — Les déserts entre l'Oural et le Volga, à l'Ouest de la mer Caspienne, dans la région des lacs salés, avec la sous-espèce précédente.
Citellus guttatus (Pallas).
Mus citillus Var. guttatus, Pallas, Nov. Comm. Petrop., 1778, XIV, pi. 21, fig. 2 (Var.); id., Pallas, Glir., 1778, p. 76, pi. 6; Nordmaun, Voy. Demidoff. 1841, pi. 3; Spermophilus guttatus, Brandt, Bull. Acad. St. Pet., 1844, p. 375,
Dessus tiqueté de noir et de ferrugineux, cette dernière couleur prédominant, et portant en outre des taches ovales, subtétragonales ou écaillées, d'un blanc plus ou moins flave, de 3 mm. environ de diamètre, irrégulièrement rangées. Tête cendrée, tiquetée de noir et de blanc, sans taches. Tour des yeux, sourcils et raie allant aux oreilles blancs. Une tache ferrugineuse arquée bien marquée au-dessus des yeux; une autre de même couleur sous l'oeil, allant du museau à l'oreille. Lèvres, menton et gorge blancs. Flancs plus pilles que le dos, les taches s' effaçant sur les cuisses. Dessous d'un ferrugineux pâle passant sur les pieds au flave. Queue peu distique, un peu touffue, le dessus mêlé de blanc et de noir, quelquefois teinté de ferrugineux avec la pointe des poils blanche; le dessous ayant les poils tiquetés à la base de noirâtre et de roux, ferrugineux dans leur partie moyenne et terminés de blanc. La partie vertébrale de la queue est noirâtre. Dans une variété (atro-maculata) il existe une ligne noire ventrale allant de la gorge à l'entre-deux des pattes postérieures.
Long, tête et corps 180 à 215 mm.; queue (sans poils) 50 mm. (avec les poils) 70 mm.
Habitat. — Russie Sud, de Kiev jusqu'en Bessarabie et au Volga (depuis le 46" ou le 47 •• jusqu'au 53** lat. boréale).
Genre Marmota Frisch, 1775, Mus, L.; Arctomys Schreber, 1792.
Caractères. — Corps plus épais, plus court et plus robuste que
€elui des Spermophiles (Citellus). Oreilles courtes, mais bien développées,
dépassant le poil, arrondies. Première prémolaire supérieure égalant
plus de la moitié de la deuxième. Doigts et ongles très forts. —
Crâne à profil droit, non bombé; arcade zygomatique large, forte, mais
non renflée. Les incisives deviennent d'un brun-jaune chez l'adulte.
Queue courte. Pas d'abajoues. La plante des pieds nue.
Formule dentaire: I. r — z-, Pm. ^' — -, M.- — -= 22 dents. 1 — 1 1 — i o — o
Habitent les Montagnes. Deux espèces en Europe. Marmota marmota (L.).
ikf«s marmota, L., Syst. Nat., 1766, p. 81; Arctomys marmota, Schreber, Saug., III, 1792, p. 722; Blasius, Fauua Deuts., 1857, [, p. 280, fig-, 158.
Dessus d'un gris-fauve mêlé de brun-roux sur le milieu du dos, plus foncé encore et mêlé de noir sur la tête qui est d'un brun noirâtre; museau et côtés de la tête d'un gris jaunâtre; derrière de l'épaule et de la cuisse d'un roux-jaune; dessous d'un roux-jaune foncé; lèvres blanchâtres, La queue est à sa base d'un brun mêlé de roux-jaune, noire dans sa moitié terminale. La base des poils endessus est d'un gris noirâtre, en-dessous d'un gris-brun plus clair. Les jeunes sont d'un gris-brun uniforme dessus et dessous.
Long, tête et corps 500 mm.; queue 130; pied 80 mm.
Habitat. — Montagnes de l'Europe Sud: Massif des Alpes, Pyrénées, Carpathes, à la limite des neiges perpétuelles.
Marmota bobac (Schreber).
Arctomys bobac, Schreber, Saug., III. 1792, p. 738, pi. 209; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 283, fig. 159; Hensel, Archiv. Naturg., 1879, I, p. 198, pl.13; Mus arctomys, Pallas, ^ov. Spec. Olir., 1778, p. 111, pi. 5 et 9; Arctomys haïbacina, Braudt, Bull. Acad. St. Petersb., 1844, p. 364
Les incisives restent blanches. — Le dessus et le dessous, les côtés de la tête, du cou et les épaules sont d'un roux-jaune pâle, surtout dessus, avec quelques poils d'un brun-noirâtre entremêlés. La tête, sur le sommet et le museau, le tour des yeux, les lèvres et les côtés de la bouche sont uniformément d'un roux-jaune brunâtre avec quelques poils noirs clairsemés. La queue est d'un roux-jaune sombre, plus foncé vers le bout qui est d'un brun noirâtre. La base des poils dessus est d'un gris-brun foncé, dessous d'un brun clair, —
d'un gris blanchâtre sous le cou et la gorge. — Les jeunes sont d'une teinte plus foncée que les adultes.
Long, tête et corps 380 mm.; queue 100; pied 77 mm.
Habitat. — Europe orientale, depuis la Galicie et la Pologne jusque dans le Sud de la Russie, et de là dans le sud de la Sibérie.
Famille des Castoridae.
Genre Castor Linné, 1766.
Caractères. — Crâne massif dépourvu d'apophyses postorbitaires, arcades zygomatiques fortement bombées; une seule paire de prémolaii-es à chaque mâchoire, les arrière-molaires dépourvues de racines, à couronne montrant des replis d'émail compliqués, la prémolaire supérieure plus grande que les molaires qui décroissent de la le à la 3e. — Queue large, aplatie, ovale, nue et écailleuse; pattes postérieures palmées; cinq doigts devant et derrière; ongles forts, celui du quatrième orteil double. Deux paires de glandes eu forme de poches ovoïdes près de l'anus, sécrétant le castoreum. Taille grande, corps trapu à jambes courtes, tête arrondie, oreilles courtes, yeux assez petits. 1 1 \ \ 3 3
Formule dentaire: I. :; — r, Pm. - — -, M.- — ^ = 20 dents. 1 — 1 1 — 1 o — o
Une seule espèce en Europe.
Castor fiber L.
Castor fiber, L., Syst. Xat., 1766, I, p. 78; Blasius, Fanna Deuts., 1857, 1, p. 405, fig. 224, 225; Lônnberg, Arkiv. for Zool. Stockholm, 1906, Xr. 6, ûg. 1 à 5; Forsyth J\Iajor, P. Z. S.. 1908, II, p. 630; Castor albicus, C. haïtiens et C. vistulanus, Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1907, p. 216 à 219.
Pelage abondant, les jarres, seules visibles, d'un brun marron, la bom're sous-jacente d'un brun-gris; à peine plus clair dessous. Queue poilue seulement à sa base, couverte d'écaillés assez larges. — La couleur du pelage est un peu variable suivant l'âge.
Long, tête et corps 650 mm.; queue 300 (largeur 100) mm.
Habitat. — France (Rhône et affluents); Allemagne (Weser, Elbe, Castor albicus Matschie), Poméranie (Dôlitz, Castor balticus, Matschie), Pologne {Castor vistulanus Matschie), Autriche (Danube), Moldavie; Norvège, Suède, Russie Nord, Russie Sud (Caucase et fleuves de la Caspienne), de là en Sibérie et dans le Turkestan.
Remarque. — Lônnberg a démontré {loc. cit.) que les caractères dentaires sur lesquels Matschie a fondé les trois formes locales indiquées ci-dessus étaient
ou des anomalies (qui ne sont même pas symétriques des deux côtés de la mâchoire), ou des particularités individuelles, qui sont dans le même cas, et qui se montrent dans toutes les colonies actuellement isolées, mais qui le sont depuis trop peu de temps pour présenter du caractères constants permettant de les distinguer avec certitude.
Famille des Gliridae.
Genre Glis Brisson, 1756.
Myoxus, Zimmerman, 1780.
Caractères. — Une seule paire de prémolaires eu haut et eu bas un peu plus petites que les arrière-molaires; toutes les molaires radiculées, grandes, à couronne présentant des replis d'émail transverses, parallèles et bien marqués. — Queue distique et touffue; yeux et oreilles bien développés, celles-ci finement poilues.
Taille approchant de celle de l'Ecureuil.
Formule dentaire: I. :, — r, Pm. ^^ — -, M.- — - = 20 dents. 1 — i 1 — i o — o
Quatre doigts et un pouce rudimentaire en avant; cinq eu arrière, tous armés d'ongles recourbés propres à grimper.
Glis glis (L.).
Mtis glis, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 87; Myoxus glis, Schreber, 1792;- Blasius. Fauna Deuts., 1857, I, p. 292, ûg. 160; Heuvens, Monog. Myoxidae, 1890, p. 61, pi. 2, 3 et 4; Satuuin, Zool. Jahrb., 1896, p. 298.
Dessus d'un gris brillaut; dessous blanc; pieds et dessous de la queue blauchâti'es. Oreilles ovales, ayant un peu plus du tiers de la longueur de }& tête, couvertes de poils ras. Queue distique, un peu plus courte que le corps, les poils divergeant à partir de la base. Une ligne longitudinale blanchâtre sur le dessous de la queue, et une tache brune au métatarse. — Les jeunes ont le blanc du dessous moins pur et la queue presque roude, à poils plus courts.
Long, tête et corps 150 mm.; queue 130 mm.
Habitat. — Europe centrale, de la Belgique et de la France à la Russie et au Caucause et du Nord de l'Allemagne aux Alpes. En France ne se trouve que dans le Sud-Est et l'Est, et manque à l'Ouest, sa limite occidentale étant une ligue sinueuse allant du Luxembourg à la Sarthe, à la Charente inférieure, et de là aux Basses-Pyrénées. Ne se trouve pas dans le Sud de l'Espagne.
Glis glis pyrenaïcus Calirera.
GUs glis pyrenaïcus, Cabrera, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 193.
Crâne plus fort que celui du type et dos fortement teinté de flave (buffy). — Dessus d'un giis flave, les poils étant d'un gris de fer
avec rextrémité d'un jaime-flave. Sur le milieu du dos de nombreux poils noirs à reflets métalliques. Dessous d'un blanc crème, séparé de la couleur du dessus par une bande étroite mal définie de flave jaunâtre pur, s'étendant des joues aux hanches. Queue d'un gris brunâtre brillant avec la ligne ordinaire blanchâti'e sur sa face inférieure. Oreilles et tour des yeux bruns. Mains et pieds blancs ; une large tache brune, comme d'ordinaire, au métatarse.
Long, tête et corps 169 mm.; queue 137; pied 28 mm.; Crâne: 41,5 X 24 mm.
Habitat. — Espagne Nord, Pyrénées de Navarre (Allô); Ferrol et Barcelone.
Glis italicus Barret-Hamilton.
Glis italicus, Barret-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1898, II, p. 424.
Plus grand que Glis glis et dessus plus foncé ^) surtout sur la ligne dorsale. Queue plus touffue, ressemblant davantage à celle de l'Ecureuil; elle est noire ou brun foncé surtout à sa pointe (et non d'une couleur uniforme). Les marques foncées des parties antériem'es de la jambe et du pied sont noires (et non brunes) et conti-astent nettement avec la teinte blanche du reste du membre. Ces particularités s'observent à tous les âges. Dessous comme chez Glis glis, mais, dans quelques spécimens, la teinte est plus vive, lavée de roux, couleur qui devient plus intense sur la poitrine, le cou et la face interne des pattes antérieures.
Le crâne indique également un animal plus grand et plus fort.
Long, tête et corps 190 mm.; queue 152; pied 32 mm.; Crâne, 42 à 45 mm. (au lieu de 37 à 38 mm. chez Glis glis).
Habitat. — Italie septentrionale (Sienne, Florence, Gênes), et de là jusqu'au Steiermark (Autriche).
Glis melonii Thomas.
Glis melonii, Thomas, Ann. Nat. Hist., 1907, XIX, p. 445.
Semblable à G. italicus, mais plus gris avec une queue différente. La taille est la même; la prémolaire supérieure est petite et relativement plus simple.
Dessus d'un gris clair (et non châtain ou gris châtain comme chez G. italiens), sans trace de châtain. Queue très épaisse et touffue à la base, s'amincissant vers le bout en une pointe conique (au lieu d'être également large dans toute sa longueur); la pointe seule est foncée, le gris grisâtre s'étendant sur les deux tiers ou les trois quarts de la longueur (chez G. italiens la moitié terminale, sinon plus, est
1) Gris châtain, d'après 0. Thomas (Voyez la description de Glis melonii).
brune ou noirâtre); ici, la pointe est plus foncée, tout-à-fait noire. Dessous, comme d'ordinaire, avec une ligne blanche dans les deux tiers antérieurs.
Taille de Glis italicus. — Crâne 42 x 35 mm.
Habitat. — Ile de Sardaigne (ne se trouverait que dans les forêts d'Urzulei et d'Orgoloso. Ogliastra, et Monte Nieddu). — Semble remplacer dans l'île l'Ecureuil qui n'y existe pas, non plus qu'eu Corse.
Glis insularis Barret-Hamitou.
Glis insularis, B.-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1899, III, ]). 228.
Semblable à G. italicus par la couleur foncée de son pelage qui le distingue nettement de Glis glis. La queue est moins touffue et moins foncée que dans la forme d'Italie; la taille est plus petite. — Il pourrait être considéré comme une simple sous-espèce de G. italicus, mais il semble peu probable qu'il existe des intermédiaires ou des formes de passage.
Long tête et corps 160 mm.; queue 130; pied 28 mm.
Habitat. — Ile de Sicile (Monte Aspro, près Palerme).
Remarque. — Le Glis glis caspius, Satunio, qui remplace Glis glis au Sud du Caucase, ne se trouve pas sur le versant septentrional de cette chaîne de montagnes.
Genre Dyroniys Thomas, 1907.
Bn/omi/s Thomas, 1905 (nec Tschudi, 1845); Myoxns, part., Auct.
Caractères intermédiaires entre Glis et Eliomys (mais dont l'auteur n'a pas donné une formule systématique. Voyez: Thomas, P. Z. S., 1905, p. 348, subgenus; id., Ann. Hist. Nat., 1907, XX, p. 406, genus, et nouveau nom à la place de Dryomys préoccupé). Thomas renvoie à la pi. III de Reuvens, Myoxidae, où les caractères dentaires de Myoxus nitedula sont figurés (fig. 11): — Prémolaire supérieure moyenne; replis d'émail de la couronne des molaires inférieures plus compliqués que dans le G. Glis. Pelage de la tête présentant des bandes noires comme chez Eliomys. — Queue touffue seulement à l'extrémité. — Taille moyenne.
Dyromys nitedula (Pallas)^).
Mus nitedula, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 88; Zoog., 1811, p. 179; Myoxus dryas, Schreb., Sâug., IV, 1780, p. 831 ; Tyzenhaus, Hev. ZooL, 1850, p. 359, pi. 7; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 295; Radde, Fauna Casp., 1886, p. 7; Satunin, 1896; Myoxus nitedula, Reuvens, Myoxidae, 1890. p. 56, pi. 1 et 3.
1) D'après Nehring (Zoolog. Anz., 1903, p. 45), le nom de »dryas (Sclireber)« qui date de 1780, aurait la priorité, Pallas ayant toujours confondu l'espèce avec Mus nitela Grael. (qui est M. quercmus, L.).
Dents incisives supérieures jaunes, les inférieures blanches. — Dessus, depuis la tête, d'un gris-brun cendré lavé de jaunâtre; chanfrein gris cendré: lèvre supérieure, joues et dessous du corps et des membres d'un blanc un peu jaunâtre, cette dernière teinte plus intense à la jonction des couleurs du dessus et du dessous: une bande noii^e allant du nez, en passant sur l'oeil, à la base des oreilles; yeux grands et saillants. Oreilles courtes, arrondies, presque nues, rembrunies sur les bords; queue distique, cendrée, vaguement annelée de 14 à 15 zones noirâtres avec l'extrémité des poils et la touffe terminale blanches, de la même couleur dessous. Les poils du dos sont gris-foncé à la base, jaunâtres à la pointe, entremêlés de poils plus longs noii'âtres. Moustaches noires, terminées de gris, avec quelques poils blanchâtres. Parties nues (pieds, nez, oreilles) couleur chair: ongles blancs cachés par les poils des doigts. — En hiver le pelage est d'un gris pur sans jaunâti'e et les zones foncées de la queue sont moins visibles.
Long, tête et corps 98 mm.; queue 80; pied 23 mm.
Habitat. — Europe Orientale moyenne de la Lithuanie et de la Moravie à la Russie Sud (Ciscaucasie, Volga, Sarepta).
Dyromys nitedula intermedius (Nehring).
Myoxus intermedius, Nehring, S.-B. Ges. Xat. Fr. Berl., 1902, p. 155; 1903, p. 1; Deuts. Landwirth. Presse. 1902, p. 781, avec fig.; Festa. BoU. Mus. Zool. Torino, 1908, p. 23.
Dessus et face externe des membres gris ainsi que le dessus de la queue qui est touffue et distique, annelée de blanchâtre, le dessous blanchâtre. Dessous du corps depuis le menton blanc ainsi que l'intérieur des jambes et le dessus des mains et des pieds. Une bande noire partant de la base des moustaches et passant sur l'oeil, s'arrête à la base des oreilles (cette bande est moins large que celle du type). Les oreilles faiblement couvertes de poils sont relativement grandes.
Long, tête et corps 110 mm.: queue (avec poils) 75 à 78: pied 20 mm.
Les spécimens de Styrie sont plus foncés que ceux du Tyrol: le dos est d'un grjs noirâtre.
Habitat. — Tyrol (Lientz): Italie Nord; Styrie (Leoben). — Semble avoir été longtemps confondu dans cette région avec le Lérot (Eliomys quercinus).
Dyromys nitedula wingei Nehring.
Myoxus dryas, p., Winge, 1881; Myoxus nitedula uingei, Xehring, S.-B. Ges. Nat. Fr. Berl., 1902, p. 5; 1903, p. 45.
Semblable au type mais avec une bande rousse transversale qui, du dessus des épaiiles, s'étend sur le bras et l'avaut-bras; teintes
du dessus et du dessous du tronc séparées par une ligne de démarcation bien nette; dos d'un roux-brun très xii. Queue moins touffue que celle du type (comparée aux spécimens du Sud-Est de la Russie). Les dimensions plus faibles et les formes plus élégantes que celles du type (rappelant GHs j^^citis de Perse).
Long, tête et corps 95 mm.; queue (avec poils) 93; pied 19 mm.
Habitat. — Grèce (Attique, Mont Parnasse). — Les autres espèces du genre Dyromys sont Asiatiques.
Genre Muscardinus Kaup, 1829.
Caractères. — Queue poilue mais cylindiique dans toute sa longueur. Molaires allongées à replis d'émail transverses, nombreux et parallèles Pour le reste comme dans le genre Glis. — Taille petite.
Formule dentaire du Gr. Glis. La prémolaire beaucoup plus petite que les arrière-molaires.
Muscardinus avellanarius (L.).
Mus avellanarius., Linné, Syst. Nat., XII, 1766, p. 83; Myoxus muscardinus Schreber, Sâug. III, p. 835; Myoxus acellanarvis, Blasius, Fauna Deuts., I 1857, p. 297, fig. 163; Muscardinus avellanarius typicus, Barret-Hamilton, P. Z. S., 1900, I, p. 86.
Dessus d'un jaune tanné (ni roux ni orangé); dessous d'un flave clair sans ligne de démarcation entre les deux; poitrine blanche modérément distincte. Queue longue et grêle.
Long, tête et corps 78 mm.; queue 74; pied 16,4 mm.; Crâne 24 X 1 3 mm.
Habitat. — Suède (Upsal); Allemagne, France (du Pas-de-Calais à la Haute-Savoie); ne se trouve pas en Espagne.
Muscardinus avellanarius anglicus Barret-Hamilton.
Muscardinus avellanarius anglicus, B.-Hamiltou, P. Z. S., 1900, I, \). 86.
Dessus et dessous teints d'un oraugé très vif; ligne de démarcation indistincte, mais la poitrine nettement blanche. Queue courte et touffue.
Long, tête et corps 86 mm.; queue 62; pied 17 mm.; Crâne 24,5 X 14 mm.
Habitat. — Angleterre (type de Bedford Purliens, Thornhaugh, N. E. Northants). — N'existe pas eu L'iande; est rare en Ecosse.
Remarque. — Par ses couleurs vives, cette forme fait exception parmi les îlammifères de la Grande-Bretagne qui sont d'ordinaire plus sombres que ceux du Continent. Cela peut tenir à ce que la teinte de ce Muscardin est uuicolore (et melanochroïque), tandis que les autres 31ammifères sont généralement de deux couleurs plus ou moins distinctes (B.-Hamilton).
Muscardinus avellanarius speciosus Dehne.
Muscardinus speciosus, Dehne, Allgem. Deuts. Naturh. Zeitung, 1855, p. 180; B.-Hamilton, P. Z. S., 1900, I, p. 87; ? Muscardinus pulcher, Barret-Hamilton. Ann. Nat. Hist., 1898, II, p. 423.
Dessus d'un orangé brillant; dessous d'une belle couleur crème, sauf la poitrine blanche mais cette dernière couleur se distingue mal de celle du ventre, tandis que sur les flancs la ligne de démarcation entre les deux couleurs est tranchée et très nette. Queue longue et touffue. Souvent une tache crème en avant de chaque oreille (B.-Hamilton).
Taille peu différente de celle du type.
Habitat. — Italie Sud (Basilicate); le type de M. pulcher est de Sienne, en Toscane. — C'est probablement cette forme qui se trouve en Sicile (d'après Dôderlein).
Genre Eliomys Wagner, 1843.
Caractères. — Queue poilue dans toute sa longueur, mais touffue et distique seulement vers l'extrémité. Molaires plus courtes que dans le genre précédent, à couronne concave avec les plis d'émail peu marqués. Le reste comme dans le G. Glis.
Formule dentaire des G. Glis et Muscardmus.
Eliomys quercinus (L.).
Miis quercinuê, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 84; Myoxus quercinus, Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 289; Reuvens, Myoxidae, 1890, p. 26, pi. 1 et 3 ; Mus nitela, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 88; Eliomys nmnhyanus^ Barret-Hamilton (nec Pomel), Ann. Nat. Hist., 1899, III, p. 227 (spécimen d'Espagne); Eliomys hamiltoni et E. hortualis, Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1904, p. 180, 183; Eliomys quercinus, Cabrera, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 189 à 192 (rectification et synonymie).
Dessus d'un gris-roussâtre ; dessous et pieds blanchâtres. De chaque côté de la tête, une bande noire partant du museau, passant sur l'oeil et se terminant derrière l'oreille; une tache blanche en avant et au-dessus de cette bande noire. Oreilles ovales ayant un peu moins du tiers de la longueur de la tête et couvertes de poils ras. Queue cylindrique à sa base, couverte de poils courts, distique et garnie de poils longs à l'extrémité, noire en dessus, blanche en dessous et terminée par une touffe blanche. — Les jeunes sont d'un gris uniforme.
Long, tête et corps 120 mm.; queue 90 mm.
Habitat. — Europe Centrale et Occidentale: Belgique, France, Suisse, Italie Nord, Allemagne, Hongrie, Galicie et les provinces baltiques de Russie. Ne se trouve pas dans les îles Britanniques. Existe dans le Nord de l'Espagne (où il a été décrit sous les noms d'^". hamiltoni, E. hortualis et E. munbyanm). Remplacé dans le Sud de l'Espagne par E. quercinus lusitaniens.
Eliomys quercinus gymnesicus Thomas.
Eliomys gymnesicus, Thomas. Ann. ]^at. Hist., 1903, XI, p. 494* Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 190-4, p. 186.
Semblable à K. quercinus mais les oreilles plus petites. — Un peu plus petit qu'^. quercmus, par conséquent beaucoup plus petit qu'^. lusitanicus (= toiiori Graells). Couleur très semblable à celle de E. quercinus d' Allemagne, le roux brillant du dos devenant également grisâtre sur les côtés, et le gris prenant une teinte un peu plus foncée avant de passer à la couleur claire du ventre. Joues, tache des épaules, face interne des jambes et tout le dessous couleur crème. Raies de la face disposées comme chez E. quercinus, mais moins étendues, le cercle orbitaire étroit et la noir à la racine des moustaches séparé du reste par un espace clair. Oreilles nettement plus courtes que chez E. quercinus. Queue exceptionnellement grêle, colorée comme chez quercinus, mais le noir terminal très étroit et dépassé des deux côtés par la frange blanche qui est remarquablement développée.
Crâne court et large, les arcades zygomatiques très dilatées. Capsule cérébrale étroite. Bulles courtes, renflées, plus sphériques que chez quercinus. Dents fortes, très larges (se rapprochant sous ce rapport de E. sardus).
Long, tête et corps 131 mm.; queue 107; pied 26 mm.; Crâne 33,5x19,6 mm.
Habitat. — Iles Baléares (San Cristobal, Minorque, Majorque, Form entera, et Cabrera).
Eliomys quercinus lusitanicus Eeuvens.
Eliomys nitela var. lusitanica, Reuvens, Myoxidae, 1890, p. 28 (note au bas de la page); Myoxus nitela var. amori, Graells. Mem. Acad. Cienc. Madrid, XVll, 1897, p. 481; Thomas, P. Z. S., 1901, p. 41 (note); Eliomys quercinus lusitaniens, Cabrera, Ann. Nat. Hist., 1908. I, p. 189.
Plus grand que le type, d'un roux plus foncé, et bien caractérisé par la coloration de la queue qui est noire ou noirâtre en-dessus dans son tiers moyen, blanchâtre en-dessous; mais la bande noire forme un anneau complet, dessus et dessous, comme chez E. cincticauda, avec la touffe blanche terminale habituelle. Moustaches noires.
Long, tête et corps 139 mm.; queue 120; pied 31 mm.; Crâne 32,2 X 23,2 mm.
Habitat. — Portugal (Lisbonne, San Benito, Daimiel) ; Espagne Sud
(Cordoba et Séville, Andalousie).
Eliomys cincticauda Miller.
Eliomys cincticauda, Miller, Proc. Biol. Soc. Wash., 1901, p. 39 (25 Avril 1901).
Semblable à E. quercinus mais dessus d'un brun de bois et la queue complètement encerclée par la bande noire subterminale. Ligne de
démarcation des flancs très nette. Le brun du dessus plus claii- sur la tête et le milieu du dos, faiblement tiqueté de poils noirâtres, et lavé sur les épaules de chatain-écru pâle. Les poils sont ardoisés jusqu'au-dessus de leur moitié basale, puis d'un cliatain-écru pâle, enfin brun de bois à la pointe. Les longs poils noirs épars sont entièrement de cette couleur. Le dessous est d'un blanc de crème, avec la ligne de démarcation très marquée. Lignes noires de la face comme chez E. quercinus. Queue nettement bicolore de la base jusqu'un peu audelà du milieu, brune mêlée de blanc dessus, blanc crème dessous; en ce point elle porte un large anneau noir qui s'étend en dessous jusqu'à 20 mm. du bout, en dessus jusqu'à la base de la touffe terminale qui est blanche, avec une tendance à former deux lignes latérales. Pieds blanc sale. Oreilles couvertes de poils blancs courts et clairsemés.
Long, tête et corps 136 mm.; queue 108; pied 29 mm.; Crâne 34 mm.
Habitat. — Italie Sud (Sorrente près de Naples).
Eliomys sardus Barret-Hamilton.
Eliomys sardus, Barret-Hamilton, Ann. î^at. Hist.. 1901, VII. p. 340 (NO d'Avril 1901).
Semblable à E. quercinus par sa couleur générale et ses autres caractères, mais distinct par sa queue assez courte et par l'anneau noir qui en fait complètement le tour; il en résulte que le tiers ou la moitié basale de la queue est d'un fauve grisâtre dessus, blanchâtre dessous; cet organe est ensuite d'un noir profond dessus et dessous; enfin l'extrémité, sur une longueur de 13 millimètres à peine, est blanche. — E. lusitanicus présente une coloration semblable de la queue, mais la présente espèce est plus petite.
Long, tête et corps 142 mm.; queue 105: pied 26 mm.; Crâne long. 35 mm.
Habitat. — Ile de Sardaigne (Tricoli, Cagiiastra, et Lanusci).
Remarque. — Cette forme semble identique à la précédente et les deux descriptions étant de la même date, il est impossible de dire qui a la priorité. Cependant, étant donné l'isolement de lïle de Sardaigne, il est probable qu'une comparaison minutieuse montrera des différences qui permettront de distinguer les deux formes et de les conserver toutes deux.
Eliomys pallidus Barret-Hamilton.
Eliomys pallidus, B.-Hamilton. Ann. Xat. Hist., 1899, III, p. 226.
Taille d'E. quercinus, mais très distinct par ses couleurs. Dessus d'un gris poudreux, avec seulement une légère trace du roux-brun vif d'-E". querci)ius, sur le milieu du dos. Les raies noires d'^. quercinus
sont partout moins distinctes et moins foncées, et le gris du dessus passe au blanc du dessous graduellement; la ligne de démarcation plus claire, ainsi que la zone noire intermédiaire (souvent présente chez E. quercinus), font défaut.
. Long, tête et corps 147 mm.; queue 108; pied 29 mm.
Habitat. — Ile de Sicile.
Famille des Muridae.
Sous-famille des GerUllinae.
Les Rongeurs de cette sous-famille appartiennent à la faune désertique de l'Asie et de l'Afrique et ne se trouvent en Europe que dans les steppes du Sud-Est de la Russie.
Genre Gerbillus Desmarest, 1804.
Mus, p. L., Merimies, p. llliger, 1811; Brandt, 1854.
Caractères. — Forme murine, à queue cylindrique mais plus ou moins poilue; pattes postérieures plus longues que les antérieures; oreilles moyennes, couvertes de poils ras. — Incisives étroites, comprimées avec un sillon médian; molaires à couronne présentant (chez le jeune) des collines transverses à deux tubercules égaux, que l'usure transforme chez l'adulte en des lames d'émail d'abord en huit de chiffre, puis en ellipses, avec les boucles arrondies; la première molaire porte trois ellipses, la seconde deux, la troisième, plus petite, une seule (avec un petit tubercule rudimentaire en arrière).
Formule dentaire: I. :, — -, Pm. - — -, M.- — -==16 dents. 1 — 1 0 — 0 o — o
Cette formule est celle de tous les Muridae. Gerbillus meridianus (Gmelin).
Dipus meridia7ius, Gmelin, Syst. Nat., 1788, I, p. 159; Schreber, Saug., IV, pi. 231; Pallas, Zoog., 1811, p. 182 (»Nov. Sp. Glir., pi. 18b« [Mus]); Mus longipes, Pallas (nec L.), Nov. Sp. Glir., 1778, p. 88, 314, pi. 18b; Gerbillus meridianus, Biichner, Mamm. Przewalsk., 1888, p. 57 (nec Eversmann, 1840); Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., I, 1901, p. 112; 1907, III, p. 22, 23 et 63.
Dessus roux, plus foncé sur le milieu du dos, avec la queue de même couleur, un peu plus claire dessous. Tout le dessous, depuis la lèvre supérieure jusqu'à l'anus, les pattes antérieures, le devant des cuisses et le bord des oreilles d'un blanc flave qui remonte sur les
épaules et sur les flancs en se fondant insensiblement avec le roux du dessus. Les pattes postérieures sont blanches, en avant, à partir du talon, rousses sur leur face inférieure. La ligne de démarcation entre les deux couleurs n'est nette que sur les côtés de la tête et les cuisses. Oreilles ovales, moins longues que la moitié de la tête, rousses sur leurs deux faces, sauf la bordure blanche. Moustaches noires. Queue assez grêle, atténuée à l'extrémité, sans pinceau terminal.
Long, tête et corps 106 mm.; queue 104; pied 28 mm.; Crâne: 25x18 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est entre le Caucase et la mer Caspienne
et de là en Asie jusqu'en Chine.
Remarque. — Les mesures données ici sont celles de Satunin (spécimens de la Ciscaucasie); les mesures données par Biichuer (spécimens de l'Asie centralej, indiquent un animal notablement plus grand (145 au lieu de 106; 135 au lieu de 104; 34 au lieu de 28 mm.).
Gerbillus ciscaucasicus Satunin.
Gerbillus ciscaucasicus, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1907, p. 20, 22, 23 et 63.
Un peu plus grand que G. meridianus. — Dessus d'un roux-brun foncé; dessous et partie interne des jambes couverts de poils blancs jusqu'à la base. Moustaches mêlées de poils blancs et noirs. Queue Isabelle clair mêlé en-dessus de poils noirs épars; son quart terminal tout autour d'un brun foncé. Pieds blancs, mais avec une raie brune sur le milieu des poils épais qui couvrent la plante de ceux de derrière. Ongles blancs. Organes génitaux du mâle très développés ; son pinceau caudal presque noir.
Long, tête et corps 142 mm.; queue 130; pied 33 à 33,5 mm.; Crâne: 31x23 mm.
Habitat. — Eussie Sud-Est (Acikulak, Gouv* de Stavropol; vallée du Terek; Chersonskije-Chutorà, au N. de Kizljar).
Genre Meriones Illiger, 1811; Lataste (emend.), 1882. Rlionibomys^ Wagner, 1843 (nec Brandt).
Caractères. — Formes extériem*es comme dans le genre précédent. — Dents, dès l'origine lamelleuses, à lobes losangiques; incisives jaunes, à sillon près du bord externe; pour le reste comme Gerbillus.
Formule dentaire de Gerbillus.
Meriones tamaricinus (Pallas, nec Eversmann).
Mus tamaricinus, Pallas, Xov. Sp. Glir.. 1778, p. 322, pi. 19; Meriones tamaricinus, Severtzow, Ann. Nat. Hist., 1876, XVIII, p. 55.
Tête allongée, plus grosse que celle de Gerbillus meridianus. Dessus d'un roux-brun plus foncé sur le milieu du dos et ne couvrant, sur la tête, que le sommet du crâne et le chanfrein. Dessous d'un gris blanchâtre s' étendant sur les côtés de la tête jusqu'à la région surciliaire et à la base des oreilles, et se fondant sur les flancs avec la teinte du dos. Oreilles oblongues, moins longues que la moitié de la tête, rousses avec une touffe blanche à la base. Pattes antérieures d'un gris pâle en avant, rousses sur leur face postérieure; une tache flave en avant de l'épaule; cuisses rousses, grises sur leur bord antérieur avec une tache flave sur le milieu de lem* face externe; pieds blancs; face postérieure du tarse rousse. Queue rousse, vaguement zonée ou annelée de flave, robuste, avec une touff'e terminale mince et rousse. Moustaches noires. Organes génitaux du mâle très développés.
Long, tête et corps 165 mm.; queue 130; pied 40 mm.
Habitat. — Eussie Sud-Est, et de là jusque dans le Turkestan, la Perse et la Palestine.
Genre Rhombomys, Wagner, 1843.
Amphiaulaconiys Lataste, 1881.
Caractères. — Formes extérieures de Gerhillus. — Incisives à trois sillons longitudinaux. — Molaires comme Meriones, mais les angles de la grande courbure des ellipses sont un peu carrés, au lieu d'être anguleux (losangiques) comme dans Meriones, ou arrondies (elliptiques) comme dans Gerhillus. Oreilles courtes. Queue assez touffue.
Formule dentaire des deux genres précédents.
Rhombomys opimus (Lichtenstein).
Meriones opimus, Licht. in Eversmana, Reis. Buchara, 1823, p. 122; Meriones tamaricinus, Eversmann (nec Pallas), Bull. Nat. 3Ioscou, 1841, p. 48 (errore); Meriones pallidus, Wagner, 1841 — 1843; Gerhillus opimus, Biichner, Mam. Przewalsk., 1888, p. 69, pi. VU et VIII.
Dessus d'un roux pâle plus obscur sur la région lombaire. Dessous d'un blanc pur se fondant insensiblement avec la couleur du dessus. Une tache à la base des moustaches et le dessus de la queue d'un roux vif, qui passe insensiblement au noir profond dans la moitié terminale et dans la touffe du bout, le dessous restant d'un roux pâle. Lèvre supérieure, région des oreilles et tour des yeux blancs; les oreilles dépassant un peu le poil, arrondies et rousses. Pattes antériem'es d'un roux pâle sur leur face antérieure; les postérieures blanches teintées de flave; pieds d'un blanc flave. Moustaches noires.
Long, tête et coi-ps 175 à 216 mm.; queue (avec poils) 150 à 175 mm.; pied 41 à 45 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, et de là en Asie jusque dans la Sibérie méridionale.
Sous-famille des Marviae.
Genre Mus L., 1858.
Caractères. — Rongeurs à pattes courtes et d'égale longueur aux deux paii-es de membres; pieds presque bus à pouce rudimentaire et muni d'un ongle plat aux pattes antérieures; cinq doigts munis de griffes aux pattes postérieures; oreilles grandes, le plus souvent nues; queue cylindro-conique, longue, nue et écailleuse.
Formule dentaire: T.:; — r, Pm. ^r — -, M.- — 5 = 16 dents.
Dents molaires supérieures à couronne présentant trois rangées longitudinales de tubercules qui, en s'usaut, forment des ilôts d'émail elliptiques, cordiformes ou en huit de chiffre, qui finissent par devenir confluents et, chez les individus âgés, ne laissent plus voir que le pourtour de la couronne. A la mâchoire infériem'e deux rangées de tubercules seulement.
Sous-genre Epimys Trouessart, 1881.
Espèces de grande taille et dont le pelage du dos est mêlé de poils plus longs, raides, cannelés, qui sont des épines rudimentaires.
Mus (Epimys) norvegicus Erxleben.
Mus norvegicus, Erxleben, Syst. Regn. Anim., I, 1777, p. 381; Mus decumanus, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 91; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 313, fig. 174; Millais, Mam. Great-Brit., 1905, II, p. 219, pi. 44.
Dessus d'un brun roussâtre, mêlé sur le dos de poils plus longs, rigides et cannelés, noirâtres; dessous gris clair ou blanchâtre; pieds presque nus, de couleur chair; oreilles n'ayant que quelques poils courts et raides à leur bord supérieur, et le tiers seulement de la longueur de la tête. — Il existe une variété noirâtre, qui vit dans les mêmes lieux que le type, et que l'on ne distingue pas comme sous-espèce à part {Mus mauvus Waterhouse).
Queue plus courte que le corps, à 210 anneaux d'écaillés.
Long, tête et corps 310 mm.; queue 190; pied 42 mm.
Habitat — Toute l'Europe, dans les caves, les égouts, les parties basses des habitations et des magasins, et dans la calle des navires.
Mus (Epimys) norvegicus hibernicus Thompson.
Mus decumaims Var. hibernicus, Thompson, P. Z. S., 1837, p. 52; Brown et Buckley, The Zoologist, 1889, p. 201 (321, 381), pi. IV.
Plus petit et plus élégant que M. norvegicus; pelage plus fin et moelleux. Dessus d'un gris-noirâtre (comme chez M. rattus), mais avec
une tache triaugiilaire ou losangique d'un blanc pur sur la poitrine, le reste du dessous d'un gris moins foncé que le dessus. Les pieds sont d'un gris argenté ainsi que la queue. (La tache blanche n'est pas constante). — La queue plus courte que le corps et les oreilles petites (comme chez M. noiregicm) distinguent cette forme de M. rattuf<.
Long, tête et corps 212 mm.; queue 186; pied 37 mm.; oreille 15 mm.
Habitat. — Irlande et îles Hébrides.
Mus (Epimys) rattus L.
Mus rattus, L.. Syst. Nat., 1766, I, p. 83; Blasiiis, Fauna Deuts., 1857, I, p. 317; A. de l'Isle, Ann. Se. Nat., 1865, IV, p. 173; Millais, Mamm. Great-Brit., 1905, II, p. 203, pi. 42.
Dessus d'un gris très foncé, un peu bleuâtre, noirâtre sur le milieu du dos par suite de la présence de poils plus longs, rigides, aplatis ou cannelés; cette teinte passant graduellement au cendré foncé du dessous. Pieds noirâtres, laissant voir la peau couleur de chair, avec les doigts parsemés de poils blanchâtres. Oreilles grandes, de la moitié de la longueur de la tête, nues et couleur de chair. Queue plus longue que le corps, ayant de 250 à 260 anneaux d'écaillés, et d'un gris foncé.
Long, tête et corps 150 mm.: queue 200; pied 38 mm.
Habitat. — Toute l'Europe, dans les parties hautes des habitations, gi-eniers, granges, etc.
Mus (Epimys) rattus intermedius Ninni.
Mus rattus intermedius, Ninni, Forme inédite di Ros. Veneti, 1882.
Semblable au type, mais le gris foncé du dos est réduit à la ligne médiane; les flancs sont gris clair et cette teinte remonte jusqu'audessus des épaules, et se fond insensiblement avec le blanc du dessous; pieds blancs. Les poils noirs du dos ont des reflets irisés.
Taille du type.
Habitat. — Dans les mêmes lieux que le type: notamment Vénétie (Ninni), France, Maine-et-Loire (Trouessart).
Mus (Epimys) rattus ater Millais.
Mus rattus ater, Millais. The Zoologist. 1905, IX, p. 205; id., Mam. Great- Brit., 1905, II, p. 206, pi. 43.
D'un noir brillant avec un pelage plus long et plus abondant que celui de M. rattus, les longs poils du dos ayant des reflets métalliques. L'extrémité des poils est d'un noir de jais, la base qui reste cachée
est blauche ou grise; le dessous est d'un gris sombre. La queue est uu peu plus loDgue et plus grêle à sa base que celle du type, et d"uu brun noirâtre. Les parties nues (oreilles et pattes) sont couleur chair avec des poils très fins, clairsemés et noirs. Taille du type.
Habitat. — Apporté à Londres par des navires venant de la Mer Noire; se trouve aussi dans le Nord de l'Afrique et dans le Sud (Transvaal).
Mus (Epimys) rattus alexandrinus Is. Geoffroy.
Mus alexandrinus, Is. Geoffroy, Descript. Egypte, 1812, II, p. 733, Atlas, pi. V, fig. 1; Mus rattus alexandrinus, A. de Tlsle. Aim. Se. Nat., 1865, IV, p. 178; Millais, Mam. Great-Brit., 1905, II, p. 205, pi. 42; i¥«s tedorum, Savi, Nov. Giorn., 1825; Bonap., Fauna Ital., fasc. 3 et IH, pi.
Dessus d'un brun-fauve (ou brun-jaune) tirant sur le blond. Dessous et pieds blancs; souvent avec une tache jaune-soufre sur la gorge. Queue dim brun-jaune, plus claire dessous. Du reste, semblable au type par les proportions.
Taille du type, ou un peu plus forte chez les spécimens âgés.
Habitat. — Les mêmes endroits que le type, c'est-à-dire les greniers et les parties hautes des habitations, et souvent aussi, dans les jardins et la campagne. — Du Sud de l'Europe, s'est répandu dans toute l'Europe Centrale jusqu'aux îles Britanniques.
Mus (Epimys) epimelas Nehring.
Mus epimelas, Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin. 1902, p. 2; Thomas, Ann. Nat. Hist., 1903, XII, p. 189.
Semblable à Mus mystacinns Danford et Alston (P. Z. S., 1877, p. 279, pi. 31) d'Asie Mineure (dont on peut le considérer comme une sous-espèce), mais sans la tache d'un roux-brun que celui-ci porte derrière l'oreille; les oreilles sont plus grandes et dépassent les yeux de plusieurs millimètres quand on les rabat en avant. Le dos, dans sa moitié postérieure est presqu'entièrement noir, parceque les poils d'un gris cendré qui dépassent ont leur extrémité noire. Les flancs sont gris et ne présentent aucune indication de la teinte d'un rouxbrun qui caractérise M. mystacinus-, le blanc des parties inférieures s'étend moins loin sur les pattes antérieures et postérieures qui sont ici d'un gris foncé sur leur face externe. La queue, eu-dessus, est d'un noir brillant, en-dessous blanche, et les deux teintes sont nettement séparées (chez M. niystacinus le dessus est seulement plus foncé et sans ligne de démarcation nette).
Long, tête et corps 100 mm.; queue 110; pied 26; oreille 19 mm.
Habitat. — Grèce (Agoriani, massif du Parnasse).
Sous-Genre Mus propr. dict.
Micromys Lesson (nec Dehne).
Pelage moelleux, dépourvu de poils raides sur le dos; oreilles grandes et nues. Taille petite.
Mus musculus L.
Mus musculus, L., Syst. Nat., 1766, p. 83; Blasius, Fauna Deuts.. 1857, I, p. 320; Millais, Mamm. Great-Brit., 1905, II, p. 198, pi. 41.i).
Dessus d'un gris-brun, chaque poil étant annelé de gris, de jaune et de brun, plus clair en-dessous, passant au cendi'é sous le ventre; pieds gris, doigts couleur chair. Oreilles grandes, nues et grisâti'es. Queue de la longueur du corps, ayant 180 anneaux écailleux, d'un gi'is noirâtre dessus et dessous. Tarses courts et sans tache foncée au talon (ce qui distingue Mus musculus et ses sous-espèces de Mus sylvaticus et de ses sous-espèces).
Long, tête et corps 90 mm.; queue 90; pied 20 mm.
Habitat. — Toute l'Europe dans les habitations.
Mus musculus poschiavinus Fatio.
Mus poschiavinus, Fatio, Faune de Suisse, 1870, I, pi. VII; Mottaz, Bull, Soc. Zool. Grenève, 1908, p. 155.
Dessus d'un noirâtre foncé avec quelques soies rigides et brillantes sur le dos; dessous d'un noirâtre violacé un peu plus clair; pattes de la même couleur. Queue noirâtre de la longueur du corps, épaisse, les anneaux d'écaillés fortement accentués et portant des poils fins et courts dirigés en arrière, noirs comme le reste du pelage. Oreilles un peu plus longues que la moitié de la tête.
Long, tête et corps 80 mm.; queue 82 à 87; pied 17 à 18,5 mm.
Habitat. — Suisse (Grisous, dans les maisons: manufacture de tabac de Poschiavo).
Remarque. — Le Mus azoricus, Schinz (1845), des îles Açores est ég-alement une forme noire de Mus musculus, mais le dessous du corps est blanc. La couleur rappelle Mus rattus, mais est plus foncée, comparable à celle de Mus rattus ater.
Mus musculus hortulanus Nordmann.
Mus hortulanus, Nordmann, Archiv. Naturg., 1840, I, p. 330; id., Voy. Demidoff, 1842, III, p. 45. pi. IV, fig. 1; Jeitteles, Verhandl. Zool. Bot. Ges. Wien, 1861, p. 15; 1862, p. 262, pi. III (crâne); Mus Nordmanni, Keys. et Blasius, 1840; Satunin, Zool. Jalirb., 1896, p. 305.
1) Le Mus nudojMcatus, Campbell, The Zoologist, 1907, p. 1, n'est qu'une variété monstrueuse (à peau nue et plissée) de Mtis muscuhis.
Dessus d'un brun-jaunâtre, la base des poils d'un gris de fer claii% la pointe d'un brun-jaune clair, l'ensemble d'un roux foncé jaunâtre avec très peu de gris; le milieu du dos est d'un brun-fauve uniforme chez le mâle. La femelle est un peu plus gi'ise surtout sur les joues, autour des oreilles et sur les côtés du venti'e, la gorge restant seule jaunâtre. Dessous d'un gris jaunâtre. Queue courte ayant les troisquarts de la longueur du corps, plus foncée dessus que dessous. Oreilles ayant la moitié de la longueur de la tête. Les incisives supérieures orangées. — Sur le crâne l'os intei'pariétal est large et nettement séparé.
Long, tête et corps 95 mm.; queue 67: pied 20; oreille 12 mm. Le spécimens du N.-O. du Caucause ont: 10.5, — et 74 (Satunin).
Habitat. — Russie Sud (Volga); Hongrie; France, etc., dans les jardins. Se croise avec la Souris domestique (spécimens intennédiaires, blancs et variés de blanc et de gris).
Remarque. — C'est probablement à tort que dans le Catalogus Mammalium (5ûale Suppl.), j'ai réuni cette forme au Mus gentilis, Brants (Muizen, p. 126), d'Afrique, dont voici la diagnose, comme terme de comparaison : — Mus gentilis, Brants: »Dessus d'un brun-gris, dessous blanc; oreilles petites; queue moyenne; pelage moelleux. — Long, tête et corps 90 mm.; queue 67; pied 20 mm. — Habitat: Egypte et Nubie. « D'après Satunin, en Asie Mineure.
Mus musculus îaeroensis Clarke.
Mus musculus faeroensis, Clarke. Proc. Phys. Soc. Edimb., 1904, XV, p. 163.1); Millais, Mamm. Great-Brit., III, 1906, p. 199.
Forme robuste, intermédiaii*e par ses couleurs entre Mus musculus (Souris domestique type) et le Mus muralis de l'île S^ Kilda.
Habitat. — Iles Feroë.
Remarque. — Sur l'ilot North Bull, dune de sable que la mer ne recouvre plus, dans la baie de Dublin (Irlande), il s'est formé une race distincte de Souris que M. Lyster Jameson décrit comme voisine de Mus muralis: le dessus est d'un gris pâle, le dessous flave ou d'un blanc jaunâtre. C'est une sous-espèce en voie de formation par ségrégation insulaire.
Mus musculus muralis Banet-Hamilton.
Mus muralis, B.-Hamilton, P. Z. S., 1899, p. 81, pi. IX, fîg. 2; Millais, Mamm. Great-Brit., Il, p. 199; Waterson, Ann. Scott. Xat. Hist., 1906, p. 199; Barret-Hamilton, 1. c, 1906, p. 1.
Voisin de M. musmlus mais plus grand et plus robuste. Dessus, rappelant les spécimens foncés de M. sylvaticus typicus, d'un brun sépia avec quelques poils à pointe rousse, ce qui donne au pelage un aspect un peu tiqueté. Dessous flave (teinté d'orangé), couleur
1) L'auteur n'a pu se procurer la description originale.
exceptionnelle, avec la ligne de démarcation bien marquée. — Crâne à ouverture postérieure des narines très étroite.
Long, tête et corps 90 mm.; queue 85; pied 17; oreille 14 mm.
Habitat. — Ile S* Kilda, rocher à pic, au large des côtes occidentales d'Ecosse.
Mus musculus bicolor Tichomirov et Kortschagin.
Mus musculus bicolor, Tich. et Korts., Verz. u. Beschr., etc. (en Russe), Izv. Imp. Ob. Ljub. Est. Anthr. Ethn., 1889, 56, 4: Satunin. Mitth. Kaukas. Mus., 1907, m, p. 66, et 25.
Dessus d'un brun grisâtre, légèrement nuancé de roux sur les côtés. Tour de la bouche et pieds blancs; dessous blanchâtre avec la base des poils ardoisée. Queue blanche; sur certains exemplaires brunâtre en-dessus (Satunin. d'après les spécimens de Bukejev, Gouv* d'Astrakhan). — Ces spécimens diffèrent du type de Tichomirov par les détails suivants: le type a les poils du ventre blancs jusqu'à la base; la couleur du dessus est séparée de celle du dessous par une ligne de démarcation bien nette (ce qui n'est pas sur les spécimens de Satunin).
Long, tête et corps 68 à 73 mm.; queue 54 à 63; pied 16,5; oreille 11 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est; type de Tychomirov du Lac Atukol (fleuve Kuma); spécimens de Satunin de Bukejev, Gouv* d'Astrakhan, région du Volga.
Mus wagneri Eversmann.
Mus Wagneri, Eversmann. Bull. Nat. Moscou, 1848, I. p. 191, pi. I, fig. 2; Biichner, Mam. Przewalsk., 1889, p. 88; Sclater, P. Z. S., 1890, p. 528; Mus sylvaticus (part.), Brandt. in Lehmann, Reise Buchara, 1852, p. 305; Mus pachycercus, Blanford. Yark. Miss., 1879, p. 53, pi. IX, fig. 2, pi. Xb, fig. 4.
Dessus d'un gris-brun assez foncé (comme les formes à teintes foncées de Mus sylvaticus); le dessous, le museau et les pieds blancs, ces deux couleurs nettement séparées sur les flancs; la base des poils blancs est d'un gris bleuâtre. Oreilles assez grandes et poilues. Queue épaisse, de la longueur, du corps, formée de 19 à 20 vertèbres et portant 130 rangées d'écaillés, d'un gris-brun dessus, à peine plus claire dessous, assez fortement poilue. Ongles blancs. — Le crâne ne diffère pas de celui de M. musculus.
Long, tête et corps 70 à 110 mm.; queue 46 à 65; pied [court], (d'après Biichner).
Habitat. — Russie Sud-Est et de là dans l'Asie Centrale, vivant dans les habitations humaines comme la Souris.
Remarque. — Eversmann dit que le type de cette espèce était plus petit que Mus minutus; il est probable qu'il n'a vu qu'un jeune individu. Les mesures de Biïchner, que nous donnons ci-dessus, indiquent un animal de la ,taille de la Souris domestique adulte. — Sur le type d'Eversmann, les poils du ventre étaient blancs jusqu'à la base.
Mus spicilegus Petenyi.
Mus spicilegus, Petenyi, Hungarian Mice, in Termész. Fiizetek, 1881 (1882), p. 114; Thomas, The Zoologist, 1896, p. 137.
Semblable à la Souris (Mus musculus), mais plus petit, le dessus d'un gris franc uniforme (et non »giis de som"is«), le dessous blanc ou flave pâle, la ligne de démarcation enti'e les deux couleurs bien marquée sm- les flancs; les pieds blancs. Queue plus coui'te que celle de Mus musculus.
Long, tête et corps 76 à 78 mm.; queue 57 à 65 mm.
Habitat. — Hongiie; dans les bois et les jardins, et non dans les maisons.
Mus spicilegus hispanicus Miller.
Mus spicilegus hispanicus, Miller, Ann. Nat. Hist., 1909, ILE, p. 421.
Semblable au M. spic. spicilegus type de Hongrie, mais la couleur générale plus pâle et plus jaunâtre: le dos et les flancs variant du flave (huffy) au gris-flave pâle (plus clair et moins jaune que le flavecrême de Ridgway), la ligne médiane du dos légèrement teintée de noir, les flancs devenant graduellement d'un flave clair ou gris-flave, cette couleur s'étendant jusqu'aux joues et au-dessus des yeux jusqu'au museau; la base des poils ardoisée. Dessous (nettement séparé) d'un blanc flave un peu sali par le giis ardoisé de la base des poils; pieds et queue comme le dessous, la queue ayant une étroite ligne dorsale foncée jusqu'à sa pointe. Oreilles finement velues, d'un flave ou gris en harmonie avec la teinte des parties voisines.
Long, tête et corps 79 mm.; queue 50; pied 14,4 mm.; Crâne: 19,4x11 mm.
Habitat. — Espagne (Silos, prov. de Burgos); Grenade, Alicante; Iles Majorque et Minorque (les spécimens des îles Baléares sont moins jaunes que ceux du Continent). — C'est probablement cette même forme qui, d'après Thomas (P. Z. S., 1901, p. 42), se trouve à Cerbère, dans les Pyi-énées, sur la frontière entre l'Espagne et la France. Se ti'ouve aussi plus au Nord dans le Sud de la France.
Mus spicilegus lusitanicus Mller.
Mus spicilegus lusitanicus, Miller, Ann. Nat. Hist., 1909, III, p. 422; Mus spicilegus, p., Thomas, P. Z. S., 1901, p. 42.
Semblable au type et au M. spic. hispanicus, mais le dessus d'un brun de bois claii' un peu jaunâti'e avec une teinte manifeste de
roiissâtre, les flancs plus pâles et plus flaves; une éti'oite bande dé flave clair bordant le flave-crême du dessous et soulignant la ligne de démarcation entre le . dessus et dessous.
Long, tête et corps 77 mm. ; queue 60; pied 16,2; Crâne: 19,8 X 10,6 mm.
Habitat. — Portugal (Cintra).
Remarqne. — Cette forme et les précédentes sont voisines "du Mus spretus Lataste, d'Algérie.
Mus sylvaticus L.
Mus sylvaticus, Linné, Syst. Nat., Ed. X, 1758, p. 62 (type); Mus ftavicollis, Melchior, Dansk. Stat. Norg. Patted., 1834, p. 99, pi. I (nec I)ehne); Mus sylvaticus typicus, Barret-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 404.
Dessus grisâtre avec une ligne dorsale plus foncée, et dessous d'un blanc moins pur que chez M. sylv. wintoni (qui lui ressemble par la taille), avec une bande jaune en travers de la gorge moins marquée, et une légère tendance à avoir le gris du dos lavé de jaunâtre. Pieds blancs.
Se distingue toujours de la Souris {Mus musculus), par une tache brune à la face externe du talon, et par la longueur plus grande de son tarse. Ces deux caractères se retrouvent généralement sur toutes les sous-espèces suivantes.
Long, tête et corps 95 à 104 mm.; queue 89 à 104; pied 20 à 25 mm.
Habitat. — Suède (Upsala) et Danemark.
Remarque. — Les spécimens de Bergen (Norvège) sont plus roux sur les flancs, plus foncés sur la ligne dorsale et plus jaunes dessous; ils pourraient constituer une sous-espèce distincte (Barret-Hamilton).
Mus sylvaticus wintoni B.-Hamilton.
Mus sylvaticxis flavicollis, Dehne, AUgem. Deuts. Nat. Zeit., 1855, p. 182, Mus ftavicollis, Winton, Zoolog. 1894, p. 441 (nec Melchior, 1834); i¥its sylv; wintoni, B.-Hamilton. P. Z. S., 1900. p. 406; Millais. Mam. Great-Brit., LE, p. 187, pi. 40.
Taille au-dessus de la moyenne avec des coulem-s vives et tranchées dessus et dessous. Une bande sur la gorge de 8 mm. de large, en travers de la poitrine, en avant des pattes antériem-es, avec une bande croisée longitudinale de 5 mm. s' étendant sur la région sternale jusqu'à 10 mm. en arrière (cette bande remplace la tache d'un jaune-brun que l'on trouve sur les autres formes et qui varie d'étendue depuis un simple point jusqu'à une ligne foncée s'étendant sur tout ventre). Queue longue, de 30 vertèbres. Le dessus est d'un roux plus foncé
que chez M. s. 'princeps, et le dessous d'un blanc pur. La bande de la gorge est plus développée chez les spécimens de l'Ouest.
Crâne plus grand et robuste que celui de M. s. intermedius (27 mm. de long. tôt. et plus).
Long, tête et corps 108 à 115 mm; queue 108 à 112; pied 23 à 24 mm.
Habitat. — Angleterre (Graftonbmy, Herefordshire), sporadiquement distribué par colonies au milieu de M. s, intermedius, mais le remplaçant à l'Est (Sussex, Suffolk, Northumberland).
En Europe continentale, répandu surtout vers l'Est: Allemagne, Saxe, Bohème, Silésie, Hongrie Ouest, etc., enfin France Sud-Est, (Lucinges, Haute-Savoie, à 1100 m. d'altitude; forme un peu plus petite, plus foncée, à barre de la gorge moins marquée).
Mus sylvaticus fridaricensis Kinnear.
Mus sylvaticus fridaricensis, Kinnear, Anuals Scott. Nat. Hist., 1906, p. 65 ; Millais, Mam. Great-Brit., III, 1906, p. 358.
Plus grand que M. sylv. intermedius, atteignant la taille et les proportions de M. sylv. wintoni, sauf que les oreilles sont plus petites. Le pelage est d'une teinte plus vive que celui de M. s. intermedius, surtout sur les flancs, mais moins clair que chez M. s. wintoni tout en s'en rapprochant, avec une ligne de démarcation bien nette sur les flancs, séparant la teinte foncée du dessus du blanc pur du dessous. Pas de bande jaune sur la poitrine.
Long, tête et corps 109 mm.; queue 108; pied 23,58; oreille 16,6 mm.; Crâne: long. tôt. 28 à 28,5 mm.
Habitat. — Ile Fair (ou Fridarey), au Sud de l'Archipel des Shetland.
Mus sylvaticus intermedius Bellamy.
Mus intermedius, Bellamy, Natural Hist. of South Devon, 1839. p. 195 et 329, fig.; Mus campestris, Holandre (nec Desmarest), Faune de la Moselle, 1836, p. 24; Mus sylvaticus intermedius, B.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 398; Millais, Mam. Great. -Brit., II, p. 184, pi. 40.
Dessus d'un roux-brun de sable ordinairement peu vif; dessous d'un blanc pur, avec une ligne de démarcation très claire sur les flancs, sur la face externe des membres et les joues. Sur le dos un certain nombre de poils à pointe noire, surtout sur la ligne médiane; ces poils, dont la pointe dépasse davantage en hiver, constituent le seul changement appréciable en cette saison, et font que la ligne dorsale est plus foncée qu le reste. Les spécimens âgés sont en général plus roux, quelques-uns, au contraire, gris. Souvent une tache sur la gorge d'étendue variable, se prolongeant parfois sous le ventre
comme une miuce ligne rousse ou comme une large teinte jaunâtre répandue sur toute la face inférieure. — Les jeunes sont plus foncés et ressemblent davantage à M^is musculus.
Tête et corps 83 à 111 mm.; queue 67 à 103; pied 20 à 24,5 mm.
Habitat. — Iles Britanniques, (c'est l'espèce commune en Angleterre, Ecosse, Irlande), les Shetland, les îles Normandes, la Belgique, la Hollande, la France (Bretagne, Gironde), l'Italie, la Corse (mais sa limite vers le Sud et le Sud-Est n'est pas connue).
Mus sylvaticus celticus B.-Hamilton.
Mus sylvaticus celticus, Barret-Hamiltou, P. Z. S., 1900, p. 401, pi. XXV, iig. 2; Millais, Mam. Great-Brit. and Irland, II, p. 185, pi. 40 bis.
Taille petite. Dessus d'un gris assez foncé par suite de la présence d'un grand nombre de poils à pointe noire. Dessous d'un blanc clair (moins pur que chez M. s. wintoni), avec la ligne de démarcation très nette enti'e les deux couleurs. Le dessus de la tête est plus roux que le dos, notamment au-dessous des oreilles. La queue est bicolore, grise dessus, blanche dessous. Les oreilles et les pattes postérieures sont un peu plus développées, relativement à la taille du corps, que chez M. s. iniey^medius. Crâne: 25 mm. de long, totale (comme chez le type de Suède).
Long, tête et corps 80 à 90 mm,; queue 75 ù 84; pied 20 à 25 mm.
Habitat. — Irlande (Caragh Lake, Comté de Kerry, et probablement toute l'île); Hébrides extérieures (Eisken dans l'île Lewis, et l'île Skye).
Mus sylvaticus hebridensis Winton.
Mus hebridensis, Winton, Zoologist, 1895, p. 369, 426; Mus sylvaticus hebridensis, B.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 403; Millais, Mam. Great-Brit., n, p. 186.
Semblable à Mus sylv. intermedius de forme et de couleur, mais plus grand, avec des oreilles proportionnellement plus petites, des pieds postérieurs plus grands (surtout chez les mâles), une queue plus courte et plus épaisse, et une apparence générale plus trapue. Dessus d'une couleur plus uniforme et moins claire que chez intermedius; dessous plus obscur ou terreux, sans ligne distincte entre les deux; queue uniformément d'un gris brunâtre. — Crâne grand: long. 27 mm.
Les mâles prennent la teinte rousse de l'adulte avant les femelles, de telle sorte que l'on peut distinguer les sexes à leur couleur, fait excessivement rare parmi les Rongeurs. Les jeunes sont beaucoup plus sombres.
Long, tête et corps 106 à 112 mm.; queue 95 à 100; pied 23,5 à 25 mm.
Habitat. — Hébrides extérieures, île Lewis.
Mus sylvaticus hirtensis B. Hamilton.
Mus hirtensis, B.-Hamilton. P. Z. S., 1899, p. 81, pi. IX, ûg. 1; 1900, p. 404; Millais, Mam. Great-Brit., II, p. 186; B.-Hamilton, A nu. Scot. Nat. Hist., 1906, p. 1.
Très voisin de M. s. hebridensis, mais d'une taille un peu plus forte, et le dessous^) tirant davantage sur le flave ou le jaune brun. Diffère aussi de M. intermedius par la couleur plus uniforme du dessus, l'absence d'une ligne bien définie sur les flancs, les pieds plus longs et les oreilles plus courtes. — Crâne semblable à celui de M. s. hebridensis, mais un peu plus grand (long. 29 mm.), égalant les plus grands M. s. wintoni.
Long, tête et corps 107 à 110 mm.; queue 91 à 94; pied 24 à 24,5 mm.
Habitat. — Ile de S* Kilda (à l'ouest des Hébrides), rocher à pic d'un difficile accès.
Mus sylvaticus islandicus ïhienemann.
Mus islandicus, Thienemann, Reise nach Island, 1824, p. 153, pi. 8; Sélys- Longchamps, Etudes de Micromammalogie. 1839. p. 63; B.-Hamilton, P. Z. S., 1899, p. 82; 1900, p. 409.
Dessus brun-cendré, les flancs couverts de poils bruns et blancs entremêlés; le dessous d'un gris blanc. Queue de la longueur du corps, brune dessus, blanche dessous. Oreilles assez grandes, en partie cachées par le pelage. Pieds assez courts (comparés à ceux des autres sous-espèces) mais plus longs que ceux de Mus musculus. Le pelage est long et épais.
Long, du pied: 22 à 23,5 mm. Semble un peu plus petit que le type.
Habitat. — Islande. — Est bien un Àlics sylvaticus (non un Mus musculus).
Remarque. — Les voyageurs affirment que Mus musculus n'existe pas en Islande, mais il parait que la présente espèce se réfugie en hiver dans les maisons; c'est ce qui l'a fait rapprocher de Mus musculus. D'ailleurs, le Mus sylvaticus d'Europe entre aussi quelquefois, en hiver, dans les maisons et les caves, pour y chercher sa nourriture.
1) La figure montre le dessous d'un gris clair avec une tache rousse à la gorge (la coloration n'est probablement pas exacte).
Mus sylvaticus cellarius Fischer.
Mus cellarius, Fischer, Zool. Gart., 1866, p. 153; 1872, p. 223; Mus sylv. cellarius, B.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 406.
Connu seulement par son crâne, assez grand et voisin de celui de M. s. princeps, mais plus petit (27 mm. au lieu de 30).
Crâne: long. tôt. 27 mm.; larg. zyg. 14 mm.
Habitat. — Russie (envii-ons de S* Petersbourg).
Mus sylvaticus princeps B.-Hamilton.
Mus sylvaticus flavicollis, Auct. plurim; Mus sylv. princeps, B.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 408, pi. XXV, fig. 1.
Taille très grande; voisin de M. s. ivintoni par ses caractères, mais l'adulte est en-dessus d'un roux encore plus clair, le dessous d'un blanc pur, souvent avec une tache jaune, ovale sur la gorge (caractère non constant), et la bande n'est jamais aussi étendue que chez M. s. wintonL Les jeunes ont une teinte ardoisée (comme ceux de M. s. draco de Chine), et conservent souvent leur teinte sombre jusqu'au moment où ils atteignent la taille du M. s. typicus. — Crâne massif, long. tôt. 27 à 30 mm.
Long, tête et corps 101 à 119 mm.; queue 97 à 115; pied 22 à 25,5 mm.
Habitat. — Eoumanie (Bustenari).
Mus sylvaticus callipides Cabrera.
Micromys sylvaticus callipides, Cabrera, Bol. Soc. Esp. Hist. Nat., 1907, p. 227.
Taille de M, s. celticus avec des couleurs plus vives et la queue plus longue que le corps. — Dessus d'un roux-jaune rembruni sur la ligne dorsale; les poils ardoisés à leur base et les plus longs noirs à leur pointe. Dessous d'un blanc pur avec une ligne de démarcation très nette sur les flancs. Pieds blancs. Une tache bien marquée sur la poitrine et une autre près des organes génitaux, d'un beau jaune vitellin. Queue noirâtre dessus, blanchâtre dessous, nettement bicolore. — Crâne un peu plus petit, mais de même forme que M. sylvatinis, avec les arcades zygomatiques plus comprimées.
Long, tête et corps 88,8 mm.; queue 94,5; pied 23; oreille 15,5; Crâne: 20,2x11,5 mm.
Habitat. — Espagne Nord-Ouest (Villarutis, prov. de Corogne).
Remarque. — M. Cabrera m'informe (in litteris) que cette forme est probablement identique à la petite forme de Mus sylvaticus de Bergen (Norwège), signalée par Barret-Hamilton, mais non dénommée (Voyez la Remarque à la suite de Mus sylvaticus, L.).
Mus sylvaticus hayi Waterhouse.
Mus hayi, Waterhouse, P. Z. S., 1837, p. 7rt; Mus sylvaticus hayi, B.- Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 410; Bâte, P. Z. S., 1905, II, p. 321.
Très semblable au M. s. intermedius mais plus grand et la queue plus longue que le corps avec la tête. Crâne: long. 26 mm.
Long, tête et corps 101 mm.; queue 103 à 107; pied 23,3 à 24,8 mm. Les spécimens de Crête sont un peu plus petits (80 à 88 mm).
Habitat. — Espagne Sud, Portugal (et Maroc); île de Crête. — Les spécimens du Nord de l'Espagne (Galice), sont petits et très roux (ait. 1300 m.); ils constituent probablement une autre sous-espèce (B.-Hamilton): long, tête et corps 80 à 91 mm. (C'est probablement M. sylvaticus callipides de Corogne.)
Mus sylvaticus dichrurus Rafinesque.
Musculus dichrurus, Rafinesque, Précis Somiol., 1814, p. 13; Myoxus
siculae, Lesson, Manuel Mamiu., 1827, p. 27; Mus sylvaticus, Blasius. Fauna
Deuts., 1857, p. 322: B.-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1898, II, p. 426; P. Z. S., 1900, p. 411.
Forme mal connue. — Taille un peu plus grande que M. s. intermedius. Couleur très variable: sur deux spécimens étudiés par B.-Hamilton, l'un est très roux, l'autre très foncé.
Long, tête et corps 95 et 100 mm.; queue 78 et 102; pied 21 et 22 mm.
Habitat. — Sicile (Palerme). — Les spécimens de Corse sont voisins des deux sous-espèces précédentes (long. 78 à 88; queue 71 à 92; pied 23 à 24 mm.).
Mus sylvaticus arianus Blanford.
Mus sylvaticus, Filippi, 1865; Satunin, 1901 et 1907; Mus erythronotus, Blanford, 1875 (nec Temminck); Mus arianus, Blanford, Ann. Nat. Hist., 1881, Vn, p. 162; Satunin, Zool. Jahrbiich., 1896, p. 305; Biichner, Mam. Przewalsk., 1889, p. 90; Mus wagneri major, Severtzoff, 1873; Sclater, P. Z. S., 1890, p. 528 (le vrai M. wagneri appartient à M^is mvsculus); Mus sylvaticus arianus, B.- Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 413.
Semblable à M. s. intermedius, mais plus petit, à tarse un peu moins long; le roux-brun du dessus moins intense. Dessous giisjaunâtre mélangé de poils gris; pas de tache jaune à la gorge. — Il est possible que plusieurs formes soient confondues sous ce nom.
(Dimensions des spécimens d'Europe non indiquées.)
Habitat. — Les Steppes entre le Volga et l'Oural (Vallée du Malka), au Nord-Est du Caucase. — Le type de Blanford est de Perse
(entre Ispahan et Téhéran, à 2300 m. d'alt.), de là l'espèce s'étend sui- les deux versants du Caucase, et en Asie, dans le Turkestan, à Gilgit et dans le ïian-schan central, jusqu'à une altitude de 2500 m.
Sous-Geni'e Apodemus Kaup, 1829.
Micromys Dehne, 1841.
Oreilles plus petites que dans le sous-genre Mus proprement dit, ayant au plus le tiers de la longueiu- de la tête, arrondies, finement poilues. Taille petite, égalant au plus celle de la Souris, ou moindi-e; tarses courts. Queue en partie volubile et prenante, au moins chez Mus miimtus.
Mus (Apodemus) agrarius Pallas.
Mus agrarius, Fallas, Nov. Spec. Ulir., 1778, p. 341; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 324; Mus rubeus, Schwenkfeld, Theriotr., p. 114.
Pelage ti-icolore: dessus d'un brun-roux, un peu plus foncé sur le sommet de la tête, plus clair sur les flancs; une ligne noire s'étend du sommet de la tête à la base de la queue; le dessous et les lèvres sont blancs, ces deux couleurs nettement séparées; pieds blanchâtres, avec quelques poils brunâtres en dessus, entièrement blancs sur les côtes. La queue, plus courte que le corps, porte 120 rangées d'écaillés; elle est bicolore, dessus d'un brun-roux foncé, dessous blanchâtre. Les jeunes sont plus foncés, d'un gris-roux sur le dos. On rencontre assez rarement une variété très pâle, presque blanche mais avec la raie foncée sm- le dos. Les oreilles sont couvertes de poils d'un brunroux très fins.
Long, tête et corps 95 mm.; queue 77; pied 20 mm.
Habitat. — Europe Centrale et Orientale, du Khin à la Sibérie Occidentale et du Holstein à la Lombardie. Ne se trouve pas dans les Alpes, mais dans presque toute l'Allemagne, en Hongrie, en Silésie, en Russie, notamment au Nord du Caucase.
Mus (Apodemus) minutus Pallas.
Mus minutus, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 96 et 345; Mus minutus typicus, Barret.Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 529 (nec 1. c, 1899, III, p. 343); seulement de Sibérie.
Le type de Pallas étant de Sibérie, Barret-Hamilton à resti-eint le nom de Mus minutus (typicus) aux spécimens de cette région; mais il est probable qu'il faut aussi rapporter à cette forme les spécimens signalés par Satunin dans le Sud-Est de la Russie (Ciscaucasie).
Voici la diagnose de Pallas:
Museau assez pointu, roussâtre; oreilles courtes, arrondies, en partie cachées par le pelage, finement poilues eu-dedans, presque nues en
dehors; queue plus courte d'un cinquième que le corps, brune dessus, cendrée dessous. — Dessus d'un roux ferrugineux, dessous blanc; mais la couleur est variable (probablement suivant l'âge et la saison). — Barret-Hamilton n'a pu étudier de spécimens de cette forme. Pallas donne les dimensions suivantes:
Long, tête et corps 58 mm.; queue 47; pied 15 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est au Nord du Caucase (et de là en Sibérie; le type de Pallas entre l'Obi et l'Ieneseï).
Mus (Apodemus) minutas agilis Dehne.
Miis agilis, Dehne, Hotlossnitz, 1841, p. 16 (sous-genre Micromys); Mus minutus agilis, B.-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 529.
Dessus moins roux que dans M. minimus (qui est roux-orangé), mais d'une teinte uniforme ne présentant pas de contraste enti'e la région lombaire et la région dorsale supérieure. Dessous fortement lavé de jaune, de telle sorte que la ligne de démarcation est peu marquée sur les flancs. Queue plus longue que la tête et le corps; pied un peu plus grand que celui de M. minirmis. — Les jeunes sont plus foncés, rappelant la couleur de M. musculns et le dessous est également plus terne.
Long, tête et corps 68 mm.; queue 76; pied 16 mm.; Crâne 18,5 X 8 mm.
Habitat. — Europe Nord (type du Brunswick).
Mus (Apodemus) minutus campestris Desmarest.
Mus campestris, Desmarest, Mamm., Supp., 1822, p. 542 (»Mulot Nain«, Geoffroy et F. Cuvier, Mamm., pi. 33e )iv., 1821); Mus pumilus, Geoff. et F. Cuv., id., in Table Gén. et Méth., 1842.
Dessus d'un roux vif presqu'aussi orangé que dans M. m. minimus, mais sans contraste de teinte entre la région lombaire et la régioii supérieure du dos. Dessous plus jaune (moins que chez M. m. agilis). La ligne de démarcation modérément distincte. — Taille de M. agilis. — Oreilles finement poilues sur leurs faces interne et externe.
Long, tête et corps 65 mm.; queue 70; pied 16 mm.; Crân^ 17x8 mm.
Habitat. — France Nord, Belgique, et Europe Occidentale Centrale. Mus (Apodemus) minutus minimus White.
Mus minimus, Gilbert White, Nat. Hist. of Selborne, 1789, p. 33, 39, 43; Mus messorius, Kerr, An. Kingd., 1792, p. 230; Mus minutus minimus, B.- Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 530 (descriptio, 1. c, 1899, III, p. 342, sub nomine »meSsorius«); Millais, Mamm. Great-Brit., II, p. 174, pi. 39 et seq!
Pelage d'été, dessus d'un roux orangé, plus vif sur la région lombaire, plus clair sur les flancs, avec une ligne de démarcation bien ti-anchée séparant cette couleur du blanc pur du dessous. « Pelage d'hiver moins brillant, mais dessous et ligne de démarcation comme en été. — Les jeunes sont moins roux jusqu'au moment où ils ont atteint toute leur taille, et ressemblent à la Souris (commencement de Décembre). Le roux commence à se montrer par les parties les plus voisines de la queue.
Long, tête et corps 56 à 65 mm.; queue 50 à 67; pied 12 à 15 mm.
Habitat. — Angleterre (Hampshire), et France Nord-Ouest jusqu'à la Loire.
Mus (Apodemus) minutus pratensis Ockskay.
Mus patrensis, Ockskay, Nov. Act. Leop.-Carol., 1831, XV, 2, p. 243, pi. 68; Mus arundinaceus (Petenyi), Ohyzer, Rel. Pet. Term.-Fus. N., 1881, p. 91; Mus minutus pratensis, B.-Hamilton, Ann. Nat. Hist., 1900, V, p. 530.
Dessus ferrugineux, plus obscur sur la tête et le dos; base des poils cendrée; museau, poitrine, abdomen et pieds en-dedans blancs jusqu'à la base des poils. Moustaches rousses à la base, noires à l'extrémité. Oreilles couvertes de poils rares en dehors, plus serrés en dedans. Incisives d'un brun foncé, blanches à la pointe. Queue de la longueur du corps, écailleuse, annelée avec des poils rares, rigides, ferrugineux dessus, blanc jaunâtre dessous. La femelle serait plus grosse que la mfile (Ockskay). La teinte passe insensiblement du roux du dos au blanc du dessous.
Long, tête et corps 63 mm.; queue 55; pied 14,5 mm.
Habitat. — Hongrie Occidentale et Roumanie (Gageni).
Mus (Apodemus) meridionalis Costa.
Mus meridionalis, Costa, Ann. Accad. Asp. Nat. Nap., 1844, II, p. 33, pi. I, fig. 4 à 7; Forsyth Major, Atti Soc. Tosc. Se. Nat., 1884, III, p. 129; Giglioli, Mus. Zool. Napoli, 1903, N» 9.
»D'un giis ferrugineux avec l'abdomen fauve, la bouche blanche et une tache scapulaire d'un fauve franc « (Costa). — Cette description de Costa se rapporte probablement à un jeune en train de prendre le pelage de l'adulte.
Cornalia décrit ainsi le Mus minutus du Nord de l'Italie: »D'un fauve cannelle en dessus, blanc dessous. Museau pointu, oreilles courtes, rondes et velues. Queue plus courte que le corps, écailleuse« (Fauna d'Italia, Parte prima, 1870).
Long, tête et corps 80 mm.; queue 60 mm.
Remarque. — Giglioli (loc. cit.) a montré que le caractère de la queue: »noueuse et avec des poils verticillés«, invoqué par Costa, était basé sur une préparation défectueuse.
Habitat. — Italie méridionale, environs de Naples (Costa); Italie, septentrionale et centrale, notamment la Lombardie (Cornalia).
Genre Acomys Is. Geoffroy, 1840.
Caractère. — Forme murine. Pelage mêlé d'épines aplaties surtout sm* la tête et le dos; queue écailleuse. Crâne semblable à celui de Mus, mais les fosses ptérygoïdes moins profondes et les trous incisifs très petits; apophyse coronoïde peu développée. Dents comme Mus.
Formule dentaire du Gr. Mus.
Une espèce (africaine) représentée en Crête.
Acomys dimidiatus minous Bâte.
Acomys dimidiatus minous, Bâte, P. Z. S., 1905, II, p. 321.
Semblable au type (d'Egypte et d'Asie Mineure), mais d'une couleur plus vive, les oreilles plus grandes et une queue longue (égalant ou dépassant la longueur du corps avec la tête). Les épines n'occupent sur le dos qu'une ligne étroite, sont exceptionnellement fines et ont 10,5 mm. de long. Elles sont fortement pigmentées jusqu'à une grande distance (4,5 mm.) de la poiate, ce qui donne à la région épineuse une coulem* d'un brun foncé plus vif, qui n'est pas atténuée par la partie basale qui ne se montre pas à la surface. Les flancs sont d'un brun jaune, et la ligne de démarcation qui sépare cette teinte du blanc du dessous est très nette. Le nez, les pattes et une tache près de l'angle externe de l'oeil sont blancs. La queue brun clair en dessus, blanche dessous.
Long, tête et corps 94 à 112 mm.; queue 113; pied 18 à 19 mm.
Habitat. — Ile de Crête (région rocheuse entre Khania et Suda). — Le type s'étend depuis l'Abysskiie, à ti*avers l'Asie mineure et l'Arabie jusqu'à l'Inde Occidentale.
Sous-famille des Cricetinae.
Genre Cricetus Leske, 1779.
Caractères. — Molaires tuberculeuses et radiculées, les supérieures n'ayant que deux rangées de tubercules. Corps court et épais; pieds courts, armés d'ongles larges propres à fouir; queue plus courte que le pied postérieur, couverte de poils ras; tête courte, obtuse; oreilles
moyennes, arrondies, presque nues. De larges abajoues à l'intérieur de la bouche. — Taille assez forte.
Formule dentaire: I. :j — ^, Pm. - — -, M.- — ^ = 16 dents.
Les tubercules des molaii'es s'usent avec l'âge, et chez les vieux individus l'émail ne subsiste qu'au pourtour de la dent.
Cricetus cricetus (L.).
Mns cricetus, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 82; Cricetus frumentarius, Pallas, Zoog. Ross. -As., 1811, p. 161; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 306, fig. 170; Simroth, Rep. Brit. Ass.. 1907, p. .550; Cricetus vulgaris, Leske. Anfangs. Naturg., 1779, p. 168; Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1901, p. 131, fig. 2; Hamster nigricans, Lacépède, 1801.
Dessus d'un brun-jaune clair avec l'exti'émité des poils longs et raides noire; le dessous noir, mais séparé du dessus par des taches claires, blanchâtres, qui dessinent imparfaitement le plastron, mi-partie clair et foncé, beaucoup plus marqué chez d'autres espèces du groupe (par exemple Mesocricetns newtoni). Le nez, les joues, une ligne sous l'oreille, une grande tache en avant et une auti'e en anière de l'épaule (sur les flancs), le devant de la cuisse, sont d'un blanc jaunâtre. Le dessus de la tête est d'un brun-roux; le noir de la poikine s'avance jusqu'à la gorge et contom*naut le jaune des joues se recom-be en avant, formant une bande noirâtre au-dessous de la ligne jaune de la base de l'oreille. Queue couverte de poils ras noirâtres. Pattes noires avec les pieds blancs.
Long, tête et corps 300 mm.; queue 30; pied 37 mm.; Crâne, long, basil. 44 (totale 47,5) x 29 mm.
Habitat. — Europe moyenne, de la France et de la Belgique à travers l'Allemagne et la Russie jusqu'en Asie. Ne se trouve pas dans les Montagnes (Alpes, Jura).
Remarque. — Avant la guerre de 1870, ne se trouvait que sur le versant oriental des Vosges; depuis cette époque on l'a trouvé en Champagne (versant occidental des Vosges), et jusqu'aux environs de Paris. Il serait venu à la suite des convois de vivres de l'armée allemande. — D'ailleurs, l'espèce existait dans le centre de la France à l'époque quaternaire, d'après les débris fossiles que l'on y trouve.
Cricetus cricetus niger (Scnreber) ex Lepechin.
Cricetus frumentarius Var. B nigra, Schreber, Sâug., IV, 1792, pi. 198; Cricetus vulgaris niger, Simroth, Biol. Centralblatt, 1906, XXXI, p. 334; Cricetus totus niger, Lepechin, Itinera, 1771, I, pi. 15; Pennant, Syn. Quadr., 1771, p. 271, pi. 46.
Pelage d'un noir plus ou moins complet dessus et dessous, par envahissement de la teinte noire de la poitrine et du ventre, et oblitération des taches claires des flancs (mélanisme).
Habitat. — Allemagne, et probablement dans toute la répartition géographie de Cricetus cricetus.
Cricetus cricetus canescens Nehrinsf.
Cricetus vulgaris Var. canescens, Nehring. S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1899, p. 1.
Dessus d'uu gris de souris foncé; dessous d'uu noir moins foncé que sur le tj^pe d'Allemagne (Saxe). Taille plus petite, oreilles relativement plus grandes.
Habitat. — Belgique (Fexhe-Slins sur la rive gauche de la Meuse); probablement toute la vallée du Rhin.
Cricetus cricetus rufescens Nehring.
Cricetus vulgaris Var. rufescens. Nehring. S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1899, p. 2; Matschie, 1. c, 1901, p. 232.
Dessus d'un roux de Eenard plus clair sm* les flancs, mais ne se confondant pas avec les taches claii-es. Dessous d'un noir profond, nettement séparé de la couleur du dessus, beaucoup plus que sur les spécimens d'Allemagne. D'ailleurs, les taches claires sont distribuées de la même façon, mais les poils sont plus laineux (moins brillants). Oreilles plus petites, bordées de blanc.
Long, basilaire du crâne 39 mm.; long, totale 45 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, régions de l'Ural (Tjubuk), et probablement du Volga et du Dnieper.
Cricetus cricetus nehringi Matschie.
Cricetus nehringi, Matschie, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1901, p. 232.
Dessus d'un Ijrun-jaune semblable à celui du type ; dessous d'un noir profond nettement séparé de la couleur du dessus; oreilles un peu plus petites que celles du type avec une bordure blanche d'un millimètre de large. Diffère du type d'Allemagne (outre cette large bordure blanche des oreilles), par le roux-jaune plus foncé de la tête et des côtés du cou, et les pieds plus fins (29 mm. de long, au lieu de 33 mm). — Crâne plus étroit et plus court que celui du type. — On peut noter encore le peu de développement des taches blanches des cuisses qui, chez le type d'Allemagne, sont toujours bien développées. — Cette forme est voisine de C. rufescens, mais en diffère par les taches des cuisses obsolètes et la couleur du dessus.
Taille: celle du type; Crâne: long basil. 43,5 (totale 48) x 26,5 mm.
Habitat. — Roumanie (vallée inférieure du Danube, probablement jusqu'à Odessa).
Cricetus fuscatus Brandt.
Cricetus fuscatus^ Brandt, Mém. de l'Acad. des Se. de St. Petersb. (Se. Natur.), 1835, VI, I, p. 435, pi. XV.
Entièrement d'un brun-roux (marron) plus foncé dessus, plus clair dessous, avec le bout du museau, le menton, le milieu de la gorge
et les quatre pieds blancs. Oreilles presque nues de couleur chaii*. — Taille très grande.
Long, tête et corps 300 mm. (?); queue 51 mm. (la dimension du corps, tout au moins, semble exagérée, peut-être par suite d'une préparation défectueuse de la peau).
Habitat. — Inconnu (spécimen sans indication d'origine).
Remarque. — Matschie (S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin, 1901, p. 232 et suiv.), pense que ce type se rapproche d'un spécimen collection (de la K. Landwirths. Hochschule de Berlin) qu'il caractérise ainsi:
Semblable à Cricetus cricetus, mais sans tache blanche aux cuisses; les côtés de la tête et du cou d'un roux marron. Oreilles à mince bordure blanche; le pied de la longueur de celui de C. cricetus. Du menton part une bande blanche qui descend en angle aigu sur le noir de la poitrine, et qui mesure 10 mm. de large sur 25 mm. de long. — (De la région au Xord du Caucase.) — A comparer à C. c. stavropolicus Satunin.
Cricetus cricetus stavropolicus Satunin.
Cricetus vulgaris stavropolicus, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1907, III, p. 67 et 28, 29; Cricetus frumentarius, Rossikof, 1887; C. vulgaris, Satunin, 1901.
Dessus, depuis le sommet de la tête, brunâtre avec un mélange de noir et une légère teinte de roux. Dessus du museau et pourtour des oreilles d'un roux-brun. Oreilles couvertes eu-deliors de poils roussâtres clairsemés, le dedans et le bord blancs. L'anneau blanc des poils de la bourre est très éti'oit. Les flancs, — en dehors des taches claires, — la face externe de la cuisse et la croupe sont d'un roux clair. La pointe du museau, les joues, les lèvres, le menton, et les taches sur les côtés du cou et sur la face postérieure des pattes antérieures sont blanches. La gorge, la poitrine et le devant des pattes antérieures sont d'un noir intense: cette même couleur noii'e, mais affaiblie, s'étend sur le ventre et la face antériem*e des pattes de derrière; les pieds sont blancs. La plante de ceux de devant est nue; celle des pieds de derrière, depuis le talon jusque vers le milieu, est couverte de poils noirs, le reste est nu. Ongles blancs. Queue presque nue,, couverte seulement de poils roux clairsemés. — Difl"ère du type par le manque de taches sur la cuisse et par la couleur des côtés de la tête et du cou qui est d'un marron plus intense. Les taches claires qui s'étendent en rayonnant du menton jusqu'au point ou commence la teinte noire de la poitrine, ont environ 10 mm. de large et 25 mm. de long.
Long, tête et corps 270 mm.; queue 43; pied 34; oreille 30 mm.
Habitat. — Russie Sud (Steppe du fleuve Kalaus, Gouv* de Stavropol).
Genre Mesocricetus Nehring, 1898.
Cricetus, p., Auctorum.
Caractères. — Crâne présentant une forme un peu différente de celle de Cricetus. Dents molaires s'usant en montrant des replis
d'émail en zig-zag qui rappellent plus ou moins les Microtinae ou les Muridés américains. Oreilles courtes. Queue très courte, cachée par les poils allongés de la partie postérieure du dos. Taille moyenne : forme talpoïde des Campagnols à queue courte. Formule dentaire de Cnceins.
Mesocricetus newtoni Nehring.
Cricetus (Mesocricetus) Newtoni, Nehring. Zool. Anzeig., 1898, p. 329, fig. ; id., Archiv. Naturg., I, 1898, pi. X, fig. 12—15 (crâne); id., S.-B. Ges. Naturf. Freunde, 1901. p. 129, fig. 1, p. 130; Cricetus nigricans, Newton, P. Z. S., 1870, p. 331, pi. XXVI (nec Erandt).
Dessus d'un gris mêlé de noirâtre depuis le nez jusqu'à la queue, plus foncé sur le dessus de la tête et du cou. Une bande noire, qui commence au-dessous des oreilles, s'étend en arrière jusqu'aux épaules, puis se recourbe en avant en s'élargissant et s'étale sur la poitrine, faisant une pointe en avant jusqu'à la gorge et s'étendant sur le membre antériem- jusqu'à l'avant-bras. Nez d'un gris jaunâtre; menton et lèvres blancs; au-dessous des yeux une tache brune suivie d'une tache dorée sur les joues; cette couleur couvre les côtés de la partie inférieure de la tête, sous les yeux, depuis la lèvre supérieure, sur les côtés du cou, jusqu'en avant des épaules; en anière et au-dessus de la bande noire subauriculaire une tache jaunâtre s'étend sur les côtés de la tête et rejoint en s' amincissant en avant, la tache jaune des joues, près de la base des oreilles. Le gris foncé du dessus s'étend sur les cuisses et les jambes presque jusqu'au talon; les dessous et les flancs sont d'un gris-jaune; la face externe des pattes de devant et les quatre pieds, couverts de poils clairsemés, sont blancs. Oreilles courtes, nues, couleur chair; queue courte cachée par les longs poils de la croupe, brune dessus, jaune dessous.
Long, tête et corps 150 à 160 mm.; queue (courte); Crâne 28x19,2 mm.
Habitat. — Bulgarie Orientale (vallée de la Dobrudscha), Koumanie, et peut-être toute la péninsule des Balkans.
Mesocricetus nigriculus Nehring.
Cricetus nigricans, Brandt, in Ménétriès, Catal. Haisonné, 1832, p. 22; id., 1836, I, p. 42 (nec Lacépède, 1801); Cricetus (Mesocricetus) nigriculus, Nehring, Zool. Anz., 1898, p. 495; Archiv. Naturg., I. 1898, p. 380, pi. X, fig. 10 (crâne); Satunin, Mitth. Kaukas. Mus. 1901, I, p. 115.
Dessus d'un ferrugineux pâle teinté de noirâtre; museau et oreilles d'un ferrugineux assez pâle à peine lavé de noirâtre. Côtés du cou et une tache en arrière des épaules d'un blanc ferrugineux très pâle, bordés de ferrugineux pâle, les flancs blanchâti'es. Le ventre est d'un
noii* terne, passant au blanchâtre en arrière. Les paupières, une ligne recoui'bée allant des côtés du cou aux épaules, la gorge et la poitrine noires. Les pattes blanches. Queue très courte, cachée par les poils de la partie postérieure du dos. Les oreilles sont relativement grandes, comparées à Cr. neioton (de Bulgarie).
Long, tête et corps 210 mm.; queue 15 mm.; Crâne 31x20,5 m.m.
Habitat. — Montagnes au Nord du Caucase moyen; Steppes du Kuban et Cercle de Nowogeorgiewsk, au N.-E. du Caucase.
Mesocricetus raddei Nehring.
Cricetus (Mesocricetus) Raddei, Xehring, Zool. Adz., 1894, p. 148; 1898, p. 182, %.; Archiv. Naturg., I, 1898, p. 381, pi. X, fig. 5—9 (crâne); Cricetus nigricans, p., Satunin, Zool. Jahrb., 1896, p. 301.
Voisin de M. nigriculus, mais en différant surtout par des caractères crâniens: crâne en général plus grand, série des molaii-es plus longue, bulles auditives et interpariétal d'une forme différente. — Distribution des couleurs comme chez M. nigriculus. Bande sous les oreilles, tache de la poitrine et gorge d'un noir profond, ventre d'un noir terne. Le menton, les pattes antérieures à partir de l'avant-bras, les pattes postérieures et la queue sont blancs, les flancs blanchâtres. Le dessus est brunâtre, mêlé de quelques poils noirs. Les oreilles paraissent plus petites, la queue plus longue que chez nigriculus. Les poils dans le voisinage de la queue sont allongés de manière à cacher la queue, bien qu'elle ait 25 mm.
Long, tête et corps 230 mm.; queue 25; Crâne: 38 mm (juv.).
Habitat. — Russie Sud, N. E. du Caucase (Dagestan).
Genre Cricetulus A. M.-Edwards, 1867.
Caractères. — Crâne plus allongé que dans les deux genres précédents. Pattes antérieures faibles et munies d'ongles qui se relèvent pendant la marche et gardent leur pointe aiguë (au lieu de s'user comme chez Cricetus). Oreilles moyennes. Queue moyenne, non cachée par le pelage, couverte, de poils com-ts. — Taille petite: mode de coloration plus uniforme que dans les deux genres précédents. — Des abajoues.
Formule dentaire des deux genres précédents. L'émail des dents forme, par l'usure, des zig-zags comme chez Mesoa'icetus.
Cricetulus accedula (Pallas.)
Mus accedula, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 257, pi. 18 a; Zoogr. Ross.- As., I, 1811, p. 162; Brants, Muizen, 1827, p. 160; Cricetus accedula, Dauf, et Alston, P. Z. S., 1877, p. 281; 1880, p. 60 (rectif. de la note précédente); Mus migratorius, Pallas, Reise, 1794, II, p. 703.
Pelage assez lâche et fin; dessus d'un cendré jannâti'e uniforme mêlé de poils bruns; dessous d'un cendré un peu plus clair, les deux couleurs se fondant insensiblement sur les flancs; la teinte est plus foncée sur la tête et le dos; le museau seul est blanc. Moustaches noires et blanches, les som'cils noii's. Des poils un peu plus longs, cendrés, à la base des oreilles qui sont sub-ovales, échancrées sui- lem- bord postérieur, près de la pointe qui est arrondie. La queue est ti'ès courte, cylindrique, à peine atténuée au bout, blanche avec une étroite ligne brune endessus. Le museau est obtus. Les pieds courts, robustes, d'un blanc jaunâti'e.
Long, tête et corps 100 mm.; queue 22; pied 20 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, entre le Volga et l'Oural.
Remarque. — Cette espèce a bien le faciès d'un Cricetulus et Brandt la place dans sa Sectio B, Division I, du genre Cricetus qui comprend les autres espèces (C. phaeus, C. arenarius, C. eversmanni), actuellement classées dans Cricetulus.
Cricetulus eversmanni (Brandt).
Cricetus phaeus, Eversmann (Descr. Mamm. Reg. Orenbourg [en russe]), 1847, p. 146 (nec Pallas); Cricetus Eversmanni, Brandt, Bull. Acad. Se. St. Petersb., 1859, p. 210 (Separ. sub nomine: Mélanges biologiques, 1859).
Museau obtus; oreilles aiTondies; queue à peine plus longue d'un quart que le pied. — Dessus, y compris la tête et les flancs, les épaules, la face externe des pattes antérieures en avant, la face postériem-e de celles de derrière, d'un flave ferrugineux sale ou ferrugineux brunâtre par suite de la présence de poils épars bruns ou noks. Poiti'ine entre les pattes antérieures d'un flave ferrugineux pâle. Lèvres, gorge, ventre et la plus grande partie des pattes jusqu'aux ongles, blancs. Queue blanche avec la ligne dorsale d'un ferrugineux pâle mêlé de poils bruns-noirs.
Long, tête et corps 150 mm.; queue (sans les poils) 23 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, province d'Orenbourg.
Cricetulus phaeus (Pallas).
Mus phaeus, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 262, pi. 15 a; Zoogr. Ross. -As. 1811, I, p. 163; Cricetus phaeus, Brandt. Mél. Biol., Il, 1856, p. 330, pi fig. 9—10; Thomas, Linn. Trans. (2), V, p. 59; Scully, P. Z. S., 1881, p. 205 Satunin, Zool. Jahrb., 1896, p. 302; id., Ann. Mus. Zool. St. Pet., 1902, p. 566
Pelage moelleux; dessus d'un cendré un peu plus brun que celui du Loir (Glis glisj, avec des poils plus longs sur le dos, qui assombrissent cette région; dessus de la tête et face d'un cendré plus franc; museau, dessous du coi-ps et pieds blancs, cette couleur remontant assez haut sur les flancs et sur les côtés de la queue qui est ti"ès courte
n'ayant qu'une ligne brune sur sa face dorsale. Oreilles arrondies, velues, de la couleur du dos; moustaches noires. Le cendré des flancs ne s'étend que jusqu'à la racine des quatre membres. — Tête courte, obtuse, museau arrondi; corps ramassé, avec les pattes et la queue courtes, celle-ci, cependant, dépassant le pelage, bien poilue, cylindrique obtuse.
Long, tête et corps 88 mm.; queue 23; pied 17; oreille 13 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, du Volga à la mer Caspienne.
Cricetulus atticus Nehring.
Cricetulus atticus, Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berlin, 1902, p. 3.
Voisin de Cr. phaeus, par la distribution de ses couleurs, mais plus petit et avec des oreilles notablement plus grandes et relativement très poilues. Dessus gris cendré avec quelques poils fins à pointe noii'e. Dessous blanc, les deux couleurs nettement séparées sur les flancs. La face externe des pattes postérieures est grise jusque près du tarse; la région voisine de la racine de la queue est d'un gris noii'âtre, et le dessus de la queue est couvert de poils courts et fins d'un gris noirâtre. Il y a 6 callosités au tarse.
Long, tête et corps 85mm.; queue 22; pied 14; oreille 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 25 mm.
Habitat. — Grèce (le M* Pentélique, en Attique).
Cricetulus arenarius (Pallas).
Mus arenarius, Pallas, Heise. II. 1773, p. 704: id.. Nov. Spec. Glir., 1778, p. 86 et 265, pi. 16 a; Zoogr., 1811, I, p. 162; Cricetus arenarius, Brandt. Mil. Biol. Ac. St. Pet., III, 1859, p. 209; Radde et AValter, Zool. Jahrb., IV, 1889, p. 1033; Cricetulus arenarius, Biichner, Mam. Przewalsk., 1889, p. 79, pi. IX, fig. 2 et 3.
Pelage moelleux, en-dessus d'un cendré blanchâtre, la base des poils plus foncée, brune, ainsi que la bourre; dessous et les côtes, jusqu'assez haut sur les flancs, d'un blanc pur, avec une ligne de démarcation bien nette, les cuisses étant blanches dans toute leur moitié antériem'e et inférieure. Pieds et queue blancs, celle-ci n'ayant qu'une étroite ligne brune sur sa face dorsale. Oreilles en ovale allongé, cendrées avec le bout blanc; tête blanchâtre sauf le sommet du crâne; moustaches noires. Tête oblongue à museau pointu; pattes courtes et assez grêles; queue moyenne.
Long, tête et corps 97 mm.; queue 23; pied 15; oreille 16 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, de la Crimée au Volga et à la Mer Caspienne, et de là dans l'Asie Centrale.
Sous-famille des Microtinae.
Arvlcolinae Auctorum.
Genre Evotomys Coues, 1874.
Myodes, Selys; Lataste; Hypudeus Eeys. et Blas.
Caractères. — Campagools à formes plus légères que les Campagnols du G. Microtus, à queue poilue, moyenne, plus longue que chez les autres Campagnols. — Dents radiculées, à couronne présentant dès le jeune âge des replis d'émail à angles aigus rentrants et sortants (caractère commun à tous les Microtinae). La 3® molaire supérieure présente six espaces (ou boucles d'émail) et sept (ou huit) angles; la 1® molaire inférieure à sept espaces et huit (ou neuf) angles. Les autres dents ne varient pas chez les Microthiae. Palais se terminant par une lame amincie entre les alvéoles des molaires postérieures. — Oreilles moyennes, velues.
Formule dentaire: I. :, — i, Pm. pr — -, M.- — ^ = 16 dents.
C'est la formule dentaire uniforme de tous les Muridae.
Pour la forme et la disposition des replis d'émail, qui ne peuvent se comprendre sans figures, nous renvoyons aux ouvrages de Blasius, Sélys, Trouessart, Millais, etc., indiqués dans la Bibliographie.
Remarque. — Toutes les espèces sont caractérisées (à l'exclusion des autres Microtinae), par la teinte rouge baie du dos tranchant sur le gris ou le brun clair des flancs.
Sous-genre Evotomys propr. dict.
Crâne à angles adoucis et arrondis; apophyses postorbitaires obsolètes; dents relativement beaucoup plus petites que chez Microtus, la rangée des molaires considérablement plus courte que le diastème (ou barre) qui les précède; racines des molaires complètement formées de bonne hem-e; racine de la dernière molaire inférieure ne s'enkystant pas en venant en contact avec la racine de l'incisive. — Six tubercules au tarse.
Evotomys norwegicus Miller.
Microtus glareolus (part.), CoUett, Nyt Mag. Naturr., 1898, t. 36, p. 278; Evotomys norvégiens, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, jj. 93.
Taille grande. — Aire dorsale rouge nettement et élégamment limitée, s'étendant du front à la croupe, d'un ferrugineux ' foncé légèrement mêlé de brun de bois, et assombri par la pointe des longs poils noirs régulièrement dispersés. Face, joues, et flancs d'un brun de bois clair s'atténuant en brun-broccoli vers le bas, surtout en arrière ;
sur la croupe le bruu de bois est teinté de rouge sur la ligue médiane et ne forme pas contraste avec la couleur du dos. Dessous d'un grischatain pâle, irrégulièrement lavé de jaune sur la ligne médiane, la teinte plombée de la base des poils se montrant de place en place. Pieds blancs: une tache foncée à la face interne du talon. Côtes du museau un peu plus jaunes que la face. Oreilles presque nues endeliors, couvertes de courts poils rougeâti-es eu-dedans. Queue nettement bicolore, brun foncé dessus, blanchâtre dessous. — Crâne grand, à angles et crêtes fortement marqués.
Long, tête et corps 150 à 170 mm.; queue 56; pied 20 (ou plus); Crâne (long, totale): 26 mm.
Habitat. — Norwège, au Nord du 67*^ N., dans la région des forêts de la zone moyenne et inférieure sub-boréale (type de Bergen).
Evotomys skomerensis, Barret-Hamilton.
Evotomys skomerensis. B.-Hamiltoi], Proc. Koy. Irish Acad., 1903, XXIV, p. 315; Millais, Mam. Great-Brit., 1905, II, p. 250.
Taille grande. — Dessus d'un roux-cannelle clair ou brun-garance, la teinte générale étant produite par l'anneau sub-terminal des poils qui a 2 mm. d'étendue; la base est d'un noir-ardoisé et la pointe noire. La face, les joues et les flancs perdent peu à peu la teinte rouge et passent à la couleur noisette puis au flave-gris foncé. Croupe et dessus de la queue (nettement bicolore) d'un bruu de momie. Dessous du corps et de la queue, pattes et pieds blancs, à peine lavés de jaunâtre, la base des poils d'un noir ardoisé. La ligne de démarcation sur les flancs est modérément accusée. Oreilles presque nues en-dehors, d'un roux-cannelle clair en-dedans. En hiver, le brun parait s'étendre davantage sur la croupe. — Crâne semblable à celui d'E. nageri par sa taille, son aspect anguleux et massif, étant seulement un peu plus petit.
Long, tête et corps 114 mm.; queue 61; pied 19 mm.; Crâne (long, tôt.): 25x14 mm.
Habitat. — Ile Skomer, sur les côtes du Pembrokeshii-e (Galles), dans la mer d'Irlande.
Evotomys nageri (Schinz).
Hypudaeus nageri, Schinz, Synops. Mamm., 1845, II, p. 237; Myodes bicolor, Fatio, Rev. et Mag. ZooL. 1862, p. 257; Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 149 (rectif.); Evotomys nageri, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, p. 94.
Taille grande, couleur sombre. — - Pelage d'Eté: raie dorsale bien délimitée, s'étendaut du front à la croupe. D'un roux cannelle légèrement varié de brun-broccoli pâle, et faiblement assombri par les
longs poils noirs: le résultat est une teinte presque marvon. Face, joues et flancs d'un brun clair passant au gris de fumée vers le bas. Croupe d'un brun-broccoli clair teinté de rouge sur la ligne médiane et formant un contraste notable mais non très marqué avec la couleur du dos. Dessous d'un gris de fumée pâle, teinté de jaune sur la ligne médiane, la couleur' plombée de la base des poils se monti'ant de place en place à la sm-face. Pieds blancs. Une tache foncée en-dedans du talon. Côtés du museau d'un Isabelle pâle. Oreilles finement poilues d'un rougeâtre sombre. Queue bicolore, brun foncé dessus, blanche dessous. — Crâne large, les apophyses zjgomatiques ayant leur plus forte saillie très en arrière.
Long, tête et corps 150 à 170 mm.: queue 55; pied 20 (ou plus).
Habitat. — Alpes suisses, forêts de conifères (St. Gothard; Genthal canton de Berne).
Evotomys nageri hallucalis Thomas.
Evotomys nageri hallucalis, Thomas, Ann. Nat. Hist., 1906, XVIII, p. 221.
Semblable à E. nageri typiciis (de Suisse), mais plus grand, à queue plus longue, crâne plus fort, incisives plus étroites.
Pelage comme celui du type, l'abdomen un peu plus blanc. Queue comparativement longue, à poils courts, nettement bicolore, brune dessus, blanc sale sm* les côtés et dessous.
Crâne plus allongé, la capsule cérébrale longue, lisse, arrondie, bien que les angles antérieurs soient bien marqués. Région interorbitaire large, lisse, non concave. Os nasaux plus larges en arrière. Trous du palais courts, bien ouverts, non rétrécis en arrière. Incisives minces, comprimées, effacées sur les côtés; longueur de la série des molaires plus grande que dans le type.
Long, tête et corps 115 mm.; queue 66: pied 21 mm; crâne, long. 27 mm., larg. zygomatique 14,5 mm.
Habitat. — Calabre (Aspromonte), dans l'exti-ême sud de l'Italie (altitude 1000 m.).
Evotomys vasconiae Miller.
Evotomys vasconiae, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, 96.
Voisin de E. norvégiens par sa grande taille, mais la raie dorsale moins rouge et moins bien délimitée, se rapprochant plus du rouxcannelle que du ferrugineux. Côtés et flancs un peu plus foncés que sm* E. norvégiens. Queue plus courte, plus finement poilue. (Pelage d'hiver inconnu). — Crâne semblable mais avec les nasaux plus larges, les dents plus fortes, les arcades zygomatiques fortement renflées (très différentes ^'E. nageri), les bulles plus courtes et plus larges que celles d'£'. norvégiens.
Long, tête et corps 160 mm.; queue 52; pied 18,5; Crâne 23,6 x 14 mm.
Habitat. — France Sud-Ouest (Hautes-Pyrénées, Montrejeau).
Remarque. — Il existe, en Europe, trois grandes espèces limitées à la zone boréale des montagnes, et isolées dans leur répartition géographique: E.norvegicus (Norvège), E. nageri (Alpes) et E. vasconiae (Pyrénées), — tandis que les petites formes du type E. ylareolus sont en continuité plus ou moins parfaite dans les plaines qui séparent les grandes formes boréales. — Près des trois grandes formes ci-dessus, viennent se placer E. nag. hallucalis du Sud de l'Italie, et la forme insulaire E. skomerensis.
Evotomys caesarius Miller.
Evotomys caesarius, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 194.
Du groupe d'^. nageri, voisin d'-E". skotnerensîs par la présence d'un troisième angle rentrant sur le bord interne de la 3^ molaire supérieure, mais en différant par ses os nasaux plus courts, plus également en coin (comme chez E. nageri, E. vasconiae et E. norvégiens), un museau plus large, une queue plus courte (45 à 49 au lieu de 53 à 59 mm.), une couleur plus foncée.
Dessus d'un brim-roux vif (roux cannelle), les flancs plus clairs, lavés de flave foncé, mais sans contraste marqué avec le dos; dessous d'un flave clair tirant sur la teinte crème. Queue nettement bicolore, noirâtre dessus, de la couleur du ventre dessous. Pieds d'un gris obscur, d'un brun foncé sur la partie poilue de la plante.
Long, tête et corps 96 mm.; queue 49; pied 18 mm.; crâne 25,6 x 14 mm.
Habitat. — Ile de Jersey, dans la Manche (St. Helier).
Remarque. — Ressemble par la couleur d'un roux vif de son dos à E. glareolus rubidus des régions voisines de France (Dinan, Côtes-du-Nord), mais la grande taille de son crâne et le caractère de la 3 e molaire supérieure le rapprochent d'E. skomerensis, chez qui la couleur est plus claire (rouxorangé) et le dessous gris blanc avec les pieds blanchâtres.
Evotomys rutilus (Pallas).
Mus rutilus, Pallas, Nov. Spec. Glir. Ord., 1778, p. 246; Evotomys rutilus, Coues, Proc. Acad. Nat. Se. Philad., 1874, p. 187; Miller, Proc. Ac. Se. Washingt., 1900, p. 91.
Taille petite. — Queue formant 20 pour cent de la longueur totale, fortement velue, le pinceau terminal ayant au moins le quart de la longuem- vertébrale de la queue; l'aii-e rouge dorsale d'un marron clair contrastant nettement (brusquement), mais non fortement, avec la coulem- des flancs.
Pelage d'hiver: dos d'un marron clair légèrement assombri par quelques poils à pointe noire; flancs d'un flave ocreux. Dessous d'un blanc terne ou crème, assombri par la teinte plombée de la base des
: poils qui se montre de place en place. Pieds blanchâtres. Oreilles de la couleur du dos. Queue nettement bicolore, brun-rouge dessus, blanche dessous. La base des poils est partout plombée.
Long, tête et corps 125 mm.; queue 35; pied 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 24 mm.
Habitat. — Régions arctiques de l'Europe: Norwège (au Sud jusqu'à Troms0), Finmark, Suède Nord, Laponie, Russie Nord, et de là en Sibérie jusqu'au de là de l'Obi.
Evotomys glareolus (Schreber).
MtiS glareolus, Schreber, Saug., IV, 1792, p. 680, pi. 190 b; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 337, fig. 177, 178 (part.); Arvicola fulvus, Millet, Faune de Maine-et-Loire, II, p. 40 (nec Geoffroy, nec Desmarest); Ltinmiis rubidus. Bâillon, Mém. Soc. Em. Abbeville, 1834; Arvicola pratensis, Fr. Cuvier, Hist. Mamm., pi. liv. 68; Hypudaeus glareolus, Melchior, 1834; Arvicola rufescens, Sélys, 1836; Hypudaeus hercyniais, Mehlis, Isis, 1831, p. 876; » Evotomys hercyniens», Miller, et »E. lierc. rubidus (Baillon)«, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, p. 97 et 100, i); Evotomys glareolus, Miller (rectification), Ann. Nat. Hist., 1909, III, p. 419 (»Remarks« au bas de la page).
Taille assez grande. Queue ayant 33 à 37 pour cent de la longueur totale. En pelage d'hiver, l'aire dorsale rougeâtre est large et diffuse, d'un ferrugineux foncé sans mélange de gris. Ventre lavé de flave. Queue d'un brun foncé dessus {E. rubidus (Bâillon) Miller).
Pelage d'été mal connu. — Pelage d'hiver: l'aire dorsale rouge s'étendant des^ yeux jusqu'à la base de la queue, avec tendance à envahir les côtés. Teinte roux cannelle foncé. Côtés des joues et flancs d'un brun-flave tiqueté finement de noir, les deux couleurs se fondant insensiblement vers le dos, tandis que celle des flancs est nettement séparée du gris-flave du ventre. La teinte ardoisée de la base des poils se montre par places sur le ventre et les flancs. Face un peu plus loncée que les joues. Queue nettement bicolore, brun foncé dessus, blanc sale dessous. Pieds blancs, lavés de brun. Oreilles de la couleur du dos avec quelques poils blancs en arrière.
Long, tête et corps 134 mm.; queue 46,9; pied 18,3 mm.
Habitat. — Europe moyenne occidentale, de la Belgique, de la Hollande, et de la France au Danemark et à l'Allemagne centrale (Montagnes du Harz), dans les forêts.
Evotomys glareolus britannicus Miller.
Arvicola riparius, Yarrell, P. Z. S., 1832, p. 109 (nec Ord, 1825); Evotomys glareolus (part.), Thomas, Zoolog., 1898, ji. 101; Evotomys hercyniens britannicus, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, p. 103; Millais, Mam. Great-Brit., 1905, II, p. 77, pi.
1) La forme décrite en 1900 par Miller (loc. cit.) sous le nom à'E. hercyniens hercyniens n'est pas celle de Mehlis et doit prendre le nouveau nom à'E. glareolus histericus (V. ci-après).
Semblable à E. gtareolm (= rubidus) Miller, mais un peu plus foncé; pelage d'été à teinte rouge de l'aire dorsale tendant à se répandre sur les côtés et ne formant pas contraste avec la teinte des flancs et de la croupe. Pieds et queue plus courts que chez E. glareolus (= rubidus).
Pelage d'été: raie dorsale large, mal limitée et se fondant irrégulièrement avec la teinte des flancs. La couleur générale du dessus est un peu plus rousse que le brun de momie (dififérente du brun de mars de E. rubidus). Flancs et joues d'un brun-broccoli un peu teinté de flave et parsemé de poils noirs ainsi que le dos. Dessous flave, tantôt clair et pâle, tantôt foncé et brunâtre. Croupe ne formant pas contraste avec le dos. Oreilles de la couleur du dos. Queue faiblement bicolore, brun noirâtre dessus, blanc sombre dessous. Pieds blanchâtres, teintés de brun. — Pelage d'hiver: semblable à celui d'E. glareolus (= ruhidus).
Long, tête et corps 146 mm.; queue 46,6; pied 16,8 mm.
Habitat. — Grande-Bretagne (Angleterre et Ecosse).
Evotomys glareolus suecicus Miller.
Evotomys hercyniens suecicus, Miller, Proc. Wash. Acacl. Se, 1900, p. 101.
Pelage d'été: ligne dorsale très étroite, mal délimitée, mais n'ayant pas tendance à envahir les flancs, d'un roux ocreux foncé, très faiblement assombrie par les poils noirs dispersés. Face, joues, et flancs d'un brun-broccoli clair passant brusquement au gi-is de fumée pâle sur le ventre, qui montre de place en place la couleur ardoisée de la base des poils. Croupe à peine plus foncée que les flancs, contrastant nettement avec la ligue dorsale, les fesses grises. Pieds d'un gris clair. Une tache foncée en-dedans du talon. Côtes du museau légèrement plus jaunâtres que les joues. Oreilles finement poilues, de la couleur de la ligne dorsale. Queue nettement bicolore, brun foncé dessus, blanchâtre dessous. (Pelage d'hiver inconnu.)
Long, tête et corps 139 mm.; queue 40; pied 17,8 mm.
Habitat. — Suède Sud (Upsala).
Evotomys glareolus helveticus Miller.
Hypudaeus glareolus, Fatio, Campagnols du Bass. du Léman. 1867, p. 28 (partim) ; Evotomys hercyniens helveticus, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, p. 98.
Taille assez grande. — (Pelage d'été inconnu.) — Pelage d'hiver: aire rouge dorsale diÔuse, de couleur noisette, fortement mêlée de gris, mal définie, s'étendant des yeux à la base de la queue, mais peu étendue sur les côtés. La couleur noisette, un peu assombrie
par les poils noirs, est mêlée de chatain-écni (anneau subterminal des poils) et de blanc grisâtre (le brun et le gris sont ({uelquefois même en excès sur le rouge). Tlancs et joues chatain-écru, finement parsemé de noir. Face un peu plus foncée que les joues. Dessous d'un gris blanchâtre lavé de flave-crême, laissant voir par places la teinte ardoisée de la base des poils (la teinte flave est variable d'intensité et d'étendue). Queue bicolore, presque noire dessus, blanc flave dessous. Pieds blancs. Oreilles de la couleur du dos, avec une touffe de poils blanchâtres à leur base en arrière, formant une tache distincte sur quelques spécimens. — Crâue large; bulles grandes.
Long, tête et corps 93,4; queue 44,6; pied 17,9 mm.; Crâne 22,2x13,6.
Habitat. — France Est et Suisse, dans les plaines ou à une faible hauteur (Montauban, Dépt. de la Haute-Savoie, près Genève; Vand près Lausanne, St. Galle), probablement toute la contrée basse entre les Alpes et le Jura.
Evotomys glareolus istericus Miller.
Evotomys hercyniens hercyniens, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, II, 1900, p. 100 (nec Mehlis, 1831); Evotomys glareolus istericus, Miller, Ann. Nat. Hist., 1909, m, p. 419.
Bulles auditives plus fortement renflées en-dedans que celles d'K glareolus (= ruhidus) Miller. — Couleur plus pâle et plus claire: la ligne dorsale assez étroite, d'un roux jaune clair un peu brunâtre légèrement obscurci par la pointe des poils noirs; flancs d'un gris flave faisant contraste ; cette teinte produite par un mélange de flavecrême avec des poils noirâtres et blanchâtres; dessous variant du blanccrême au flave-crême jaunâtre; pieds d'un blanc-flave. Queue bicolore, brun foncé dessus, blanc flave dessous.
Long, tête et corps 96 mm.; queue 43,5; pied 17,4 mm; Crâne 23,2x13 mm.
Habitat. — Roumanie (Bustenari), Hongrie, Autriche, Allemagne orientale, Bavière (d'une façon générale, la vallée du Danube).
Sous-genre Craseomys Miller, 1900.
Le Crâne présente des saillies et des angles aussi prononcés que celui des espèces du G. Microtus; apophyses postorbitaires bien développées; dents relativement aussi grandes que chez Microtus, la rangée des molaires aussi longue que le diastème (ou barre) qui les précède; les racines des molaires se développent tard; la racine de la dernière molaire inférieure, est logée dans une capsule distincte sur le côté lingual (interne) de la racine de l'incisive. — Une seule espèce.
Evotomys (Craseomys) rufocanus (Sundevall).
Hypudaens rufocanus, Sundevall, Oefv. Vet. Akad. Forhandl., 1846. p. 122; Evotomys rufocanus, Miller, Proc. Wash. Acad. Se, 1900, p. 89.
Taille grande; pelage long et épais; ligne dorsale étroite et vivement colorée conti'astant avec le gris clair des flancs. — Pelage d'automne avec le dos d'une teinte entre noisette et roux cannelle, les poils noirs peu visibles, cette raie allant des yeux à la racine de la queue. Oreilles de même couleur. Flancs d'un gris clair formé par le mélange de poils bruns, blanchâtres, noirs et ardoisés. Dessous d'un blanc flave sale, assombri par la base ardoisée des poils qui se montre par intervalles. Joues, museau, côtés de la tête comme les flancs, mais un peu plus foncés. Queue nettement bicolore, brune dessus, blanc sale dessous. Pieds blancs. — Les jeunes ont moins de roux, sauf entre les oreilles. — Crâne grand, à saillies fortement marquées.
Long, tête et corps 150 mm.; queue 40; pied 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 26 mm.
Habitat. — Laponie, Suède, Norvège (dans les montagnes jusqu'à Dovre), dans la zone boréale supérieure et moyenne.
Genre Micro tus Sclirank, 1798.
Arvicola Blasius et Auct.; Mynomes, Rafinesque.
Caractères. — Formes plus ramassées, oreilles et queue plus courtes que dans le genre précédent, la queue n'ayant que le tiers de la longueur du corps. — La 3® molaire supérieure a six intervalles et sept angles; la 1® inférieure neuf intervalles et neuf angles; la 3® inférieure n'a quelquefois que cinq angles (au lieu de six comme c'est la règle générale chez les Campagnols). Ces caractères dentaires ont moins de valeur que la forme du crâne pour la distinction des espèces^). — Six tubercules aux pieds postérieurs.
Formule dentaire du genre précédent et de tous les Microtinae.
Sous-genre Microtus propr. dict.
Crêtes temporales bien marquées; 3® molaire supérieure présentant angles, trois de chaque côté (non compris la boucle terminale).
Microtus arvalis (Pallas).
Mus atvalis, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 78; Arvicola arvalis, Sélys, Campagnols des env. de Liège, p. 8, pi. 2; id., Slicrom., p. 105, pi. B, fig. 3; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 379, fig. 209—214; Mus gregarius, p.,
1) Le nombre des espaces cémentaires et des angles varie individuellement chez les Microtinae sans altérer sensiblement la forme de la dent.
L. Schrank (nec Pallas.); Arvicola fulvus Desm.; Arvicola oeconomus, Millet (née Pall.); arenicola Sélys, 1842; cunicularius, Ray, 1843; rufescente-fuscus, Schinz (1845); Arvicola arvalis gaillardi. Fatio, 1905.
Dessus brun-jaime avec la base des poils cVuii gris ardoisé presque noir; dessous et pieds d'uu gris blanchâtre, sans ligne de démarcation sur les flancs. Queue égalant le tiers de la longueur du corps, faiblement bicolore, brunâtre dessus, d'un gris blanchâtre dessous. Oreilles dépassant peu les poils, velues. Souvent une ligne jaune séparant la couleur du dessus de celle du dessous. • — Taille de la Souris.
Long, tête et corps 98 à 110 mm.; queue 30; pied 17 à 18 mm.
Habitat. — Toute l'Europe; commun partout (des îles Britanniques à la Sibérie, et de la Scandinavie à l'Espagne, à l'Italie et au Caucase), dans les prés au bord des rivières.
Microtus arvalis meridianus Miller.
Microtus arvalis meridiaiuis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 197.
Semblable au type de l'espèce (de l'Allemagne centrale et septentrionale), mais d'une coloration beaucoup plus pâle, flave (huffy).
Dessus finement tiqueté de brun jaunâtre, donnant à l'ensemble une teinte entre le brun de bois et le bistre très clair; dessous comme dans le type, mais lavé davantage de flave; pieds d'un blanc flave; queue brun foncé dessus, blanc flave dessous, peu nettement bicolore.
Long, tête et corps 115 mm.; queue 32; pied 16 mm.
Habitat. — Basses Pyrénées (Biarritz).
Microtus hartingi Barret-Hamilton.
Microtus (M.) hartingi, B.-Hamilton, Anu. Nat. Hist., 1903, XI, p. 307.
Semblable à M. guentheri (d'Asie Mineure), mais plus jaune dessus, plus blanc dessous. Dessus tiqueté d'un fauve olivâtre et de noii", la pointe des poils de cette dernière couleur. Dessous blanc, à peine lavé de jaune, un peu plus au menton. Pattes et pieds jaunâti'es. Ligne de démarcation sur les flancs bien marquée, passant de la lèvre supérieure aux épaules, puis aux cuisses et à l'anus. Queue presque flave {huff) plus claire dessous. La base des poils est partout gris ardoisé. Oreilles dépassant un peu les poils.
Crâne plus massif que M. guentheri.
Long, tête et corps 101 à 107 mm.; queue 25 à 27; pied 18; Crâne 30 x 17 mm.
Habitat. — Thessalie (Larissa). C'est l'espèce qui a commis ed grands dégâts dans ce pays il y a quelques années et qui a été rapportée successivement à M. arvalis et à M. guentheri.
Microtus socialis (Pallas).
Mus socialis, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 218, pi. 13b; Arvicola socialis, Poliakoff et Lataste, Ann. Mus. Genov., 1884, p. 44; ? Arvicola astrakanensis, Desmarest, Mam., 1820, p. 285.
Pelage fin, très moelleux, égal, peu serré, plus long que chez M. arvalis. Dessus d'un gris pâle passant au blanchâtre sur les flancs; dessous et pieds blancs (la base des poils dessus et dessous couleur de plomb). Une partie des poils du dos a l'extrémité brune. L'extrémité du museau est brune. — Queue d'un gris jaunâtre avec une étroite ligne dorsale brune, n'ayant que le quart de la longueur du corps. Oreilles courtes, presque nues, n'ayant de poils que sur le bord.
Long, tête et corps 105 mm.; queue 24; pied 18 mm.
Habitat. — Kussie Sud-Est (Steppes du gouvernement d'Orenbourg; Elisabethpol; déserts du fleuve Oural), et de là dans la Sibérie Occidentale et la Perse transcaucasienne.
Microtus agrestis (L.).
Mus agrestis, Linné, Fauna Succica, 1761, II, 2, N**30; Arvicola agrestis, Sélys, Bull. Acad. Belg., VIII, 1841; id., Faune Belge, 1842, p. 35, pi. 3; Blasius, Fauna Deuts.. 1857, I, p. 369, fig. 202 — 206; Fatio, Campagnols du Léman, 1867, p. 63, pi. VI; B.-Hamilton, P. Z. S., 1896, p. 602; Arvicola arvalis, p., Sundevall, Vet. Ak. Handl., 1840, pi. I, fig. 1 ; Arvicola arvalis Var. nigra-, rufa, angustifrons et latifrons, Fatio 1869 â 1900.
Le type du Nord (Norvège) a une taille bien supérieure à celle de M. arvalis (avec lequel on a confondu surtout la petite forme plus méridionale). — Dessus d'un brun grisâtre plus clair sur les flancs; dessous d'un blanc pur, assez nettement séparé de la couleur du dessus. Pieds d'un blanc brunâtre ou grisâtre. Queue relativement plus longue que chez arvalis, bicolore, brun-foncé dessus, blanchâtre dessous. Oreilles dépassant notablement le pelage et velues. — Crâne à arcades zygomatiques renflées, l'espace interorbitaire très resserré, les crêtes et angles saillants, la capsule cérébrale aplatie. La deuxième molaire supérieure a souvent 5 prismes au lieu de 4 (chiffre normal chez toutes les espèces de Microtinaé).
Les spécimens de Suisse figurés par Fatio {loc cit.) sont d'un brunroux assez vif (et non brun-gris comme ceux de Scandinavie).
Long, tête et corps 113 à 130 (et 160); queue 25 à 40; pied 17 à 20 mm.; Crâne (long, tôt.) 27,5 x 17 mm.
Habitat. — Europe Nord et centrale, de la Scandinavie, de la Belgique et de la France (au N. de la Seine), à la Russie Nord; dans les vallées des Alpes, mais non dans les montagnes (habite les forêts et non les prairies).
Remarque. — La grande forme, décrite ci-dessus, est remplacée dans le Sud de l'Europe par une forme plus petite (M. agrestis neglectus), de la taille
de M. arvalis. La grande forme se distingue par le ventre d'un blanc pur, le crâne plus grand, à saillies plus accusées. Cette grande forme est représentée aux Hébrides par M. agr. exsul, mais ne se trouve pas sur le continent de la Grande-Bretagne, où elle est remplacée par M. agr. negledus.
Microtus agrestis exsul Miller.
Microtus agrestis exsul, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 201.
Semblable au graud Microtus agrestis tyjiicus de Scandinavie, mais le dessus plus nettement lavé de brunâtre, passant souvent au flave ocreux assez clair. — Première molaire supérieure souvent avec un troisième petit triangle interne (10 spécimens sur 14), presqu'aussi développé que le second triangle interne de la molaire intermédiaire.
Long, tête et corps 123 mm.; queue 44; pied 19 mm.
Habitat. — Iles Hébrides (North-Uist et South-Uist).
Remarque. — Le triangle accessoire de la 1 e molaire se montre quelquefois chez le type continental de M. agrestis (4 sur 32 spécimens de Scandinavie, et 2 sur 48 spécimens de Grande-Bretagne).
Microtus agrestis neglectus (Jenyns).
Arvicola neglecta, Thomson Jenyns, Ann. and Mag. Nat. Hist., 1841; Arvicola hritannicus, Sélys, Bull. Acad. Se. Belg., 1841; Rev. Zool., 1847, N» 9: Microtus agrestis neglectus, Barret-Hamilton, P. Z. S., 1896, p. 598, 602; Microtus agrestis, Millais, Mam. Great-Brit., II, 1905, p. 255, pi. 46 et seq.
Plus petit que le type de Scandinavie (l'adulte dépasse rarement 110 mm.), d'un brun-roux en dessus, le dessous lavé de jaunâtre (surtout en été) ; cette dernière teinte, quand elle existe, est très caractéristique. — Crâne plus petit que celui du type, crêtes moins saillantes.
Long, tête et corps 90 à 123 mm; queue 23 à 33; pied 14 à 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 25 x 16 mm.
Habitat. — Europe centrale, de la Grande-Bretagne (pas en Irlande), et de la France à la Kussie moyenne.
Microtus agrestis campestris (Blasius).
Arvicola campestris, Blasius, Anz. Bayer. Akad. Wiss., 1853, p. 107; id., Eauna Deuts., 1857, I, p. 375, fig. 207, 208; Arvicola arvalis, p., Winge, Vid. Medd. Natur. Tôr. Kjob., 1875, p. 237.
Dessus d'un brun-gris foncé, plus clair sur les flancs, qui sont fortement lavés de roux; dessous blanc. La base des poils est d'un gris noirâtre plus clair dessous. La pointe des poils est en-dessus d'un noir-brun foncé, avec un mélange de poils d'un brun-roux plus clair; en-dessous la pointe est blanche ou blanchâtre.
Diffère de M. ugrestis type, par son pelage lavé de roux, et par la forme de son crâne et le dessin de la couronne de ses dents qui se rapprochent à'arvalis. La 3*^ molaire inférieure a 8 ou 9 angles (les deux postérieurs très peu saillants); la 1® supérieure en a de 9 à 11 •(les deux antérieurs, compris dans le lobe antérieur, très peu saillants).
Long, tête et corps 99 mm.; queue 33; pied 20 mm.
Habitat. — Danemark et Allemagne Nord-Ouest (Brunswich, Dusseldorf, vallée inférieure du Rhin).
Microtus agrestis rosianus Barb. du Bocage.
Arvicola rozianus, Burboza du Bocage, Mém. Zool. Acad. Lisboa, 1854, p. 7, pi. I, fig. 1 — 5.
Dessus roux-ferrugineux lavé de noir; dessous Idanchâtre, les flancs et l'abdomen jaunâtres; les pieds d'un gris-brun; oreilles assez grandes, -saillantes, poilues, munies d'un grand antiti'agus semi-circulaire. Moustaches grêles, mêlées de noir et de blanc. Queue bicolore avec un pinceau terminal blanc, plus longue que le tiers du corps. — Le noir ■du dos provient des longs poils de cette région.
Long, tête et corps 86 mm.; queue 36; pied 20 mm.
Habitat. — Portugal (Geria près Coïmbre).
Microtus orcadensis Millais.
Microtus orcadensis, 3Iillais. The Zoologist, 1904, p. 241; id., Mam. Great- Brit.. 1905, II, p. 278, pi. 47 et seq.
Taille grande, formes massives. — Pelage d'hiver: dessus brun de sable foncé, la majorité des poils étant d'un brun-jaune pâle avec des poils noirs qui dépassent, la base des poils ardoisée. Joues et flancs lavés de roux avec peu de poils noirs, la poitrine encore plus pâle; dessous d'un roux de sable. Pieds d'un jaune de sable pâle. Ligne de démarcation faiblement marquée. Oreilles fortement poilues sur leur bord interne, mais non à la pointe et finement poilues à l'intérieur. Queue jaunâtre avec la base des poils grise, et une ligne brune sur le milieu de la face dorsale. — Pelage d'été: plus court et passant au roux cannelle. Pointe de la queue blanche.
Long, tête et corps 115 à 1-40 mm.; queue 22 à 30; pied 16 à 20; oreille 10 à 12 mm.; Crâne 26 mm. (très robuste).
Habitat. — Iles Orcades et Shetlands.
Microtus sandayensis Millais.
Microtus orcadensis sandayensis, Millais, Mam. Great-Brit., II, 1905, p. 280. fig. pi.
Plus petit que M. orcadensis, à teintes plus grises, et le dessous n'ayant jamais la riche teinte d'un brun sableux qui caractérise ce
dernier. Le gris du dessus est parfois un peu lavé de jaune ou de blanchâtre. La ligne dorsale de la queue est peu marquée ou même nulle. — Crâne de même fonne que celui de M. orcadensis, et dents semblables, mais de dimension moindre. — La différence est comparable à celle qui existe entre Miis sylvaiims celticns et M. s. inteA^medius. Les dimensions ne sont pas données.
Habitat. — Ile Sanday (Orcades Nord-Est).
Microtus sandayensis westrae Miller.
Microtus sandayensis tvestrae, Miller, Anu. îsat. Hist., 1908, I, p. 199.
Taille et caractères crâniens de M. sandayensis (Millais), mais la première molaire inférieure a souvent (2 spécimens sur 6) son angle antérieur externe rentrant aussi développé que chez M. orcadensis.
Couleur moins pâle que celle du type; le dessus fortement lavé de brun jaunâtre, l'effet général étant un brun foncé approchant du bisti'e, la pointe claire des poils étant plus franchement d'un flave ocreux foncé, et le brillant noirâtre des plus longs poils plus marquer dessous d'un flave ocréux clair, presque comme chez M. orcadensis, mais la couleur est moins vive et la base ardoisée des poils se montre davantage. Pieds et queue comme le type, mais les poils foncés épars sur le dessus de la queue plus nombreux.
Long, tête et corps 108 mm.; queue 34; pied 18 mm.
Habitat. — Ile Westi-ay, au Nord de l'archipel des Orcades.
Remarque. — Les Campagnols des îles du Nord des Orcades, sont pluspetits que ceux du Sud de l'archipel, plus pâles, et ont un crâne plus aplati. Ici il y a des variations dentaires (signalées ci-dessus), et la couleur est moins pâle que celle du type, mais moins foncée que chez M. orcadensis. — Ces différences sont probablement en rapport avec la profondeur des bras de mer qui séparent les différentes îles, et par suite avec le temps plus ou moins long écoulé depuis que les diverses formes es trouvent complètement séparées et isolées (Miller).
Microtus sarnius Miller.
Microtus sarnius, Miller, Ann. Xat. Hist., 1909, III, p. 420.
Semblable aux grandes formes de M. agrestis (crâne: long, condylobasale 28 mm.), mais le 2® molaire supérieure sans second triangle interne. Couleur du dessus comme M. agrestis agrestis, mais un peu moins foucée et rougeâtre. Dessous d'un gris clair avec démarcation bien marquée.
Long, tête et corps 118 mm.; queue 42; pied 18.5 mm.; Crâne- 27,8 X 16 mm.
Habitat. — Ile de Guernesey.
Remarque. — Formes extérieures et crâne du groupe de M. agrestis, mais dessin de la couronne des dents de M. arvalis; c'est l'opposé de M. agr. exiddes Hébrides.
Microtus ratticeps (Keys. et Blasius).
Arvicola ratticeps, Keys. et Blasius, Mém. Acad. St. Petersb., 1841, p. 333; Elasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 365, fig. 199—201; Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Berlin. 1899, p. 67. 68, fig. 1; Lenimus médius, Nilsson, Arch. Skand. Beit., 1844, p. 146.
Oreilles atteignant pres(jue la moitié de la longueur de la tête et dépassant sensiblement le pelage. — Dessus d'un brun-roux foncé plus clair sm- les côtés oii la couleur passe au gris-brun jaunâtre ; dessous blanc, nettement séparé de la couleur du dessus; pieds d'un gris-brun. La base des poils d'un gris noirâtre, plus clair dessous. Queue ayant plus du tiers de la longueur du corps, couverte de poils plus longs vers son extrémité, bicolore, d'un brun foncé dessus, blanche dessous, plus foncée à sa pointe qui est presqu'entièrement d'un gris-brun. Les oreilles sont couvertes, dans leur moitié supérieui-e, en-dedans et en-dehors, de poils fins gris-brun et d'un roux jaimâtre clair, et de poils plus longs sur le bord antérieur jusque vers le milieu; en outre les longs poils des côtés de la tête forment une touffe qui couvre la base de l'oreille. — La plante du pied porte six tubercules. — Il existe deux variétés de couleur, l'une d'un brun-noirâtre, l'auti-e d'un roux-brun plus clair. — La 1® molaire inférieure a cinq angles sur son bord interne, trois seulement sur son bord externe.
Long, tête et corps 125 mm.; queue 49; pied 22 mm.; oreille 15 mm.
Habitat. — Europe Septentrionale et Centrale-Orientale, de la Laponie et de l'Allemagne Nord à la Eussie Nord Ouest ^).
Microtus ratticeps stimmingi Nehring.
Microtus ratticeps Var. stimmingi, N^ehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1899, p. 57.
Semblable au type par la couleur du pelage et la dimension des oreilles, ainsi que par le caractère de la 1® molaire inférieure (figurée par Blasius, Fauna Deuts., I, 1857, p. 366, fig. 199), mais le crâne plus étroit, plus délicat, l'interpariétal plus court dans la ligne sagittale^ la série de molaires plus faible et plus courte que chez le type.
Long, tête et corps 110 mm.; (jueue 45 mm,; Crâne (long, totale) 27 X 14 mm.
Habitat. — Prusse (Brandenburg sur le Havel). Microtus arenicola (Sélys).
Arvicola arenicola, Sélys, Bull. Acad. Bruxelles, 1841, VIII, 2, p. 286, Jentink, Notes Leyd. Mus., 1907. p. 263, 265, fig.; Arvicola ratticeps, Jentink; ïydschr. Xed. Dierk. Ver.. 1881, p. 105, pi. I, fig. 3 à 4 (nec Keys. et Blas.).
^) D'après Poliakoff, cette espèce ne serait qu'une sous-espèce du M. oeconomus (Pallas), qui la remplace plus à l'Est, en Sibérie.
Taille entre nivalls et arvalis; queue deux fois lougue comme celle à'ca^valis; oreilles presque cachées par les poils. Chaque poil, d'un noir ardoisé à sa base est d'un brun-rougeâtre à sa pointe; dessous d'un blanc sale avec la base des poils d'un noii" ardoisé. Queue, dessus de la couleur du dos, dessous plus pâle; extrême pointe de la queue noire. Pieds robustes. — Diffère de M. ratticeps par ses dents et par la brièveté de ses oreilles.
Long-, tête et corps 136 mm.: queue 43: pied 20 mm.
Habitat. — Hollande (Lisse, près de Leyde).
Microtus oeconomus (Pallas).
Mus oeconomus, Pallas, Xoy. Spec. Glir., 1778, p. 225, pi. 14 a; Arvicola oeconomus, Radde, Reis. Sibir.. p. 189, pi. VII, fig. 6; Poliakoff et Lataste. Ann. Mus. Genov., 1884, p. 274.
Dessus mêlé de jaune et de noir, produisant une teinte assez obscure mais plus jaunâtre que chez M. arvalis, la ligne dorsale noirâtre; dessous, de la gorge à la queue, gris blanchâtre (la base des poils brune). — Les jeunes sont plus bruns, tandis que les individus très adultes sont plus jaunâtres. — Oreilles cachées par le pelage. Queue de la longueur du tiers du coiiis, brune dessus, blanche dessous. (D'après Poliakoff et Lataste. le dessus est brun foncé, plus clair sur les flancs, le dessous brun ou gris; les pieds de la couleur du ventre.)
Long, tête et corps 101 mm.; queue 43; pied 18 mm.
Habitat. — Russie Orientale (Monts Oural) et de la dans toute
la Sibérie.
Remarque. — Cette espèce est si voisine de M. ratticeps (qui la remplace dans la Russie Xord-Ouest) que Poliakoff considère cette dernière comme n'étaut qu'une sous-espèce de M. oeconomus (Pallas). • — Il est possible que tous les spécimens d'Europe doivent être rapportés à la sous-espèce suivante.
Microtus oeconomus ouralensis (Poliakoff).
Arvicola oecouomus Yar. ouralensis, Poliakoff et Lataste, Ann. Mus. Genova, 1884, p. 277.
Teintes du pelage semblables à celles du tj^pe, mais les dents présentent les différences suivantes: le première molaire inférieure n'a que quatre angles saillants et quati'e angles rentrants sur son bord interne (au lieu de cinq); la troisième inférieure n'a que trois saillies et trois enfoncements de chaque côté (au lieu de quatre).
Taille du type.
Habitat. — Russie Sud-Est (gouvernement d'Orenbourg), entre le Caucase et la Caspienne.
Microtus cabrerai Thomas.
Microtus cahrerae, Thomas, Aun. Xat. Hist., 1906, XVII, p. 576.
Taille grande (comparable à JJ. raUiceps ou à M. nivalis), plus grande par conséquent que M. agrestis; formes lourdes. Pelage long et lâche (poils courts du dos 11 mm.; poils raides et longs 18 mm.); les poils raides sont surtout nombreux et longs sur la croupe. — Dessus olivâtre ou brun; dessous, sans démarcation nette, un peu plus pâle, les poils d'un ardoisé foncé à la base, d'un jaunâtre foncé à la pointe (spécimen dans l'alcool). Pieds grands et forts à 6 callosités bien définies; dessus des mains et des pieds brun-jaune par eu haut, blanc jaunâtre à l'extrémité. Queue courte, d'un blanc brunâtre dessus, l>lanche dessous. — Crâne exceptionellement robuste, la capsule cérébrale courte et haute, non aplatie en-dessus. Os nasaux s'avançant au-dessus des incisives de manière à les cacher. Bulles grandes. Molaires fortes et puissantes. — Ces caractères, très particuliers, indiquent uue grande forme aberrante du type mnalis.
Long, tête et corps 107 mm.; queue 34; pied 22 mm.; Crâne 24,1 X 16 mm.
Habitat. — Espagne Nord, Sierra de Guadarrama (Kascafria, 1000 à 1300 m. d'altitude).
Microtus asturianus Miller.
Microtus asturianus, Miller, Ann. Xat. Hist., 1908, I, p. 199.
Plus grand que M. an-alis; crâne massif et haut, avec un profil dorsal fortement convexe, des arcades zygomatiques renflées, une capsule cérébrale courte, large, la région interorbitaire à angles accusés, et de très grandes bulles auditives. — Dents semblables à celles de M. arvalis.
Pelage comme dans les formes les plus pâles (buffy) (ïarvalis. Dessus d'un flave argileux assez grossièrement ombré de uoir le long de la ligne dorsale, plus clair, flave ocreux, sur les flancs; dessous gTis sombre, lavé de flave clair; pieds d'un gris flave lavé de châtain, peu différent de la couleur du dos. Queue obscurément bicolore, gris flave dessus, d'un gris brunâtre dessous.
Long, tête et corps 120 mm.; queue 37; pied 20 mm.; Crâne, long, condylo-basale 26,2; largeur 15,2 mm.
Habitat. — Espagne, province de Léon (Pâjares).
Remarque. — Par son crâne massif, cette espèce diffère nettement de M. arvalis meridianus ; ce crâne présente, dans son profil convexe, une ressemblance superficielle avec M. cabrerai mais les os nasaux sont du type d'arvalis. La taille et l'apparence massive du crâne rappellent aussi M. orcadensis, sans qu'oa puisse y voir une affinité réelle (Miller).
Microtus angularis Miller.
Microtiis angularis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 198.
Grande forme du groupe de M. arvalis, égalant pour la taille M. hartingi (de Grèce), mais à queue plus longue (40 mm. au lieu de 24 à 27). Crâne à rostre très court, très haut. Bulles auditives plus grandes que chez M. arvalis, mais moins renflées que chez M. hartingi. — Dents à replis d'émail comme chez M. arvalis, mais tous les triangles, spécialement aux molaires inférieures, ayant un diamètre transverse notablement plus grand, et l'aire occupée par la dentine réduite.
Coloration du pelage comme chez M. aiTalis.
Long, tête et corps 115 mm.; queue 41; pied 18 mm.; Crâue, long, condylo-basale 27; largeur 16,4 mm.
Habitat. — Transsvlvauie.
Microtus levis Miller.
Microtus levis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 197.
Apparence extérieure de AI. arvalis (d'Allemagne), mais le crâne plus allongé (plus de 26, au lieu de 24 à 25,6 mm.), moins large, avec la capsule cérébrale plus comprimée, les bulles auditives plus renflées, la région interorbitaire plus doucement arrondie, ne formant pas de sillon saillant par son union avec la capsule cérébrale. Dents comme celles de M. arvalis.
Long, tête et corps 110 mm.; queue 38; pied 17,5 mm.; Crâue, long, condylo-basale 26,6; largem- 14,4 mm.
Habitat. — Roumanie (Gageui).
Microtus parvus Satunin.
Microtus parvus, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1901, 1, p. 46 et 117.
Voisin de M. socialis Pallas, mais plus petit (surtout le mâle) que tous les autres représentants russes du genre. Oreilles très petites, dépassant à peine le pelage, arrondies. Cinq callosités aux pieds de derrière. — Dessus tiqueté finement de brun clair et de brun foncé, plus clair sur les flancs, passant au brun jauuâtre. Dessous d'un blanc jaunâtre, laissant voii- par places la coulem- ardoisée de la base des poils. Les poils sm- tout le corps sont ardoisés à la base, avec la pointe brun-jaune ou brun-noir en-dessus, blanche ou d'un blanc jaunâtre dessous. Queue bicolore, brune dessus, blanc-jaune dessous. Pieds jaunâtres. — La 1^ molaire inférieure a neuf espaces (lobes);
sur sa face externe quatre angles saillants bien développés et un (l'antérieur) rudimeutaire, avec cinq angles rentrants. La 3^ molaire supérieure a six espaces: sur sa face externe trois angles saillants et deux rentrants bien accusés avec un troisième obtus; sur sa face interne quatre angles saillants et quatre rentrants.
Long, tête et corps; mâle 93, fem. 96 mm.; queue 25 et 26; pied 15 et 16 mm.; Crâne (femelle) 21,3x14,7.
Habitat. — Russie Sud-Est, Steppe de Dorfe Diwnoje, non loin des bords du Kalaus.
Remarque. — Malgré une ressemblance, superficielle (même dans la forme des dents) avec Pitymys suhterraneus, la présente espèce né peut être confondue avec lui.
Sous-Genre Chionomys Miller, 1908.
La 3® molaire supérieure n"a que deux angles rentrants de chaque côté (comme chez Arvicola); capsule cérébrale large, aplatie, et région interorbitaire large, les crêtes temporales peu marquées.
Microtus (Chionomys) nivalis (Martius).
Arvicola nivalis, Martins, Rev. Zool., 1842, p. 331; Elasius. Fauna Deuts., 1857, I, p. 359, fig. 193, 194, 195, 196; Arvicola alpinus, Wagner, 1843, A. nivicola, Scliinz, 1845; Hypudaeus petrophilus, Wagner 1853; Microtus nivalis nivalis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 98, 99.
D'un gris de fumée en dessus, fortement lavé de bistre sur le dos et souvent de flave pâle sur les côtés; dessous blanc terne irrégulièrement lavé de la couleur ardoisée de la bourre ; pieds et queue blanchâtres, celle-ci souvent teintée de brun en dessus mais non nettement bicolore. Taille grande.
Dents: boucle antérieure de la 1® molaire inférieure tendant à prendre la forme d'une tête de. flèche par suite de l'étroitesse générale de la boucle, mais surtout par suite de la forme de l'angle saillant postéro-externe qui est d'ordinaire étroit et fortement pointu, très rarement obsolète.
Long, tête et corps 120 mm.; queue 65 mm.; pied 20 à 22 mm.; Crâne long, condylo-basale 28 à 30,4 mm.
Habitat. — Hautes Montagnes de la Suisse (Faulhorn, Andermatt), Bavière (Obersdorf près Southofen, Allgau); d'une façon générale les Alpes, les Apennins et le Tyrol.
Remarque. — Les types de Bavière, du Tyrol et des Apennins diffèrent en ce que leur le molaire inférieure présente la forme en croissant de la sousespèce suivante (et non la forme en tête de flèche).
Microtus (Chionomys) nivalis aquitanius Miller.
Microtus nivalis aquitanius, Miller, Ann. Xat. Hist., 1908, I, p. 99.
Semblable au type par ses caractères extérieurs.
Dents: boucle antérieure de la 1® molaire inférieure formant un large croissant, l'angle saillant postéro-externe large et arrondi, quelquefois obsolète.
Long, tête et corps 111 mm.; queue 59; pied 21 mm.
Habitat. — P3'rénées-0rientales, Ariège et Hautes-Pyrénées (versant français); type de L'Hospitalet (1600 m. d"alt.).
Microtus (Chionomys) ulpius Miller.
Microtus ulpius, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 100.
Semblable à M. nivalis mais plus foncé et la queue bruue dessus^ plus ou moins nettement bicolore.
Boucle antérieure de la 1^ molaire inférieure comme chez M. nivalis aquitanius; une crête postérieure au palais.
Long, tête et corps 131 mm.; queue 58; pied 20 mm.
Habitat. — Hongrie Orientale (Hatszeg, 635 m. d'alt.), et probablement toutes les Alpes de Transsylvanie. peut-être jusqu'aux Carpathes.^
Microtus (Chionomys) lebruni (Crespon).
Arvicola lebrunii, Crespon, Faune méridionale, 1844, I, p. 77; Arvicola nivalis b. leucnrus, Blasius, Saug. Deuts., 1857, I, p. 359; Microtus lebrunii lebrunii, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, 1, p. 101.
Semblable à M. nivalis mais plus petit, plus pâle, la queue entièrement blanche; dos d'un gris clair sans trace de brun.
Crâne à bulles aplaties, petites, nettement différentes de forme et de taille comparées à celles de M. nivalis; crâne plus petit; dents plus faibles, la boucle antérieure de la 1® molaire inférieure comme chez M. niv. aquitanius.
Long, tête et corps 122 mm.; queue 66; pied 18,8 mm.; Cran 27,4 X 15 mm.
Habitat, — France Sud (Nîmes Dept. du Gard, 180 m. d'alfc.).
Microtus (Chionomys) lebruni leucurus (Gerbe).
Arvicola leucurus, Gerbe, Rev. ZooL, 1852, p. 260, pi. 11, 14, fig ola nivalis h. leucurus, Blasius, Fauna Deuts., 1857, 1, p. 259, fig. li
Dessus d'un gris de fumée pâle, légèrement lavé de brun.
Crâne à bulles gTaudes et renflées comme celles de M. nivalis. — Par conséquent, les caractères extérieurs et la petite taille sont de M. lehruui, — les caractères crâniens de M, nivalis.
Long, tête et corps 120 mm.; queue 68; pied 19 mm.
Habitat. — France (Barcelounette, Basses-Alpes), dans les rochers (1600 m. d'alt.), station qui rappelle celle de M. nivalis.
Remarque. — Deux autres espèces (M. j)ontiiis et M. hermonis) reiirésentent le type de M. nivalis en Asie Mineure et en Palestine.
Genre Pitymys Mac Murtrie, 1831.
Microtiis Aiict. ])hmm.; PineittysJjdS^on; lerncola, Fatio; Micrums Mnjow
Caractères. — Formes plus ramassées (talpoïdes) que dans le genre précédent: les yeux petits, les oreilles et la queue très courtes, cette dernière ayant à peine le quart de la longueur du corps. — La 1® molaire inférieure ayant généralement neuf espaces (ou boucles) et onze angles, dont les deux antérieurs, compris dans la boucle antérieure de la dent, sont très petits; 3*^ molaire supérieure ayant six espaces et de six à huit angles, suivant les espèces ou sous-espèces^). — Cinq tubercules à la plante du pied.
Formule dentaire de tous les Microtinae.
Pitymys subterraneus Sélys.
Arvicola subterraneus, Sélys, Campagnols des environs de Liège, 1836, p. 10, pi. 3; id., Micromam., 1839, p. 102, pi. 3: Blasius, Fauna Deuts., 1857,^ I, p. 387, fig. 215—215; F. Major, Atti Soc. Tosc, 1876, pi. I. fig. 9, 10; Arvicola pratensis, Bâillon (nec Fischer) 1830; Arvicola rufescente-fttscus, Schmz. Syno])s, Mam., 1845, II, p. 240.
Taille petite. Oreilles presque nues, mais couvertes à leur base par les longs poils des côtés de la tête. Yeux très petits (moitié plus, petits que ceux d'arvalis). Queue plus courte que le tiers du corps. — Dessus d'un gris noirâtre sauf la gorge qui est cendrée; dessous blanc avec la base des poils cendrée. Pieds d'un cendré foncé. Queue noirâtre dessus, blanchâtre dessous.
Long, tête et corps 82 mm.; queue 24; pied 20 mm.
Habitat. — Europe centrale, de la France et de la Belgique à la Roumanie, et de l'Allemagne Nord à l'Italie Nord (dans les jardins potagers et les champs cultivés); ne se trouve pas dans les Alpes.
Pitymys subterraneus capueinus Miller.
Pitymys subt. capueinus, Miller, Aun. Nat. Hist., 1908, I, p. 202. Semblable au type, mais crâne plus grand, capsule cérébrale plus large et aplatie; couleur moins foncée, d'un brun de Mars dessus avec
1) Ce caractère est même variable individuellement.
une légère teinte flave; pieds d'un gris de fumée très pâle, contrastant avec la couleur du dos.
Long, tête et corps 102 mm.; queue 33; pied 15 mm.; Crâne, long, condylo-basale 23,4; largeur 13,3 mm.
Habitat. — France, Puy-de-Dôme (Mont Dore, près le » Salon du €apucin«, 1400 mètres d'altitude).
Pitymys gerbei (De l'Isle).
Arvicola Gerbei, De l'Isle et Gerbe, Le Naturaliste, 1879, p. 51; Bull. Soc. ZooL, 1880, p. 49, pi. IV, fig. 1 à 9.
Dessus d'un ferrugineux obscur; dessous gris ardoisé, les deux couleurs se fondant insensiblement, sur les côtés, au niveau de la lèvre supérieure, du haut des épaules et de la partie antérieure des cuisses; museau noirâtre. Oreilles petites, ovales, laissant voir la couleur chair bien que poilues sur leurs deux faces, cachées par le pelage. Queue brune dessus, cendrée dessous. Pattes minces à ongles grêles d'un gris-brun. Yeux très petits. — Crâne large, à arcades zygomatiques renflées, à rostre court, épais; orbites étroits; frontal et capsule cérébrale amples, l'espace inter-orbitaire large (comme chez P. ibericus), la capsule bombée, ovale. Interpariétal petit, en losange court transversal, séparé des temporaux par les pariétaux et l'occipital qui se rejoignent à droite et à gauche. Dents comme chez savti, pyrenaicus et duodecimcostaius. (Diffère de P. subterraneus par ses oreilles moins développées dans toutes leurs parties.)
Long, tête et corps 95 mm.; queue 28; pied 17 mm.; Crâne (long, tôt.) 22,5 à 23,5 x 13,5 à 14 mm.
Habitat. — France occidentale (Dépt. de la Vendée, Camp de l'Ouest, La Haye).
Pitymys selysi (Gerbe).
Ai'vicola Selysii, Gerbe, Rev. et Mag. ZooL, 1852. }). 505, pi. 13, 14, fig. 5 à 10.
Dessus d'un brun ferrugineux; dessous d'un flave cendré pâle, assez nettement séparé de la couleur du dessus par une ligne un peu plus claire, jaunâtre. Le blanc du dessous remonte jusqu'aux narines, traverse les épaules et teint légèrement la face antérieure des cuisses. Les pieds sont d'un flave cendré. Les oreilles courtes, brunes, velues. La queue brune dessus, est jaunâtre dessous, avec un petit pinceau terminal d'un blanc sale. Yeux très petits et peu saillants. — La 3^ molaire supérieure a quatre angles sur son côté interne.
Long, tête et corps 100 mm.; que 40; pied 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 23x11 (à la racine des arcades zygomatiques).
Habitat. — France Sud-Est (Département du Var, montagnes de Barcelomiette, à 2000 d'alt).
Remarque. — Difière de P. jiyrenaicus (auquel il ressemble le plus) par un pelage moins feutré, plus inégal et plus long, par un angle de plus au côté interne de la 3 e molaire supérieure. — De P. duodecim costatus (= incertus <îerbe) par ses couleurs plus foncées, ses tarses plus minces, son crâne plus aplati et moins large, ses yeux très petits, sa 3 e molaire supérieure qui présente quatre angles à son côté interne. — De P. suhterraneus, par son pelage plus long, ses flancs et les parties inférieures lavées de flave, par son crâne plus large, avec les cavités orbitaires plus grandes.
Pitymys savii (Sélys).
Arvicola savii, Sélys. Micromam., 1839, p. 100, pi. 3 (crâne); Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 394, flg. 220 à 222; Gerbe, Rev. Zool., 1854, pi. XI, fig. 9 à 12; F. Major, Atti Soc. Tosc, 1876, fig. 15 à 20; Arvicola suhterraneus, Costa; A. arvalis, Bonaparte, Cornalia, Marinoni.
Taille de M. arvalis. Oreilles un peu velues, mais plus courtes que le poil. — Dessus d'un gris-brun terreux; dessous cendré. Queue plus courte que le tiers du corps, bicolore, brunâtre dessus, blanchâtre dessous. Pieds d'un gris blanchâtre à ongles assez forts. Museau gros, obtus; yeux très petits. Pouce moins rudimentaire que chez les espèces du G. Microtus. — Crâne allongé, un peu comprimé, à capsule •cérébrale étroite.
Long, tête et corps 90 mm.; queue 23; pied 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 23 X 15 mm.
Habitat. — Italie, depuis la Lombardie et le Tessin (Lugano), jusqu'à la Calabre; France Sud-Est; Grèce (île de Scyros).
Pitymys savii nebrodensis (Minà-Palumbo).
Arvicola nebrodensis, Minà-Palumbo, Ann. Agric. Sicile, 1868, XII, p. 61 Micrurus nebrodensis, F. Major, Atti Soc. Tosc, 1876, III, p. 44, 46, pi. I fig. 21 à 24, 33, 34.
Dessus gris, les poils les plus longs ayant l'extrémité noire, la teinte passant sur la tête au fauve jaunâtre et devenant d'un jaunâtre plus prononcé sur le cou et les flancs; dessous, de la gorge à l'anus, d'un cendré jaunâtre qui se fond insensiblement avec la couleur des flancs (le mâle a les poils du ventre cendi'és avec l'extrémité blancjaunâtre, la femelle d'un cendré plus clair avec l'extrémité blanchâtre). Pieds couleur chair avec des poils très courts blancs. Queue n'ayant que le cinquième de la longueur du corps, à poils courts, en-dessus un peu plus claire que le dos, dessous blanche, avec le bout effilé et se terminant par un mince pinceau de poils. — Cinq tubercules à la plante du pied. Les yeux et les oreilles paraissent un peu plus grands que chez P. savii.
Long, tête et corps 94 mm.; queue 26; oreille 8,5 mm.; Crâne -(long, tôt.) 23,6 X 15 mm.
Habitat. — Sicile (M* délie Madonie, 1700 m. d'alt.).
Pitymys thomasi Barret-HamiltoD.
Microhis (Pitymys) tliomasi, Barret-Hamiltou, Ann. Nat. Hist.. 1903^ XI, p. 306.
Dessus d'un bruu de momie, la pointe des poils étant de cette couleur sur une longueur de 2 millimètres, la base (6 millim.) étant d'un noir ardoisé qui, se montrant par intervalle à travers les pointes, brunes, donne au pelage une apparence tiquetée. Cette couleur est plus claire sur les flancs où elle est teintée de jaunâtre, mais passe sans démarcation bien nette au flave clair sale du dessous. Pieds d'un blanc sale.
Oreilles presque cachées par les poils. La longueur du pied de derrière représente les trois quart de celle de la queue.
Crâne plus grand et plus massif que M. savii et subiernmnens, aplati en dessus; dents fortes; interpariétal bien formé, triangulaire. Bulles auditives grandes.
Long, tête et corps 130 à 140 mm.; queue 23 à 24; pied 16 mm.; Crâne 25 x 16 mm.
Habitat. — Monténégro (Beri, Vranici, Doljane).
Pitymys dacius Miller.
Pitymys dacius, Miller, Ann. Nat. Hist. 1908, 1, ]). 202.
Semblable à P. sxihterraneus, mais crâne plus grand, os nasaux plus fortement inclinés en avant, capsule cérébrale plus déprimée en arrière, le profil dorsal du crâne étant ainsi à peu près convexe de partout. Dernière molaire supérieure à troisième angle rentrant très profond. Couleur du P. subterraneus dans la phase brune.
Long, tête et corps 88 mm.; queue 32,5; pied 14,5 mm.; Crâner long, condylo-basale 23; largeur 13.6 mm.
Habitat. — Roumanie (Gageni).
Pitymys incertus (Sélys).
Arvicola incertus, Sélys, Verh. Schweiz. Nat. Ges. 26te Ver. Zurich. 1841, p. 188; id., Rev. Zool., 1843, p. 130, 131 (partim, spec. de Suisse seulement); id., Rev. Zool., 1847, p. 305 (nec Gerbe, 1854); Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 156 — 157; Arvicola arvalis Yar. fulva, Fatio, Faune de Suisse, I, 1869^ p. 236; id. »Var. flava« (nom. mutât.), 1905.
Ressemble par ses oreilles extrêmement courtes à P. savii d'Italie, mais le pelage est plus jaunâtre (brun-jaune ou fauve, comme celui de M. arvalis). Pieds et ongles robustes. Les oreilles sont notablement velues (Sélys).
Dimensions (taille des grands spécimens de M. arvalis).
Habitat. ~ Suisse Mont St. Gothard, à plus de 2000 d'alt.; La Furka (2300 m. d'alt.).
Remarque. — Cette espèce n'est pas, corame le croyait Sélys, identique à celle qui se trouve dans le Var et à Montpellier; cette dernière (décrite à tort par Gerbe sous le nom d'J.. incertus) est actuellement P. duodecim costatus, ■espèce décrite ci-après.
Pitymys multiplex (Fatio).
Arvicola subterraneus multiplex, Fatio, Arch. Se. Phys. et Nat., XIX, 1905, p. 191 et 193; Pitymys leponticus, Thomas (nom. nudum), Ann. Nat. Hist., 1906, lu, p. 415 (ex F.-Major); Pitymys multiplex, Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 164—165 (bona species), et 180.
Plus grand que subterraneus; le dessus uettement teinté de jaune. Deuxième molaire supérieure présentant, d'ordinaire, cinq espaces cémentaii'es (au lieu de quatre cliez subterraneus).
Dimensions (non indiquées).
Habitat. — Le Tessin (Alpes de Domodossola) et Locarno, en Suisse.
Pitymys multiplex îatioi Mottaz.
Pitymys multiplex fatioi, Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 180.
Coloration semblable à celle du type, mais taille moindre, crâne plus petit et plus faible, plus étroit, moins bombé sans être aussi aplati que celui de P. subterraneus. — Le cinquième espace cémentaire moins développé que dans le type, ou tout-à-fait obsolète.
Habitat. — Suisse (Zermatt, dans le Valais).
Pitymys pyrenaicus (Sélys).
Arvicola pyrenaïcus, Sélys, Rev. Zool., 1847, p. 305 — 306; Gerbe, Rev. et Mag. Zool, 1854, pi. H, fig. 13; Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 389; Arvicola incertus (partira). Sélys, Actes de la Vie Réunion des Nat. Ital. à Milan, 1844, p. 319 (nec 1841).
Dessus d'une teinte plus foncée que P. incertus (c'est-à-dire brun bistre), queue plus longue, noirâtre en-dessus; oreilles plus velues, à poils noirâtres. Par ailleurs semblable à P. savii, dont il se distingue par les mêmes caractères de la queue et des oreilles. — Dernière (3^) molaire supérieure ayant sept angles (3 en-dedans et 4 en-dehors), non compris la boucle terminale (et non huit, comme le figure Blasius [loc. cit., fig. 217], cette figure se rapportant probablement à P. selysi).
Dimensions non indiquées (comparables à celles de la sous-espèce suivante).
Habitat. — Montagnes de PjTénées (Pic du Midi à une grande élévation).
Pitymys pyrenaicus brunneus Miller.
Pitymys pyr. brunneus, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 203.
Semblable au type, mais plus brunâtre, le dessus d'un brun de bois clair, faiblement lavé de grisâtre, avec à peine une trace de la teinte bistre qui caractérise le type.
Long, tête et corps 93 mm.; queue 26; pied 15 mm.
Habitat. — France Sud, Dépt. du Gers (forêt de Boucoune); s'étend problablemeut sur toute la contrée basse entre les Pyrénées et la Gironde.
Pitymys planiceps Miller.
Fitymys planiceps, Miller, Aun. Nat. Hist., 1908, J, p. 203.
Crâne seul connu (collection Lataste). — Taille de P. ])yi-euaicus et dents comme sur cette espèce et F. savii. Crâne plus aplati que dans aucune autre forme européenne du genre avec le prolil dorsal presque droit dépuis l'extrémité des nasaux jusqu'à celle de rinterpariétal.
Crâne long, condylo-basale 23 mm.; largeur 14 mm.
Habitat. — France, Hautes-Pyrénées (Barèges, 1333 m. d'altitude), d'après Lataste (un seul crâne).
Remarque. — Miller, en Septembre 190f>, a cherché sans succès cette forme dans les environs de Barèges. où il n'a trouvé que P. pyrenaicus.
Pitymys ibericus (Gerbe).
Arvicola (Microtus) ibericus, Gerbe. Rev. et Mag. Zool., 1854, p. 106, pi. 10 et 12, fig. 6 à 8.
Taille relativement assez forte. — Dessus d'un gris-brun-jaunâtre pâle; dessous blanc, les liypocondres jaunes, formant sur les flancs, et jusque sur l'épaule, une bande qui sépare le blanc du ventre de la couleur plus foncée du dessus. Oreilles courtes, arrondies, nues. Queue bicolore, brune dessus, d'un blanc-jaune dessous. Pieds blancs. — Crâne robuste, large, à arcades zygomatiques fortes, saillantes, anguleuses, capsule cérébrale grande et bombée en avant.
Long, tête et corps 120 mm.; (|ueue 30; pied 18 mm.; Crâne (long, tôt.) 25 X 18 mm.
Habitat. — Espagne Sud (prov. de Murcie).
Pitymys ibericus centralis Miller.
Pitymys ibericus centralis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 205.
Moins grand que le type. Couleur brune, d'ordinaire teintée de flave, mais jamais si pâle que chez le type; pieds blanchâtres contrastant avec la couleur du dos.
Long, tête et corps 102 mm.; queue 24; pied 16,8 mm. (au lieu de 17 à 18 mm.).
Habitat. — Espagne, prov. de Burgos (S^^ Domingo de Silos).
Remarque. — Le Pitymys ibericus (type) est une forme pâle de grande taille, probablement confinée dans le région chaude des côtes de Murcie et d'Alicante. Il diffère nettement du petit Campagnol de Grenade, son plus proche voisin géographique, ainsi que des spécimens de Jerez de la Frontera, de Séville, Valence et Eurgos (sous-espèces F. ib. regulus et P. ib. fuscus dont la description suit).
Pitymys ibericus regulus Miller.
Pitymys ibericus regulus, Miller, Ann. Nat. Hist., 1908, I, p. 206.
Semblable à P. ih. centralis mais plus petit, et de plus caractérisé par des molaires très petites et étroites.
Long-, tête et corps 100 mm.; queue 2(5; pied 16 mm. (au lieu de 16 à 17,2 mm.).
Habitat. — Espagne, Grenade (versant Nord des Collines de l'Alhambra), dans les vergers d'amandiers.
Remarque. — Par ses très petites molaires, cette forme est l'extrême opposé de la grande forme que l'on trouve dans la vallée du Baul, à moins de 70 kilom. à l'Est de Grenade et dans le bassin du Guadalquivir.
Pitymys ibericus fuscus ]\Iiller.
Fitymys ibericus fuscus, Miller, Ann. Xat. Hist., 1908, I, p. 206.
Taille de P. ih. centralis, mais d'une couleur beaucoup plus foncée : dessus d'un bistre uniforme presque noir, légèrement nuancé par la pointe noirâtre des poils, et teinté de brun-bois sur les flancs; dessous d'un gris ardoisé sombre lavé de flave; pieds blanchâtres contrastant avec la teinte foncée du corps; queue peu nettement bicolore, blanchâti-e, teintée de brun en dessus.
Long, tête et corps 104 mm.; queue 22; pied 17 mm.
Habitat. — Espagne, Valence (Dehesa de Valence où elle semble confinée, les types du continent voisin se rapportant à P. ih. centralis).^
Pitymys provincialis Miller.
Pitymys provincialis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1909, III, p. 420.
Du groupe de P. ibericus, taille petite. Crâne semblable à P. dundecimcostatus mais plus petit; bulles très petites et plates. — Couleurs pâles: dessus brun de bois clair, plus pâle et passant au flavecrême sur les flancs. Dessous gris clair par le mélange du gris ardoisé de la base des poils avec le blanc-crême de la pointe; piedsd'un blanc sale. Queue entièrement blanchâtre, le dessus assombri par quelques poils noirs.
Long, tête et corps 96 mm.; queue 22; pied 14,6 mm.; Crâne 22,4 X 14,4 mm.
Habitat. — France Sud-Est (Dépt. du Var).
Pitymys duodecimcostatus (Sélys).
Arvicola duodecimcostatus, Sélys-Lougchamps, K,ev. Zool., 1839, p. 8; id., Micromamm., 1839, p. 110, pi. 3, fig. 4l3is; Arvicola incertus, Gerbe (nec Sélys), Kev. et Mag. Zool, 1854, p. 79, pi. 9 et 12, fig. 1 à 5; Microtus duodecimcostatus, Major, Ann. Nat. Hist., 1905, XV, p. 508.
Dessus d'im brun-jauiiâtre avec le museau d'uu bruu-uoirâtre ; dessous et pieds blanchâtres, quelquefois teiutés de gris ou de jauue sale; région lombaire, en avant, d'uu jauue clair qui s'étend sur les flancs, entre la couleur du dessus et celle du dessous. Oreilles courtes, à bord arrondi, nues, couleur de chair, presqu'entièrement cachées par le pelage. Queue plus courte que le tiers du corps, brune dessus, d'un blanc-jaune sale dessous. — Crâne à profil droit, modérément large, mais notablement plus large que celui de F. savii, beaucoup moins que celui de P. ibericus. (Le nombre de douze paires de ■côtes attribué à l'espèce n'est basé que sur une anomalie individuelle.)
Long, tête et corps 101 mm.; queue 33; pied 18 mm.; Crâne {long, tôt.) 24 X 15,0 mm.
Habitat. — France Sud-Est (depuis le Département du Var jusqu'à l'Hérault et, au Nord, jusqu'à l'Isère). Les spécimens des environs de Crenève indiqués sous le nom d'incertus par Sélys, n'appartiennent pas à la présente espèce.
Pitymys mariae Major.
Microtus (Pitymys) Mariae, Forsyth-Major, Ann. Nat. Hist., 1905, XV, p. 515.
Dessus d'un brun d'ombre pâle; dessous d'uu flave brillant {spécimens restés neuf ans dans l'alcool). Taille petite.
Crâne présentant la forme générale de Al. duodecimcostatus, mais allongé, comprimé, avec une capsule cérébrale déprimée; arcades 2ygomatiques peu renflées; incisives non saillantes. A part sa taille moindre, le crâne ressemble à celui de j\L Scivii, avec un contour supérieur encore plus droit, les nasaux s'iuclinant moins brusquement. La S'^ molaire supérieure n'a pas de triangle fermé, et le triangle intermédiaire externe estplus réduit (caractères du groupe duodecimcostatus). — ■Quatre mamelles inguinales; cinq callosités à la plante du pied.
Long, tête et corps 8-4 mm.; queue 25; pied 14,5 mm.
Habitat. — Espagne Nord-Ouest, Galicie (Villalva. Lugo).
Pitymys pelandonius Miller.
Pitymys pelandonius, Miller, Aun. Nat. Hist., 1908, I, j). 204.
Semblable à P. mariae Major, mais crâneplus large, capsule ■cérébrale moins allongée. — Couleur générale du dessus brun de bois, les flancs plus flaves; pieds et queue blanchâtres.
Long, tête et corps 96 mm.; queue 28; pied 14,4 mm. Crâne long, condylo-basale 22; largeur 14 mm.
Habitat. — Espagne, proy. de Burgos (S*° Domingo de Silos, €astrillo de la Reina), dans les régions rocheuses, à 980 m.
Pitymys depressus Miller.
Pitymys depressus, Miller, Ann. Nat. Hist., 1, 1908, p. 204.
Du groupe de P. duodecimcostatus, avec P. lasitanicus, P. niariae et P. pelandonius, mais reconnaissable à son crâne élargi, aplati, à très petites bulles auditives. Crâne vu de profil aussi plat que celui de P. savii; le profil dorsal convexe, les os nasaux moins brusquement inclinés que d'ordinaire; rostre très déprimé en arrière des nasaux; région occipitale oblique en arrière, de telle sorte que les condyles sont bien visibles sur le crâne vu d'en haut, très basse et large vue de derrière; bulles très petites et très basses. Dents comme dans les autres espèces voisines. Caractères extérieurs ne présentant pas de particularités saillantes.
Long, tête et corps 85 mm.; queue 25; pied 13; Crâne long, condylo-basale, 22,4; largeur 11,2 mm.
Habitat. — Espagne, prov. de Madrid, versant sud de la Sierra de Guadarrama (Rascafria).
Pitymys lusitanicus (Gerbe).
Arvicola (Microtus) lusitanicus, Gerbe, Rev. et Mag. Zool., 1879, p. 44 — 47; id., Bull. Soc. Zool., 1880, p. 56; Microtus (Pitymys) lusitanicus, Major, Ann. Nat. Hist., 1905, XV, p. 512.
Taille inférieure à celle des Pitymys de France.
Dessus bistre, approchant souvent du brun-broccoli, passant au gris-enfumé dessous avec un mélange de flave. La coloration est nettement plus foncée que chez les Pityniys du Sud de l'Espagne. Quatre mamelles inguinales; cinq callosités à la plante des pieds.
Caractères crâniens comme sur P. duodecimcostatus (V. Forsyth Major, 1. c, p. 513).
Long, tête et corps 85 mm.; queue 27; pied 14,5 mm.
Habitat. — Portugal (Cintra).
Genre Arvicola^) Lacépède, 1799 (restr. Lataste, 1883). Hemiotomys, Sélys; Mynomes et Myonomes, Auctorum; Paludicola, Blasius.
Caractères. — Taille grande, habitudes aquatiques. — La première molaire inférieure présente des replis d'émail anguleux figurant sept
^) Voyez aux Addenda et Eniendenda une révision récente de ce Genre par 31iller.
espaces et neuf angles; la troisième molaire supérieure a cinq espace» (dont deux incomplètement séparés) et six angles. — La plante des. pieds de derrière n'a que cinq tubercules. — Queue de la longueur de la moitié du corps.
Formule dentaire des genres précédents.
Arvicola terrestris (L.) Savi.
Mus terrestris'^), Linné, Syst. Nat. 1766, I. p. 82; Arvicola terrestris, Savi,^ Giorn. de Lett. 1825, p. 00; Sélys. Microm., 1839, p. 97, pi. 1 et 2 (crâne); Lataste, 1884; Miller. X.-Ara. Fauua, N» 12, p. 66, fig. 34, »Schermans« F. Cuv., 1817: Arvicola argentoratensis, Desmarest, 1820.
Taille d'un quart moindre qu'^. ampMUus. Queue brune dessus^ plus pâle dessous, un peu plus longue que le tiers du corps. — Dessus d'un brun plus ou moins jaunâtre, jaunâtre sur les côtés; dessous cendré lavé de jaunâtre. Côtés de la tête jaunâtres (comme les flancs, mais non roux). Queue à poils courts bruns dessus, cendrés dessous; pieds à poils très courts d'un cendré blanchâtre. Museau gros, obtus. — Crâne allongé avec les arcades zygomatiques peu renflées.
Long, tête et corps 140 mm.; queue 63; pied 22 mm.; Crâne (long, tôt.) 35 X 20 mm.
Habitat. — Europe septenti'ionale et centi-ale, de la Suède, aux Alpes, aux Vosges (Alsace), à la Eussie E., et à la Sibérie. — N'a pas le habitudes terrestes que son nom semble indiquer, mais se trouve dans les montagnes (Alpes Suisses), dans les régions où la forme A. amphibius n'existe pas. Signalé dans le Jura et les Ardennes,
Arvicola terrestris amphibius (L.) Lacép.
Mus amphibius, L., Syst. Nat., 1766, I, p. 82; Arvicola amphibius, Lacép.; Sélys, Microm., 1839, p. 88, pi. 1 et 2 (crâne); Blasius. Eauna Dents., 1857, I,. p. 344, fig. 183 à 192; Fatio, Campagnols du Léman, 1867, pi. 6; Poliakoff et Lataste, Ann. Mus. Genova. 1884. p. 271 ; Arvicola amphibius Var. italica, Savi, 1839; Icon. Faun. Ital., pi.
Dessus d'un brun terreux ou ferrugineux passant ou roussâtre sur les flancs; dessous cendré foncé lavé de roux; queue noirâtre. Côtés de la tête d'un roux sombre; le dos mélangé de longs poils noirâtres plus abondants sur la croupe. Oreilles plus courtes que la pelage, cachées, presque nues sauf une bordure de poils à l'extrémité. Museau grisâtre. Pieds robustes, écailleux à poils raides ti'ès courts d'un cendré foncé. Queue un peu plus longue que la moitié du corps, avec plus de 110 anneaux écailleux et des poils d'un cendré noirâtre dessus, plus pâles dessous. — ■ Crâne plus large et plus robuste que celui d'^. terrestris.
1) Le nom de »terrestris« ayant, dans Linné lui-même, la priorité sur »amphibius«, le premier est appliqué à l'espèce et le second à la sous-espèce»
Long, tête et corps 19-1 mm.; queue 85; pied 25 mm.; Crâne (long, tôt.) 37 X 22 mm.
Habitat. — Toute l'Europe moyenne depuis la Suède et les îles Britanniques jusqu'au Caucase, et de là en Asie (dans les plaines).
Arvicola terrestris monticola Sélys.
Aroicola monticola, Sélys, Hevue ZooL, 1838, p. 249; ici., Microm., 1839, l). 92, pi. 1 et 2 (crâne); Lataste, Act. Soc. Linn. Bordeaux, 1884, p. 29.
Taille plus forte que la type (A. terresttis), avec un crâne qui se rapproche de celui d'^. atnpîddius; queue plus longue que celle de terrestris; couleur plus pâle, plus pâle aussi que celle d'amphibius. Dessus d'un gris jaunâtre mélangé de jaunâtre pâle sur les flancs; dessous et pieds cendré blanchâtre. Queue gris pâle, plus courte que le corps. Le pelage est doux, égal, comme laineux, sans mélange sur sur le dos des poils plus longs que portent amphibijis et musigjianoi. Le dessous est légèrement lavé de jaune pâle; le jaunâtre est plus vif sur les côtés de la tête. La queue porte environ 100 anneaux écailleux, avec des poils hérissés cendré pâle. — Crâne court et large.
Long, tête et corps 197 mm.; queue 75; pied 25 mm.; Crâne (long, tôt.) 37 X 25 mm.
Habitat. — Montagnes des Pyrénées St. Berti'and de Comminge). Arvicola sapidus Miller.
Arvicola sapidus, Miller, Anu. Xat. Hist., 1908, I, p. 195: Arcicola musignani (partim), Auctorum, et B.-HamiltoD, 1899.
Taille grande, comme celle d'^4. amphihius, mais les os nasaux très larges, ayant, ensemble, une largem* égale à celle de la partie antérieure du rostre. Couleur semblable à celle du petit A. musignanoi (d'Italie),, manifestement flave (buffy). Le dessus entre le flave ocreux et coulem' d'argile, avec une teinte de roussâtre, fortement ombré de noir sur le milieu du dos, presque clair sur les flancs; le dessous d'un flave ocreux lavé de gris; pieds d'un gris châtain; queue brunâtre, plus pâle dessous.
Long, tête et corps 187 mm.; queue 123; pied 34 à 37 mm. Crâne long, condylo-basale 42 (à 44,4); largeur 23 (à 25) mm.
Habitat. — Espagne (provinces de Burgos, Castellon, et tout le centre et le sud de l'Espagne jusqu'à Séville et Gibraltar).
Arvicola tenebricus Miller.
Arvicola tenebricus, Miller, A un. Nat. Hist., 1908, I, p. 196. Semblable à A. sapidus mais de couleur foncée, brunâtre, contrastant avec la couleur claire de celui-ci.
Dessus d'im gris-fauve sombre si fortement teinté de noir que l'effet général se rapproche du bistre grisâtre sur le dos, et du brungris sur les flancs; dessous gris ardoisé lavé de flave ocreux sur la poitrine et le ventre; pieds bruns; queue noirâtre dessus, grisâtre dessous, peu nettement bicolore.
Se distingue d' A. aniphibius et d' .4. terrestrù par la largeur de ses os nasaux.
Long, tête et corps 193 mm.; queue 112; pied 34 mm.; Crâne long, condylo-basale 41,6; largeur 24 mm.
Habitat. — Chaîne des Pyrénées (des Basses-Pyrénées aux Pyrénées- Orientales, jusqu'à 1600 mètres).
Remarque. — Cette forme est très voisine ôlA. musignanoi et devra peutêtre lui être réunie.
Arvicola musignanoi \) Sélys.
Arvicola ynuslgnanoi, Sélys, Revue ZooL, Janvier 1839, p. 8; Arvicola destructor, Savi, Giorn. de Lett., Février, 1839, N» 102; Sélys, Microm., 1839, ]). 93, pi. l et 2 (crâne); Arvicola terrestris, Bonap., Icon. Faun. Ital., pi. 23 (nec Linné).
Dessus d'un brun-jaunâtre mêlé de gris (rappelant la couleur du Mus norvégiens), les flancs un peu plus clairs. Gorge et poitrine d'un cendré blanchâtre. Dessous d'un cendré très-légèrement teinté de jaunâtre. Bout du museau et lèvre supérieure de la couleur du dos; lèvre inférieure comme la gorge. Museau obtus et arrondi. Les oreilles et les yeux comme chez A. amphibius. Queue brune. — Le crâne est plus grand, plus allongé que celui de ce dernier, avec les arcades zygomatiques fortes et renflées.
Long, tête et corps 190 mm.; queue 95; pied 30 mm.; Crâne (long, tôt.) 42 X 24 mm.
Habitat. — Italie septentrionale (jusqu'à Rome); France Sud et Sud-Ouest (Bordeaux); d'après Lataste remonte jusqu'à Paris.
Arvicola musignanoi illyricus Barret-Hamilton.
Microtus Musignanii llli/ricus, B.-Hamilton, Ann.Nat. Hist., 1899, III, p. 225.
Taille grande, intermédiaire entre A. persicus et le type d'Espagne -), et le dessus s'éloignant de la teinte d'un brun-roux de ce dernier pour prendre la couleur d'un brun-jaunâtre et grisâtre de persicus, bien que la teinte soit moins accusée que chez ce dernier. Par contre l'épaisseur
1) Cette espèce étant dédiée »au prince de Musignano« (Ch. Bonaparte), conformément aux règles de la nomenclature, c'est ainsi (et non »Musignani«. ou »Miisignanii«) que doit être écrit le nom spécifique.
^) Arvicola musignanoi (d'Espagne), qui est actuellement A. sapidus, Miller (le nom de »musignanoi« étant restreint au type d'Italie).
du pelage rappelle lUKsignanol (et non persicns). Le blauc sale du dessous est peu nettement distinct du brun-jaune des flancs, n'est pas lavé de jaune, et ne s'étend pas jusqu'à la lèvre supérieure, ni très haut sur les flancs.
Long, tête et corps 190 mm.: queue 100; pied 30 mm.
Habitat. — Bosnie (et probablement une grande partie de la péninsule des Balkans).
Genre Prometheomys Satunin, 1901.
Caractères. — Ongles antérieures longs; yeux petits; queue épaisse, couverte de poils courts, plus courte que la moitié du corps avec la tête. — Crâne étroit, comprimé sm'tout au niveau des arcades zygomatiques dont la face externe est aplatie, l'espace interorbitaire très resserré. Les pariétaux étroits, allongés, trois fois plus longs que larges, séparés en arrière par l'interpariétal qui est triangulaire, le sommet du triangle en avant. Crête lambdoïde formant un bourrelet saillant et anguleux en arrière de la face supérieure du crâne. Bulles auditives moyennes. — Molaires à espaces cémentaires confluents et mal fermés. A la mâchoire supérieure la 1® molaire a 4 espaces et
6 angles (3 de chaque côté) ; la 2® a 3 espaces et 5 angles (2 seulement sur le bord interne); la 3^ a 2 espaces et 4 angles (2 de chaque côté); — à la mâchoire inférieure la 1® molaire a 5 espaces et
7 angles (3 en-dedans, 4 en-dehors); la 2® a 4 espaces et 6 angles; la 3® a 2 espaces et 4 angles.
Formule dentaire des Microtinae.
Une seule espèce des hautes crêtes du Caucase (sur la limite entre l'Europe et l'Asie).
Prometheomys schaposehnikowi Satunin.
Prometheomys schaposehnikowi, Satunin, Zoologis. Anzeig., 1901, p. 572, 573, fig. 1 et 2; id., Mamm. Caucas. (en russe), 1903, p. 39, 41.
Taille d'un petit Arvicola terrestris- corps couvert de longs poils atteignant, à la région lombaire, une longueur de 18 millim. Queue épaisse, couverte de poils courts, plus courte que la moitié du coi-ps avec la tête. Yeux petits, cachés en partie par le pelage. Ongles antérieures allongés, les médians ayant 8 millim. Plante des pieds nue en avant, poilue en arrière. Les pieds postérieurs portent quati-e tubercules plantaires. Oreilles bien développées avec le bord externe à demi arrondi, les faces interne et externe bien couvertes de poils.
Pelage d'un brun châtain avec les pieds plus clairs.
Long, tête et corps 128 mm.; queue (sans les poils) 53 (avec les poils) 59; pied (saus les ongles) 22 mm.; Crâne (long, basilaire) 28 X 19 mm.
Habitat. — Caucase central, chaîne principale, Passe de Grusini
Heerstrass (2.170 mètres d'alt.).
Genre Lemmus Liuk, 1795.
Myodes, part., Pallas.
Caractères. — Tête très grosse relativement au corps; queue rudimentaire, n'ayant que les deux tiers de la longueur du pied. Pied postérieur très large et très fort, mais normal; pied antérieur à pouce très com't, muni d'un ongle ligule (c. à. d. plat, large, tronqué et coupé carrément, mais caréné); les ongles des autres doigts de forme normale, mais très forts, longs et larges. Pas de tubercules plantaires (sauf un rudiment de tubercule à la base des quatre derniers doigts). Plante poilue. Queue portant un pinceau de poils raides plus long que les vertèbres caudales. — Incisives supérieures non sillonnées. Keplis de l'émail de la couronne formant des angles rentrants très profonds, sur la face externe à la mâchoire supérieure, sur la face interne à la mâchoire inférieure. — Oreille externe petite, mais arrondie et bien développée, cachée par le pelage. — ' Crâne à rostre court, à arcades zygomatiques très épaisses et fortement renflées; capsule cérébrale aplatie, subquadrangulaire. — Dans l'extrême Nord, le pelage devient blanc en hiver.
Formule dentaire de tous les Microtlnae.
Lemmus lemmus (L.).
Mus lemmus, Linné, Syst. Nat., 1766, I, p. 80; Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 186, pi. 12a et 27; Myodes lemmus, Sunder.. Vet. Akad. Handl., 1840, p. 24, pi. 1, fig. I; Lemmus lemmus, Miller, N.-Am. Fauna, N» 12, 1896, p. 37, fig. 11, 12; Lemmus norivegicus, Desmarest, Mam., 1820. p. 287; Martius, Rev. Zool., 1840, p. 193.
Yeux petits; oreilles cachées par le pelage, arrondies avec un antitragus en forme de valvule épaisse entourant le méat auditif. — Pelage jaune varié de noir, cette dernière couleur formant de grandes taches plus ou moins régulières; le sommet de la tête, une bande allant du nez jusqu'en arrière des oreilles, toute la partie antérieure du dessus du dos sont noirs, les régions intermédiaires, notamment le dessus du cou, jaunes; la partie postérieure du dos est ondée largement de jaune et de noir, la ligne dorsale restant plus foncée. Lèvres, joues, gorge d'un flave pâle passant au blanc sur les parties inférieures et les pieds. Queue d'un gris blanc avec la ligne dorsale brune. — Les ongles des pattes antérieures sont plus développés que ceux des pattes postérieures.
Loug. tête et corps 135; queue 20; pied (avec les ongles) 22 mm. Habitat. — Europe arctique occidentale, Norvège, Laponie et Eussie occidentale.
Lemmus schisticolor Lilljeborg^).
Lenimus schisticolor, Lilljeborg-, Svensk. Akad. Handl.. 1843, p. 65 (eu Suédois), nec Middendorfï"; id. Arch. Skandin. Beite., 1845, I, p. 144; Wegelio, ibid., 1850, II, p. 327; Lèche, Zool. Gart., 1873, p. 62.
Dessus d'un gris-cendré avec une large tache d'un rouge-brun sur la partie postérieure de la région lombaire. — Les ongles des pattes antérieures ne sont pas plus développés que ceux des pattes postérieures.
Long, tête et corps 92 mm.; queue 15 mm,; Crâne 25 x 16 mm.
Habitat. — Vallée de Guldbrauds, en Norvège; Dalécarlie et Finlande.
Lemmus obensis Brants (ex Pallas).
Lemmus obensis, Braots, Muizeu, 1827, p. 55; Middendorff, Bull. Acad. St. Petersb., III, 1844, p. '289; id., Sib. Reise, 1853, II, p. 99, pi. 2, 8, 9, 10; Mus lemmus Var. obensis, lupponica, Pallas, Glir., 1778, p. 191 — 205, pi. XII, b; Hypudaeus migratorius, Licht. in Eversmann, Reise, p. 123; Georychus lutcus, Eversmann (fide Middendoriï).
Dessus d'un fauve-roux entremêlé de poils noirs plus rares, cette couleur s'éteudaut peu sur les flancs (comme dans le G. Evotomys). Une bande brime partant du museau, passant sur l'œil et s'arrêtant à l'oreille; une bande de même couleur sur le dessus de la tête. Gorge blanche; les flancs d'un flave jaunâtre et le dessous d'un flave plus pâle, blanchâtre. Les poils ont 15 mm. de long sur le dos et sont moelleux et légers. — Ne blancliit pas en hiver.
Dimensions d'un quart inférieures à celles de L. lemmus.
Habitat. — Laponie russe et de là vers l'Est jusqu'en Sibérie (ne dépasse pas vers le Nord le 74**). Se trouve peut-êti"e dans le Sud de la Nouvelle-Zemble. — Dans la Sibérie orientale, il est remplacé par une sous-espèce plus richement colorée {L. oh. chrT/sogaster Allen, 1903). C'est le L. schisticolor du Voyage de Middendorff (1853), mais non celui de Lilljeborg.
Genre Dicrostonyx Gloger, 1841.
Cuniculus, p., Wagler; Misothermiis Hensel; Borioikon Poliakoff;
Tylonyx Schulze.
Caractères. — Tête très grosse relativement au corps; queue réduite à un court moignon. Oreilles plus rudimentaires que chez
^) Miller (Smiths. Mise. Coll., 52, part 4, 1910, p. 497), vient de faire de cette espèce le type du Genre nouveau Myopus qui diffère de Lemmus par la sructure de ses pattes et la forme de son corps qui sont celles du Genre Microtus, bien que les caractères crâniens et dentaires soient de Lemmus (Genre à placer .avant Lemmus).
Lemmus, réduites à un repli de la peau entourant le méat auditif et caché par le pelage qui est plus long et plus épais que dans ce dernier genre. Queue terminée par un pinceau de poils raides plus long que les vertèbres caudales. Pieds postérieurs très larges, mais à ongles normaux grands et forts; plante dépourvue de tubercules mais poilue. Pieds antérieurs présentant (chez le mâle) une forme très spéciale (et variable suivant la saison) : le pouce est rudimentaire, représenté seulement par un petit tubercule corné; les ongles des doigts 2 et 5 sont normaux, et ceux des doigts 3 et 4 (médians) le sont aussi en été; mais, eu hiver, les ongles de ces deux doigts médians prennent un accroissement énorme: leur portion basale se renfle en forme de bulbe jusqu'à atteindre ou dépasser la pointe de la griffe, de telle sorte qu'il semble y avoir deux ongles superposés et soudés ensemble, séparés seulement par une rainure latérale, et terminés par deux pointes obtuses (l'ongle se transforme ainsi en une sorte de sabot, et cette conformation est en rapport avec les habitudes fouisseuses de l'espèce, qui creuse de longues galeries seulement pendant l'hiver). — Incisives non sillonnées; les angles rentrants sensiblement égaux des deux côtés des molaires Formule dentaire de tous les Microtinae.
Dicrostonyx torquatus (Pallas).
Mus torquatus, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 77 et 206, pi. 11 b; Zoogr.,^ I, 1811, p. 173; Dicrostonyx torquatus, Middendorfï", Sibir. Reis., lE, 1853. p. 87, pi. 4 à 7 et 10; Miller, N.-Am. Fauna, N» 12, 1896, p. 38, 39, fig-. 13 à 15, pi. I, fig. 14; Cuniculus torquatus, Jentink. Nied. Archiv. ZooL, Suppl. Band. I, 1880, pi. I.
Dessus d'un roux ferrugineux avec une ligne dorsale noire et un collier blanc, interrompu sur le dessous de la gorge. Nez très velu, noir, cette teinte se prolongeant sur le chanfrein et le front; joues blanchâtres à moustaches noires; une bande d'un brun-marron derrière chaque oreille, suivie d'une autre blanchâtre en forme de collier. Dessous d'un blanc sale. Pattes d'un blanc mêlé de brun. Queue brune avec le bout blanc. — Devient entièrement blanc en hiver. Le pelage est très fin et moelleux en toute saison.
Long, tête et corps 80 mm.; queue (avec poils) 19, (sans poils) 12; pied (avec ongles) 19 mm.
Habitat. — Russie Nord à l'Est de la mer Blanche et Nouvelle- Zemble, et de là en Sibérie (vers le Nord jusqu'à 75** 36'). — Longtemps confondu avec D. hudsonius (Pallas) = groenlandicus (Traill), dont il est voisin; on considère actuellement la forme Américaine comme distincte.
Genre EUobius Fischer, 1814.
Chtonoergus Nordmanu; Myosjjcdax Blyth.
Caractères. — Dents conformées comme celles des Microtinae.. Forme talpoïde; membres et queue ti'ès courts, corps court, ramassé,.
oreille externe rudimentaire, dépourvue de couque. Lèvre supérieure fendue. Yeux très petits. Pieds antérieurs munis d'ongles courts, mais plus robustes que ceux de derrière, conformés pour fouir. — Crâne ayant la forme générale de celui des Microimae, mais à profil plus bombé, à portion faciale plus courte. Incisives supérieures fortement arquées sur leur face antérieure.
Remarque. — Ce genre était classé naguère dans la famille des Eats-taupes (Spalacidae), en raison de son apparence talpoïde; mais la structure des dents doit le faire placer dans les Microtkiae, dont il représente le type le plus franchement talpiforme.
Formule dentaire des Microtinae.
Ellobius talpinus (Pallas).
Mus talpinus. Pallas Nov. Comm. Acad. Petrop., XIV, 1770, I, p. 568; id., Griires, 1778, p. 176, pi. 11a, 17, fig. 3 à 5; Ellobius talpimis, Fischer, Zoogr.. III, 1814, p. 72; Brants, Muiz., p. 39; Chto7ioërgus talpinus. Nordm., in Voy. Demidoff. III, p. 37; Ellobius talpinus, Biichner, Mamm. Przewalsk., 1890, p. 136, pi. XIV, XV, fig. 1 à 11 (exclus, synon.). — Spalax minor, Erxleben. — Spalax niurinus, Pallas, Zoogr., 1, 1811, p. 160.
Forme courte et ramassée des Campagnols à queue très courte (et des Mesocricetus), et non allongée, cylindrique comme celle des Spala.T. Queue complètement cachée par le pelage qui forme une sorte de petit croupion à l'extrémité du corps (comme chez Mesocncetns et Lagurus). Teintes du pelage très variables. — Les spécimens de l'Oural (fig. de Biichner, loc. cit.) ont un pelage laineux, serré, d'un brun-jaune clair, plus foncé dessus, plus vif sur les flancs, passant au jaune terne sous le ventre. Une tache blanche, en triangle isocèle, a sa base au menton, et se termine en pointe effilée sur la gorge. Pieds jaunes, passant au blanc sur les doigts. — Variété a: noire dessus, jaune dessous, les deux couleurs séparées sur les flancs par une bande d'un brun-jaune. — Variété b: roux-jaune dessus, plus clair sur les flancs, les pieds d'un jaune doré. — Variété c: d'un Isabelle clair dessus, blanc dessous, les pieds d'un jaune pâle. — Suivant les localités, l'une ou l'auti-e de ces phases de coloration domine, et l'on pourrait les considérer comme des sous-espèces.
Long, tête et corps 95 mm.; queue 10; pied (avec ongles) 22 mm.
Habitat. — Russie Est et Sud-Est depuis les M^^ Oural jusqu'au Caucase, et de là dans l'Asie Centrale.
Famille des Spalacidae.
Genre Spalax Guldenstâdt, 1770.
Caractères. — Tête grosse, aplatie, ayant de chaque côté une bande de poils en brosse ; corps cylindrique ; yeux très petits.
complêtemeut recouverts par la peau; pas d'oreille externe. Queue
courte ou nulle, non visible extérieiu-ement. Pieds courts, larges, à
ongles courts, propres à fouir. — Crâne large, aplati, avec la crête
lambdoïde très élevée et le plan occipital s'abaissant brusquement en
arrière; palais étroit. Trou sous-orbitaire moyen, suboval. Incisives
grandes, verticales, lisses; pas de prémolaires; molaires radiculées, à
replis d'émail arrondis, figurant d'ordinaire sur la couronne un grand c/5 .
Formule dentaire: L- -, Pm. - — -, M..~ — ^ = 16 dents.
Remarque. — La distinction des espèces, dans ce genre est difficile, les différences de pelage étant très faibles d'une espèce à l'autre, et la taille, ainsi que les caractères crâniens, variant beaucoup suivant le sexe, l'âge et les localités.
Spalax microphthalmus Guldenstâdt.
Spalax microphthalmus, Giildenst., Nov. Comm. Acad. Petrop.. 1770. XIV, p. 409—449, pi. 8 et 9; Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1897, p. 164, 166, fig. 1; Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., III, 1907, p. 60, pi. I. — Spalax typhlus, Rossikoff; Spalax Fallasi. Nordmann (partim), 1835.
Pelage relativement assez court et velouté; dessus d'un grisjauuâti-e clair lavé de roux; tête et gorge d'un gris-somis. Bandes de poils en brosse sur les côtés de la tête, blanches, prolongées en avant. Chanfrein souvent blanchâti-e chez les individus âgés. Incisives supérieures jaune pâle, les inférieures blanches. — Crâne à arcades zygomatiques fortement renflées près de leur racine postérieure: espace interorbjtaii-e très resserré chez les individus âgés, large chez les jeunes. Molaires à replis en S, la 1® inférieure ayant ti-ois replis sur le bord interne, la 2^ semblable, la 3® en S simple avec deux replis; la 1^ supérieure ayant deux replis en dedans, trois en dehors, les deux autres dents en S simple.
Long, tête et corps 240 à 265 mm.; Crâne (long, tôt.) 57 à 60 X 44 à 47 mm.
Habitat. — Kussie Sud-Est (Sarepta, Ekaterinoslaw, dans les Steppes).
Remarque. — Nehring et Satunin ont montré (loc. cit.) que chez cette espèce la forme du crâne changeait considérablement avec l'âge: la région inter-orbitaire, large chez le jeune, s'étrangle et se rétrécit de plus de moitié chez l'adulte; le frontal, les pariétaux et le squamosal, en se resserrant, concourent à produire cet étranglement, qui diminue considérablement la largeur de la capsule cérébrale et fait saillir les crêtes sagittale et lambdoïde. Il est probable que la même évolution crânienne s'opère chez toutes les espèces du genre Spalax.
Spalax giganteus Nehring.
Spalax giganteus, Nehring. S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1897, p. 169, fig. 2; Mus typhlus (partim), Pallas, Zoogr., I, p. 159 (specimina maxima).
Plus grand que Sp. microphthabnus et en différant par la sti'ucture du crâne. — Pelage relativement court, dessus d'un gris argenté clair,
plus pâle (gris-blaric) sur la tête; dessous d'uu gris argenté terne. La bande de poils hérissés sur les côtés de la tête est peu marquée. — Le crâne a les arcades zygomatiques plus fortement et plus régulièrement arquées que celles de Sp. microphthahnus, le rostre plus allongé, les pariétaux très étroits et s'étendaut en avant jusqu'au niveau du grand diamètre des orbites, etc. Les incisives très grandes et fortement teintées de rouge sur lem* face antérieure, ont leur émail rayé de tins sillons longitudinaux. Les molaires, semblables à celles des spécimens âgés de Sp. microphthalmus, sont plus grandes et plus épaisses. — (On doit rapporter à cette espèce les grands individus ayant jusqu'à 11 pouces et demi de long dont parle Pallas, loc. cit.)
Long, tête et corps 350 mm.; Crâne (long, totale) 74,3 x 58 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, envii-ons de Petrowsk sur le bord Ouest de la mer Caspienne; embouchure du Terek.
Spalax typhlus (Pallas).
Mus typldus, Pallas, Nov. Spec. Glir., 1778, p. 154, pi. VIII (exclus, synon. Auct. récent.); ?Lepechin. Not. Comm. Acad. Petrop., 1770, p. 505. — Nehring, S.-B. Ges. Nat. Fr. Berl., 1898, p. 7.
Dessus cendré lavé de roussâtre, les poils, assez courts, étant à leur base d'un cendré-noii'âtre avec l'extrémité roussâtre; le devant de la tête et le dessous noirâtres, quelquefois avec une tache blanche à la poitrine et une autre sous le ventre. Bandes latérales de la tête plus claires que le reste.
D'après Nehring, le dessus est d'un brun cannelle, le dessous d'un gris foncé. Le dessin des molaires rappelle celui du S. kirgisorum (les plis sont en Z plutôt qu'eu S, la boucle de la 1^ inférieure dédoublée).
Long, tête et corps 195 mm.
Habitat. — Eussie Sud-Est, entre le Don et le Volga.
Spalax hungaricus Nehring.
Spalax hungaricus., Nehring (nec Matscliie), Zool. Anz., 1898, p. 479, fig. la. b. — id., S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1897, p. 171, 175, sub nomine »Sp. typhl. hnngaricus«. — »Podolian Marmot* Pennant, Synops., 1771, p. 271. — Glis zemni, Erxleben, Sys. Regn. An.. I, 1777, p. 370. — Sjmlax typhlus (partim), Blasius, 1857. — Sp. hungaricus, Gyula. Allait. Kogl. Magyar. Tars., 1904, p. 69, pi. VIII.
Dessus de la tête gris cendré sur le front; vertex, cou et partie antérieure du tronc d'un brun-jaune vif teinté de roux clair; sur la partie postérieure du dos cette couleur est plus ou moins lavée de gris cendré. Les bandes latérales, en brosse, des côtés de la tête sont
blanchâtres. Dessous et partie supérieure des membres cVuu grig ardoisé avec le menton blanchâtre. Pieds couverts de poils fins blanchâtres. — Crâne plus petit et plus plat que celui de *S. microphthalmus, avec les pariétaux larges et arrondis; dentition bien caractérisée par la forme de l'émail des 3^^ molaires supérieures et inférieures, figurant une simple courbe en cz, au lieu d'une double courbe en S. — Les femelles sont plus petites que les mâles.
Long, tête et corps (mâle) 210 à 220 (femelle) 170 à 180 mm.; Crâne (long, totale chez le mâle) 46,5 à 49 x 36 à 37 mm.
Habitat. — Hongrie, Souabe, Volhynie, Bessarabie, Bulgarie et une partie de la Russie Sud-Ouest; peut-êti-e aussi la Podolie.
Spalax dolbrogeae Miller.
Spalax hutigaricKS, Matschie (nec Nehi-ing). S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1901, p. 237; Spalax dolbrogeae, Miller, Proc. Biol. Soc. Wash., 1903, p. 161; Kowatscheff, Verh. Zool.-Bot. Ges., 1906, p. 604, ûg.
Semblable au Sp. hmgaricns de Nehring, mais plus grand; le dessus uniformément gris, et le front moins nettement distinct, par sa coulem", de la teinte brune du dessus du dos. — Le dessin de la couronne de la 3^ molaire inférieure est différent; sur le côté interne de la dent, l'émail forme une boucle complète sans échancrure; on peut cependant reconnaître qu'il y a un repli d'émail en S (comme chez. «Sp. ehrenhergi d'Asie mineure), mois la boucle antérieure est élargie en arrière, au point d'enclaver la boucle postérieure sur le côté interne de la dent et de combler l'échancrure qui s'y trouve sur l'autre espèce.
Long, tête et corps: 250 mm.; Crâne (long, toi) 53 x 39,5 mm.
Habitat. — Roumanie (Prundu).
Spalax monticola Nehring.
Spalax monticola^ Nehring, S.-B. Ges. Naturf. Fr. Berl., 1898, p. 6.
Caractères du pelage inconnus, la distinction de l'espèce étant basée sur les caractères crâniens. — Crâne et dentition rappelant >S. hungaricus, mais de conformation sensiblement différente, et la série des molaires plus longue. Incisives d'un jaune rouge (et non jaunes).
Crâne (long, tôt.): 53,5 x 39,3 mm.; série des molaires super.r 31,4 mm.
Habitat. — Bosnie et Herzégovine (1200 à 1300 m. d'altitude), Spalax graecus Nehring.
Spalax graecus, Nehring. Zool. Anzeig., 1898, p. 228, fig. 1 et 2.
Dessus d'un jaune terreux avec la base des poils noh-âtre; dessous de la même couleur. Gorge d'un gris foncé. Bandes de poils raides
■des côtés de la tête très développées mais ne présentant pas une couleui* différente (tandis qu'ils sont d'ordinaire blanchâtres chez les autres espèces). Le chanfrein est plus foncé que le reste du dessus de la tête. — Les molaires ont le dessin de leur couronne assez différent de celui des autres espèces; les deux antérieures, surtout la première inférieure, out des replis compliqués; la 3® présente un dessin eu 8 dont les deux boucles sont reliées l'une à l'autre à la mâchoire inférieure, et sont complètement séparées à la mâchoire supérieure.
Long, tête et corps 250 mm.; Crâne (long, tôt., jeune) 48 x 35 mm.
Habitat. — Grèce (environs d'Athènes).
Famille des Jaculidae.
Sous-famille des Sicistinae.
Les deux paires de pattes courtes; une paire de prémolaii'es bien développée, à la mâchoire supérieure seulement.
Genre Sicista Gray, 1827.
Sinintkm, Nordmauu, 1839.
Caractères. — Forme murine, à pattes courtes, subégales; queue longue, faiblement poilue. Crâne à trou sous-orbitaire subtriangulaire, plus large par en bas; trou incisif allongé. Dents molaires à couronne resserrée, à replis d'émail compliqués, avec une prémolaire supérieure aussi développée que la dernière molaire. Taille petite.
Formule dentaire: I. - — -, Pm. - — -. M.- — -= 18 dents. 1 — 1 () — 0' o — o
Remarque: — La forme du crâne rapproche ce genre àes Jaculidae malgré la brièveté des pattes postéiùeures.
Sicista subtilis (Pallas).
Mus subtilis, Pallas, Reise, IT, 1773, p. 705; Mus vagus, Pallas, Glires, 1778, p. 327; Zoogr., I, p. 169; Mus hetulinus, Pallas, loc. cit., 1778, pi. 22, fig. 1 et 2; Mus lineatus, Licht., in Everm. Reise, 1823; p. 123; Sminthus subtilis, Satunin, Zool. Jahrb.. 1896, p. 307; Sminthus nordmanni, Keys. et Blas., Wirb. Europ., 1840, p. 38; Sminthus loriger (Nathusius), Nordm., Voy. Demidoff, III, 1840, p. 49, pi. TV, fig. 2a--d; Sminthus vagus, Blas., Faima Deuts., 1857, I. p. 302, fig. 167. 168; Sicista subtilis, Collet, Vid.-Selsk. Forhandl. Christiana, 1909, Xo 11.
Pelage doux et lisse d'un gris-blanchâtre ou gris-fauve avec une ligne dorsale noire; dessous d'un cendré blanchâtre. Queue un peu plus longue que le corps, brune en-dessus, plus claire dessous. Oreilles
plissées. — Pallas a décrit plusieurs variétés qui paraissent former des colonies isolées, mais qui n'ont pas encore été distinguées sub-spécifiquement. Toutes ont la ligue dorsale noire caractéristique de l'espèce. — Voici les dimensions des spécimens du Caucase (Satunin): Long, tête et corps 62,5 mm.; queue (avec poils) 83; pied 16,5; oreille 8,5. Les spécimens de Norvège ont (d'après Collet):
Long, tête et corps 70 à 72 mm.; queue 90 à 98; Crâne (long, tôt.) 20 mm.
Habitat. — Signalé sur des points assez éloignés l'un de l'autre: Suède, Norvège (de Rennebo et Opdal au Nord aux M^^ 0jer et Valders, au Sud [63 à 61"10' lat. N.], de 440 à 1030m. d'altitude); Danemark; Finlande Sud; Hongrie, Pologne, Russie, Crimée (Caucase, 2200 m.), et de là dans le Turkestau et en Sibérie, toujours dans les Montagnes; il peut être considéré comme une des espèces résiduelles de l'invasion de la faune arctique dans l'Europe Centrale.
Sicista concolor (Biichner).
Sminthus concolor, Biichner, Bull. Acad. Imp. Se. de Petersb.. XIII, 1892^ p. 267; Satunin, Zool. Jahrb. 1896, p. 307.
Diffère surtout de S. subtills par l'absence de ligne dorsale noire. — Dessus brunâtre, plus foncé sur le dos, plus clair sur les flancs, lavé par places de brun-roux, mais sans ligne ou tache plus foncée; la base des poils est d'un gris foncé. Tête de la couleur du dos à l'exception des côtés du museau et des lèvres qui sont blanchâtres. Les oreilles,, assez grandes, rabattues eu avant, atteignent le bord antérieur des yeux; nues à la base, elles portent dans leur moitié terminale des poils courts et rares, mais le long de leur bord antérieur et à la base du bord externe, elles sont en partie cachées par de long poils brun clair. Dessous brun clair, sans ligne de démarcation entre le dessus et le dessous. Pieds couverts de poils courts blanchâtres. Queue mince,, arrondie, unicolore, couverte de poils courts d'un gris clair qui laissent voir les écailles. — Satunin rapporte à cette forme (de l'Asie centrale) un spécimen recueilli par Radde dans les montagnes du Caucase, et dont voici les Dimensions:
Long, tête et corps 77 mm.; queue (avec poils) 98; pied 19; oreille 13 mm.
Habitat. — Caucase Nord-Ouest (Alpes des Swanes, au Sud du Mt. Elbrouz, dans le Gouvt. de Koutaïs, à 2571 m. d'altitude). Le type de Biichner est de l'Asie Centrale (Gansu, dans la Chine Occidentale).
Sous-famille des Jacidinae.
Pattes postérieures très allongées, les antérieures ti'ès courtes; la paire de prémolaires supérieures rudimentaire ou nulle. Arcades
zygomatiques grêles dans leur partie postérieure et moyenne, fortement dilatées dans leur partie antérieui'e qui se relève en avant de l'orbite. Trou sous-orbitaire grand, ovale.
Genre Dipodipus nom. nov. ^).
Jaculus (partim), Auctorum; LHpns Satunin, 1807 (nec Zimmermann). Caractères. — Métatarse très allongé, soudé eu forme de canon et portant seulement trois orteils dont le médian est comprimé, plus faible que les latéraux qui sont à peine plus courts. Pattes antérieures très petites, à cinq doigts, mais le ponce atrophié, ne portant qu'un ongle obtus. Oreilles assez grandes. Queue longue, sagittée, terminée par une touffe distique. — Crâne à capsule cérébrale courte et large ; jjulles auditives grandes, fortement renflées. Incisives comprimées, sillonnées et teintées d'orangé sur leur face antérieure. Une paire de prémolaires supérieures très petites; molaires à replis d'émail simples.
Formule dentaire: I. :j — -, Pm. - — -, M.- - = 18 dents.
Espèces asiatiques qui se rapprochent des espèces africaines par lem'S formes extérieures.
Dipodipus nogai (Satunin).
Mus et Dipus sagitta (partim), Auctorum) Pallas, 1778, partim, nec Pallas, 1811); D'qnis nogai, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1907, p. 72 et 75.
Se distingue à première vue des autres espèces européo-asiatiques du genre par sa forte taille et sa couleur foncée. — Dessus de la tête et du dos d'un gris-brunâti'e rappelant la couleur d'AlacUiga saliens, avec une légère teinte de roux à la limite de la couleur foncée sur les côtés de la tête et des flancs. La couleur foncée du dos est nettement séparée de la couleur du dessous. Sm- la partie antérieure de la tête, les joues et la face extérieure des cuisses, le pelage est légèrement lavé de roux-jaune. Les oreilles, très courtes, sont couvertes de poils brun-roux épars. Les pattes et la queue sont isabelles, avec
1) Satunin a montré (Mitth. Kaukas. Mus., 1907, p. 72 et suiv.) qu'il y avait lieu de faire deux genres distincts des Gerboises africaines et des Gerboises asiatiques, réunies dans l'ancien genre Jaculus d'Erxleben, la formule dentaire comportant, chez celles-ci, une paire de prémolaires supérieures qui manque aux espèces d'Afrique. Le nom de Jaculus, Erxlebeu, 1777 (type: J. orientalis d'Egypte), doit rester aux Gerboises africaines; Satunin propose de restreindre aux Gerboises Husso-Asiatiques le nom de Dipus, Zimmermann, 1780; mais ce dernier genre a pour type Dipus jaculus, qui est également une espèce africaine, et le nom de Dipus est en réalité strictement synonyme de Jaculus, et ne peut être conservé. Je propose de lui substituer le nom nouveau de Dipodipus (c'est-à-dire »Dipus par excellence») qui a l'avantage de rappeler le nom primitif qui a servi longtemps à désigner scientifiquement les Gerboises. — L& type du genre Dipodijms est Mus sagitta Pallas, des steppes asiatiques.
des poils épars plus foncés sur le dessus de la queue. La touffe terminale, peu développée (75 mm.), porte des poils d'un blanc pur sur la face inférieure et à l'extrémité de la queue, et des poils d'un brun-noir qui forment une bande de 30 mm. sur la face supérieure. Le derrière du tarse jusque vers son milieu est brun foncé; il porte ensuite de longs poils blancs, et les orteils sont garnis en-dessous d'une brosse de longs poils blancs. — Le crâne diffère légèrement de celui de Dlpodipus sagitta: il est plus grand; l'iuterpariétal est plus petit et plus étroit; les bulles sont moins arrondies et (vues de côté) plus aplaties; toutes les autres parties ont des dimensions plus fortes.
Long, tête et corps 131 mm.; queue (avec les poils) 199; pied 65; oreille 20 mm.; Crâne (long, tôt.) 36x25,5 mm. (au lieu de 32,5 X 23 mm. sur D. mgitta).
Habitat. — Russie Sud-Est, région de Terek (Steppe de Nogai dans la valée inférieure du fleuve Kuma).
Remarque. — Cette espèce semble avoir été confondue jusque dans ces derniers temps avec Dipodipus sagitta. Cette dernière espèce, d'après Satunin serait exclusivement asiatique. Il est vrai que Pallas, dans ses Novae Species Glirium, 1778, p. 307, indique D. sagitta comme se trouvant »entre le Don et le Volga» ; mais on remarque que, dans son livre plus récent (Zoographia, 1811),' il ne donne plus comme habitat de cette espèce que des contrées Asiatiques. Les auteurs qui sont venus après lui ne font que le citer, de préférence d'après la monographie de 1778, sans baser leur opinion sur de nouveaux matériaux. Dans tous les cas D. nogai diffère très nettement de D. sagitta par les caractères indiqués ci-dessus.
Genre Scirtopoda Brandt, 1844.
Halticus Brandt; Trouessart, 1897.
Caractères. — L'orteil médian de la même grosseur que les
latéraux, mais ne les dépassant que de sa dernière phalange; incisives
blanches; molaires à replis d'émail plus compliqués que dans le genre
précédent; pas de prémolaires supérieures; les autres caractères comme
■dans Dipodipus. — Crâne à bulles moins renflées.
Formule dentaire: L- — -. Pm. - — --, 31.- — - = 16 dents. 1 — 1 0 — 0 à — d
Scirtopoda halticus (Illiger).
»Muris jaculi Varietas media«, Pallas, Glires. 1778, p. 285; Dipus halticus, Illiger, Abh. Akad. Berl.. 1811, p. 17, 19; Brandt, Bull. Acad. St. Petersb., 1844, II, p. 213; Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., 1907, p. 76; Dipns telum, Licht., Springm., 1828; et in Eversmann, Bull. Nat. Moscou. 1840, p. 47.
Dessus Isabelle pâle mêlé de poils gris, bruns ou noirs. Une tache blanche sur la partie postérieure de la cuisse. Les tarses et la
plante des pieds en arrière portant des poils en brosse hmus ou noirs. Dessous blanchâtre. Queue portant dès la base des poils longs et lâches, peu distique et peu nettement sagittée, simplement touffue, de la couleur du dos, plus pâle dessous; touffe terminale Isabelle à sa base, noire sur une étendue de 13 mm. et blanche à la pointe (cette pointe blanche manque souvent). Oreilles courtes, très arrondies. Pointe des ongles des orteils latéraux 0})posée à la base de l'ongle médian. — D'après Satunin les spécimens de Kussie sont plus foncés que ceux d'Asie.
Long, tête et corjis 132 mm.; (|ueue (sans les poils) 127; pied 28; oreille 13 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, Sarepta et les Steppes entre le Caucase et la Caspienne; région de Terek et fleuve Kuma.
Genre Alactaga Fr. Cuvier, 1836.
Sdrtetes Braudt, 1844.
Caractères. — Formes semblables à celles de Jaculns et DipodipuK, mais les pieds postérieurs à cinq doigts, dont le 1^^ et le 5^ ne portent pas sur le sol, et le médian manifestement plus long que le 3« et le 4®. — Crâne à région occipitale moins large que dans Dij'iodijviM^ à bulles plus petites. Les incisives lisses; une très petite prémolaire en haut seulement.
Formule dentaire de Dipodipus, soit 18 dents.
Alactaga saliens (Gmelin).
Cuniculus pumilio saliens, Gmelin, Nov. Comm. Ac. Petrop.. V, 1760, p. 351, pi. XI, fig. 1; id., Reise RuBl., I, 1770, p. 26, pi. II; Mus jaculus Var. major, Pallas, (Tlires. 1778, p. 275, pi. XX (uec Linné); Dipus jaculus Var. macrofis, Brandt, Bull. Acad. Petersb., Il, 1844. p. 220; Alactaga saliens, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., I, 1901, p. 123; 111, 1907, p. 79.
Taille de l'Ecureuil. Oreilles plus longues que la tête, conformées presque comme celles des Lièvres, ovales, nues, minces, avec des poils très fins, jaunâtres au bord et eu avant. — Dessus d'un brun jaune clair avec des poils plus longs, noirs à leur pointe, plus nombreux en arrière; le dessus de la tête et du cou et la partie antérieure du dos jusqu'en arrière des épaules d'un gris uniforme sans mélange de poils noirs ; le brun jaune du dessus passant à l'isabelle sur les flancs et sur la face externe et postérieure des cuisses; une tache blanche triangulaire allant du haut de la cuisse à la racine de la queue. Dessous et pattes blancs, ainsi que le bout du nez et des oreilles. Queue très longue, nettement sagittée et distique à son extrémité ; de la couleur du dos dans sa moitié antérieure, puis noire dans la partie
antorioiiro de la touffe terminale, l'extrémité et la ]»hi.s grande partie de cette touffe blanche.
Long, tête et corps 180 mm. (et plus); (jueue 255; pied 82; oreille 45 mm.
Habitat. — Eussie Sud-Est, région de Terek; Gouv*** de Stavropol, Cernigov et Sam ara, dans les steppes.
Remarque. — Cette espèce parait varier beaucoup et comprend probablement plusieurs formes distinctes. Les spécimens de Sibérie (échangés du ]\Iusée de St. Petersbourg sous le nom d' Alactaga jaculus, Pallas), que possède le Muséum de Paris, sont très différents de la description précédente: le dessus est d'un isabelle uniforme^) sans aucun mélange de poils noirs, et la queue est de même couleur à la base: les oreilles sont très longues, nues et transparentes. Long, tête et corps 230 mm.; queue 240; pieds 89; oreille 48 mm. — La forme ci-dessus décrite est intermédiaire entre cette forme de Sibérie et la suivante que je crois devoir décrire à part (d'après un spécimen du voyage de Ménétriès au Caucase).
Alactaga saliens decumanus (Lichtenstein).
Dipus decumanus, Licht., Abh. Berl. Akad., 1825, p. 154, pi. VI, Darstellung, 1827, pi. 25; Brandt. Bull. Acad. Peters., II, 1844, p. 220; Blanford, East Persia, II, 1876, p. 78.
Taille du type, sinon supérieure. Oreilles plus courtes que la tête, presque losaugiques avec l'extrémité pointue. Dessus, en arrière des épaules d'un brun-jaune mélangé de poils à extrémité brune ou noire; nez et chanfrein noirâtres passant au gris (sans mélange de poils noirs) sur la tête, le cou et les épaules; flancs et côtés de la tête, du cou et face externe des cuisses, d'un isabelle pâle très nettement séparé, surtout sur la croupe, de la couleur du dos. Oreilles bien poilues sur leur bord antérieur, à pointe blanche. Dessous, pieds et tache allant du haut des cuisses à la racine de la queue d'un blanc pur. Queue, en-dessus d'un brun foncé dès la base, isabelle en dessous, avec la touffe terminale noire dans sa moitié antérieure, blanche à l'extrémité — (Muséum de Paris, du Voyage de Ménétriès dans le Sud de la Eussie).
Long, tête et corps 270 mm.; queue 230; pied 93; oreille 32 mm.
Habitat. — Eussie Sud-Est (sans indication de localité). — Les types de Lichtenstein étaient de la région au Sud des Monts Oural. Ménétriès indique une seule espèce de Gerboise («Dipus jaculus, Gmel.y>), «près de Bakou et près des bains du Caucase (Petigorsk)»,
Remarque. — Bien que la description précédente ne concorde qu'imparfaitement avec la figure du Dipus decumanus de Lichtenstein (surtout en ce qui a rapport à la coloration du chanfrein et du dessus de la queue), je crois devoir rapporter provisoirement à cette forme le spécimen du Musée de Paris. La forme des oreilles, la longueur de la queue (celle du corps semble exagérée par la préparation), concordent suffisamment.
1) Rappelant tout-à-fait le mode de coloration de Jaculus jaculus (L.) d'Afrique.
Alactaga elater kizljaricus Satuiiin.
Alactaga elater kizljaricus, Satunin, Mitth. Kaukas. Mus., III, p. 79.
Diffère des formes asiatiques de l'espèce par ses dimensions moindres. — Dessus de couleur foncée: tête, à partir du nez, d'un brun grisâtre; dos d'un roux-jaune avec la pointe d'un brun foncé presque noir, plus marqué sur la ligue dorsale ou la partie noire des poils est beaucoup plus étendue, tandis que sur les flancs la partie d'un roux-jaune prédomine (les spécimens de Transcaucasie sont plus clairs). La partie antérieure du museau, tout le dessous et la face interne des cuisses sont blancs. La face externe de la cuisse est roux-jaune avec une grande tache noire dans le milieu; le reste des extrémités postérieures est d'un jaune pâle. La plante du pied, nue dans son milieu, est couverte sur les côtés de poils noirs; à l'extrémité des orteils les poils sont blancs en dessous avec les ongles blancs. La queue est d'un brun-grisâtre: la touffe terminale bien développée est large et franchement distique; sa longueur, en-dessus, depuis l'origine des poils noirs, est de 49 mm., les poils s'écartant vers l'extrémité; en-dessous, depuis la base des poils blancs jusqu'à l'extrémité, 19 mm.; il n'y a pas d'anneau blanc avant le pinceau noir (de même que chez les autres Gerboises du Caucase). — Crâne plus petit que celui des sousespèces transcaucasiennes (les deux spécimens sont encore jeunes, mais cette condition n'infirme pas la valeur des caractères indiqués ci-dessus). Les molaires supérieures (1*^ et 2^) ont leur boucle médiane interne dédoublée (fourchue), ce qui distingue l'espèce d'AlactagHlus acontion.
Long, tête et corps 74 mm.; queue 155 (avec poils); pied 53; oreille 28 mm.; Crâne (long, tôt.) 26 x 19 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, région de Terek et entre Tereldimekteb et Alexandro-Nevskaja. — Le type (A. elater ti/pl.ciis) habite au Nord du lac Aral, et d'autres sous-espèces eu Asie mineure (A. elater caucasiens et A. el. aralycheiisis).
Genre Alactagulus Nehring, 1897.
Caractères. — Diffère (ï Alactaga par l'absence de la petite prémolaire
supérieure et par ses molaires plus simples; le repli interne médian des
deux premières molaires ne forme qu'une seule boucle (et non deux
comme cliez A. elater, souvent confondu avec .'I. acontion): la dernière
molaire également plus simple.
Formule dentaire: I. :; — r^, Pm. - — -, M.- — 5 = 36 dents. 1 — 1 0 — 0 o — 3
Alactagulus acontion (Pallas).
Mus acontion, Pallas, Nov. Sp. Giir., 1778, p. 284, 295; Dipus acontion, Brandt. Bull. Acad. Petersb., II, 1844, p. 223; id., ibid., 1852, p. 304; Dipus pygmacus, Illiger, Abh. Ak. Berlin, 1811, p. 19, 24; Lichtenstein, Springm.,
p. 23, pi. III; id., Darstell.. pi. 26; Dipus minutus, Blainv., Desmarest, Mam., 1820, 11. 318; Aladagnhis acontion, Nohring, S.-B. Ges. Nat. Fv. Berl., 1897, p. 154 et p. 153, fig. 1; Satunin, Mitth. Kaiikas. Mus., III, p. 77
Bien distinct A'Alactaga elater, avec lequel Bogdanoff l'a confondu (en raison de sa taille), par sa formule dentaire et la forme de ses molaires, ainsi que par les couleurs du pelage, qui sont plus pâles. — Dessus d'un flave-gris pâle, avec une tache noire presque triangulaire sur le milieu de la moitié postérieure de la cuisse. Oreilles n'aynnt que les deux tiers de la longueur de la tête, d'un gris-ferrugineux uniforme (sans pointe blanche). Dessous blanc. Un anneau blanc, plus ou moins distinct, sur la queue avant la touffe noire du pinceau terminal dont l'extrémité est blanche sur une très petite étendue.
Satunin fait remarquer que les spécimens du Caucase diffèrent assez du type décrit ci-dessus (spécimens d'Asie), pour former, par la suite, une sousespèce à part: ils sont d'une teinte plus foncée (les flancs d'un jaune-roux et non blancs comme sur le type de Pallas); leurs oreilles sont plus courtes; l'anneau blanc de la queue est moins large. — Le crâne ne présente aucune différence appréciable.
Long, tête et corps 100 mm.; queue (avec poils) 158; pied 49; oreille 24 mm.; Crâne (long, tôt.) 26x22 mm.
Habitat. — Russie Sud-Est, entre le Caucase et la Caspienne; Steppes du fleuve Kuma; Gouvt. de Stavropol.
Famille des Hystricidae.
Genre Hystrix L., 1758.
Caractères. — Formes lourdes; membres d'égale longueur; corps
et queue portant de longues et fortes épines. — Crâne fortement
bombé en-dessus, à région faciale courte et large, les fosses nasales
plus développées que la capsule cérébrale. — Queue courte portant
de grosses épines tronquées et ouvertes à leur extrémité. — Molaires à demi
radiculées, à replis d'émail sur les deux bords de la dent; une paii'e
de prémolaires bien développées aux deux mâchoires.
Formule dentaire: I. - -, Pm. - — -. M.- — :^ = 20 dents. 1 — 1 1 — 1 o — 3
Hystrix cristata L.
Hystrix cristata, Linné, Sj^st. Nat., 1766, p. 76; Fr. Cuvier, Mém. Mus. Paris, IX, 1822, p. 424, 430, pi. 20 bis ; Mamm., pi. 269.
Des piquants très longs, formant crête sur le dos, annelés de blanc et de brun noir, plus petits sur les flancs, la croupe et les cuisses.
Une crête ou crinière de piquants plus grêles mêlés de longues soies sur le sommet de la tête et la nuiiue, noire. Queue courte hérissée de tuyaux à parois minces, creux, tronqués et ouverts à l'extrémité, à pédicule mince, blanchâtres. Museau, pieds et moustaches noirs. Oreilles courtes. Le dessous ne porte que des piquants très grêles, terminés par un filament flexible et d'un brun noirâtre.
Long, tête et corps 570 mm.; queue (sans piquants) 77; pied 75; oreille 14 mm.
Habitat. — Italie Sud, dans la Calabre et les Apennins (jusque près de Rome); Sicile; Grèce; Espagne Sud; Crimée. Se retrouve dans le Nord-Ouest de l'Afrique.
Famille des Leporidae.
Sous-f^imille des Ochototiinae. ')
Lièvres de petite taille, à clavicules bien développées, à membres subégaux, sans queue visible extérieurement et à oreilles courtes. — Deux paires de prémolaires à la mâchoire supérieure et à l'inférieure. Les autres caractères comme chez les Lepvrbuie, sauf que la dernière molaire supérieure a disparu, par suite du raccourcissement du maxillaire.
Genre Ochotona Link, 17 95.
Lagomys, Cuvier, 1798; Pica, Lacép.
Caractères. — Ceux de la Sous-famille. Petits animaux ayant l'apparence d'un Cochon d'Inde [Cavia) plutôt que celle d'un Lapin ou d'uD Lièvre. — Crâne aplati, sans apophyses post-orbitaires. Cinq doigts en avant, quatre eu arrière, garnis en-dessous de longs poils.
Formule dentaire: I. " — ~, Pm. - — -, M.- — ^ = 26 dents.
Incisives supérieures principales, larges, blanches, sillonnées sur le milieu de leur face antérieure; la deuxième paire petite et appliquée contre la face postérieure des précédentes ; incisives inférieures pointues. Prémolaires bien développées et présentant, sur la couroune, comme les arrière-molaires, des sillons d'émail transverses semblables à ceux des Lièvres. — Habitent les liauts sommets des Montagnes.
Ochotona pusillus (Pallas).
Lepus pusillus Pallas, Nov. Comm. Ac. Petrop., Xlll, 17f)8, p. 531, pi. 14' id., Nov. Spec. Glir., 1778, p. 37, pi. 1; Waturhouse, Mamni., II, p. 19, pi. I, fig. 2' Bonhote, P. Z. S., 1904, II, p. 213.
1) Constituant ponr la plupart des auteurs une famille distincte des Leporidae. Une seule espèce se trouvant en Europe, on peut la rattacher ici à cette dernière.
Tête courte et large; yeux petits, mais saillants; oreilles presque triangulaires, queue nulle. — Pelage très doux, d'un gris-brun, composé de deux sortes de poils, les uns plus longs (jarres) gris clair à la base, noirâtres à l'extrémité qui dépasse, recouvrent d'autres poils (bourre) laineux d'un brun plombé; les flancs et les pieds sont d'un brun-gris pâle; tour de la bouche, gorge, poitrine et ventre blanchâtres. Oreilles grises bordées de blanc.
Long, tête et corps 145 mm.; pied (avec ongles) 27; oreille 14 mm.
Habitat. — Russie Orientale dans les Monts Oural et le long des deux rives du Volga, et de là dans le Turkestan et la Sibérie Occidentale (ne se trouve pas dans le Sud de la Russie, pas même dans le Caucase).
Remarque. — Il est à noter que Satunin, dans ses récentes publication sur la faune du Caucase, ne signale aucune espèce du genre Ocliotona, pas plus dans la Ciscaucasie que dans la Transcaucasie. 11 semble que ces animaux soient actuellement confinés plus au Nord et à l'Ouest. Le fait est d'autant plus remarquable que des espèces fossiles (pleistocènes), très voisines de celleci, sinon identiques, ont été signalées en Allemagne, en France et dans les îles Britanniques, et un genre très voisin (Myolagas), en Corse et en Sardaigne. — En Asie, le genre ne dépasse pas, vers le Sud, les Mts Hindou-Kouch, chaîne la plus occidentale de l'Himalaya.
Sous-famille des Leponnae.
Incisives supérieures (médianes) antérieures, grandes, cunéiformes, sillonnées en avant, blanches; les latérales (devenues postérieures) petites, rudimentaires, placées exactement derrière les autres et appliquées contre elles; incisives inférieures tranchantes, à coupe quadrangulaire. Crâne allongé, comprimé, les arcades zygomatiques aplaties dans leur région moyenne, les apophyses post-orbitaires très développées. Prémolaires au nombre de 3 paires en haut, 2 en bas; molaires (3 paires à chaque mâchoire), présentant des sillons d'émail transverses, saillants. — Oreilles grandes; queue courte, velue, relevée. Pattes postérieures plus longues que les antérieures.
Genre Oryctolagus Lilljeborg, 1874.
Cuniculus Gray, 1867 (nec Brissou).
Caractères. — Semblables à Lepus, mais les pattes et les oreilles plus courtes. Crâne à apophyses post-orbitaires grandes, mais étroites, allongées et soudées au crâne. Narines étroites. Dents comme dans le genre Lepus.
Formule dentaire: I.-^ — ~, l*™- ?i — 7,1 M. 5 — ^■=28 dents.
Il n'existe pas de différence de forme entre les prémolaires (sauf la 1®) et les molaires; la dernière molaire est très réduite.
Oryctolagus cuniculus (L.).
Lepus cuniculus, L., Syst. Nat., 1766, I, p. 77 ; Blasius, Fauna Deuts., 1857, 1, p. 426, fig-. 2B0; Major, Trans. Linn. Soc, 1899, pi. 36, 37, 39; Millais, Mam. Great-Brit., 1906, III, p. 40, pi. 52 et suiv.
Dessus de la tête, du dos, des lombes d'un gris vésultaut du mélange du gris cendré, du roux-jaune et du noir; nuque rousse; oreilles un peu plus courtes que la tête, grises sans noir au bout; dessous blanc. Queue moins longue que la cuisse, brune eu dessus, blanche dessous. (Les longs poils du dos (jarres), cendrés à leur base, ont un anneau noir et une pointe jaune-roux; le duvet (bourre) est cendré avec l'extrême pointe rousse).
Long, tête et corps 390 mm.; queue 53; pied 95; oreilles 82 mm.
Habitat. — Originaire du Sud de l'Europe (région Méditerranéenne avec ses îles occidentales); répandu actuellement dans toute l'Europe centrale y compris les îles Britanniques (n'existe pas eu Scandinavie ni en Russie, même dans le Sud). — Se trouve en Asie Mineure et dans le Nord de l'Afrique.
Oryctolagus cuniculus cnossius Bâte.
Oryctolagus cuniculus cnossius. Bâte, P. Z. S., 1905, IT. p. 322.
Dessus plus pâle et d'un gris plus uniforme que le type, par suite de la teinte plus pâle de la tache rousse de la nuque, et par suite de l'absence d'un anneau foncé entre le gris de la base des poils et la bande subterminale claire. Les pattes postérieures sont presqu' entièrement blanches.
Long, tête et corps 341mm.; queue 65; pied 82; oreille 70 mm.; crâne (loiig. tôt.) 75 mm.
Habitat. — Ile de Crête (mais non sur le continent de l'île, seulement sur les petites îles de la côte en face de Candie).
Genre Lepus Linné, 1758.
Caractères. — Oreilles plus longues que la tête; pattes postérieures beaucoup plus longues que les antérieures, à quatre doigts serrés les uns contre les autres et à ongles peu an^ués; plante des deux paires de pattes velues; queue courte, velue et relevée sur le dos. — Crâne à apophyses post-orbitaires grandes, larges, écartées du crâne; incisives supérieures sillonnées sur leur face antérieure; molaires à sillons transverses saillants, la dernière très petite. — Espace sous-orbitaire incomplètement ossifié^).
Formule dentaire: I:- — -, Pm. - — -, M.- — ^ = 28 dents.
') Nous suivrons ici la Revision récente d'Hilzheimer, Die Hasenarten Europas (Jahreshefte des Vereins iur vaterl. Naturkunde in Wûrttemberg, 1908, p. 383). Voyez aussi, du même Auteur: Zool. Anz.. 19C6, p. 510 et suiv.
Lepus timidus L.
Lepus timidus, Liuné, Syst. Nat., 1766, I. p. 77 (nec Desm. et Auct.); Barret-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 88; Hilzheimer, Jahr. Var. Naturk. Wiirt., 1908, p. 385; Lepus variabilis, Pallas, Glires, 1778, p. 1; Lepus horealis, Nilsson, Skand. Fauna, 1820, p. 211; Lepus horealis sylvaticus, Nilsson, 111. Fïg. Skand. Fauna, 1829, pi. 22; Lepus canescens, Nilsson, 111. Fig., pi. 22; id., Ofr. Vet. Akad., 1844, p. 133; id. .Skand. Fauna, suppl., 1847, p. 429.
Pelage d'été. — Dessus, dans la moitié antérieure du dos, et côtés du corps d'un brun-gris; la partie postérieure, y compris la face externe des cuisses, de la même couleur, mais légèrement lavée de roux. Tête, joues et face brunes avec la pointe des poils noirs. Une ligne sous le nez, le tour des yeux et la gorge blancs. Dessous blanc ne remontant pas sur les flancs, et nettement séparé du gris du dessus. — Pelage d'hiver. — Entièrement blanc à l'exception de la pointe des oreilles qui reste noire. — Les spécimens du Sud de la Suède, qui ne deviennent pas complètement blancs en hiver (Lepus canes cens Nilsson) pourraient constituer une sous-espèce distincte.
Long, tête et corps 545 mm.; queue 10; pied 155; oreille 105 mm.
Habitat. — Suède moyenne et méridionale (Upsala, etc.). — D'après Middendorf, la forme L. canescens serait répandue sur toute la côte Est et Sud de la Suède, et se trouverait eu outre en Russie, en Livonie et sur les côtes méridionales de la Finlande.
Lepus timidus collinus Nilsson.
Lepus borealis collinus, Nilsson, 111. Fig. Skand. Fauna, 1829, pi. 19; L.tim. collinus, Barret-Hannlton, P. Z. S., 1900, p. 89; Hilzheimer, 1. c, 1908, p. 387.
Pelage blanc en été comme en hiver. L'oreille n'est noire que sur une très petite étendue formant bordure. Le pelage est très long et épais (comme celui du L. glaclalis du Groenland). Taille très forte.
Longueur de l'oreille 100 mm.; pied 170 mm.
Habitat. — Scandinavie Nord et Kussie Nord.
Lepus timidus hibemicus Yarrell.
Lepus timidus, Var. fS, Jenyas, Man. Brit. Vert, 1835, p. 33; Lepus hibemicus, Yarrell. P. Z. S., 1833, p. 88; Bell, Brit. Quadrup., 1837, p. 341 ; Lepus tim. hibemicus, B.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 89; Hilzheimer, 1. c, p. 387; Millais, Mam. Great-Brit., 1906, 111, p. 37, pi. 51.
Pelage d'été. — D'un roux-brun; souvent d'un roux rappelant la couleur du Renard. — Pelage d'hiver. — Semblable, mais dans les hivers très rudes et dans certaines localités prenant une livrée blanche plus ou moins complète. Taille supérieure à celle des Lièvres d'Ecosse.
Long, de l'oreille: moins de 79 mm.: pied: moins de 142 mm.
Habitat. — Irlande.
Lepus timidus lutescens Banet-Hamilton.
Lepns timidus lutescens, JB.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 89.
Dessus d'un riche flave, ou jaune de cuii*, passant insensiblement à la couleur blanche du dessous. Les oreilles sans pointe noire (Sousespèce incomplètement fixée, d'après B.-Hamilton lui-même).
Dimensions non indiques.
Habitat. — Côtes d'Irlande, Comté de Dublin (Donabate, et de Malahide à Balbriggan).
Lepus médius Nilsson.
Lepus médius, Nilsson, Skand. Fauna, 1820, T, p. 224; Hilzheimer, loe. cit., 1908, p. 387.
Dessus (en été) mêlé de poils noirs et brnn-jaune; en hiver mêlé de noir et de blanchâtre. Dessous et pattes (en été) brun-jaune, eu hiver gris.
Dimensions non indiquées.
Habitat. — Ile de Seeland (Danemark).
Lepus médius aquilonius Blasins.
Lepus aquilonius, Blasius, Bcricht XIXe Ver. Naturf., 1842, p. 89 (exclus, syn. »L. kybridus, Pallas«).
Pelage d'été. — Dessus d'un jaune clair mêlé de noir, avec le chanfrein et la face externe des oreilles plus foncés, 'l'aclie foncée de la pointe des oreilles très grande, occupant le quart de la hauteur de l'oreille. Pattes, particulièrement celles de devant, d'un jaune de cuir. Tout le reste blanc. — Pelage d'hiver. — Dessus gris, les côtés blancs. — Oreilles de la longueur de la tête.
Long, de l'oreille: plus de 115 mm.; pied, plus de 1(35 mm.
Habitat. — Russie moyenne (Moscou).
Lepus médius caspius Ehrenberg.
Lepus caspius, Ehrenberof. Svmbolae Physicae, 1828, fol. 9; Satiinin, Mitth. Kauk. Mus., 1907, III, p. 82; llilzHeimer, loc. cit., 1908, p. 388.
D'un gris jaunâtre; qneue plus longue que la tête, noire en-dessus; tache noire de la pointe des oreilles grande. Dimensions non indiquées.
Habitat. — Russie Sud-Est; région du Volga (Astrakhan), jusqu'au Caucase et à la mer Caspienne.
Lepus médius scoticus Hilzheimer.
Lt'piis albns, Leacli, Sj'st. Cat. Indig. Main, and Birds, ISIG, p. 7 (nec Pemiant. 177<i); Lepus timklus typicus (part.), i5.-Hamilton, P. Z. S., 1900, p. 88; Millais, Mam. Great-Brit., 1906, III. p. 29, pi. 50, 51 ; Lepus médius scoticus, Hilzheimer, Jahr. Ver. vaterl. Naturk., 1908, p. b89.
Pelage d'été. — Dessus bruu passant au gris sur les flaucs; cette teinte grise (plus claire que chez L. m. aquilonins), devient encore plus claire vers le bas et passe graduellement au blanc du ventre. Côtés du cou et poitrine gris. Oreilles ayant la moitié postérieure de la face externe grise ou d'un gris-brun, le liséré blanc • du bord postérieur très étroit. — Pelage d'hiver. — Blanc avec la pointe des oreilles noire. Face externe des oreilles d'un gris-brun plus clair qu'en été.
Long, de l'oreille 85 mm.; pied moins de 146 mm.
Remarque. — La queue (en pelage d'été) est noire en dessus (et non blanche comme chez les sijecimens de Stockholm, L. tiniidus); les oreilles ne devienneiu jamais complètement blanches. Ceci ne concorde pas avec le dire de Barret-Hamilton (qui n'a trouvé «aucune différence* entre les deux), et fait supposer à Hilzheimer, ou qu'il existe deux formes en Ecosse, ou bien que les Lièvres de (^hristiana examinés par B.-Hamilton, appartiennent à une troisième espèce Scandinave.
Habitat. — Ecosse Nord.
Lepus médius varronis Miller.
Lepus varronis, Miller, Proc. Biol. Soc. Wash., 1901, p. 97; Lepus variabilis (part.), Blasius, Fauna Dents., 1857, I, p. 420, fig. 229, et Auct. plurim; Lepus médius varronis et L. m. hreviauritus, Hilzheimer, loc. cit., 1908, p. 389 et 391 ; Mottaz, Bull. Soc. Zool. Genève, 1908, p. 172—173.
Pelage d'été. — (Non vu par Miller.) D'après Hilzheimer: Dessus mêlé de jaune et de noir, le jaune prédominant, la pointe des poils seule noire. Queue noire dessus, blanche dessous. Flancs et dessus des cuisses passant au jaune clair, les poils sans pointe noire. Oreilles, dans les parties nues, d'un brun violacé avec un liséré blanc sur le bord postérieur: la moitié interne de la face extérieure des oreilles de la couleur du dos; la moitié postérieure jaune à la base (36 mm.) puis avec une tache blanche plus large (4.5 mm.), et enfin une grande tache noire à la pointe (30 mm.), mal limitée vers le bas où elle passe au brun. De là une courte ligne noire se prolonge sur le bord antérieur. La bordure externe de l'oreille est d'un jaunâtre clair, produite par les poils de l'intérieur qui dépassent. Tête comme le dos mais sans poils noirs, de sorte que le nez est brun. Une barre qui passe sur les yeux, le tour de l'orbite (sauf un étroit liséré noir) et la lèvre supérieure, blancs. Les joues en arrière, en avant et audessous des yeux d'un jaune foncé sale, plus pâle vers le bas, de sorte que la lèvre inférieure et le menton sont blancs. Poitrine et extrémités
d'un brun plus vif en avant, plus clair en-dedans. Plante des pieds antérieurs blanche, celle des pieds postérieurs d'un blanc jaunâtre sale. Ventre d'un blanc pur. Bourre du dessus blanche à sa base avec la pointe noire. Moustaches antérieures et supérieures blanches, les postérieures et inférieures noires (Hilzheimer).
Pelage d'hiver. — D'un blanc pur uniforme à partir de la base des poils (mais avec quelques poils épars, peu visibles sur le dos et la queue, noirs). Oreilles tiquetées de poils gris-brun sur leur bord antérieur, et avec une tache noire très visible à la pointe (12 mm.), mais non très nettement délimitée, et parsemée de poils blancs. Un liséré très étroit de poils noirs aux paupières. Moustaches mêlées de blanc et de noir. Plante des pieds d'un blanc brunâtre. Ongles d'une couleur de corne foncée (Miller).
Long, tête et corps 582 mm.; queue 53; pied 164 mm.
Remarque. — D'après Motiaz la différence de dimension des oreilles sur laquelle est fondée L. vied. hrcviauritus dépend simplement d'une préparation défectueuse.
Habitat. — Alpes suisses (Cantons de Graubûnden et de Berne; probablement toute la chaîne des Alpes).
Lepus europaeus Pallas.
Lepus europaeus, Pallas, Nov. Sp. Glir., 1778, p. 30; Lepus tiniidiis (part.), Schreber (nec L.), Saug. IV, pi. 233: Blasius, Fauna Deuts., 1857, I, p. 412, fig. 226—228; Lepus vulgaris, L., Syst. Nat , Ed. secundu, p. 46; Lepus europaeus typicus, Hilzheimer, loc. cit., 1908, p. 393.
Dessus et partie supérieure des flancs, des cuisses et front d'un brun jaunâtre mêlé de poils noirs; partie moyenne des flancs d'un brun jaune uniforme. Partie externe des pattes antérieures, côtés du cou et de la poitrine d'un brun-roux plus vif. Pourtour des yeux, une barre qui les traverse et région des moustaches, devant du nez, menton, partie inférieure des joues, ventre, intérieur des cuisses et des pieds blancs. Souvent un étroit liséré noir aux paupières. Pieds de derrière et partie inférieure de la cuisse d'un brun jaune. En travers des lombes une large bande blanchâtre, faiblement teintée de gris, (jui se continue sur le dos par une bande, large comme la main, de la couleur habituelle du dos. Oreilles bien poilues sur leur face externe; la tache noire de la pointe coupée obliquement par eu-bas et se prolongeant en une longue ligne sur le bord externe de l'oreille. Moitié postérieure du côté externe de l'oreille blanchâtre (d'après un spécimen d'Alsace).
Long, de l'oreille, plus de 120 mm.; du pied, plus de 150 mm.
Habitat. — Europe moyenne (les types de Pallas étaient de Pologne Sud et de Panuonie); Allemagne, France, etc. (Les spécimens de France sont plus petits que ceux d'Allemagne.)
Lepus europaeus occidentalis Wiiiton.
Lcpus europaeus occidentalis, De Winlon. Ann. Nat. Hist., 1898; I, p. 152; Lepus europaeus, Millais, Mam. Great-iirit., 1906, llJ, p. '6, pi. 49 et suiv.
Plus petit que L. europaeus typicu>\ l'ensemble de la coloration est plus chaud et tiraut davantage sur le roux. Pattes postérieures ' plus courtes. La différence de couleur est plus constante sur la tête, les oreilles et les membres que sur le reste.
Long, tête et corps 570 mm.; queue 86; pied 135 (sans les ongles); oreille 99 (de l'échaucrure antér.). de la base de la face dorsale, 120 mm.
(Le pied d'un L. enrojmeus de Lithuanie a 156 mm., sans les ongles).
Habitat, — Grande Bretagne (type du Herefordshire). Lepus europaeus pyrenaïcus Hilzheimer.
Lepus europaeus pyrenaïcus, Hilzheimer. Jahr. Ver. vaterl. Katiirk., 1908, p. 394.
Semblable au type, mais moins blanc en-dessous, La partie inférieure des flancs est brun-clair comme le reste ne laissant qu'une liofne blanche étroite sur le milieu du ventre. La bande blanche en travers des lombes est moins nette, mais la barre blanche en avant des yeux est très large et bien marquée. Le nez et une partie de la lèvre supérieure, au-dessous du nez, sont jaunâtres, ainsi que la pointe du menton, dont le reste est blanc. La tache noire de l'oreille est dans tous les sens plus étendue que chez le type.
Long, de l'oreille 120 mm.; du pied 150 mm.
Habitat. — Pyrénées françaises (Bagnères).
Lepus europaeus meridiei Hilzheimer.
Lepus europaeus meridiei, Hilzheimer, Zool. Anzeig., 1906, p. 513; id., loc. cit., 1908, p. 397.
Le pelage comporte peu de blanc. Dos d'une couleur terne, d'u]i brun presqu'uniforme, mêlé de noir sur la ligue médiane, mais moins que chez les auti*es formes de 7>. europaeus. Les extrémités l)runes en dehors, ainsi que la poitrine, mais d'une teinte un peu plus vive; la face interne des membres d'un jaunâtre passant au brun, mais plus clair que sur la face externe. Nuque d'un brun clair uniforme et sans la tache blanche, en arrière de l'oreille, que presque tous les L. europaeus présentent. Tour des yeux jaunâtre, la ligne qui les traverse peu marquée. Immédiatement sous l'orbite un trait fin de poils noirs, et un second de la. largeur du doigt, plus marqué sur la joue. Côtés de la tête, au dessous de cette ligne, blancs. Nez et
lèvre supérieure jaunâtres. Oreilles bien poilues, avec une tache noire mal limitée par le bas à sa pointe, d'où part une bordure noire se prolongeant sur le bord externe. Partie inférieure de la face externe de l'oreille grise. Par le développement de roi-eille cette forme se rapproche de L. medi.terraiteiis.
Long, de l'oreille 110 mm.; du pied 135 mm.
Habitat. — France Sud (Département de l'vVvoyron).
Lepus europaeus transsylvaticus Matschie.
Lepus transfsylvatlcus, Matschie, S.-B. Ges. Natiirf. Berl., 1901, ]). 2o(î; Lepus europaeus transsylvaticus^ Hilzheimer, loc. cit., 1908, p. 394.
Diffère du type en ce que toute la partie supérieure de la région lombaire, sur l'étendue de la largeur de la main depuis la racine de la queue, est d'un blauc grisâtre. Le brun-jaune clair uniforme des côtés du corps et du cou est plus clair, la couleur des extrémités plus vive; la poitrine, la région du coude et une tache sur le dessus de la cuisse sont d'un roux vif. Oreilles comme celles du type, mais la. bordure noire sur le bord externe est à peine indiquée et moins prolongée. La barre blanche qui traverse l'oeil est plus vive et plus étendue.
Long, des oreilles 130 mm.; pied 155 mm.
Habitat. — Traussylvanie et Roumanie (Taslau).
Lepus europaeus parnassius Miller.
Lepus parnassius, Miller, Proc. Biol. Soc. Wash., 1903, p. 145; Lepus eur. parnassius, Hilzheimer, 1. c, 1908, p. 395.
Taille entre L. eiirop. occidentalis et L. europaeus ti/picns de Suisse, mais se rapprochant surtout de ce dernier. Couleur moins jaune; oreilles grises et non jaunâtres et la tache noire de la pointe beaucoup plus étendue; région lombaire d'une couleur à peine différente de celle du dos. — Dessus strié de poils ayant quatre anneaux: 1" base grisblanchâtre (12 mm.), 2" noir (7 mm.), 3^ flave rosé (5 mm.), 4*^ pointe noire (5 mm.); l'ensemble est un mélange de noir et de flave ou de jaune-rosé, ce dernier prédominant légèrement, mais moins que dans le jaune cuir clair de L. europaeus. Cou et flancs comme le dos, mais plus clair, le noir de l'anneau sub-basal étant remplacé par du brun. Lombes comme le dos, mais avec une légère teinte de gris due à la teinte gris-clair de la base des poils. Joues comme les flancs, mais plus finement striées, et lavées légèrement de noirâtre au-dessous de l'oreille. Tour des yeux et barre les traversant d'un gris-flave peu distinct. Dessus de la tête comme le dos. Oreilles d'un gris-argenté.
avec nue raie, finement striée comme la tête, s'étendant sur la face antérieure-externe pres(iue jusqu'à la pointe (20 mm. de large dans sou milieu); une tache semblable (45 sur 12 mm. de large) près du milieu de la face postérieure-interne; tache noire terminale (40 sur 30 mm. de large) s'étendant le long du bord externe (4 mm. de large) jusqu'au milieu de l'oreille, et recouvrant la ])ointe sur les deux faces. Une bande d'un jaune ocreux (10 mm.) entre la tache noire et le gris de la face interne; une ligne blanche (3 mm.) sur le bord interne, de la base jusqu'au-dessus du milieu. Pieds, face externe des jambes, tache des flancs et poitrine d'un flave ocreux foncé. Dessous blanc, plus ou moins lavé de flave ocreux aux pattes antérieures.
Long, tête et corps 600 mm.; pied 140; oreille 130 mm.; Crâne (long, toi) 96 X 44 mm.
Habitat. — Grèce (Mont Parnasse).
Lepus creticus Barret-Hamilton.
Lepus creticus, B.-Hamiltou, Anu. Nat. Hist., 1903. XI. p. 127: Bâte, P. Z. S., 1905, II, p. 32-2.
Taille de !.. enrop. occidentalù. Base du pelage blanche sur le dos. Poils du dessus annelés de noir et de flave très clair, la pointe noire. Sur les lombes le flave devient blanc, et comme le pelage est très soyeux et l'anneau noir peu visible, cette région se distingue nettement de la couleur du reste du dos. Sur les flancs, il reste très peu de chose du roux du dos, entre la teinte du dessus et celle du dessous. La tache de la nuque, la gorge, la poitrine, les cuisses et la face antérieure des pattes de devant sont d'un jaune de cuir, qui s'étend quelquefois jusqu'au ventre autour des cuisses. Le reste des parties inférieures est blanc, ainsi que le menton. Dessus de la tête comme le dos, mais un peu plus foncé, avec la bourre flave. Joues et côtés de la tête d'un gris presque blanc. Oreilles avec la pointe noire, presque blanches sur leur face postérieure, sur leur face interne et le long des bords; la face externe antérieure est de la couleur du dos.
Long, tête et corps 514 mm.; pied 123; oreille 102 mm.; Crâne (long, basale) 71 mm.
Habitat. — Ile de Crête (Mont Ida, jusqu'à 2650 m. d'altitude).
Lepus granatensis Rosenhauer.
Lepus granatensis, Rosenhauer. Die Tiere Andalusiens, 1856, p. .3 — 4; Lepus eur. granatensis, Hilzheimer. loc. cit., 1908. p. 396; Lepus meridionalis, (iraells. Mém. Acad. Madrid, XVII, 1897, p. 525: Thomas, P. Z. S., 1901, p. 43; Lepns lilforcU, De Winton, Ann. Nat. Hist., 1898, 1, p. 153.
Dessus d'un brun-jaune très vif. Face externe du dessus de la cuisse, devant des pattes antérieures et poitrine d'un roux très vif. Le blanc des parties internes des pattes antérieures s'étend sur le coude et pres((ue sur tout le membre à partir du carpe, y compris le dessus du pied, de sorte que les doigts des pieds sont blancs en avant et en arrière. La tête n'a de blanc qu'au menton; le chanfrein est très foncé. Les parties claires du nez sont d'un brun-jaune; les joues également sont brunes et mêlées de poils noirs dans leur moitié inférieure. La barre blanche derrière les yeux est peu visible, et en avant elle est remplacée par une tache grisâtre. Oreilles bien poilues, avec la tache noire de la pointe très grande, couvrant le quart de la face externe, coupée en ligue droite, et sans prolongement en bordure ; la moitié inférieure du bord externe est grise, élégamment bordée de blanc. Queue très longue.
Long, de l'oreille, moins de 105 mm.; du pied, moins de 130 mm.
Habitat. — Espagne (Grenade, Séville), et îles Baléares.
Lepus granatensis gallaecius Miller.
Lejms granatensis gallaecius, Miller, Aon. Nat. Hist., 1907, XX, p. 400.
Semblable au type mais d'une teinte plus foncée et plus riche, le dessus d'un flave ocreux prédominant à peine sur le noir; les marques blanches des pattes antérieures moins étendues que sur le type. — La base des poils est d'un jaune cuir plus clair que chez le type, et l'exirême pointe est nettement noire; l'anneau subterminal des plus longs poils est d'un flave ocreux clair. La ligne claire des flancs est d'un roux-cannelle foncé, les taches inguinales soml)lables, mais la face externe des cuisses et des pattes de devant est plus foncée et plus vive. Face interne des pattes de devant blanche, cette couleur s'étendant jusqu'au carpe ou seulement jusqu'au coude, la tache blanche du métacarpe étant présente dans tous les cas, mais moins étendue que chez le type. Tour du cou d'un brun de bois lavé de jaune argileux. Tête et oreilles nettement plus foncées (|ue celles du type, le tour des yeux bien marqué. Une tache d'un roux-cannelle foncé à la base des moustaches. Menton d'une teinte foncée contrastant avec la teinte claire des parties voisines.
Long, de l'oreille 105 mm.; du pied 107 mm.
Habitat. — P]spagne Nord-Ouest (La Corogne et Pontevedra).
Lepus granatensis iturissius Miller.
Lepus granatensis itiirissiiis, Miller, Ann. Nat. Hist., 1907, XX, p. 401. Coloration exactement semblable à celle du type {L. (jranatensis)oreilles courtes; crâne petit et grêle (long, occipito-nasale 82 au lieu
de 85 à 90 mm.), a profil dorsal moins convexe, à rostre plus éti'oit (largem* en avant de la rangée des molaires, 17 au lieu de 19 à 21 mm.).
Long, de l'oreille 95 mm.; du pied 110 mm.; Crâne (long, occipito-nasale) 82,4 x 39,4 mm.
Habitat. — Basses-Pyrénées françaises (probablement Biarritz).
Remarque. — Cette forme est bien diftôrente du Lepris eiirop. pijrenaïcus des Pyrénées centrales, qui est de plus grande taille et appartient à un autre groupe.
Lepus corsicanus Winton.
Lepus corsicanus, De Winton, Ann. Nat. Hist., 1898, I, p. 155.
Par son mode de coloration et ses proportions, très semblable à X. e. occidentalis, mais ressemblant à L. mediterraneus eu ce que la base des poils est d'un gris plus foncé sur tout le corps en général et les poils du dos sont couleur de rouille au-dessous de l'anneau noir, avec la base grise. Le tour des yeux est très nettement marqué par une tache rousse sur les joues, qui s'étend depuis le devant des orbites jusqu'à mi-distance entre l'œil et l'oreille (cette tache est ici beaucoup plus accusée que sur d'autres formes qui la présentent à un moindre degré). La tache de la nuque est très différente de celle des espèces voisines, étant striée de gris de fumée.
Long, tête et corps 450 mm.; queue 73; pied 119; oreille 107 mm.; Crâne (long, tôt.) 90 x 43,5 mm.
Habitat. — lié de Corse (Bastia).
Lepus mediterraneus Wnguer.
Lepus mediterraneus, "Wagner, Mûnch. Anz., 1841, p. 439 (nec ^\"aterhouse, nec Loche); De Winton, Ann. Nat. Hist., 1898, I, p. 154: Hilzheimer, loc. cit., 1908, p. 398.
Taille très petite (moitié de celle de L. europ, occidentalis). Oreilles assez, courtes, à face externe finement poilue; le pelage du dos est foncé mais ni strié ni varié. La nuque, les quatre membres sont d'un roux vif, le dessous fortement lavé de la même couleur, sauf le milieu du ventre et la région inguinale d'un blanc pur; pas de ligne de démarcation tranchée entre ces couleurs, sauf sur la queue. Base des poils, dessus et dessous, ardoisée, surtout sur le cou et la bande de la poitrine. Les poils du dos sont d'un gris-flave au-dessous du large anneau noii* (et non blancs comme chez L. enropaens et les formes voisines).
Long, tête et corps 400 mm.; queue 76; pied 97; oreille 96 mm.; Crâne (long, tôt.) 79,5 x 17,5 mm.
Habitat. — Ile de Sardaigne. — Ce petit Lièvre est allié aux formes du Nord de l'Afrique et non à celles du Sud de l'Europe.
Ordre des Ungulata.
Tous les Ongulés vivant actuellement à l'état sauvage en Europe appartiennent au Sous-Ordre des Artiodactyla. — Les familles des Suidae, Cet'vidae, et Bovidae y ont des représentants.