SECOND SUPPLÉMENT AUX HEPTILES ET AUX BATRACIENS
des sacâ vocaux internes, un museau plus acuminé, de petites glandes parotidiennes et des taches inférieures rouges, serait plus orientale, s'étendant du sud de la Suède et du Danemark à la Hongrie; l'autre, successivement nommée Bombinaior hombinus (Linné), .puis B. pachypus (Fitzinger), plus trapue, sans sacs vocaux, comme sans véritables glandes parotidiennes, avec un museau plus rond et des taches inférieures jaunes, serait propre par contre à l'Europe centrale et méridionale, venant en contact avec la précédente en Autriche.
L'espèce qui habite la Suisse et à laquelle j'ai attribué, eu 1872, le nom de B. igneus (Laurenti) serait donc le Bombinator pcu^ypus (Fitzinger). Il serait intéressant de rechercher si la première de ces espèces se trouve peut-être aussi dans le pays.
M. Fischer-Sigwart taxe de B, hombinus, soit B, pachypus, le Sonneur des environs de Zotingue, et donne, pour la localité, les mois d'avril à juillet comme époque du rut, avec 75 à 77 jours de développement, de la ponte à la fin des métamorphoses. (Terrarium, p. 69.)
Bufo Tulgaris, Laur.
(Vol. III, p. 387.)
Durée du développement 85 jours environ, selon Fischer-Sigwart (Terrarium, p. 40).
Salamandra macnlosa, Laur.
(Vol. III, p. 491.)
Bien que n'ayant pas pu surprendre l'accouplement, M. Fischer-Sigwart dit que la femelle, grosse depuis l'automne, ne met bas qu'au printemps et qu'elle passe, en état de gestation, tout l'hiver plus ou moins profondément engourdie, rappelant un peu en cela ce que j'ai décrit pour la Saiamaniira atra de nos Alpes, chez laquelle le développement, toUfi iniettie, s'opère généralement de l'été d'une année au printemps ou à l'été de l'autre, duraut 10 à 11 mois. (Faune, III, p. 503 à 508.)
iO FAUNE DES VERTÉBRÉS DE LA SUISSE.
Selon cet observateur, la Salamandre tachetée ou marbrée mettrait bas, suivant les cas, en février, mars ou avril, de 14 à 25 petits, de 25°^ à peu près, qui parfois semblent être entraînés de dessous terre dans de petites sources par des filtrations souterraines, et, après trois à quatre mois, les jeunes Salamandres perdraient les branchies, pour quitter alors les eaux et se répandre sur le sol, avec une taille de 50^ environ. — Une lettre que j'ai reçue, le 17 janvier 1889, de M. H.-G. Stehlin, à Bâle, semble prouver que les choses ne se passent pas toujours ainsi et que, comme je l'avais supposé (vol. III, p. 496), les époques de l'accouplement et de la mise au monde peuvent varier passablement avec les circonstances. M. Stehlin a trouvé, dans les premiers jours d'octobre 1886, à Bôpp, sur un point élevé du Jura bernois, une femelle de la même Salamandre qui portait alors environ 50 petits prêts à naître, de 27 & 29 millimètres.
La ScUamandra inactdosa émettrait un petit cri qui, bien qu'un peu plus lent, rappellerait assez celui du Crapaud accoucheur.
Enfin, une des plus intéressantes observations de M. Fischer- Sigwart est celle ayant trait à une femelle de Salamandre tachetée qui, après avoir mis au monde l'année précédente un nombre normal de larves ordinaires, émit àe nouveau, le 21 avril 1889, sans avoir été en contact avec un mâle, six petits albinos, dont l'un vécut 75 jours. (Terrarium, p. 73.) Cette curieuse donnée rappelle, en eifet, l'observation déjà signalée par Brehm (Thierleben, V, p. 414) d'une femelle qui pondit des œufs mûrs pour l'éclosion, « larvenreife Eier, » cinq mois après avoir été séparée du mâle, et semble accréditer l'hypothèse de cet auteur de la possibilité qu'un même accouplement puisse porter parfois sur des œufs à différents développements, et donner par là lieu à deux pontes successives plus ou moins espacées.
SECOND SUPPLÉMENT AXJX REPTILES ET AUX BATRACIENS, il
Salamandra atra, Laur»
(VoL in, p. 498.)
Se trouve dans les bois et les prairies des montagnes du Doubs (Jura), selon Olivier; Faune du Doubs, p. 47, 1883.
Triton cristatus, Latir.
(VoL III, p. 520.)
La larve quitte l'œuf après 20 jours, croît jusqu'à 35"" environ et perd les branchies après trois mois. (Fischer-Sigwart, Terrarium, p. 80.)
Triton alpestris.
(VoL III, p. 541.)
Neotenia.
Depuis la rencontre pai* De Filippi, dans un petit lac du Yal Formazza, en 1861, de grandes larves du Triton alpestns qui présentaient en même temps des branchies et des organes de reproduction bien développés (Sulla larva dd Triton alpestris; Archiv. per la Zoologia, déc. 1861) ; et depuis la trouvaille que je fis, un an plus tard, au commencement de juin 1862, de larves hivernées de la même espèce dans un petit lac du Saint- Gothai'd, à 2050 mètres s/m environ (Reptiles et batraciens de la H^'-Engadine ; Archiv. Se, phyn, et nat., noi\ 1864, et Faune des Vertébrés de la Suisse, vol. III, p. 541, 1872), on s'est beaucoup occupé de la persistance de l'état larvaire chez quelques batraciens, persistance plus ou moins durable qui a reçu de Kollmann le nom de Xeotenia^ (D(is Ueberwintern ton europ, Frosch und Triton Larve^ und die Tlmwandlungen des fnexikanischen Axolotl; Verh, naturf. OeselL Basel, VII, 1883.) — Plusieurs naturalistes ont peu à peu accumulé des faits qui établissent aujourd'hui la possibilité, en certaines circonstances, d'une persistance plus ou moins longue des branchies et d'un développement complet des organes de la génération, même de la repro-
12 FAUNE DES VERTi^BRÉS D£ LA SUISSE. *
duction du Triton alpestris sous la forme larvaire encore pourvue de branchies, créant par là un parallèle intéressant entre cette espèce et l'Axolotl du Mexique (Amblystoma Axolotl).
Les grandes larves que j'ai trouvées en 1862, à 2050 mètres, et que j'ai décrites, dès 1864, comme ayant hiverné et conservé un an leurs branchies, n'avaient point encore les organes de la génération aussi développés que celles, plus grandes encore, signalées par De Filippi, probablement parce qu'elles n'étaient pas aussi âgées que ces dernières. Cependant, plusieurs des auteurs qui ont, depuis lors, écrit sur le sujet paraissant n'avoir pas eu connaissance, ou ayant tout au moins négligé de citer les observations que j'avais antérieurement faites, k un niveau relativement très élevé, je ne crois pas inutile de rappeler ici que j'avais proposé déjà quelques explications, soit du phénomène de l'hivernation des larves de batraciens dans les Alpes, sous l'influence de la brièveté exagérée de la saison propice aux amoui-s et au développement, soit d'un cas contraii*e, de l'accélération des transformations et du retrait des branchies, par dessèchement prématuré des petites mares temporaires où se développent les larves, peut-être même d'une production ovovivipare du lyiton alpestris, dans certaines circonstances. (Voyez : Rept. et Bat. d'Engadine, p. 283-288, et surtout : Faune Vert, de la Suisse, III, p. 459 et 551-554*.)
Le D'^ Lor. Camerano, qui a publié sur le sujet divers mémoires intéressants depuis 1883 *, et que je me bornerai à citer ici, comme ayant tout dernièrement résumé les observations relatives à l'espèce qui nous occupe, a proposé successivement diverses causes probables de la persistance des branchies et du défaut d'équilibre entre les développements des différents organes de la larve. (Ulteriori osservazioni intorno alla Neotenia negli Anfibi, 1889 ^) Après avoir attribué à une nécessité d'adaptation à des conditions particulières la persistance des
^ Voyez aussi Phivemation des larves de la Bana temporaria dans les Alpes : Faune des Vertébrés, III, p. 280 et 332.
^ Richerche intorno alla vita branchiale degli Anfibi, Torino, 1883, etc.
' BoUetino dei Musei di Zoologia ed Anatomia comparata délia R. Universita di Torino, n° 56, vol. IV, marzo 1889.