Genre 9 : MARMARONETTE
MARMARONETTA Reichenbach.
Bec droit, coinpynmé en arrière, presque de même largeur sur toute sa, longueur et à peu près aussi long que la tète, avec onglet moyen, bien courbé en avant. Tarse bas et pincé, notablement plus cou,rt que le doigt médian. Ailes aiguës, assez longues et effilées: i'® rémige écliancrée et 2'' rétrécie, comme chez nos Sarcelles; scapulaires moyennes, assez larges, et coniques vers le bout. Queue subconique. Pas de huppe. Pas de miroir métallique sur l'aile.
Ce genre, détaché de celui des Qucrqnediilæ par Roichenhacdi, ne compte qu’une seule espèce qui rappelle un peu les Sarcelles par la taille et les formes. La présence en Suisse de cette espèce méridionale, très rare, déjà dans le sud de l’Europe, étant assez problématique, je me borne à renvoyer pour elle aux diagnoses générique et spécifique que, dans le doute, je crois devoir donner ici, pour signaler au moins l'oiseau à rattontion de nos chasseurs et ohservateurs.
(300). — (V) : MARMARONETTE MARBRÉE .MAii.UAitONBTTA 'angusïiiio.sthis Ménétriés.
Ber. (droit, léyèreiiieid plus long que le médian avec ongle. Ailes n atteignant qms tout à fait le bout de la (piene; 2° rémige légèrement qdas longue que première ou sabégale (4 d’ordinaire passablement plus grande que H". — Livrée jiresque semblcdde dans tes den.t; sexes: d'an bran grisâtre ondulé de. taches et croissants blanchâtres, en dessus; d'un blanchâtre qilus on moins nuancé de grisâtre ou de roussâtre et transversalement maculé de brun, en dessous. Vertex et cou striés de brun; ventre qieu ou pas maculé. Haut de l’aile d’un brun cendré; jias de miroir métallique; les rémiges secondaires terminées de blanchâtre ; rémiges primaires d’un gris un j)eu ar-
LAIIELLIEOSTKES
(jenté. Une tache ovoïde brune autour de V œil, plus étendue en arrière qu’en avant. Bec noir; qneds noinitres. Iris brun.
Long. tôt. ()'^,:J9 — 43; aile pliée 0'",3U — 32; queue 0"^,085 — ÜUü; tarse O^pSd — 030; médian, avec ongle O"', 040 — 047 ; bec, aux côtés du front O"', 048 — 050.
Anas ASGusTiRüSTHis Ménéti'., Cîit. rain. Cauc., j). 58, 1832. — A.'marmorata Temminck, Man. Orn., IV, p. 554, 1840.
Qderqubdüla ANaosTiKOSTRis Boiiap., Birdfi ofEur., )). 56, 1838. Fritsch.YôgelEurop., Tal). 48, Fig. 1,1871.
Marmahonetta ANRCSTrRO.STBis Reicheiib., Syst. Av., p. IX, 1850. Salvadori, Cat. B. Brit. Mus., X.XVII, p. 320. 1895. Shmpe, Hand-list. I, p. 228, 1899.
Ce petit Canard du nord de l’Afrique, de Perse et des Indes, propre en particulier aux contrées sud-méditerranéennes, à l'Algérie et à la Tuni.sie entre autres, mais très rare déjà .sur les rives européennes, où on ne le cite guère que sur les côtes de Sardaigne, aurait été tué une fois, il y a quelques années, sur le lac Léman, non loin de Genève, par feu J. IL. naturaliste préparateur dans cette ville
Bien que regrettant de n'avoir pas de données plus précises sur cette curieuse rencontre, j’ai cru bien faire de la signaler, pour attirer l’attention de nos observateurs sur cette petite espèce, liien facile à distinguer, à sa moileste livrée, de tous nos autres Canards. La Marmaronette n'exéentant aucun passage de nos cotés, sa présence en Suisse paraît très extraordinaire, et l'individu censément tué près de Genève y aurait été tout à fait accidentellement égaré. Je me demande même s’il n'y a pas eu, dans le cas. confusion avec quelque individu, femelle ou jeune, de Canard Hqwnsa, échappé peut-être du parc de M. de Rothschild où cette espèce était élevée en quasi liberté^.
‘ M. Blanc, prépaiateur an Musée de Liausannc, en nie signalant, en 1896, quelques raretés récemment rencontrées dans le bassin du Léman, m’a communiqué que M. J. Revon, préparateur à Genève, lui avait affirmé avoir tué VAnas marmorata, pm d’années auparavant, sur le lac, non loin de cette ville.
^ C’est du jeune ou même de la femelle de l’Aoc sponsa, importé d’Amérique et que j’ai dit avoir été rencontré une Ibis ou deux libre dans le pays, sur le Léman en particulier, qu’on pourrait, en effet, la rapprocher, à défaut de point de comparaison ou de description suffisante ; il sera cependant toujours facile de l’cn distinguer de suite à l’échancrure des premières rémiges, les Aix ayant, comme je l’ai dit, ces deux premières pennes échaucrées au bord interne, tandis que la Marmaronetta n’a d’échancrure interne qu’à la première, comme la plupart des Anatiens.
Fri.iGri>iKNs
Sons-Failli Ile III, des FULIGULIENS
PULIGULINÆ
Jambes courtes, reculées et f^énéraleiiient emplumées jusqu'aux coudyles ou à peu près. Tarses courts ou très courts, beaucoup moindres que le doigt interne. Pouce pourvu d’un large lobe membraneux, en dessous, [lortant à terre par le bout. Doigts antérieurs longs, l’externe d’ordinaire plus long que le médian; palmures très amples, dépassant généralement beaucoup la base des ongles, qui sont plutôt courts et pou aigus (voy. (ig. 72). Bec de Ibrraes et proportions différentes dans les divers genres, avec narines en général plus largement séparées et plus avancées que chez les Anatiens, souvent entre un tiers et moitié du bec par le côté (voyez :
fig. 73 à 77, 79 et 80, 82 et 83). Ailes aiguës ou parfois quasi- suraiguës, effilées, moyennes ou assez courtes, souvent sans miroir, où celui-ci avec peu ou pas de reflets métalliques. Les deux premières rémiges les jihjs longues; la P® plus ou ■
moins ou parfois pas échaucrée au bord interne, la 2® légèrement ou pas rétrécie au bord externe. Scapulaires et cubitales plus ou moins allongées et plus ou moins coniques, effilées ou courbées. Queue généralement courte ou très coui’te, avec 14 — 16 rectrices plus ou moins souples ou rigides. Corps plus ou moins arrondi ou allongé; cou moyen ou relativement ramassé.
Œufs assez ou médiocrement nombreux, subovales, à coquille grasse, assez lisse, blanchâtres, roussâtres, grisâtres, bleuâtres, verdâtres ou olivâtres, souvent assez foncés, et immaculés.
Fio. 72. Pied droit de Füligula marila, mâle ad., côté interne.
LAMKUJROSTKEfi
Les Fiilignlions, ou Canards plongeurs, avec des mcndu'os inférieurs assez reculés, des tarses courts, de grands doigts très amplement palmés et un pouce largement bordé, sont plus exclusivement nageurs et surtout plongeurs que. les reiJi'ésentants des deux sous-familles précédentes. Ce sont des oiseaux sociables qui voyagent de joui- ou de nuit, suivant les cas en petits groupes ou en bandes plus ou moins nombreuses, et qui. selon les genres, recherchent plus ou moins les bords des iiiei's, les lacs ou les grands marais. Us se nourrissent suitout de petits animalcules (pi'ils vont quérir et avalent au fond de l'eau, souvent même à d'assez grandes profondeurs, en même temps (pie de petites pierres destinées à broyer les coquillages dans leur estomac très musculeux. Leur démarche sur le sol est assez difficile, car la position reculée de leurs pattes les force à se redresser beaucoup, pour ne pas tomber en avant. Leur vol paraît relativement court; cependant, ils filent assez rapidement, à coups d'ailes précipités et souvent assez loin, une fois parvenus à une certaine hauteur.
La plupart nichent en colonies plus ou moins nombreuses. Leurs œufs sont volontiers plus teintés que ceux de la plupart des Anatiens; leurs petits nagent à p('ine éclos et plongent bientôt, avec leurs parents.
Une mue double donne aux mriles une livi-ée d’été qui. dans les divers genres, se distingue plus ou moins de celle do noces, suivant que les deux sexes sont, en hiver, plus ou moins différents. Les mâles, chez les Fuliguliens. sont aussi, comme ceux des Anatiens, plus ou moins désemitarés au moment de la chute des rémiges, au printemps. Chez (pielquos-uns. les deux livrées du mâle sont également différentes de celle de la femelle.
On trouve des Fuliguliens dans les diverses parties du mon<le; neuf genres (dix suivant certains auteurs), comptant en majorité des espèces septentiàonales. les représentent en Europe, dont sept figurent en Suisse.
m. — Genre 10 : NETTE
KETTA Kaiip.
Bec à peu près de la longueur de la tête, quasi-droit , de largeur moyenne et assez plat, au plus aussi haut que large à la base, un peu plus étroit en avant qu’en arrière
FULIGULIENS
et fendu légèrement au delà de ses ongles fronto-latérauæ ; arête largement aplatie en arrière, avec petits prolongements sur les cotés du front, et très déprimée en avant, avec onglet moyen, plat, un peu pincé et recourbé. Mandibule inf. droite, un peu visible, le bec fermé, en arrière surtout. Lamelles sup. assez larges, svhconigues, légèrement penchées en arrière et décoiwertes dans les deux tiers antérieurs du bec environ. Narines elliptiques, grandes, dans de petites fosses nasales ovales, au tiers ou à peu près du bec par le côté. Tarse passablement plus court que le doigt interne avec ongle; ongles plutôt courts, légèrement arqués et subaigus. Ailes pointues, dépassant d’ ordinaire le milieu de la queue, à rémiges étroites, ta S® rétrécie au bord externe, la échancrée au bord interne; scapulaires larges, cubitales moyennes, coniques (ad.). Queue t?'ès courte et art'ondie, à 14 rectrices subarrondies, médiocrement larges. Corps assez épais, moyennement allongé; cou assez dégagé. Miroir alaire sans refets métalliques. Une large houppe de plumes soulevées sur la tête (chez le mâle).
Ce genre n’étant l’epvésentc que par nno seule espèce, la Nette, rousse ou Canard rufin,iç renvoie à l’article qui concerne celle-ci pour toutes données biologiques et géographiques, me bornant à faire remai'quer ici qu'avec une mue double, le mâle diffère, notablement de la femelle en Ii\Tée de noces ou d hiver, et que cette dernière est toujours de taille beaucoup moindre que son époux.