I.AMEIJ.IROSTRES
de la poitrine cendrés, avec liordurc» des plumes blanchâtre. Faces inférieures blanches, mâcburées de ffris-noirâtre aux jambes et aux Üaiics. Bec noirâtre, d'un jaune roussâtre au bout; tai'se.s et doigts jaunâtres, avec meml>ranes noirâtres; iris jaune.
}[<Ue adulte, eu été : Ressemble assez à la. femelb’ par sa livrée, bien qu'avec des tons un peu plus foncés, mais s’en distingue à première vue par le blanc pur do ses couvertures alaires et surtout par sa taille beaucoup plus forte.
Jeunes, avant In mue : Rappellent assez la femelle. — Mâles, après la mue: Plus forts. av(>c plumes brunes du vertex plus allongées et indication de tache grisâtre ou blanchâtre vers la base du bec. — A an. an ; La tête, et le dos deviennent noirs, tandis que la tache préoculaire, ainsi que les bandes blanches de l'aile et des scapulaires s'accusent toujours plus.
A In naissance : Couverts d'un duvet assez épais, d'un biain lustré sur toutes les faces supéiâeures. y compris la tête jusqu'au-dessous des yeux, avec quatre taches Idanches sur le dos et une sur chaque aile; d'un blanc pur sur toutes les faces inférieures, à l’exception d'un ceinturon brunâtre sur la poitrine. Bec brun. Des bandes jaunâtres sur les membranes, le long des doigts.
Variétés et hj/brides: .VA en en mains un mâle adulte, en tout senddabh' aux autres, chez lequel le bec était non pas entièrement noir, mais largement taché de jaune. Un mâle jeune et une hnnelle adulte que j'ai vus au Musée de Coire avaient une hague jaunâtre v(‘rs le bout du bec. La tache jaune-roussâtre du bout du bec de la femelle pourivait-elle devenir parfois plus franchement jaune, varier en extension et se retronvei- chez des mâles ayant déjà mué?
On a signalé des hybrides censés produits de l'accouplement du Garrot fitl. glnacianj non seulement avec Fulif/ata marila, mais aussi avec des membres de la famille des Maries, le Piette (Mergas albellus) et h’ Bièvre (M. merganserj. Les croisements entre Garrot et Piette, dont les jeunes se ressemblent assez, auraient donné lieu à la création de bâtards assez différents pour avoir été distingués sous les noms de ( 'Inngnla mergoides Kjarbolling et de Mergus anatnrias Eimbeck [Clang. nngastirùstris QYQ\\m)\ ces dissemblances [)roviendraient-elles peut-être, comme le suppose de Selys (1. c.). du fait (pie le mâle a pu appartenir tour à tour à l'une ou à l'auti'e des espèces mères. Le dernier croisement, avec le Bièvre, ne me smnble pas jusipi’ici suffisamment établi (voy. Suchetet. 1. c.).
Le Garrot est oiseau de passage et hôte d'hiver assez répandu en Suisse, au nord et au sud des Alpes, plus commun, semble-t-il. à
FDLUU'LIEXS
l'ouest et au siul-nucst. du côté des lacs de Xeuchâtol et Léiuaii. que dans le iidlieu du pays, qu'à l'est surtout, dieu qu'il ait été vu à diverses l•('pl•ise.s sur nos lacs centraux de Zoug. de Lucerne, de Sarnen et autres plus petits, en hiver, ainsi que dans la vallée d'Urseren et sur les lacs de la H'"-Kn"ndine. aux épo(|ucs des migrations. Il passe généralement de nuit, en troupes i)Ius ou moins nombreuses, d'ordinaire en mars ou au commencement d'avril et en octobre, c't quelques bandes demeurent pendant la mauvaise saison sur nos eaux. On le voit entre autres assez communément, en hiver, sur le lac Léman, même parfois jusque dans la rade de Genève, jeune surtout, bien qn'il sendde moins contiant que les Fuligules. que b' àlorillon en paiticulier. Les mâles adultes, blancs et noii-s, (pii se distinguent de loin sur l'eau dans les bandes de ce Canard, paraissent chez nous bien moins nombreux (pic les jeunes et les femelb's '.
Il abonde sur les céites maritimes; cependant, il ne craint pas les cours d'eau, les étangs et les lacs d'i'au douce, près desquels il se reproduit généralement. Sa démarche est malaisée sur le sol; mais il vole bien et à grands coups d'ailes, en fai.sant entendiaxles mâles surtout, un bruit rappelant un jieu une sonnerie, bruit (pii lui a valu son nom allemand de Schrlleide. Plongeant b(‘aucoup. suivant le temps et les heures du jour jilus ou moins près ou loin des rives, il est constamment en quête de petits animaux qu'il va ebereber tantôt entre les graviers près du bord, tantôt sur le sable ou dans la vase et parfois jusqu'à d'assez grandes pi-ofondeurs. Sa nourriture consiste surtout en larves (rins(‘ctes, Ditis(pies, Perles. Phryganes, Liliellules. etc., en vers et en petits mollusipies à eo(piille des genres Fisidiinii, Linutauis, Valimtn et autres, parmi lesquels, suivant la région du lac où les sujets examiné's ont été capturés, on constate une prédominance de [jimiiæiis aiwinilaris ou d(' Pisidinm ainni- CHDk Cependant, il prend aussi d('s poissons de petite taille, des Chabots (CoUks f/dhio) surtout, (d l'on trouve beaucoup de pidites pierres de différentes couleurs dans son estomac, comme chez d'autres Canards, ainsi que quelques débris de planti's a(piati(pies et parfois de petites plumes de son cspi'ce.
Il niche volontiers dans des trous d’arbres, pondant diiandement sur la veinnoulure. du bois. A défaut d'arlires cnaix, il se borne à bâtir, comme d'autres Canards, un nid d'herbes sèclu's et de plumes dans quebpie cavité de falaise, ou simplenumt sur le sol entre les
' M. Poney, de Genève, aurait remarqué que les jeunes et les femelles arrivent généralement avant les mâles adultes.
LAJIELLIROSTEES
roseaux'. Dans les régions septentrionales où il se reproduit surtout. riiiful)ation a lieu d'oi-dinaire fin mai ou en juin et dure vingt-deux joui-s. Je ne crois pas (pi'il ait jamais niché en Suisse. Le cri du mâle a été traduit par Âvro/p celui de la femelle \m'vacli, vacl) et, au temps de raccouplement. il répéterait rapidement qnnrkquachiuackqunck.
Ses œufs, au nomlii-e ordinaire de 9 à 14. parfois même 11) (jusqu'à 40. selon Naumann, quand la ponte a été plusieurs fois mise à contrihution), sont assez gros, de forme ovalaire à houts assez olitus, à coquille médiocrement lisse, légèrement luisants et verdâtres ou d’un gris-vert assez accusé. Ils mesurent généralement ()'“.054 — 058 sur 0"‘.041 — 042. plus rai'cment jusqu’à 0™,0(il sur 0"'.043.
L'espèce est très répandue dans les régions septentrionales do rplurope. de l'Asie et de l'Amérique, se reproduisant entre les 53‘’ et IV' degrés, (h'piiis le nord d(‘ r.\llemagne. juscpi'au nord de la Scandinavie, pour notre continent, d’où elle va hiverner jusque dans le sud de l'Kurope, en Chine, dans l'ouest des Indes et dans le centre de l’Amérique.