I.AMELLinOSTRES
Brit. Mus., XXVII, p. 425, 1895. Sharpe, Haiid-list, I, p. 226, 1899. — S. dakica, .
S. NORVEGICA, S. PLATYÜROS, S. PŒRŒENSIS, S. IIEGAUEOS, S. ISLANDICA. S. BOHEA-
Lis, S. Leislehi et S. PLANiPRONS Brchm, Isis, 1830, p. 998.
Platypüs mollissimüs, p. Leislebi Brehm, Lehrb., p. 809 et 813, 1824.
P'uLiGDLA MOLLissiMA iVifeso», Sk.nid. P’iuina, ï’ogl., II, p. 448, 1835.
XoMs VTTLG. S. F. : Eider. — S. A. ; Eidergems.
Mâle adulte, en hiver: Do.ssus de la tête d'un noir velouté, partagé au milieu en arrièi'e par une large raie longitudinale blanche; le noir prolongé, sur les côtés du bec. presque justpi'au bout de la partie supérieure du revêtement latéral blanc de la mandilmlo supérieure. Une large tache d'un vert instache sur la nuque et sur h's côtés du cou. d(n-riôre les joues. Joues, côtés du hoc. gorge, cou eu majeure partie, dos. scapulaires, petites et moyennes couvertures alaires, rémiges secondaires postérieures, faucilles cuhitales et une lai'ge tache de chaque côté du croupion d'un Idanc pur. Poiti'ine et has du cou d'un gris lie de vin clair; has de la poitrine, ventre, sous-caudales, croupion, sus-caudales, grandes couvertures et rémiges secondaires antérieures noirs, les dernières, un peu reflétantes au côté externe, formant comme un miroii’ noir-violacé peu accusé; grandes rémiges et rectrices d'un brun noirâtre. Bec d'un vert un peu hrunâtre, avec les carènes fronto-latérales orangées ; pieds verts; iris hruii.
Femelle adulte: A peu près de même taille que le mâle. Tête et cou roussâtres. marqués de petites macules longitudinales noires, plus nomlu'euses sur le vertex et l'occiput. Haut du dos, scapulaires, couvertures alaires supérieures et cuhitales largement ondés transversalement de noirâtre et de i-oussâtre; has du dos, croupion, .suscaudales et en partie sous-caudales d'un roussâtre plus somhre, plus étroitement ondés de noirâtia- en travers. Poitrine et un peu côtés du corps i-oussâtres. harrés transversalement ou ondés de noirâtre. Ventre brun ou cendré-brun. Rectrices, i-émiges et grandes couvertures d'un brun plus ou moins noirâtre, les dernières et paifois les rémiges secondaires en partie terminées de blanc, de.s.sinant sur l’aile comme un miroir brun, entre deux étroites raies transversales blanches. Bec et pieds d'un noir verdâtre. — Selon Holhcell (Orn. Beitr. zur Fauna Grœnlands, 18.54), les vieilles femelles auraient, en été, la tête, le cou et une partie du dos d’un gris de souris et, à un âge très avancé, peut-être sous l'influence du durciss('ment de l'ovaire, un large plastron pâle ou isa belle sur le jabot, un peu comme les jeunes mâles dans leur deuxième année.
Mâle adulte, en été: Portant une livrée plus sombre, d’un gris
FULIC4T'I.IENS
brun, plus ou moins varié de noirâtre, qui rappelle bien plus celle du jeune mâle que celle plus rousse de la l'eiuelle. Cet oiseau nous quittant toujours avant la mue, nous ne pouvons suère le voir sous cet aspect, dans nos parages.
Jeunes de l’au)iée: D'un biain légèrement cendré, plus foncé siale dos. plus pâle sur le devant du cou et à la poitrine, avec de petites mouclieture.s blancliâtres aux lorums. ainsi (pran-dessus et en arrière des )’cux ; de nomlireuses petites raies transversales noirâtres sur les faces inférieures, et d’étroites bordures roussâtres aux plumes dorsales, ainsi qu’aux scapulaires. (Cette livrée, qui rappelle un peu, en plus sombre et moins roux, celle de la femelle, est celle sous laquelle l’espèce sc pi-ésente le })lus souvent dans le pays.) Dans la 2'-' année, les jeunes mâles ont des espaces pâles ou blanchâtres au cou. à la poitrine et sur le dos, et ce n’est qu'à leur 5" année qu'ils acquièrent, avec la fécondité, le plumage de l'adulte.
-4 la naissance; Couverts d'un duvet formant, sur les côtés du bec, les mêmes prolongements que le plumage cliez les adultes. Toutes faces supérieui-es d'un brun fuligineux foncé ; gorge et ventre d'un gris pâle; poitrine et abdomen d’un gris sombre; les teintes foncées et pâles fondues sur les flancs. Bande sourcilière grise du bec à la nuque, bordée en dessous par une bande noirâtre passant au gris sur les joues. Bec d’un brun plombé, à onglet roussâtre. Pieds d’un brun olivâtre, avec palmures brunes (sec. Vian).
Variétés et hybrides: La Soniateria Dresser i Siiai-i)e. du nord de l’Amérique, avec teinte verte plus étendue, semble n’être qu’une race locale ou sous-espèce géographique d(' S. inollissinia. Des Eiders de l’Amérique polaire ayant sous la gorge deux traits noirs en V ont été, suivant les auteurs, considérés tour à tour comme hybrides résultant de l’accouplement de S. luollissima et de S. spectabïlis, ou comme espèce différente, sous le nom de Somateria V- ni- (jr^nn ou V- niyra Gray.
L’Eider ordinaire, bien connu comme producteur de l’édredon, est oiseau de pa.ssage irrégulier ou accidentel, suivant les localités, dans le pays, jiarfois hôte d’hiver. Il a été rencontré de temps à autre sur nos lacs en plaine, sur ceux de Constance, de Zurich, des Quatre-Cantons. côté d'üntei-wald plus particulièrement, de Hallwyl, de Neuchâtel et Léman, entre autres, et parfois dans les marais ou le long des grands cours d'eau, dans le marais de Belp (Belpmoos), non loin de Berne, et sur le Rhin, près d'ilanz, audessus de Coire, par exemple. On l'a olisei-vé, isolé ou en petites troupes, soit au passage en mars et avril ou en octobre et novembre,
LAllELl.IItOSTRES
soit en hivev. on décenilnr. janvier ou février, et presque toujours cY'taient des feinelles ou des jeunes, dans la livrée sombre qui rappelle en plus foncé celle de leur mère. Je ne connais pour ma part ([irune capture iiicn cei'taine du mâle adulte en livrée d'hiver ou de noces parfaite, celle' (pii fut faite, à la fin de mai 1885, sur le Léman, où un mâle et une fi'inelle appariés, exceptionnellement attardés sur nos eaux, furent tués devant Lausanne. C’est du reste sur le Léman, à rextrême snd-ouest du pays, que l'Eider a été de lieaucoup le plus souvent rencontré.
Chacun sait ipie le duvet recueilli dans les nids des Kiders' ('st l'objet d'un grand commerce dans les régions septentrionales, où ces oiseaux se reproduisent en grand nombre et où ils jouissent, au moins dans les conti-ées les plus civilisées, la Scandinavie et l'Islande entre autres, d'uue protection aussi légitime qu'intéressée. 11 est malheureux (pi'ils soient ailleurs, comme dans le Gnenland, trop souvent tués ou privés de leurs u'ufs, comme objet de consommation, alors que le duvet y est dé'jà activement recherché. Douze nids, soumis à deux récoltes, donneraient, suivant Holbcell (1. c.), une livre (500 grammes) de duvet.
L’Eider n’est pas très farouche de nature et s’habitue facilement au voisinage de riiomme. Son cil a été traduit par un profond tia, aa ou ao pour le mâle et iiar kon- korr korr ou orr pour la femelle.
11 nage volontiers en niei‘ avec sa famille, dans la belle saison, la mère rappelant ses pi'tits par des o/r, orr répétés, et il plonge en ([uête de .sa nourriture, mollustpies divers, crustacés, échinodernuis et parfois frai de poissons, jusipfà de très grandes profondeurs. On a compté qu'il peut rester facilement jusqu'à deux ou même trois minutes sous l’eau. Aux époques des migrations, il se lussemble dans le nord on bandes souvent exclusivement nombreuses.
Le mâle ne serait pas aussi désemparé par la mue que la plupart des autres Canards, selon Holbu'll, et abandonnerait peu son épouse; il accompagnerait aussi très volontiers .sa femelle et sa famille sur mer, bien que déjà dans sa livrée somlire d’été, ainsi que M. H. Vernet m’a dit l’avoir vu sui- hvs côtes de Norvège.
Il niche généralement en colonies plus ou moins nombreuses, depuis le bO" degré environ, jusque liien au delà dans rextrême nord. C’est d'ordinaire vers la tin de mai ou au commencement de juin qu'il construit son nid sur les rochers, dans les falaises, entre les pierres ou dans un enfoncement sui- le sol. non loin de la mer. ])arfois an bord des eaux douces, entre les herbes ou sous un buisson, avec des tiges de plantes, des mousses et des brindilles enti'elacées,
* A deux reprises, au inoineut de la poute et après l’éclosiou des œufs.
ÉRISMATrilIEXS
comprenant une cavité centrale ahoinlainmont , garnie de duvet. La ponte, qui so fait eu juin ou en juillet, parfois encore en août quand une précédente couvée a été détruite, se compose 'ii'uéralement de cinq ou six œufs en première ponte, puis de quatre, de trois, de deux ou même d'un seulement, en seconde ou troisième ponte, alors que les précédentes ont été prises; cependant, il n'est pas rare de trouver aussi jusqu'à quatorze œufs dans un seid nid, (luand deux ou trois femelles ont pondu dans le même. L'incubation durerait 25 à 2(! jours.
Ses œufs. 5 ou G. sont assez gros, de forme ovale plus ou moins allongée ou ventrue, à coquille assez lisse, un peu luisante, et d’un vert oliviitre clair; ils mesurent généralement 0''’,075 — 083 sur O-'-OSO— 054.
L’espèce e.st très répandue dans le nord de l'Europe et de l'Amérique. jusqu'au 81° degré environ, ainsi que, .sous une forme un peu différente, dans le nord de l’Asie. Elle niche entre autres abondamment en Finlande, en Norvège, en Laponie, en Islande, au Spitzberg. au Grœnland, etc., et émigre en automne. pnui‘ hiverner. jusque dans le sud de la Suède, l'Angleterre, le nord de l'Allemagne, la Hollande et les côtes septentrionales de France, pour ne parler que de notre continent, plus rarement jus(iu'en Bohême ou en Suisse et exceptionnellement jusqu'en Italie.
Sons-Famille IV, des ÉPJSMATÜRIENS
EPJSMATÜRINÆ
Jambes courtes, reculées, emplumées jusqu’aux condyles. Tarses courts ou très courts. Pouce largement lobé, portant à terre par le bout. Doigts antérieurs longs; l’externe en général légèrement plus grand que le médian; palmures amples. Bec nu, plus ou moins large et renllé en arrière, avec ou sans appendices membraneux (voy. lig. 85). Ailes très courtes, convexes, aiguës et effilées. Grandes rémiges voûtées et étroites; les premières volontiers avec légère échancrure ou faible rétrécissement. Cubitales relativement longues. Queue plus ou moins allongée, à rectrices très étroites et rigides (voy. fig. 84). Plumage assez dur et serré. Corps médiocrement allongé. Cou moyen.