XI. Ordre des ÏOTIPALMES
TOTl PALMES
Quatre doigts réunis par une seule membrane; le pouce plus ou moins ramené en avant (voy. fig. 89). Jambes très reculées, petites ou moyennes et généralement emplumées jusqu’au bas. Tarses courts, plus ou moins largement réticulés. Bec entièrement corné, quasi-droit, plus ou moins allongé et profondément fendu, parfois pointu, le plus souvent crochu à l’extrémité, dentelé ou lisse sur les bords, avec une poche nue, plus ou moins grande et dilatable, sous la gorge et entre les lu'anches de la mandibule inf.,
PhetSthOH 6X060“ Pïialacrocorax carbo, ad.,
^ càlv interne^.
te (voy. fig. 91).
Narines basales, petites ou peu apparentes. Régions ophthalmiques et des commissures volontiers plus ou moins dé-
' D’ordinaire ])lu8 subdivisé ou réticulé vers le haut et le bas.
TOTIPALJIKS
nudées. Ailes aiguës ou snbaiguës et, grandes, avec bras et avant-l)ras généralement allongés. Queue plus ou moins longue, rigide ou non. Cou plus ou moins élancé ou ramassé. Tête plus ou moins forte, ou petite et allongée. Plumes généralement non doublées. Langue et larynx inférieur peu développés. Pas de véritable jabot, et gésier d’ordinaire faiblement musculeux.
Petits demeurant d’ordinaire longtemps au nid, vêtus dès la naissance ou naissant nus et bientôt couverts de duvet.
Les Totipalinos, de dimensions ti'ès variées, adroits pêcheui's et pour la plupart grands voiliers, sont surtout répandus dans les régions chaudes ou tempéi-ées du globe. Les uns saisissent leui- proie à la surface des mers, des lacs ou des ücuves, en fondant sur elle du haut des airs, les autia-s la poursuivent avec une extrême rapidité, en plongeant après elle et lui donnant la chasse entre deux eaux. Us mai'cheut. pour la plupart, assez difficilement.
Ils nichent en colonies, à teri-e, dans les rochers ou sur les arhi-es. Leurs œufs, moyens, au nombre de un ou deux à cinq et elliptiques, sont, à l’exception de celui do Phaéthon. généralement blanchâtres, immaculés (A crayeux. Ils se croisent rarement.
Très variés quant aux formes extérieures, celles du bec en particulier, les Totipalmes peuvent être très inégalement répartis dans deux divisions, selon qu'ils ont une membrane dilatable nue à la gorge et un pouce toujoui-s assez allongé, comme les Pélicans, les Frégates, les Cormorans, les Anhingas et les Fous, ou le menton entièrement emplumé et le pouce court, comme chez Fhaetiwn (Ciseau des tropiques ou Paille-en-queue) qui rappelle plus ou moins les Longipennes, Fissinares en particulier, non seulement par ses formes extérieures, mais aussi, jusqu’à un certain point, par l'aspect de son œuf légèrement conique, coloré et maculé, franchement différent de ceux des autres Totipalmes.
On peut donc partager les membres de cet ordre en Totipalmes à .sac, Ouleaii', comprenant différentes familles, dont quatre, Felecanidæ, Fhalacrucoracidæ, Fregatidæ et Snlidæ sont plus ou moins représentées on Europe, et en Totipalmes à queue effilée, ne comptant que la, famille des Fliaetlioiddæ et le seul Fhaethon.
La Frégat(' (Fref/nta aquïla L.) des tropiques, accidentelle en Europe, le Fou (Hida hassana L.), du nord, et le Paille-en-queue
‘ De Culeus sac en cnir.
^ De ifTTToç mince et oxjcà. queue.
PÉLKCANIDÉS
( PlinetlioH ætliereus L.) des tropiques, purement accidentel en Europe, nous font entièrement défaut.
Division I, des TOTIPALMES A SAC CULEATI
Les représentants de ce groupe, de beaucoup les plus nombreux, de taille et de formes très différentes, portent tous sous le bec un sac memliraneux nu, plus ou moins développé (voy. flg. 91), et ont des œufs quasi-elliptiques, à coquille plus ou moins crétacée, blancs ou blanchâti’es.
Doux familles, celles des Felecanklæ et des Fhalacrocoracidæ, sont sexdes plus ou moins représentées en Suisse.
LVll. — Famille I: des l'ÉLÉCANlDÉS
PELECANIDÆ
Bec très, long, fendu jusque sous l’œil, à bords lisses, en majeure partie aplati en dessus, droit, avec crochet terminal, étroits sillons nasaux jusqu’à celui-ci, et un grand sac membraneux entre la gorge et les branches de la mandibule inférieure dont il atteint l’extrémité. Narines basales, en fente, et étroites, mais visibles. Régions oplithalmiques et des commissures nues. Quatre doigts complètement réunis par une membrane entière, faiblement échancrée; le pouce assez long, le médian le plus grand; ongles moyens, arqués, assez obtus et tous lisses, celui du pouce un peu plus crochu et aigu. Jambes nues sur un petit espace, dans le bas. Tarses courts et épais, largement léticidés en avant, étroitement en arrière. Ailes longues, plutôt étroites et subaiguës. Rémiges secondaires postérieures et cubitales couvrant ou dépassant un peu les rémiges primaires, celles-ci demeurant assez en arrière du bout de la queue au repos, les quatre à
TOTIPALIIES
cinq ou six premières le plus souvent légèrement échancrées et rétrécies. Queue courte, asse;ï large, subcarrée ou arrondie, à 20 — 24 rectrices assez rigides. Corps massif, allongé. Cou très long et dégagé. Tête relativement petite, avec œil petit. Plumes eu général allongées et plus ou moins effilées.
Œufs au noml)re de deux à cinq, selon les espèces et leur taille, relativement petits et de forme subelliptique assez allongée, blanchâtres et plus ou moins couverts d’une couche de matière crétacée.
Poussins vêtus d’un court duvet.
Cette famille comprend, dans les régions tropicales et tempérées de l’ancien et du nouveau monde, quelques espèces, de plus ou moins grande taille et plus ou moins migrati'ices, qui vivent généralement en nombreuse société, nichant h terre, sur les rives des mers, des lacs, des fleuves ou des mai-ais, et se nourrissant presque exclusivement de poissons qu'elles happent à la surface, le plus souvent à la nage, mais .sans plonger, parfois en fondant sui’ eux comme une flèche du haut des airs, où elles volent et planent avec aisance, le cou replié sur le dos.
Leur mue est simple ; le mfde et la femelle sont assez semhlahles, bien que la seconde soit un peu plus petite que son époux. Les jeunes portent, jusqu’à la troisième année, une livrée passalflement ditt'érente de celle de leurs parents.