I.ARIENS
deuxièiiK' section dont fait partie le (Idius. Los hagnettes sont en majeure partie noires, parce (pie les rémiges sont en majorité noires, et elles sont blanches, par contre, chez Ridihuiubis, parce que les rémiges .sont en majeure partie hlanchos. En etlét, le.s baguettes sont ]jartiellement blanches aussi, chez Canvs adulte, sur la petite partie blanclie de l’avant des plus grandes rémiges.
Le L. i/iceMS Pallas, des ihtes septentrionales et orientales de l’Asie, un peu plus grand que la majorité des représentants de L. canus Linné, avec bec, tarses, doigts et ailes un peu plus longs, paraît n’ihre qu’une forme ou race locale de ce dernier et mériter tout au plus le titre de L. cai/ns major. En tous cas. la dilféreuce de distance entre les e.xtrémités des pennes cubitales et di's rémiges primaires qui devrait, pour quelques ornithologistes, comme Schlegel et Homeyer. caractériser Tespèce de Pallas, no me semble pas de très grande valeur, car elle m’a paru varier plus ou moins chez quelques espèces du genre, à divers Ages.
Le ])'■ Depierre' avait, il y a tantôt cinquante ans. signalé déjà sur le Léman deux formes du L. canus, une plus petite et plus pâle, la plus commune, et une plus grande (h plus foncée, la plus rare. Je ne saurais, faute de détails assez c.ircon.stanciés, dire s'il s’agissait bien ici du Niveus (Garnis major) et du Canus ordinaire. En tons cas, la taille varie beaucoup dans l’irspècc. même à âge égal.
Le Goéland cendré, à tort appelé aussi Goéland à pieds bleus, alors qu'il a les pattes jaunâtres pendant toute la belle saison, est la plus petite des espèces, parmi celles du genre qui rentrent dans notre seconde section, dite des L. palliati. 11 rappelle un ])eu le L. ridihundus de notre troi.sième section dans sa livrée de jeune, après la première mue. bien que ne portant jamais la tache auriculaire noirâtre de celui-ci; cependant, il s'en distinguera toujours à première vue par sa taille sensiblement pins grande, ainsi que, comme je l'ai dit. par la coloi'ation en majeui'e partie noire de ses premières rémi.ues.
C’est le plus commun de nos Goélands à manteau. Il se montre assez régulièrement au passage sur presque tous nos lacs, tant au sud qu'au nord des Alpes, généralement en mars et en septembre, et il hiverne volontiers soit sur nos plus grands lacs, soit sur nos principaux coui-s d’eau, comme le Rhin, l'Aar et le Rhône, tantôt isolément, tantôt en petites sociétés. On le rencontre dn lac de Constance, an nord-est du pays, au Léman, au sud-ouest. ( )n en voit, depuis ]88(i, quehiues-uns, tant adultes que jeunes, pendant
‘ Soc. vaud. Sc. liât., vol. III, 1849-1858.
LONGIPEXNES
les liivors rigoureux, jusque dans la rade de Genève, avec les IMouettes rieuse.s. Je ne sache pas qu’il ait été observé à une certaine élévation dans les Alpes. Ses mœiu's et allures rappellent ci'lles des espèces précédentes; cependant, il soinhle moins exclusivement marin, pins socialile et peut-être un peu moins farouche que celles-ci ; il se poserait aussi plus volontiers sur le sommet ou sur les grosses liranches des arbres. 11 recherche sui- l'eau, sur les grèves, dans les marais et jusque dans les champs, la même nourriture animale que ses congénères, insectes, mollusques et poissons, ou campagnols et même parfois petits oiseaux. Stolker ' raconte qu'une femelle tuée près de S‘-Gall avait deux pattes de Canard dans l'estomac.
11 niche dans le noixl. en colonies parfois très nombreuses, soit près de la mer, sur le sable ou les rochers, soit sur les rives des grands lacs ou dans les marais, à l'intérieur des continents. Son nid, parfois simple excavation du .sol à peine garnie de débris végétaux, est formé le plus souvent d'un agrégat gi'ossier d'herbes a(iuatiques ou terrestres et de terre autour d’une large dépression centrale. Collett i-apporte qu’en été 1868 une paire de ces oiseaux s’était établie dans un vieux nid de Corneilles, sur un .sapin, près d’un lac d’eau douce des environs de Trondhjem. Je ne connais pas de nichée de ce Goéland dans le pays.
Ses œufs, au nombre de 2 ou 3, médiocrement gros, de forme ovoïde plus ou moins ventrue, à coquille assez mince, pou lisse ou légèrement grenue, sont teintés extérieurement de gris-vei'dâtre ou de gris-roussàtre, avec taches éparses, moyennes et petites, les unes grises, plus profondes, les autres plus superficielles, brunes ou noirâtres. Ils mesurent d'ordinaire 0“,05() — 060 sur 0“‘,040 — 043; parfois 0"',053 seulement selon le grand axe, suivant Degland et Gerbe.
L’espèce est très répandue en Fairope et on Asie, où elle se reproduit surtout entre les 50° et 70° degrés de lat. nord. Pour ce qui a trait à notre continent, elle niche des côtes septentrionales de la France au cap Nord, d'où elle se répand, à l’approche de la mauvaise saison, jusque dans le sud de l’Kurope et le nord de l'Afrique, hivernant .sur les côtes de l’Océan et de la Méditerranée, et plus ou moins à l'intérieur, dans le voisinage des eaux douces.
‘ Versuch elner Vogelfauna des Kanton St-Gallen und Appenzell; Verhandl. der S'-Gall. Naturgesellsch., 186.5-66, p, 16.
LARIENS
Section 3, des MOUETTES ou GOÉLANDS A CAPUCHON
LAUI CUCULLATI Schlegêl.
Bec généraleiiicnt plus faible, quoique plus ou moins élevé, et relativement peu crochu ; tar.sc plus long que le médian avec ongle. Ailes dépassant d'ordinaire notablement la queue. Tète subovale, relativement petite. — Un capuchon gris, biain ou noir sur la tête et le haut du cou. en livrée de noces. Rémiges primaires souvent blanches ou grises variées de noir, parfois noires, avec ou sans macule blanche à l'extrémité, chez ad., volontiers plus foncées ou plus bigarrées, chez le jeune ; les macules terminales blanches généralement rognées, au printemps, par la mue ruptile. Une liande transver-sale noirâtre au bout de la queue, dans le jeune âge.
Le L. iehtIii/oMus, qui rappelle beaucoup à divers égards le L. melanoceiylinlus, fait une sorte d'exception dans ce groupe par sa grande taille et les fortes proportions de son bec. Le L.Jeucophthalmus Temm. à bec allongé, du sud-e.st de l'Europe, et le L. Bonal>artii Rich. qui, d’Amérique, vient se montrer quelquefois dans le nord du continent, même jusqu'à Héligoland. nous font complètement défaut, parmi les espèces de cette section .signalées en Europe.