‹ Faune des vertébrés de la Suisse (volume 3)Chapitre 24 sur 309 · l'EUDRIX BARTAVELLE Steinhnhn — Coturnice · texte numérisé non relu

l'EUDRIX BARTAVELLE Steinhnhn — Coturnice

cxccAitis SAXATiLis Mpyer u. Wolf.

Bcc épais, passablement plus large (pie haut, aux narines. Tarse, un peu emplumé dans le haut, en avant, à peu près égal au médian sans ongle. 1”" rémige jitus courte (pie 6'"; les 2° éi 6''' rétrécies au bord externe, vers leur milieu à peu près (voy. tig. 1 1 ). rectrices. — I\ices Slip, et poitrine d’ un gris cendré. Un bandeau noir passant sur

SAKCLEURS

le devant du front, sur Je lorum, sur l’œil, sur la région jmrotique et sur les côtés du cou, pour former devant celui-ci un assez large collier fermé, sans mouchetures ni latéralement, ni en dessous (voy.

fig.14). Flumesdes flancs d’un, roux marron foncé au bord externe, avec deux bandes noires transversales assez larges, comprenant un espace blanc ou blanchâtre ( voy.

fig. 15). Tour de l’œil, nudité postomdaire, bec et pieds rouges.

,, Long. tôt. 33— 38 ; aile pliée

— 175; queue 0'“,093 —

Fig. 15. Plume des ll«nos do Cacca-

BIS SAXATILIS, ad.

100; tarse O'", 040 — 046; médian, avec ongle 0'“,046 — 031 ; bec, au front 0'y)19—021.

Perdix gejKCa Brisson ex Gessner, Oriiitli,, I, ]>. 241, 1760 (jmrt.). Saii, Omit, tosc., II, p. 191, 1829. lUua, Omit, ticin., p. 359, 1865. Beyl. et Gerbe, Ornith. eiir., IT, ]). 64, 1867. FriMi, Vôgel Europ., Tali. 29. Fig. 7, 1871. — P. SAXATILIS Meye>- M. Wolf, Taschenb., I, p. 305, 1810. Memier u. Sch., Yi'igel der Schweiz, p. 161, 1816. Temminck, Pig. et Gall., 111, ji. 348, 1815. Ma» . Ornith., II, p. 484, 1820. Sfeinmüller.'S. Alpina.ll, p. 106. 1827. &/(m^,Faunahelv.,p.99, 18.37. Bailly, Ornith. Savoie, 111, p. 465, 1854. Friderich, Deutsche Vôgel, 4» éd., p. 919, Taf. 18, Fig. 2, 1891 h

Teteaobpfa Ballas, Zoogr., II. p. 79, 1811 (1831).

Caccabis oræca Kanp, Nat. Syst., p. 183, 1829. — C. s.axatii.is Gray, List Gall. Brit. Mus., p. 80, 1867. Oyilvie-Grant, Cat. B. Biit. Mus., XXII, p. 111, 1893. Sharpc, Hand-list, I, p. 22, 1899.

Chacdragræca Gray, List Gen. ofBirds, p. 79, 1841.

Noms vulg. S. F. ; Bartavelle et, à tort. Perdrix rouge. Perdrix des rochers, Jlartigny. — S. A. : Steinhuhn, Pernise. Pdrnisze, Intcrlakcn. — Parnisch, Sils (Engadiue). — S. I. : Pernis, Coturno, Coturna, Tessin.

' Il est difficile de dire si la Perdix rupestris de Brehm (Vôgel Dcutschl. p. 522, 1831), à laquelle cet auteur attribue 16 rectrices, est autre chose qu’une variété accidentelle de notre Bartavelle (P. saxatilis).

PERDICIENS

Mâle adulte : Faces supérieures d’un gris cendré, un peu teinté de bleuâtre sur le derrière de la tête et du cou, de roussâtre sur le dos et d’olivâtre sur les sus-caudalos. Couvertures alaires et scapulaires comme le dos, avec étroite bordure jaunâtre aux i)lus grandes des premières et quelques teches bleuâtres sur les secondes. Couvertures antérieures et rémiges en majeure partie brunes, avec une large bordure blonde ou jaunâti-e, en dehors et en avant. Queue grise à la base et sur les quatre rectriccs médianes, d’un roux foncé sur la plus gi'ande partie des cinq autres rectrices, do chaque côté. Bas du front noir, ainsi que l’espace compris entre le bord de la mandibule supérieure et l’œil, et un large bandeau descendant derrière l’orbite sur l’oreille, pour foi-mer, sur les côtés du cou et en avant, un collier fermé, sans mouchetures, ni blanches ni noires, sur son pourtour extérieur. Tout l’espace entouré par le collier blanc ou d’un blanc légèrement roussâtre, â l’exception d’une petite tache noire à la base de la mandibule inférieure et sur le menton. Un léger trait blanc, plus ou moins accusé, au-des.sus du bandeau noir, depuis le front jusque sur les côtés du cou. Un pinceau roussâtre plus ou moins apparent en arrière de l’œil, sur l’oreille. Côtés du cou, au-dessous du collier, et poitrine d’un gris bleuâtre. Ventre, région anale, jambes et sous-caudales d'un roux clair. Grandes })lnmes des flancs en majeure partie gris-l)leu sur leur moitié basilaire, avec large boi-dure antérieure d’un roux mari-on foncé et, en arrière de celle-ci, deux bandes transversales noires assez larges, com|)renant un espace blanc ou lilanchâtre légèrement lavé de roussâtre (voy. fig. 15j. Bec, tour de l’ceil, nudité postoculaire et pieds rouges. Iris brun-rougeâtre.

Femelle adulte : Un peu plus petite et sans éperons. D’un cendré plus terne en de.ssus, avec lé collier ainsi que les bandes noires latérales généralement un peu plus étroits et le blanc de la gorge volontiers plus nuancé de roussâtre.

Jeunes, avant la mue : D’un cendré lavé de roussâtre, plus ou moins tacheté de brun et de blanchâtre en dessus, avec barres transversales des flancs par places irrégulièrement développées; bec et pieds d’un rouge pâle.

A la naissance : Couverts d’un duvet roussâtre sur la tête et le derrière du cou, avec large calotte d’un brun marron et quatre bandes longitudinales d’un brun noir, piquées de roux et séparées l)ar des traits jaunâtres, sur le dessus du corps; variés de jaunâtre, do noir et de roux sur les ailes; jaunâtres ou d’un blanc jaunâtre aux faces inférieures. Bec jauuâti-e, brun en dessus. Pieds d’un jaune roussâtre.

SARCLEÜUS

Variétés et Croisements: On connaît des variétés de la Bartavelle pins ou moins tachées do blanc. Dans une lettre du 30 septembre 1890, M. 0. Majoi'ia, do Locarno (Tessin), bon chasseur et observateur, m’a écrit avoir vu, deux ans auparavant, dans les montagnes confinant au Val Maggia, une Bartavelle entièrement blanche, dans une compagnie de Bartavelles normales, et que, la veille du jour où il m’écrivait, il avait vu dans les mains d'un chasseui- nue jeune Bartavelle entièi-ement d’un lileuâtre presque blanc, avec bec et pieds rouges, et quelques bandes noires presque effacées sur les ffancs. Le chasseur affirmait que le jeune sujet en question avait poui’ mère la Bartavelle blanclie ci-dessus mentionnée et avait quatre frères ou sœurs semblables à lui *.

J’ai décrit sous le nom de P. saxatilis, var. viélunocephala-, une curieuse variété de cette espèce, dont deux sujets, une femelle adulte et un jeune, ont été tués, en 1878 et 1879, près de Sion, dans le ^'alais, en Suisse. Chez cette variété, de formes et proportions normales, tout le dessus de la tête est. comme le colliei’, entièrement noir, le dos est, comme les ffancs, orné de plumes alternativement tachées ou barrées de roux, de noir et de blanc, et les ailes sont largement envahies par des tons blonds ou jaunâtres (voii', pour plus amples détails, mes publications sur le sujet**).

Bouteille* a décrit, sous le nom de P. Lahatiei, quelques exemplaires tués en France et en Savoie d’une Perdrix qui, avec un pointillé noir plus ou moins étendu sur les bords extérieurs et inférieurs du collier et d'ordinaire deux bandes noires aux plumes des ffancs, semble tenir le milieu entre les C. saxatilis et C. ruhra, et n’étre probablement qu’un hybride de ces deux espèces.

Je ne sache pas qu’aucun produit de semblable croisement ait été capturé en Suisse, ilalgré quelques citations trop peu circonstanciées, il ne paraît pas ([ue le croisement de la Bartavelle avec la Perdrix grise soit jusqu’ici bien établi. A. Suchetet, qui avait cru reconnaître un bâtard des Ferdix cinerea et saxatilis dans la variété que j’ai décrite sous le nom de Saxatilis, var. melanocephala, s’est par la suite rangé à mon opinion, reconnaissant avec moi

* Voyez Journal Diana, VIII, n» 14, 15 octobre, Berne, 1800.

“ Le nom àe Melanocephala ayant été déjà donné à une Perdrix d’Arabie, il serait peut-être préférable de distinguer la variété en question sous le nom de Caecàbis saxatilis atricapilla.

Journal Diana, VIll, n" 13, avec 1 planche noire, l«r octobre, Berne, 1890. — Mém. Soc. zool. de France ; vol. VII, p. 393 — 398, avec pl. VIII noire et IX coloriée, Paris, 1894.

‘Ornith. du Dauphiné, p. 337, 1843-44.

PERDICIEXS

quo cettfi Perdrix ne présentait, clans sa livrée très particulière, aucune trace de mélange ni avec la Perdrix grise, ni avec la Rouge’.

Olplie-Galliard, dans une lettre cju’il m’écrivait le 14 octobre 1864 (voyez: RulI.Soc. orn. suisse,!, p. 69, 1865), a décrit des Perdrix qui, au nombre de douze et pi-ovenant censément de Nice, vivaient alors au Parc de la Tête d’Or, à Lyon. Ces oiseaux lui semblaient présentei- dans leur livrée, particulièrement dans le colliei-, des indications de mélanges entre Perdrix Bartavelle et Ganibra {Perdix saxatUis ou græca et P. petrosa). Semblable hybride, s’il existe, ne peut toutefois pas se rencontrer en Suisse, la Petrosa nous fai- ,sant, comme je l’ai dit, complètement défaut,

La Perdrix cbukar (P. cliukar Gray), qui rei)résente en Grèce et en Asie notre Bartavelle, pouri-ait bien n’être qu’une race locale ou une sous-espèce géogivapliique de celle-ci. Elle ne s’en distingue guère, en effet, que par quelques légères différences dans l’importance des couleurs. Le gris des faces supérieures et de la poitrine est chez elle plus clair, plus nuancé de bleuâtre et de roux; la goi'ge est d’un jaune roussâtre pâle ; l’espace compris entre le bord de la mandibule, supérieure et l’œil est presque entièrement jaunâtre; le pinceau auriculaire est plus roux et plus apparent; enfin, les bandes transversales noires des plumes des flancs, volontiers un peu plus fortes, embrassent généralement un espace jaunâtre un peu plus lai'ge ; les divergences signalées dans les proportions des l’émiges me paraissent trop inconstantes dans les deux soi-disant espèces.

La Bartavelle, souvent appelée à tort Perdrix rouge dans le pays, est sédentaire et as.sez répandue dans nos Alpes, de l’ouest â l’est ainsi qu’au sud; mais elle paraît faii’e complètement défaut aux montagnes du .lura suisse. Elle se tient généralement, pondant la belle saison, enti-e 1.500 et 2500 m., en région alpine, dans les gazons et les éboulis rocheux, volontiers sur les versants méridionaux ; cependant, on la voit aussi quelquefois tantôt plus haut encoi'e près des névés, tantôt ])lus bas dans le haut des forêts, et elle descend souvent en arrière-saison jusque dans les vallées, parfois même, en hiver, dans certains endroits pierreux, non loin des villages. Le niveau de son habitat semble du reste varier passablement avec les localités et les conditions, avec l’impoidance et l’altitude des forêts entre autres. Il est curieux, en effet, de rencontrer cet oiseau jus- (|u’eu plaine en Valais, dans les rochers et les vignobles des envi-

* A. Suchetet : Oisoaux liybrides à l’état sauvnga; Mém. Soc. zool. do France, 1890; puis. Vol. à part, p. 7 et, additions et corrections, p. 485-487, Paris, 1897. '

SARCLEUKS

l'ons de Sion, en septembi-e, en particnlier, alors qn’on ne le trouve presque j)artout ailleurs, à cette époque, qu’au-dessus des limites de la grande végétation.

Cette belle PerdrLx. ii part l’époque des amours, vit généralement en famille et, eu arrièi-e-saison, parfois en assez nombreuses compagnies. Elle se nourrit surtout de graines, de bouts d’herbes, de fleurs, de bourgeons, de petites baies, d’insectes, de larves, de sauterelles, d’araignées et d’œufs de fourmis qu’elle récolte entre les pierres, parmi les buissons ou dans les gazons. Elle trotte beaucoup, courant très vite, et no vole guère qu’en cas do nécessité, préférant d’ordinaii-e se cacher profondément dans les herbes ou sous des débris de rocs amoncelés et y demeurer, jusqu’à ce que le danger soit passé, dans une complète immobilité. Ce n’est que de-temps à autre seulement et tout à fait exceptionnellement, qu’elle perchei'a un instant sur quelque branche d’un arbre du voisinage. Son vol, sans être très soutenu, est cependant d’une extrême rapidité quand, forcée de partir, elle descend en jjlanant, les ailes arrondies, pour se remettre quelques centaines de mètres plus loin, parfois plus bas, souvent en i-emontant au même niveau ou à peu près. Ses nombreux ennemis, carnassiers, rapaces et chasseurs, ainsi que les intempéries de la mauvaise saison déciment plus ou moins les familles, tous les ans. Notablement plus grosse que la Perdrix rouge, elle pèse en général 580 à 750 grammes, parfois jusqu’à 820 et même 850, selon feu A. Bonviu, de Sion, en Valais.

Le cri qu’elle répète d’ordinaire, un peu trop fréquemment pour sa sécurité, rappelle assez le bruit que produit une lame de couteau passée et repassée sur une pierre un peu i-ugueuse; on l’a traduit par les syllabes latkabi ou kaknbef, qui lui ont valu le nom de Caccabis, ou par le mot répété chatzibitz chatzibitz chatzibitz; souvent aussi elle rappelle en répétant la syllabe kirrkhr. Les sexes se rechei'chent, suivant les circonstances, en avril ou en mai, et la femelle pond, selon les conditions, vers la fin de mai, en juin, ou parfois seulement au commencement de juillet, dans un petit creux à peine garni de quelques feuilles ou herbes sèches, sous une pierre ou sous une touffe de bas buisson.

Ses œufs, au nombre do 9 à 15, parfois 18, beaucoup plus gros que ceux de la Perdrix grise, à coquille assez lisse et épaisse, et d’un ovale légèrement i)iriforme, sont teintés de jaunâtre ou de fauve pâle et semés de points fauves ou roussâtres, volontiers avec quelques petites taches éparses brunâtres; ils mesurent d’ordinaire 0"',0420— «455 sur «"',0,81— 032.

L’espèce habite les contrées montagneuses de l’Europe moyenne

PERDICIENS

et méridionale, les Alpes de Savoie, de Suisse, de Bavière et d’Autriche, les Carpatlies, les Apenuins et les Basses-Alpes, une partie des Pyrénées, la Sicile et la Grèce, souvent, même au sud, à un niveau bien intérieur à celui qu’elle recherche dans la plus grande |)artie de nos Alpes suisses.

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